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dimanche, 10 novembre 2019

LES INCOHÉRENCES DE LA GAUCHE

"LES INCOHÉRENCES DE LA GAUCHE"

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrate- Aujourd'hui en France sont organisés de-ci de-là des défilés contre "l'islamophobie".

C'est un mot apparemment tout nouveau de la langue française qui donne à penser qu'on pourrait désormais en France, terre pourtant pétrie de laïcité élevée au rang de dogme national, critiquer l'islam en tant que religion. Curieux.

Mais il est vrai qu'on connaissait déjà dans notre hémisphère la sémitophobie (autre nom de l'antisémitisme), et que la christianophobie y est devenue une sorte de sport national qu'on oppose facilement à la laïcité, que l'on dévoye, qui devait pourtant défendre les religions contre leurs propres excès. Alors pourquoi ne pas défiler aujourd'hui contre l'islamophobie ? Je ne rentrerai pas pour autant dans le piège de cette disruption de notre dictionnaire du "bien parlé français".

Fallait-il donc manifester contre l’islamophobie ? La question semble s'être posée prioritairement à la gauche.

Il est vrai que celle-ci n'a jamais éclairci franchement ses rapports avec la laïcité. On peut comprendre son embarras : la gauche ne sait plus exactement où elle habite. 

On a connu d'autres temps où, quand il fallait défiler pour diverses autres causes plus ou moins bien définies, la gauche était experte pour les organiser. On observe aujourd'hui que la gauche se contente désormais de suivre cortèges et défilés organisés par d'autres groupes les plus divers. Pourtant, aujourd'hui, il s'agissait de combattre ET le racisme, ET le rejet des musulmans par une partie de notre société judéo-chrétienne laïcisée. La gauche serait-elle devenue indifférente à ces causes ?

Il est vrai que la gauche s'est empêtrée dans le débat contre le voile islamique sans trop chercher en connaître la cause et l'origine. Certains courants musulmans prétendent que ce voile répondrait à un précepte issu du coran, et d'autres affirment qu'il n'existe dans ce livre sacré aucune sourate ni verset imposant aux femmes de se voiler le couvre-chef. Mais ce qu'il y a de plus curieux, c'est que ce débat sémantique intra-religieux a rejailli jusque dans le champ politique et suscité les passions les plus vives : des mères voilées peuvent-elles accompagner des enfants en sortie scolaire ? Le voile est-il admissible dans l'espace public ou les lieux administratifs ? Ou encore dans les piscines ou sur les plages ? Et quand le législateur, certes avec maladresse et imprécision, s'est permis d'édicter quelques timides règles ayant cependant force de loi, on a aussitôt avancé le terme de lois "liberticides", alors qu'elles ne sont que laïques et qu'il s'agissait de fait de justifier une règle coranique - dont on ignore si elle existe ou non - et empêcher d'imposer aux femmes musulmanes des modes vestimentaires qui, pour certains, font débat, sinon tache, dans nos sociétés occidentalisées.

On ne peut ici nier que la gauche ressent une sorte de malaise qui a donné cette semaine le spectacle de ses hésitations : certains signaient l’appel à défiler sans vouloir manifester, d’autres avaient l’intention de manifester mais sans signer l’appel, etc….. Seul, le parti socialiste fut uni dans le refus de défiler. D'autres ont aussi ânonné de pâteuses justifications et pataugé dans de piteuses contradictions.

Et, chez les "insoumis" de Mr Mélanchon, leur souci fut apparemment de tenter de récupérer des voix pour les prochaines élections, ou encore quelques forces vives qui leur manquent pour préparer la prochaine "révolution" tant espérée. Mais il est vrai que chez les "insoumis", un tout récent sondage révèle qu'en 2022, 63% de leurs électeurs, déjà aujourd'hui très émiettés, voteraient pour la "Marine" et non plus pour eux. De quoi semer la panique : comment rassembler en effet dans un défilé, de surcroit non organisé par des forces de gauche, des électeurs "insoumis" autour de thèses très "islamistes", et d’autres, à leurs côtés, prêts à voter pour l’extrême droite et la "Marine" ?

Bref, là réside toute l'ambiguïté de la gauche et de ses contradictions. Curieux spectacle que nous offrent ces défilés sans vraie cohérence.

mardi, 05 novembre 2019

LE CHOIX DES RÉPUBLICAINS

"LE CHOIX DES RÉPUBLICAINS"

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrate- Mr Christian Jacob a été élu tout récemment Président des "Républicains" en remplacement de Mr Laurent Wauquiez contraint à la démission. Mr Jacob l'a donc emporté dès le premier tour avec plus de 62% des voix exprimées, devant Mr Julien Aubert (21 %) et Mr Guillaume Larrivé (16 %). Première observation : la parité hommes-femmes ne semble pas être de mise dans le choix des candidats offert aux militants de ce parti. Étrange !

Mais chacun a pu constater que cette élection s'est déroulée dans l'indifférence générale des français. Il est vrai que le suspense était d'un niveau très faible, puisque nombreux étaient ceux qui pariaient sur la victoire du candidat Jacob.

Ceci m'amène à faire les observations suivantes.

Fin 2017, la côte des partis politiques en général avait décru depuis un certain temps déjà et la droite venait d’essuyer deux échecs cuisants : - à la présidentielle d'abord - aux législatives ensuite. Échecs particulièrement durs à assumer. Mr Wauquiez a dû les payer par cet autre échec d'une stratégie très tôt contestée.

Mais il demeurait quand même suffisamment d’adhérents aux Républicains en 2017 pour que 100 000 d’entr'eux participent au vote qui consacra Mr Wauquiez. Or, moins de deux ans plus tard, les responsables de ce parti se demandaient combien il en resterait pour la nouvelle élection, craignant un net recul qui plongerait un peu plus le parti dans une crise profondément existentielle. Ils furent finalement un peu plus de 62.000, recul très brutal mais quand même moins sévère qu’en 2017, laissant un peu plus d'électeurs qu’espéré initialement.

Chacun sait pourtant que moins les adhérents sont nombreux à voter à l’intérieur d'un parti, et plus ceux-ci risquent de s’éloigner du vote des Français, isolant encore plus leur formation et leurs leaders. C'est le piège difficile qui est tendu à tout parti politique.

Pour faire face à cette problématique, les trois candidats en lice à l’élection avaient choisi des stratégies différentes face à ce danger : Christian Jacob a choisi de s’appuyer sur la structure des Républicains pour rassembler la droite (et le centre ?) et ensuite rebâtir patiemment un projet politique. Par contre, ses deux jeunes concurrents, Mrs Julien Aubert et Guillaume Larrivé, cherchaient, eux au contraire, à souder une vraie droite autour d’un retour aux fondamentaux.

Les adhérents ont tranché, de façon nette, pour le choix proposé par Mr Jacob : rassembler et lentement reconstruire idéologiquement leur mouvement. Et ils ont repoussé à plus tard l’autre option, celle de la stratégie. C'était un risque à courir. Et c'est toujours aujourd'hui, pour les Républicains, le risque à affronter.

Était-ce pour ce parti déjà très éprouvé et indéterminé le meilleur choix, parti déjà et aussi concurrencé et cerné de toutes parts, tant sur son centre que sur sa droite ?

Les lendemains qui s'approchent répondront à cette question. Mais la réponse est loin d'être évidente, et la partie loin d'être gagnée.

mercredi, 09 octobre 2019

LA GUERRE TURCO-KURDE

"LA GUERRE TURCO-KURDE"

Billet de  François VAN DE VILLE

Turco-kurde.jpgAprès la soudaine décision totalement dingue de Mr Trump - une de plus auxquelles il faut désormais s'habituer - d'abandonner les forces kurdes face à la menace armée turque qui a décidé de les décimer malgré leurs contributions décisives dans la lutte contre Daech, la France doit faire face aujourd'hui à cette offensive militaire turque qui menace de déstabiliser un peu plus encore le nord-est déjà très ravagé de la Syrie. 

Hier, déjà, l’État islamique (EI) profitant de cet abandon soudain des kurdes par les USA, a revendiqué un premier attentat suicide contre le conseil militaire de Raqqa - ancienne "capitale" syrienne de son califat - sans faire de victimes assurent les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), coalition de combattants kurdes et arabes.

La nouvelle serait passée inaperçue il y a quelques jours encore si elle ne survenait pas dans un contexte particulier : celui de l’offensive lancée par la Turquie dans le nord-est syrien contre les positions armées du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PTK) considéré par Ankara, et son Président dictateur Erdogan, comme "terroriste".

Il nous faut hélas constater que la chute de Raqqa, comme celle de Mossoul en Irak, n’a pas coupé totalement la racine du mal : "l’hydre islamiste" - pour reprendre l’expression du Président Macron - respire encore au Moyen-Orient et, quoique diminuée, elle continue de frapper.

Il faut avoir à l’esprit ce combat car, aussi loin qu’il puisse paraître, il nous touche directement. Les FDS tiennent à bout de bras une région proche du chaos. Plus encore, elles gardent sous clé, au grand soulagement coupable des capitales européennes, des milliers de prisonniers jihadistes - dont de très nombreux français - et qui ne rêvent, pour beaucoup, que de rejoindre les rangs de l’EI.

Tous ces efforts sont aujourd’hui mis au rebut par la décision de Mr Trump. L’opération turque aussitôt entreprise balaie toutes les cartes. Le président turc Erdogan, récemment affaibli par sa défaite électorale et qui cherche à se refaire une "santé politique", demeuré pourtant apparemment tout aussi cynique en diable, va jusqu’à affirmer que son coup de force va "ramener la stabilité" dans le nord-est syrien, et permettre le retour de deux millions de réfugiés.

De qui se moque-t-il ?

Une catastrophe humanitaire est en marche. Couverte par les atermoiements de Mr Trump - de jour en jour de plus en plus fantasque et incontrôlable - gouverné désormais par une folle obsession limbique dévastatrice.

Emmanuel Macron a annoncé hier, de son côté, saisir le Conseil de sécurité de l’ONU : il en a fait part aux représentants kurdes, qu'il a immédiatement reçus, de sa profonde préoccupation. Mais chacun sait qu'aucune préoccupation n’a jamais empêché les guerres : elle a même servi bien plus souvent à s’en laver les mains.

La France se devrait d'intervenir en force, au sein de l'ONU où elle siège en permanence, en faisant adopter une résolution créant sur place une zone de non-droit à tout survol aérien et à laquelle elle pourrait apporter son concours pour empêcher le pouvoir turc de bombarder les populations kurdes situées en Syrie, principales alliées, ô combien fidèles et efficaces, dans notre lutte commune contre l'état islamique et Daech.

C'est un devoir de sauvegarde impérieux.

Oui, nous sommes bien sous la menace d'une guerre dont les récents événements en France, jusqu'au cœur même de nos institutions, démontrent qu'elle nous concerne tous. Oui, peut-être sommes-nous déjà bien en guerre.

 

samedi, 14 septembre 2019

Ma sœur Bernadette

croix.png

VILLENEUVE D'ASCQ (59) - PARIS (7°) - RAMATUELLE (83) - DENAIN (59)

 

Toute notre famille

Alexandre - Apolline - Candice - Edgar - François Jr - Gabrielle - Honoré - Victoire

Arthur - Maxime - Thelma - Thomas

Julien - Lionel - Seyni - Zachary

François (†) - François Sr - Jeannine (†) - Renée (†)

se trouve réunie dans une même peine autour de

 

Madame Bernadette VANDEVILLE

Aménageur-Lotisseur "Les Villageraies"

 

décédée ce 13 Septembre à Villeneuve d'Ascq dans sa 84ème année.

 

Ses funérailles se dérouleront le 18 Septembre 2019 à 9h30

en l'église St André, Rue Royale à Lille (59)

Ses cendres iront ensuite rejoindre la sépulture de Ramatuelle

après une ultime bénédiction en l'église paroissiale du dit-lieu.

mardi, 10 septembre 2019

LES 2 ALLEMAGNE

LES 2 ALLEMAGNE

Billet de  François VAN DE VILLE

2Allem.jpgDans quelques semaines, le monde célébrera l’un des événements les plus importants de l’histoire du XX° siècle : la chute du mur de Berlin, le 9 Novembre 1989, voilà 30 ans.

Ce fut un acte symbolique et déterminant qui conduisit aussitôt à l’instauration d’un nouvel ordre mondial : la mise en cause puis la dislocation du bloc soviétique, mettant un terme à la guerre froide qui avait rythmé les relations internationales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le 9 novembre 1989, c’était donc aussi la liberté qui s’offrait aux Allemands de l’Est.

Quarante ans après sa création, la République démocratique d’Allemagne (RDA), dont le régime subissait les contrecoups de la "perestroïka" initiée par Mikhaïl Gorbatchev, vivait ses derniers jours. Puis, le 3 octobre 1990, les deux Allemagne, au terme d’une période que l’histoire a appelée "die Wende" (le tournant), étaient réunifiées, du moins juridiquement..

Donc, depuis le début de l’année, l’Allemagne, et notamment sa capitale Berlin, fêtent ce trentenaire.

Mais, dimanche dernier, la réalité de cette réunification célébrée en grandes pompes, est venue ternir ces célébrations : les élections régionales, dans deux Länders de l’ex-RDA, ont plébiscité l’AFD, "Alternative pour l’Allemagne".

Ce parti d’extrême droite a atteint 27,5 % des voix en Saxe, suivant de peu la CDU d’Angela Merkel, et a obtenu 22,5 % dans le Brandebourg, devancé par les sociaux-démocrates du SPD.

Ces résultats signent avec force la frustration des déçus d’une réunification dans laquelle l’Est se trouve à la traîne de l’Ouest, et ce malgré les 20.000 milliards d'€ - (vingt mille milliards d'€ !!!) - déversés par l'Ouest depuis 30 ans, pour relever le niveau de vie des allemands de l'Est.

Malgré ce déversement sans précédent de capitaux, les situations socio-économiques sont cependant restées déséquilibrées entre les 2 ex-états, car, à l’Est, la population est restée plus âgée, donc davantage touchée par le chômage et, par voie de conséquence, moins bien payée faute de politique sociale déterminée pour éviter ce vieillissement.

Cette différence, dont se plaignaient jusqu’à présent les ex-Allemands de l’Est dans les seuls sondages, s’est donc maintenant exprimée dans les urnes.

Ceci prouve, pour ceux qui en doutait encore, que l'argent déversé, même si généreusement, ne fait pas le bonheur des populations, et celles-ci finissent toujours par se manifester sous des formes les plus diverses qui peuvent même friser jusqu'à l'insurrection. La raison ? Les problèmes de fond n'ont pas été abordés suffisamment avec courage et détermination, n'en déplaise à certains poncifs.

En France, on ferait bien bien de réfléchir à cette même réalité avant d'ouvrir les porte-monnaies à l'aveugle. Des exemples récents le prouvent. Distribuer de l'argent n'est pas une solution pérenne si l'on n'attaque pas nos problèmes sur le fond, avec constance et détermination.

dimanche, 14 juillet 2019

CONTRE NOUS DE LA TYRANNIE....

CONTRE NOUS DE LA TYRANNIE....

Le Billet de  François VAN DE VILLE

politique,faits de sociétéMême minoritaires, les actions violentes de ce 14 Juillet 2019 sur les Champs-Élysées ont constitué une attaque contre la République et la démocratie.

Comment ne pas se rappeler, en de telles circonstances, ces paroles de notre hymne national : "Contre nous de la tyrannie, l'étendard sanglant est levé…." ?

Ces sifflets, au passage du Président de la République sur les Champs-Élysées, furent un affront à la République : ils émanent de nouveaux tyrans qui veulent s'imposer, seuls contre tous, comme hier ces envahisseurs, porteurs d'idéologies hors du temps et sans lendemains, voulaient nous imposer leur loi au nom d'un ordre nouveau qu'ils voulaient établir. Nos nations, celles qui se veulent libres, se sont levées heureusement contr'elles pour les écraser.

Ces violences, déclenchées ensuite sur la même avenue après le défilé du 14 Juillet, ne sont qu'une provocation contre la démocratie. "Qu'un sang impur…."

Le chef de l’État, celui-ci comme ses prédécesseurs, n’incarne jamais mieux la nation, son unité, son histoire, son destin, que le jour de la fête nationale. Le huer ce jour-là, c’est nier sa fonction et nuire à la nécessaire cohésion d’un peuple. Il reste d'autres jours dans l’année pour critiquer sa politique, si éventuellement on le veut.

On se désole d’abord, et on cherche ensuite des responsabilités devant le déclenchement de ces violences un jour comme celui-ci, et dans un lieu aussi symbolique comme celui-là. On ne comprend pas que le ministère de l’Intérieur n’ait pu empêcher ces insupportables scènes. Peut-être des manquements ont-ils eu lieu dans l’anticipation et le maintien de l’ordre ? Y a-t-il eu faute de prévision ?

Mais, de toutes façons dans un régime démocratique, les violents ont toujours forcément, dans un premier temps, l'avantage. Comment se prémunir totalement contre des exactions menées par des voyous déguisés en quidams ? À moins de renoncer au respect des libertés publiques.

C’est justement ce à quoi poussent ces provocateurs, qu’ils soient porte-paroles des vestiges de "gilets jaunes" égarés, présents hier encore sur les Champs, ou qu’ils soient les alliés des black-blocs. Archi minoritaires dans leurs actions, leur seul espoir d’ébranler le pouvoir est de saper, coup après coup, semaine après semaine, ses fondements, que sont la démocratie et la République. Jusqu’à ce que les citoyens finissent par rejeter des institutions qui ne les protégeraient plus, et jusqu’à ce qu’ils ne se reconnaissent plus dans cette République, puisque même la fête nationale ne voudrait plus rien dire.

Face à ces nouveaux barbares de la tyrannie, levons nos étendards baignés des idéaux de notre démocratie.

samedi, 29 juin 2019

ALARME SUR LA DETTE FRANÇAISE

ALARME SUR LA DETTE FRANÇAISE

Billet de  François VAN DE VILLE

dette.jpgLe dernier rapport de la Cour des comptes sonne à nouveau le tocsin sur le niveau d’endettement de l’État : il est alarmant.

La Cour des Comptes, on le sait, est un organisme indépendant du pouvoir qui peut se permettre ce genre de sentence : elle énonce, dans sa note annuelle, l'aggravation de l'évolution des caisses de la "maison France", une situation qui ne cesse de se dégrader (la "parenthèse Gilets Jaunes" n'ayant rien arrangé, tout au contraire !). Elle alerte sur les "risques significatifs", les "évolutions préoccupantes" que seuls ne parviennent à masquer - très temporairement - des taux d'intérêt exceptionnellement bas dont nous fait temporairement bénéficier la situation internationale.

Et de ne pas cacher non plus que si un événement venait à bousculer le calme apparent de cette situation très fragile, elle entrainerait aussitôt une hausse de ces taux d'intérêt : la France serait rapidement déclarée en état de faillite, car dans l'incapacité non seulement de payer ses dettes, mais surtout d'honorer des coûts "normaux" de fonctionnement habituels que seule sa capacité actuelle d'emprunt lui permet d'y faire face. Comment payer alors et désormais ses fonctionnaires, ses retraités, ses aides sociales, ses appareils de santé comme de sécurité, etc… ? La crise serait totale, immédiate et sans aucun préavis.

Dans ce rapport que nul ne se permet de contester, la France y est présentée comme le "cancre" de la classe européenne, restant toujours à la traîne pour réduire ses déficits et son endettement : la dette du pays frôlera les 99% du PIB cette année (soit 2.356 milliards d'€, soit plus de 35.212€ de dette par français, depuis celui qui vient à peine de naître jusqu'au vieillard proche de la mort !), et cette dette abyssale ne se dégonflera que de 1,6 point à la fin du quinquennat en cours, fort loin des promesses de début.

Mr Darmanin, notre Ministre du Budget, est donc prié de concilier l’inconciliable : tenir "en même temps" des engagements de maîtrise des déficits annuels qui alimentent la dette et, parallèlement, ceux des annonces de baisses d’impôts qui se sont succédées depuis les premières manifestations de Novembre 2018. Inconciliable, ai-je dit !

Si un programme de baisses d’impôt a bien été précisé et programmé, ce 12 Juin, dans le discours de politique générale du Premier Ministre - Mr Édouard Philippe, celui des économies placées en face l’est beaucoup moins : en matière d'économies programmées, c'est beaucoup plus flou. Ce que les magistrats de la Cour des Comptes ne manquent pas de souligner, notamment à propos du financement des 5 milliards de baisses d’impôt sur le revenu promis par le Président Emmanuel Macron dans sa conférence de presse du 25 avril.

Les entreprises mises à contribution volontaire ne savent toujours pas quelles "niches fiscales" Mr Darmanin va leur fermer pour compenser sa perte de recettes du côté des ménages. On ne sait pas non plus quels ministères et autres administrations vont devoir se serrer encore plus la ceinture dans le prochain budget 2020.

On ne sait pas non plus quels lendemains nous réserve la situation internationale qui nous autorise temporairement ce fragile répit des taux d'intérêt, quand l'on voit le caractère fantasque et imprévisible de certains chefs d'état en capacité de bouleverser du jour au lendemain le calme relatif actuel et de presser quelque bouton qui nous mettront aussitôt devant notre triste réalité de.... pays super endetté.

Sans être inutilement pessimiste, reconnaissons que la situation est grave et renvoie au second rang bien des préoccupations qui alimentent actuellement nos gazettes.

mardi, 28 mai 2019

L'ÉCHEC DES NATIONALISTES EUROPÉENS

"L'ÉCHEC DES NATIONALISTES EUROPÉENS"

Billet de  François VAN DE VILLE

LePen.jpg- Souvenez-vous : la veille encore du scrutin des européennes, Mr Bardella, le leader du RN de Mme Le Pen, claironnait : "La poussée souverainiste arrive partout en Europe".

Hélas pour lui (et Mme Le Pen), le scrutin dans les 28 pays a parlé : les "populistes" ne sont arrivés en tête que dans 6 pays sur 28. Et encore : parmi ces 6 pays, l'on compte le Royaume Uni - qui quittera l'Europe et son parlement le 31 Octobre prochain - et, depuis lundi (le lendemain même de l'élection), l'Autriche a renversé son jeune chancelier "populiste" - Mr Kurz - entraîné à son tour par le scandale sans nom qui avait frappé quelques jours plus tôt son ministre de l'Intérieur allié, Mr Kicki. Faites le décompte, il ne reste plus que 4 pays aux mains des "populistes" : la vague "nationaliste" n'a pas déferlé, de très loin s'en faut !

C'est la défaite des projets de Mme Le Pen, qui envisageait déjà, d'un œil gourmand, le "grand soir" où ses amis "populistes" prendraient le contrôle du nouveau parlement européen à ses côtés. Son amertume se devinait déjà entre les mots dès ses prises de parole du dimanche soir : la vague annoncée, y compris par les responsables "pro-européens" - comme Emmanuel Macron lui-même - pour remobiliser les troupes, n’avait pas du tout déferlé sur le continent.

Déjà la déroule de Geert Wilders aux Pays-Bas, connue l'avant-veille du scrutin en France, annonçait déjà que le boulevard promis à l’extrême droite européenne ne serait pas aussi large qu’annoncé : seuls six pays - France, Italie, Royaume-Uni, Hongrie, Pologne et Belgique - ont porté en tête des listes "souverainistes", voire nationalistes, avec, dans ce contingent de 172 sièges, la trentaine d’élus du parti pro-Brexit anglais de Nigel Farage, appelés, eux tous, à repartir très vite chez eux, au plus tard le 31 octobre prochain.

Cette "contre Europe des six" rêvée par Mme Le Pen et ses alliés ne pourra pas faire la loi à Strasbourg, comme Matteo Salvini, le principal allié de Marine le Pen, peut le faire (non sans difficultés d'ailleurs à l'horizon romain).

Cette "internationale des nationalistes" ne sera - et ne restera - qu'à plus de 200 voix de la majorité de 376 sièges requise au Parlement européen. Et surtout, rien ne dit que les élus de ces partis "euro-sceptiques", profondément divisés entre "pro-russes" et "anti-russes", divisés aussi sur le modèle de société qu'ils voudront imposer au sein de leurs propres pays, réussiront à former un seul groupe au lieu des trois qu'ils sont au sein du Parlement européen.

Comment aussi avoir un agenda européen commun lorsqu’on défend une vision purement nationale et que les intérêts du pays représenté passeront toujours devant, surtout lorsqu’il s’agira de voter le budget de la PAC, ou encore d’aller plus loin dans la réforme du travail détaché par exemple ?

Entre partis "nationalistes", il n’y a qu’un point vraiment commun : leur rejet de l’immigration présentée comme une sorte de "submersion" du Vieux Continent, malgré les chiffres qui démontrent unanimement leur large surestimation.

Tout cela ne fait pas un projet commun, surtout lorsque la préoccupation de chacun est de fermer ses propres frontières en fermant les yeux sur les drames qui se déroulent en Méditerranée !

Mme Le Pen ne pourra qu'observer désormais le contingent de sa vingtaine de députés européens - à part quasi égale avec celui nouveau de son partenaire Emmanuel Macron - sur les bancs de Strasbourg ou de Bruxelles, confrontés les uns contre les autres avec leurs visions différentes de l'Europe.

Le "grand soir" espéré par Mme Le Pen n'est plus d'actualité.

vendredi, 17 mai 2019

L'EUROPE ET SES DOUTES

"L'EUROPE ET SES DOUTES"

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrate,débats de société- Un vaste sondage, organisé récemment dans toute l'Europe, montre l’attachement des citoyens européens à leur Union (UE) et témoigne de leur inquiétude sur son avenir.

Les populistes et les nationalistes braillent actuellement tellement fort sur tous les toits, qu’on n’entend plus qu’eux. Le discours ambiant actuel est si anti-européen que chaque europhile se demande s’il n’est pas l'un des derniers spécimens de l’espèce.

Le journal "Le Monde" cite les résultats d’une vaste enquête menée récemment par l’institut britannique "YouGov" dans 14 états de l'UE auprès de 50.000 de ses citoyens. En réalité, cette enquête révèle que le sentiment européen est bien ancré dans le cœur des habitants du Vieux continent. Mais ce sondage indique aussi l’ampleur, et la profondeur, du pessimisme qui plombe l'époque que nous traversons.

Si les deux tiers des personnes interrogées croient possible la fin de l’UE dans un délai d’une à deux décennies, seulement 8 % considèrent que ce ne serait pas une réelle perte. C'est très peu, mais c'est un signe. Les autres regretteraient par contre, entre sujets les plus divers, la liberté de circulation dans tout ce continent, celle de son commerce, le recul des droits de l’homme, et, surtout, une perte d’influence et de poids vis-à-vis des États-Unis et de la Chine. Cette dernière crainte est une réalité qui devient vive dans le conscient des citoyens.

L’attachement d’une grande majorité des Européens à l’UE ne les empêche pourtant pas d’être sceptiques ou pessimistes sur son avenir, tout comme ils le sont aussi sur leurs institutions nationales. Il n'y a pas que l'Europe qui soit concernée par ce mal-vivre généralisé, mais chacun à l'intérieur de ses frontières nationales. C'est une autre réponse aux nationalistes qui veulent persiffler sur la fermeture des frontières comme solution à tous nos problèmes.

D’où l’étrange campagne électorale que nous vivons actuellement. En réalité, dans cette "étrange campagne", il est question de tout et de n'importe quoi..., sauf d’Europe.

La plupart des citoyens ne veulent donc pas la fin de l’Union européenne : ils veulent de nouveau croire en un avenir économique et social meilleur, pour eux et pour leurs enfants. Ils imaginent immédiatement ce qu’ils perdraient avec la fin de l’UE, tout en étant profondément insatisfaits de leur situation actuelle. La seule ou principale coupable n’étant pas, pour eux, l’Europe, mais l’ensemble des politiques publiques menées tant nationalement qu'au niveau communautaire. Le problème est donc beaucoup plus large que certains le vocifèrent. Voilà qui peut donner quelque raison au surgissement soudain, notamment en France, des "gilets jaunes" qui ont fleuri ces derniers mois sur nos rond-points ou dans nos cités, même si l'objet de leurs manifestations s'est largement émoussé depuis.

L’Occident tout entier est donc en plein doute sur la période de révolution économique, comme technique mondiale, que nous traversons. Et il se trouve aussi, non par hasard, que l’Europe est le cœur même de cet Occident qui doute.

Ceci explique donc cela.

samedi, 04 mai 2019

LE MINISTRE QUI PARLE TROP VITE

"LE MINISTRE QUI PARLE TROP VITE"

Billet de  François VAN DE VILLE

castaner.jpg- En s’y invitant, sans être rejetés par les "Gilets Jaunes" (GJ), les "black blocks" ont changé la nature de leurs manifestations, obligeant la police à modifier sa propre doctrine du maintien de l'ordre.

Un bon Ministre de l’Intérieur doit donc allier, désormais, finesse et autorité.

Mr Christophe Castaner ne déborde ni de l’une ni de l’autre. Il se juge, en outre, "doué" pour la communication, en sorte qu’il parle beaucoup, et même trop, et aussi…. un peu trop vite. C'est pourtant là qu'est tout l'art de la communication, et çà, c'est un tout autre métier que celui de Ministre.

Lui, comme beaucoup d’autres, y compris ceux qui le critiquent aujourd'hui jusqu'au harcèlement, ont fini par croire qu’il suffisait de saturer l’espace médiatique pour empêcher les autres expressions et imposer la leur. Mr Castaner a fini, en peu de temps, par laisser voir les grosses ficelles de sa communication. Et, en voulant "coller" aux événements sans recul et ni réflexion, il s’est pris les pieds dans le tapis le 1er Mai

Le lendemain même, Mr Castaner a tenu à corriger son propos : "Je n’aurais pas dû employer le mot attaque" a-t-il reconnu à propos de cette intrusion forcée, en brisant chaînes et cadenas de portail, ouvrant aux manifestants les locaux d’un hôpital parisien.

Mais le mal était fait : les oppositions, qui voient le Ministre de l’Intérieur comme le "maillon faible" du gouvernement, s’en sont donnés à cœur joie à quelques semaines des européennes. Les sénateurs, s’étant pris soudain de passion pour les commissions d’enquête pour rehausser leur prestige un brin menacé, veulent même faire comparaître le Ministre, tout comme hier Mr Benalla. Communistes et Insoumis, d'une part, ne supportant pas en France le centième de ce qu’ils tolèrent et soutiennent avec becs et ongles aujourd'hui au Venezuela, et, d'autre part, une partie de la droite ayant oublié certaines de ses pratiques passées, tous réunis sont devenus impitoyables avec ce trublion de Ministre.

Ce faisant, on néglige pourtant l’essentiel.

Le maintien de l’ordre dans ces rassemblements, légitimes et autorisés, ne serait pas à ce point délicat et risqué si les "black blocks" ne s’y invitaient pas, protégés, qui plus est, par d’autres manifestants complaisants : les "innocents" GJ eux-mêmes ! Ces activistes cherchent, par la violence, à provoquer un drame qui ferait basculer le ventre mou de la protestation vers l’insurrection. Pour les empêcher d’agir, de lapider les policiers, de brûler les voitures et les kiosques, de détruire les vitrines et piller les magasins, les forces de l’ordre ont désormais la consigne d’aller "au contact". C'est la nouvelle doctrine qu'a initié notamment....le Ministre Castaner.

Cela déplait, à outrance, à certains de nos manifestants hebdomadaires et défait bien de leurs plans établis pour y semer le désordre qu'ils recherchent pour exister et attirer encore les médias, faute d'autres propositions réfléchies.

C’est cela, aussi, ce que certains veulent faire payer, désormais, au Ministre de l’Intérieur : un autre métier, celui-là, que celui de simple communiquant.