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vendredi, 01 février 2019

LA CAMPAGNE DE DONALD TRUMP

"LA CAMPAGNE DE DONALD TRUMP"

par  François VAN DE VILLE

trump.jpgLa politique de Mr Donald Trump déconcerte la plupart de ses soutiens : elle inquiète tous ses alliés et elle menace les équilibres du monde entier.

Oui, mais voilà : elle consolide surtout la base électorale de Mr Trump : c'est là le seul objectif recherché.

Celui-ci a pris en effet une de ces innombrables décisions de plus qui n’ont d’autre but évident que de combler sa base électorale : en annonçant sa décision de faire rentrer au pays les 2.000 soldats américains présents en Syrie, Mr Trump a non seulement provoqué aussitôt la démission de son secrétaire à la Défense, le général James, mais elle a aussi alarmé les Israéliens (ses plus fidèles alliés au Moyen Orient), elle a trahi les combattants kurdes et elle a aussi affaibli les positions des Français, comme celles des Britanniques engagés dans la lutte contre l’État islamique : Mr Trump dessert donc tous les principaux alliés historiques des USA.

Et, suivant cette singulière logique, Mr Trump renforce indirectement son concurrent, la Russie, tout comme son ennemi juré, l’Iran, et même la Turquie, au grand dam de son partenaire saoudien.

Mais peu importe pour Mr Trump que les principaux membres de son administration le quittent les uns après les autres, que des sénateurs républicains, jusqu’ici fidèles, pointent publiquement ses décisions chaotiques, peu importe que ses alliés dans le monde se sentent méprisés, que les doctrines en cours ces dernières décennies dans la diplomatie américaine soient aussi abandonnées les unes après les autres : ce qui compte, pour Mr Trump, c’est que son instinct réponde aux attentes du noyau dur de son électorat, celui qui pourrait lui assurer sa réélection en 2020. Il n’est certes pas le premier dirigeant dans le monde à travailler à ce but, mais lui n’agit que pour ça, même si c'est au détriment de la nation qu'il dirige pour l'instant.

Ce que Mr Trump croit être son instinct, n’est que la résurgence de principes désuets, abandonnés depuis longtemps pour leur nocivité, et qu’il ressuscite en les caricaturant. Son isolationnisme ne fait que le lit de ses ennemis politiques, et son protectionnisme ne fait qu'affaiblir ses partenaires commerciaux.

Mr Trump construit, mois après mois, un monde qui finira par ressembler à ses plus noirs fantasmes. Et pour parachever ce grand œuvre paranoïaque, il rêve toujours de ce mur avec le Mexique, à 23 milliards de dollars. Il a même engagé un bras de fer avec le Sénat sur ce sujet qui a coûteusement paralysé l'administration américaine pendant de très longues semaines. Et, encore aujourd'hui, dans son bras de fer avec le dictateur vénézuélien - Mr Maduro - même si la cause parait être juste, il en soutient maladroitement son rival en le compromettant avec une maladresse qui trahit une certaine incompétence stratégique en matière de psychologie diplomatique.

Et tout ceci se fait toujours, et encore, avec le soutien total et exalté de son électorat bien particulier.

Ceci est fort dommageable, non seulement pour les USA, leur image et leur crédibilité dans le monde. Mais, aussi, les répercussions deviennent partout imprévisibles de conséquences : aucune nation n'y échappera. Et l'Europe toute entière en pâtira aussi, comme tous les continents.

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