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samedi, 02 février 2019

J.L. MÉLANCHON & M.LE PEN

"J.L. MÉLANCHON & M. LE PEN"

par  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrate,faits de sociétéEn préférant rassembler le peuple, plutôt que la gauche, Jean-Luc Mélenchon a pris le risque de perdre à la fois ET la gauche ET le peuple.

Conséquence : Mr Mélenchon s’enfonce.

Il était perçu comme le meilleur opposant au Président de la République : Marine Le Pen vient de lui piquer le rôle. Il était abonné au groupe de tête des personnalités politiques les plus populaires : il vient de plonger à la 18° place, selon la récente enquête "Elabe". Il paie ses éructations pendant l’épisode des perquisitions, tout comme aussi ses répliques emphatiques où il confondait la République et sa propre personne. Il paie, enfin, sa soumission à un porte-parole égaré issu des Gilets Jaunes, tout comme son indulgence envers les violences engendrée par ce mouvement.

Le leader de La France Insoumise a tout joué : pour l’instant, il perd.

Il a cru bon aussi de parier sur une stratégie du peuple contre les élites et sur l’abandon de la classique union de la gauche : cela n'a pas marché. Il lui fallut donc, comme le lui reprochent aujourd'hui Benoît Hamon et nombre de ses ex-amis de l'ex-gauche, "quitter les rives de la gauche" pour espérer rassembler plus vite et plus large. Plus vite ? Mais en renonçant aux longs combats pour une "union de la gauche" que celle-ci connaît bien, mais en s’appuyant de façon fort opportuniste sur des éruptions sociales de tous ordres. Il a perdu ! Plus large ? Mais en ne faisant plus fuir le peuple avec un classique discours de gauche. Perdu encore !

Et, soudain, les GJ lui sont apparus comme un signe de l’histoire à lui seul adressé : l’insurrection populaire était là, la révolution citoyenne engagée. Il fallait donc, d’une main délicate et par une habile tactique, exacerber ce mouvement sans pourtant paraître le récupérer trop ostensiblement. Seulement voilà : en fait de délicatesse et d’habileté, les Français ont vu un vétéran politique, chaussé de ses gros sabots. Il a perdu encore.

À gauche, on lui reproche aujourd'hui de n’être plus assez de gauche. À droite, de n’avoir jamais été de droite. Et les partisans d’un populisme nationaliste ne le trouvent pas encore assez "national" : ils ont déjà, pour combler leur recherche de leader, ce qu’il fallait. Perdu encore pour lui !

Inconsciemment, Mr Mélenchon est donc, actuellement, en train de tenter de tirer les marrons du feu : mais cela se fait au seul profit de Marine Le Pen. Celle-ci lui dira-t-elle "merci" pour autant ?

Les "lendemains qui chantent" répondront à la question.

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