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dimanche, 17 février 2019

LES DÉCHAÎNEMENTS LIBÉRÉS....

"LES DÉCHAÎNEMENTS LIBÉRÉS...."

BILLET de  François VAN DE VILLE

antisémitisme.jpgDepuis trois mois, la France offre, tant au monde qu'à elle-même, un spectacle à la fois désolant et grotesque. Il devient maintenant urgent de baisser le rideau.

Initialement, la crise des GJ (gilets jaunes) avait des causes sociales, politiques et objectives qu’il fallait entendre, écouter et analyser pour les comprendre et les réduire. C'était un moment bienvenu pour gommer nombre d'injustices que des décennies d'incuries avaient soigneusement cachées sous le boisseau pour les ignorer.

Mais force est de constater que les GJ sont aussi devenus, progressivement, un mouvement social qu’il convient aujourd'hui de juger sur les actes qu'il engendre. Et ces actes sont trop graves pour ne pas les dénoncer.

Sur ce point, le bilan devient terrible : outre certaines graves victimes sur les barrages, l'on en vient maintenant aux insultes, aux menaces, aux corps à corps violents, à des commerces fermés, à près de 100.000 travailleurs réduits au chômage technique ou menacés de licenciement par le dépôt de bilan en masse d'entreprises ruinées par leurs actions économiques répétées et destructrices, souvent avec violence. Place maintenant aux intimidations envers les élus, aux attaques contre les policiers, les pompiers ou autres services de sécurité, aux institutions républicaines ; place aussi aux théories du complot et autres fantasmes soigneusement habillés ; enfin, désormais, place aux actes antisémites, racistes ou homophobes.

Jusqu’à l’écœurement.

Pire : le gros des troupes des GJ semble aussi maintenant s’accommoder de cette politique de la terre brûlée. Loin de dénoncer cette orgie de violence, leurs porte-paroles plastronnent sur les réseaux sociaux. Les plus excités, les Maxime Nicolle, Éric Drouet, Christophe Chalençon ou autres charlatans, rêvent de renverser le pouvoir pour s'en emparer. Et la moins radicale d'entr'eux, Madame Ingrid Levavasseur, parle maintenant, avec le plus grand sérieux devant les écrans ou autres micros, "d’aller à la rencontre du peuple". Rien que ça!

Si les menaces des premiers ne scandalisent pas grand monde, la grandiloquence de la dernière n’étonne pas davantage. On remarquera simplement qu'il a fallu des années à certains de nos actuels hommes (ou femmes) politiques pour se laisser griser par le pouvoir : chez les GJ, il ne leur aura fallu que quelques semaines pour "prendre le melon". Cela serait risible si ce n'était pas, aussi, dramatique dans les faits ensuite engendrés.

Personne aujourd'hui ne sait comment sortir de cette panade. Les "grands débats", organisés depuis en grand nombre, font surgir de nombreuses propositions, souvent de très grand intérêt (y compris celles contradictoires opposées aux précédentes). Mais comment répondre à chacune d'elles afin que tous s'y retrouvent réellement ? La page à écrire après le 15 Mars sera nécessairement une page blanche dont nul ne peut présumer de son futur contenu. Ce sera un vaste compromis entre toutes ces propositions selon qu'elles seront jugées "possibles" ou "inconciliables" avec les réalités de tous ordres qui s'imposent à tous. Le même verre rempli sera jugé ou "à moitié plein", ou "à moitié vide".

Pourtant il arrive au-delà qu'une étincelle met le feu à la plaine. Parfois, aussi, un incident semble ramener le calme en ouvrant les yeux de chacun sur les réelles proportions du drame qui se joue : comme hier, l'académicien et philosophe, Alain Finkielkraut, pourtant dès le début soutien plutôt compréhensible des GJ, a dû faire face à une horde vociférante, abrutie d'odieux préjugés antisémites. Inqualifiable ! Et qu'on vienne pas nous dire que la grande masse des GJ présents lors de cet incident est intervenue pour mettre fin sur le champ et faire taire les salopards vomissant leur bave.

Ce "spectacle" - puisque c'en fut un des plus révoltants mais qu'il faut cependant appeler comme tel -  est le symbole d’une République désormais menacée par ses pires démons, ressurgis d'un passé qu'on croyait pourtant révolu à jamais.

Et, qu'on l'admette ou pas, c'est bien le mouvement des GJ qui les a tous libérés..., malgré lui. 

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