un compteur gratuit pour votre site web

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 01 avril 2019

LE MIRAGE FRANÇAIS

"LE MIRAGE FRANÇAIS"

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrateAprès l'INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques), voici qu'à son tour l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique) confirme la bonne tenue de la croissance française : celle-ci serait même, en 2019 - du moins le prévoient ces éminents organismes - deux fois supérieure en France à celle de l'Allemagne, référence pourtant internationalement reconnue quand on évoque les bons chiffres de son économie, de sa balance commerciale en perpétuelle surabondance, et de la croissance qui en découle pour ses industries.

Ces bonnes prévisions françaises sont assez rares - très rares mêmes - pour ne pas être soulignées, surtout à la veille des élections européennes. Ce malgré les effets dévastateurs des "gilets jaunes" ("GJ") qui influent sur notre économie, comme sur notre croissance, toutes deux gravement atteintes par la répétition de nos échauffourées hebdomadaires.

Pourtant, à l'échelle de tous nos voisins européens, la croissance mondiale ambiante n'incite pas du tout à l'optimisme : elle donne même, au contraire, de sérieux signes de fléchissement. Pourquoi donc cette exceptionnelle différence française ?

Hors toutes considérations économiques, ces bonnes nouvelles sont, pour le Président Macron, une nouvelle inespérée. Peut-on - peut-il - pour autant crier "Cocorico" ? Non ! Il faut être réaliste.

La résistance actuelle de la France tient surtout à un autre facteur relativement ancien, mais qui ne cesse, lui, de se renouveler depuis des décennies. Loin d'être une bonne nouvelle, ce renouvellement français répond à d'autres critères moins agréables à entendre : notre économie hexagonale n'échappe à ce climat dépressif international non pas par une autre "exception française", mais simplement parce que la France exporte moins que les autres nations plus performantes. Là est la principale faiblesse de la France. Et cette faiblesse  rend mécaniquement la déflation internationale moins violente chez nous qu'ailleurs, donc nous épargne de ce mauvais pas. Mais ce n'est qu'une apparence.

Ce "bon" résultat du moment n'est simplement qu'un des signes de notre faiblesse chronique.

Ce signe tient essentiellement à une progression de notre pouvoir d'achat, quoiqu'en disent nos "GJ" qui persistent aveuglément à le nier. Celui-ci devrait, en effet, évoluer en 2019  très au-delà de 2%. Et il y a, pour l'expliquer, les mesures spontanément prises ces derniers mois, notamment sous l'effet "GJ", (outre la suppression de la taxe d'habitation), la baisse sensible des cotisations salariales, la tendance à la hausse du SMIC assortie de diverses primes distribuées ici ou là, la défiscalisation des heures supplémentaires, etc… Tout cela, s'additionnant, finit pas porter progressivement ses effets. On pourrait s'en féliciter.

Mais hélas - car il y a un "mais" pour freiner notre enthousiasme - ce surcroît de consommation ne se fait pas au bénéfice des entreprises françaises mais de celles étrangères, y compris extra-européennes, Et cela est beaucoup plus inquiétant.

L'argent supplémentaire ainsi mis en circulation, au risque de faire basculer gravement nos équilibres économiques, favorise donc surtout nos importations de produits étrangers. C'est une habitude typiquement française, bien ancrée dans nos mœurs et dont nous ne parvenons décidément pas à nous débarrasser : au lieu d'alimenter nos productions "made in France", cet argent lâché ne fait qu'aggraver l'endettement de la France, et cet endettement, il se paye, et les français (ou nos enfants) le payeront lourdement un jour ou l'autre. Cet argent bénéficie surtout aux industries étrangères, bien plus qu'aux nôtres, celles qui nous  font vivre et il contribue à leur faire perdre des parts de marchés. Un  vrai gâchis économique.

Les français, au-delà d'autres réformes qu'ils devront aussi entreprendre, se trompent, et continuent de se tromper dans leurs choix de consommation : ils favorisent l'affaiblissement de nos industries.

On évoque souvent la nécessité d"augmenter le "pouvoir d'achat", notamment pour les plus défavorisés : c'est une nécessité absolue. Mais on oublie parallèlement que tout pouvoir d'achat dépend étroitement du dynamisme de notre appareil de production. C'est une évidence incontournable.

Tant qu'en France nous ne prendrons pas conscience de celle-ci, les "bonnes nouvelles" de l'INSEE ou de l'OCDE ne seront que mirages passagers et nous replongerons inévitablement dans les difficultés qui ne cessent de nous affaiblir.

Hélas, je remarque qu'au cours des innombrables "grands débats" organisés ces dernières semaines où tant de sujets les plus divers ont été abordés, cette réalité pourtant si exigeante si nous voulons survivre libres et indépendants chez nous, avec un pouvoir d'achat plus généreux pour tous, cette réalité-là n'a que très peu été évoquée.

C'est un grave manquement.

Les commentaires sont fermés.