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vendredi, 19 avril 2019

SYMBOLES & HISTOIRE

"SYMBOLES & HISTOIRE"

Billet de  François VAN DE VILLE

ND.jpg- Une étrange polémique s'élève et enfle autour des dons personnels de "grandes fortunes", mais aussi autour de l’élan populaire spontané de générosité pour sauver Notre Dame de Paris, un monument porteur de tant d'histoire et de symboles. 

Cette polémique pose une question : peut-on opposer les besoins de financement en faveur d'innombrables urgences sociales, même si elles sont réalités, au produit de la quête commencée depuis mardi pour la restauration de la cathédrale Notre-Dame ?

Ses parois sinistrées par le feu n’étaient pas encore refroidies que le débat était déjà lancé, avec ce goût de la polémique qui, en France, ne peut s’empêcher de s’inviter, même dans les moments de grande émotion nationale, comme celui que nous vivons depuis lundi soir.

Il a suffi que des grosses fortunes françaises, dès le soir même du sinistre, annoncent des contributions de 100, voire 200 millions d’euros pour contribuer au futur chantier de restauration, pour lancer aussitôt un procès d’intention : selon certains, derrière cette générosité affichée, il ne faudrait voir que l’opportunité de soustraire au fisc 60 % de la somme versée grâce à la déduction inscrite dans une loi de 2003 !

Devant ce "procès d'intention", François-Henri Pinault a répliqué aussitôt pour annoncer qu’il ne ferait pas jouer cet avantage fiscal. D'autres aussi....

Mais cela, pourtant, ne fait pas taire une autre polémique : celle qui compare la somme des promesses de dons réunies en moins de 48 heures (près de 1 milliard d'€) pour Notre-Dame, à la fonte continue des contributions attribuées aux œuvres sociales ou humanitaires observée ces dernières années, restrictions budgétaires obligent d'une France surendettée. Les porte-paroles des Gilets Jaunes (GJ) - encore eux ! - ne sont pas les derniers à mettre en face de leurs revendications, poussés en cela par les courants politiques extrémistes dont ils sont devenus les jouets, le "pognon de dingue" trouvé en si peu de temps pour sauver une cathédrale, face à certains cas sociaux présentant une certaine urgence.

Quel rapport y a-t-il ? Peut-on mettre en effet sur la même balance les besoins d’un chantier de restauration - fût-il celui de la cathédrale la plus connue dans le monde - et les réponses attendues de l’État pour l’amélioration du pouvoir d’achat des Français pour lequel, pourtant déjà, plus de 10 milliards d’euros ont été engagés ? Auraient-ils brûlés, eux aussi, dans le brasier de Notre Dame ?

En la circonstance, comparaison n’est pas raison : ceux qui trouvent qu’on en fait décidément beaucoup trop pour sauver de "vieilles pierres" devraient rouvrir leurs livres d’histoire et de littérature pour comprendre pourquoi leur sauvetage réunit aujourd’hui tant de monde, riches ou pauvres réunis !

Mais n'est-ce pas trop en demander aux GJ de tenter de comprendre ce réflexe si spontané issu du plus profond du peuple français, amoureux comme il l'est de symboles et tant attaché à ses valeurs historiques ?

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