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mardi, 10 septembre 2019

LES 2 ALLEMAGNE

LES 2 ALLEMAGNE

Billet de  François VAN DE VILLE

2Allem.jpgDans quelques semaines, le monde célébrera l’un des événements les plus importants de l’histoire du XX° siècle : la chute du mur de Berlin, le 9 Novembre 1989, voilà 30 ans.

Ce fut un acte symbolique et déterminant qui conduisit aussitôt à l’instauration d’un nouvel ordre mondial : la mise en cause puis la dislocation du bloc soviétique, mettant un terme à la guerre froide qui avait rythmé les relations internationales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le 9 novembre 1989, c’était donc aussi la liberté qui s’offrait aux Allemands de l’Est.

Quarante ans après sa création, la République démocratique d’Allemagne (RDA), dont le régime subissait les contrecoups de la "perestroïka" initiée par Mikhaïl Gorbatchev, vivait ses derniers jours. Puis, le 3 octobre 1990, les deux Allemagne, au terme d’une période que l’histoire a appelée "die Wende" (le tournant), étaient réunifiées, du moins juridiquement..

Donc, depuis le début de l’année, l’Allemagne, et notamment sa capitale Berlin, fêtent ce trentenaire.

Mais, dimanche dernier, la réalité de cette réunification célébrée en grandes pompes, est venue ternir ces célébrations : les élections régionales, dans deux Länders de l’ex-RDA, ont plébiscité l’AFD, "Alternative pour l’Allemagne".

Ce parti d’extrême droite a atteint 27,5 % des voix en Saxe, suivant de peu la CDU d’Angela Merkel, et a obtenu 22,5 % dans le Brandebourg, devancé par les sociaux-démocrates du SPD.

Ces résultats signent avec force la frustration des déçus d’une réunification dans laquelle l’Est se trouve à la traîne de l’Ouest, et ce malgré les 20.000 milliards d'€ - (vingt mille milliards d'€ !!!) - déversés par l'Ouest depuis 30 ans, pour relever le niveau de vie des allemands de l'Est.

Malgré ce déversement sans précédent de capitaux, les situations socio-économiques sont cependant restées déséquilibrées entre les 2 ex-états, car, à l’Est, la population est restée plus âgée, donc davantage touchée par le chômage et, par voie de conséquence, moins bien payée faute de politique sociale déterminée pour éviter ce vieillissement.

Cette différence, dont se plaignaient jusqu’à présent les ex-Allemands de l’Est dans les seuls sondages, s’est donc maintenant exprimée dans les urnes.

Ceci prouve, pour ceux qui en doutait encore, que l'argent déversé, même si généreusement, ne fait pas le bonheur des populations, et celles-ci finissent toujours par se manifester sous des formes les plus diverses qui peuvent même friser jusqu'à l'insurrection. La raison ? Les problèmes de fond n'ont pas été abordés suffisamment avec courage et détermination, n'en déplaise à certains poncifs.

En France, on ferait bien bien de réfléchir à cette même réalité avant d'ouvrir les porte-monnaies à l'aveugle. Des exemples récents le prouvent. Distribuer de l'argent n'est pas une solution pérenne si l'on n'attaque pas nos problèmes sur le fond, avec constance et détermination.

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