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vendredi, 24 janvier 2020

RETRAITES : PAS BONNE MÉTHODE

"RETRAITES : PAS BONNE MÉTHODE !"

retraites.jpg- Le tête à tête entre des syndicats (trop conservateurs, certains archaïques), et un exécutif (trop technocratique) a exclu les Français et esquivé les vrais objectifs.
 
Discuter deux ans avec les syndicats de salariés de la réforme des retraites pour déboucher finalement sur une grève reconductible, bête et méchante, (même si elle s'effiloche quelque peu), c’est assez dire que le choix de la méthode n’était pas le bon. Cela n'a que trop duré. Erreur d’approche du gouvernement d'une part, mais aussi le conservatisme obtus de nombre des confédérations nous ont mis dans la panade.

La méprise de l’exécutif - peut-on pour autant lui reprocher ? - est d’avoir cru que l’avenir des retraites devait se concevoir dans la plus grande discrétion, entre représentants des salariés, ceux des entrepreneurs, et lui, alors que le sujet est l’un des plus politiques qui soient.

Pour le coup, c’est d’un vrai grand débat dont on aurait eu besoin. Certains pensent que ce sont les Français qui auraient dû se prononcer sur ce qui sera leur lot dans la dernière partie de leur vie. Car ces choix ne sont pas qu’économiques : Quelles cotisations ? Quelles pensions ? Combien de trimestres et quel âge pour accéder à la retraite ? Ces choix définisseront aussi le type de civilisation que nous voulons.

La vie ne peut plus être radicalement coupée entre études, vie active et retraite. On doit pouvoir être formé, et former soi-même, tout au long de la vie. Si on ne peut plus courir après les voleurs, monter sur les toits, manipuler des corps malades à 65 ans, on peut assurer de la prévention, utiliser des machines, accomplir des tâches administratives. Plutôt que de verser une pension à un individu jeune et en pleine forme, on peut créer des emplois qui font défaut aujourd’hui, notamment dans des perspectives solidaires et écologiques.

Un conseil des ministres a arrêté ce 24 Janvier le projet de loi qu'il communiquera très prochainement au parlement pour qu'il délibère. Mais on apprend aussi que ce texte ne comporterait pas moins de 1.000 pages.

Comment nos députés vont-ils pouvoir examiner sur le fond, et en si peu de jours, un tel document ? Comment rassurer la population lorsqu'on lui annonce que le futur régime universel sera rédigé dans un tel volume d'articles et probablement aussi complexes que notre Code du Travail devenu illisible pour beaucoup ? Comment assurer que les 42 régimes spéciaux que les français voulaient voir abolir, quand on prend connaissance d'une foultitude d'exceptions que l'on distribuera à tout va dans le cadre de la pénibilité de certains métiers ?

Et l'on voudrait que les français soient rassurés et confiants dans leur futur régime de retraite ? C'est un défi.

Ce chantier aurait du, au contraire, permettre de mieux comprendre en quoi un système universel n’est pas un système uniforme. Il aurait pu amener à prendre en compte les spécificités des métiers, là où l'on peut rencontrer des cas de pénibilité, mais pas dans le seul et très court objectif de partir le plus tôt possible, en payant le moins possible de cotisations, et pour une pension la plus élevée possible.

Non la méthode n'est pas la bonne, même s'il y a volonté que le futur régime soit meilleur et plus égalitaire que le précédent devenu à bout de souffle.

Pour ma part, je crains que les craintes demeurent encore longtemps.

François VAN DE VILLE, Secrétaire Général du MoDem du Gard

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