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lundi, 09 mars 2020

EUROPE : RÉVEILLES-TOI FACE À TON HISTOIRE !

Billet de  François VAN DE VILLE

exiles.jpg- Dans le monde entier, le "coronavirus" a pris toute la place de l'actualité du moment : il le mérite amplement de par les peurs qu'il suscite.

Pourtant, au même moment, une autre tragédie, dramatique et plus cruelle encore, se joue à une portée de Paris : à la frontière entre la Grèce et la Turquie.
 
Les faits : des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants fuient une guerre sans pitié et la misère dans leur propre pays. Ils se retrouvent coincés entre, d'un côté, des policiers turcs qui les poussent vers la Grèce et, de l'autre côté, des policiers grecs qui les refoulent vers la Turquie, parfois jusqu'en coulant militairement leurs frêles embarcations.

C'est dramatique.

Ces populations quittent donc un enfer qu'elles n'ont pas cherché, et elles ne trouvent ailleurs personne pour les accueillir : elles sont aujourd'hui affamées, dénudées dans leur exode forcé et apeurées. Et voici que, face à ce drame, l’Europe entière les perçoit… comme un danger !

La Turquie, profitant de cette situation pour masquer ses propres problèmes intérieurs, les utilise comme une "monnaie d’échange" face à l'Europe, et la Russie, de son côté, les prend comme un incontournable "dégât collatéral" du conflit syrien auquel elle participe de son côté.

L’histoire – à moins qu’elle ne soit écrite un jour par l’extrême-droite – se souviendra de cet incroyable imbroglio, ce déni humanitaire qui est maintenant une véritable tâche pour l'Europe elle-même et les civilisations qu'elle incarne. Donc pour nous aussi, complices silencieux, ou presque.

Aujourd’hui, nos sociétés européennes, dites "démocratiques", sont comme tétanisées par ces exodes. Ceux-ci sont perçus désormais comme des menaces depuis les vagues d’immigration, certes fort imprudentes, de 2015 : menace pour notre identité culturelle, menace pour notre stabilité économique - du moins pour une partie de nos opinions - menace encore pour nos démocraties que représente la montée des votes en faveur de l’extrême-droite provoquée par les peurs qu'elle cultive savamment dans les esprits.

"L’histoire est tragique", rappelait jadis Raymond Aron à ses contemporains : ceux-ci avaient tendance à penser que la démocratie avait "pacifié" le monde. Dramatique erreur : l’actualité est toujours aussi tragique ! Non, la démocratie et son pacifisme ne sont pas au rendez-vous espéré.

On le voit aujourd'hui à la frontière de la Grèce et de la Turquie, et aussi en Syrie : c’est la vie de millions d’hommes qui est en cause. On le voit encore ailleurs, un peu partout à travers le monde et les égoïsmes aveugles qui se déploient.

Ce sont bien nos régimes démocratiques, enfermés dans leurs contradictions, qui sont eux-mêmes menacés : ne pas aider ces populations, renoncer à nos principes moraux. Ou, autrement, accueillir décemment ces exilés, mais prendre donc le risque de favoriser une possible prise de pouvoir par d'autres dirigeants autoritaires, voire totalitaires.

Nos démocraties en sont là. Elles en sont là parce qu’elles REFUSENT D'ASSUMER LEURS RESPONSABILITÉS : en aval, face aux vagues migratoires, en amont, puisqu’elles sont quasiment inexistantes dans une nécessaire résolution diplomatique entraînant, a fortiori, celle militaire face à des conflits qui produisent ces tragédies qu'elles ne peuvent enrayées.

Peut-on se contenter d'en rester là, immobiles, les bras croisés ?

Europe : Réveilles-toi face à ton Histoire !

03:12 Publié dans SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (0)

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