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vendredi, 13 mars 2020

L'ETAT PROVIDENCE et ses leçons

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,faits de société- « Ce n’est pas la division qui permettra de répondre à ce qui est aujourd’hui une crise mondiale »

Cette phrase, prononcée au milieu de son allocution solennelle par le Président Macron s'adressant à la nation française, visait vraisemblablement et surtout le tumultueux et inconstant Président Donald Trump.

C'est une leçon méritée adressée à son homologue outre-atlantique, lui rappelant à cette occasion que c'est de la façon qu'on aborde une crise mondiale - comme actuellement le colonavirus - qu'on peut révéler la capacité d'un état à s'y confronter. Et non à se limiter à désigner « l'étranger » comme l'unique source de cette pandémie devenue mondiale, et prendre ensuite des mesures brutales et totalement inconsidérées.

Peut-être Emmanuel Macron lui rappellera-t-il de vive voix lors d'un entretien téléphonique qu'il doit avoir ce vendredi avec l'immaculée Maison Blanche.

Le Président Macron n’est pas du tout Donald Trump. Avec lui, ici, pas de brutalité, pas d’emporte-pièce, pas de reniement facile, pas de repli nationaliste. Le Président français s’est montré ce soir grave et responsable, volontairement rassembleur de la nation et de son peuple. Il s'est montré aussi lucide : « Nous ne sommes qu’au début de la crise » quand il dit, lui et contrairement à Trump, qu'il « fait confiance à la science, et écoute ceux qui savent ». Tout l'inverse du Trump vrombissant à tout va sans rien considérer d'autre que sa réélection.

Aujourd’hui, donc, plus personne ne peut ignorer que nous sommes à l’orée d’une crise sanitaire mondiale historique.

C’était le rôle du Président Macron d’en faire part à la nation : il l’a fait. La décision de fermer, à partir de lundi, tous les établissements qui accueillent enfants et étudiants, des crèches aux universités, est une décision grave et difficile certainement pour beaucoup. Mais elle est à la mesure de la situation. Immédiatement, elle a même suscité une mesure identique dans nombre de nos pays voisins. Elle doit maintenant aussi appeler à prendre conscience de ce qui va nous arriver, chez nous, comme partout dans le monde.

Mais répondre à cette crise, ce sera aussi devoir en tirer les conclusions, et surtout les leçons.

C'est encore, dans l'allocution du Président, l’ardente « reconnaissance de la nation aux héros en blouse blanche » qu’a voulu exprimer Emmanuel Macron, voulant sans doute réconforter ces hommes et ces femmes des hôpitaux qui se sentaient lâchés par l’État. La leçon exigera un autre regard sur la situation de nos services de santé, ceux de la recherche médicale, de l'industrie pharmaceutique trop longtemps utilisées comme des « variantes ajustables » par des décennies d'incurie gouvernementale.

Là, comme ailleurs, on se souviendra que le Président, hier soir, a parlé d’« État providence ».

C'est un langage tout nouveau et totalement inhabituel qu'on a entendu. Il a promis de « reprendre le contrôle », il a annoncé « des décisions de rupture ». Il a même dit : « Je les assumerai ».

On en reparlera certainement longuement, une fois la tempête actuelle calmée.

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