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samedi, 18 avril 2020

ÉTAT D'URGENCE

Billet de  François VAN DE VILLE

état.jpg- Les parlementaires ont autorisé, voici quelques semaines, le gouvernement à légiférer par ordonnances pour adapter l'économie à la crise sanitaire prévisible, mais dont on ne soupçonnait pas encore l'ampleur qu'elle allait prendre..

Ces mesures sont donc "provisoires", comme le précise le texte de loi. Mais cette notion de provisoire est vague dans son libellé, il faut l'admettre.

En effet, un premier amendement proposait la date du 31 Décembre 2020 : le Sénat a proposé de le réduire à "deux mois". Mais il est vraisemblable que ce délai soit devenu trop court vue l'évolution de cette pandémie et la nécessité de ne déconfiner les populations que très progressivement seulement au-delà du 11 Mai 2020. Il est donc fort probable que ce délai sera prolongé à la demande du gouvernement.

Mais, si l'on se réfère à un autre état d'urgence, celui restreignant les libertés individuelles adopté dans un consensus quasi général au lendemain des attentats du 13 Novembre 2015, on se rappelle que certains s'étaient alors inquiétés des conséquences de ces mesures et du danger de leur pérennité. Le gouvernement de Mr Hollande d'alors avait juré tous ses grands dieux que.... Mais force est de constater, qu'ensuite, une autre loi de Novembre 2017 a inscrit dans notre droit des mesures qui vont dans le même sens que celles de l'état d'urgence initial et ont fait assez mal au pacte social qui passe désormais par dessus le pouvoir judiciaire.

Il est donc normal que l'on se soucie de la forme et du délai d'application de cet "état d'urgence".

Celui-ci vise actuellement et essentiellement les aides aux entreprises menacées par la paralysie actuelle, et l'économie en général, mais aussi de faire reculer certains droits de salariés, ce que l'on peut comprendre aussi : les congés payés peuvent être imposés par l'employeur, la durée du travail modifiée, les repos hebdomadaires désanctuarisés, etc….

Mais, qu'on le veuille ou non, c'est bien un recul de certains droits que l'on croyait jusqu'ici "acquits" et donc devenus "intouchables". C'est une nouvelle réalité temporaire à laquelle on se doit de plier.

Mais la question est aujourd'hui de savoir jusque quand.

jeudi, 16 avril 2020

L'EUROPE : PEUT MIEUX FAIRE ?

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrate- L'Europe, confrontée soudain à un choc que nul ne pouvait imaginer il y a encore quelques semaines seulement, a bien failli se montrer sous le jour le plus désespérant, montrant à nouveau son impuissance face aux égoïsmes chroniques venus de tous horizons.

Cette fois-ci, ce sont les Pays-Bas qui se sont montrés particulièrement inflexibles face aux grandes attentes de l'Italie, ce pays étant celui, en Europe, le plus touché par cette pandémie qui n'a pourtant épargné personne. Un vaste débat s'est alors ouvert pendant plusieurs jours, avec ses tergiversations habituelles sur les "grands équilibres" budgétaires que certains défendaient comme un paravent contre tout errement sacrificiel. Face à cette difficulté à s'entendre, l'idée a pourtant germé dans les esprits d'une "mutualisation" de la dette. Une porte s'ouvrait, mais ce n'était pas la dernière à franchir.

Les choses, en effet, n'étaient pas aussi simples qu'il n'y paraissait : en temps de guerre - car chacun admettait que la lutte contre le virus était bien une guerre dont on n'avait pas d'autre choix que de la gagner, ou de périr - les individualismes des uns et des autres - j'allais dire des uns contre les autres - n'ont que faire de l'urgence solidaire. Ce n'est pas nouveau dans l'histoire des nations, même réputées amies.

Mais il faut reconnaître que, dans ce débat qui s'est montré particulièrement âpre, la France et l'Allemagne, enfin sur la même longueur d'onde, ont pesé de tout leur poids dans la balance pour une décision finale : après plusieurs jours d'échanges tendus, un accord a été conclu "au forceps", vendredi dernier, accord qui est une (première ?) réponse au coronavirus…. à 500 milliards d'€.

Je reviens sur ce chiffre qui est important : ces 500 milliards sont donc devenus disponibles immédiatement, dont 240 milliards pour les dépenses de santé, 100 milliards pour les mesures de chômage partiel, et 200 milliards pour un fonds de garantie ouvert pour des prêts aux entreprises en difficulté.

Mais, malgré l'importance de cette somme, on ne peut que la comparer aux 750 milliards accordés séparément au plan de soutien allemand, aux autres 300 milliards de prêts garantis à la France, montant auquel il faut rajouter 100 milliards pour le plan d'urgence français. Mais il faut aussi compter les 2.000 milliards accordés au plan de soutien des USA, partenaire incontournable de l'Europe et actuellement en périlleuse difficulté (quoi qu'en dise Mr Trump dans ses tweets).

Cette valse étourdissante de gigantisme de ces chiffres laisse cependant à penser que, même s'ils étaient justifiables face au chaos semé par le virus, l'Europe aurait pu cependant faire mieux encore.

Je m'explique : l'Union Européenne, première puissance commerciale du monde, a un produit intérieur brut disponible de ±15.000 milliards d'€. Que pèsent donc, en regard, les ±500 milliards accordés ici, les autres ±1.100 milliards à divers plans européens, et enfin les ±2.000 milliards accordés aux USA ? L'Europe est loin de s'être ruinée !

Quand on parle donc de "mutualisation" de la dette (autre nom de la "solidarité" entre nations), quand on s'appelle aussi "Union Européenne" et qu'on occupe cette 1ère place mondiale, peut-être faudrait-il donner un sens plus large au mot "Union" ? Un petit effort s'il vous plait !

Saluons cependant cette première démarche qui a permis de faire sauter de nombreux verrous jusqu'ici très contraignants, le déficit économique de la France, par exemple, explosant soudain de ±3% à ±9%, et sa dette globale augmentant de 15 points de notre PIB. Ce n'est pas réjouissant, mais que de meubles à sauver !

Mais quels autres lendemains cela nous réserve-t-il ? La question reste posée.

jeudi, 09 avril 2020

L'ESSENTIEL ET LE DÉRISOIRE

Billet de  François VAN DE VILLE

combat.jpg- L'absence de confiance est devenue une sorte de sport national, et pas seulement en France.

Absence de confiance non seulement envers nos dirigeants, quels qu'ils soient, mais aussi envers leurs propres oppositions. Et quand cette défiance se généralise comme aujourd'hui, quand elle atteint même une sorte de complotisme obsessionnel, la tendance naturelle porte les populations à ne miser désormais que sur elles-mêmes.

Cette absence de confiance dégénère ensuite spontanément en réflexes surprenants : on peut alors observer la naissance d'une sorte de processus de défiance généralisée, quel que soit le pays concerné.

Dans un premier temps, comme quand parait un danger pressant comme celui brutal du Covit-19, ce sont les dirigeants de ces pays qui enregistrent spontanément un regain de popularité, surtout si celle-ci, pour de multiples raisons, était plutôt en perte sensible quelques jours auparavant. D'où un certain étonnement des populations qui se surprennent d'elles-mêmes.

Dans un second temps, très proche du premier, ces mêmes populations commencent alors à commenter les décisions prises par leurs gouvernants : comme par exemple si l'on prend l'exemple français, dans la lutte entreprise contre ce virus dérangeant toutes habitudes, en deux semaines d'écart seulement, le degré de confiance a chuté de 18 points de l'estrade gravie quelques jours auparavant. Puis, un peu plus tard, en phase trois du même processus, pour couronner cette défiance, les français trouvent finalement à 73% que leurs dirigeants "n'étaient pas à la hauteur de la situation".

Cette versatilité des opinions n'a rien d'exceptionnel en soi. Mais le phénomène virus l'a accéléré à une vitesse inouïe.

La phase quatre du même processus est plus surprenante encore : la population s'est découverrte soudainement experte en matière de savoir médical. Que n'a-t-on pas lu ici ou là au-dessus de signatures plus ou mois connues et qui se hasardaient à déclarer tout et son contraire ? Et voilà que paraissait notamment sur les plateaux des médias un personnage nouveau en blouse blanche, un peu atypique par ses abords non conventionnels, fort respecté cependant de beaucoup - je veux parler du Professeur Raoult, praticien marseillais - qui affirmait, non sans aplomb et arguments divers solidement exposés, qu'il existait un produit depuis longtemps banalisé - la "chloroquine" - qui était susceptible d'arrêter selon lui l'évolution du "coronavirus" que d'autres prétendaient ne pouvoir freiner faute de vaccin ou autres remèdes spécifiques appropriés.

Et cette apparition a fait soudain exploser un autre combat : celui d'une médecine de teinte méditerranéenne, face à celle plus continentale (j'allais dire plus "parisienne") qui prédominait dans les avis dits "autorisés" de ceux qui les écoutaient soigneusement.

Cet autre combat - qui n'était plus seulement celui contre le Covit-19 - succédait à un autre qui rappelait quelque peu celui antique des Horaces et des Curiaces. Et tous de s'y engouffrer : non seulement les médecines de tous bords et de toutes origines, mais leurs soutiens ou scientifiques, ou politiques, ou de circonstance, ou encore des opinions plus diversifiées issues de personnes.... n'ayant aucune compétence en médecine !

Et l'on a alors vu les français, quand on les interrogeait, même ceux n'ayant jamais ouvert le moindre livre de médecine, répondre à 59% que la "chloroquine" du Dr Raoult était un traitement plus efficace pour combattre notre virus envahisseur.

Plus encore, n'a-t-on pas vu ou entendu ensuite des oracles issus de nos politiques entrer dans ce combat et y prendre partie ou pour l'un, ou pour l'autre camp ! Que d'âneries n'a-t-on pas lues ou entendues, même issues de personnalités fort honorables ! Un journal national a même paginé : "La chloroquine, les français y croient !". Le débat devenait doctrine populaire, et voilà que la presse s'en faisait le relais à son tour.

Nous n'étions alors plus dans le domaine de la science ou des chercheurs, mais dans celui de la croyance. Une étoile nouvelle était née du côté de Marseille, comme hier à Bethléem : voilà un nouveau sauveur qu'il fallait célébrer, pour les uns, ou combattre, pour les autres. Nous étions passés du registre de la raison à celui de l'émotion.

Que penser de ces réflexes incontrôlés, et incontrôlables, des opinions qui vont et viennent au gré des courants et autres réseaux sociaux ?

N'attendez pas de moi que je prenne ici position dans ce débat digne d'autres époques, et non de la rationalité scientifique : je n'ai aucune compétence en la matière, comme l'immense majorité des français. Et cependant, chaque soir, ceux-ci applaudissent leurs soignants issus de différentes écoles scientifiques et qui en appliquent les consignes transmises par nos gouvernants.

Mais je suis cependant tenté d'affirmer que, quelque soit le résultat en cours d'élaboration des effets possibles de cette "chloroquinine", je préfère que ce combat se situe exclusivement entre scientifiques eux-mêmes et ne sorte pas de ce cadre-là : l'opinion publique n'a rien à y faire. Et que nuls autres ne s'en mêlent, et encore moins les "politiques" dont ce n'est pas, pour l'immense majorité d'entr'eux, le métier de médecin ou de chercheurs scientifiques : leurs interventions ne seront jamais que source de confusions et de cacophonies dont nos opinions n'ont nul besoin en cette période.

La France a, aujourd'hui, un redoutable combat à gagner : celui contre le Covit-19. Il ne convient pas de s'en distraire et d'en mener d'autres parallèles.

Mais il convient aussi de nous préparer à cet autre combat, économique celui-là, bien plus redoutable encore que notre actuel virus, et dont nul ne connait la profondeur des abîmes où celui-ci risque de nous y entraîner comme jamais dans nos mémoires cela ne fut connu dans notre Histoire : le pire risque d'être devant nous. Et là, ce sera plus sérieux encore.

Ne quittons donc pas l'essentiel pour le dérisoire.