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samedi, 28 novembre 2020

DÉSORDRES & CONFUSIONS

BILLET de  François VAN DE VILLE

Faits de société, Politique- Un grand rassemblement s'organise aujourd'hui, à Paris et quelques autres villes, à propos d'un projet de loi dit de "sécurité globale", et précisément sur l'un de ses articles : le 24.

Curieux rassemblement autour de ce qui n'est encore qu'un simple projet de loi toujours en gestation entre sénat et assemblée nationale tendant essentiellement à préserver nos forces de maintien de l'ordre de tout acte de répression individuelle pouvant les mettre en danger, eux et leurs propres familles.

Porterait-on atteinte à la liberté de la presse garantie par notre Constitution ?

On comprendrait mieux une telle manifestation si elle concernait une loi parfaitement élaborée, adoptée et votée et auquel on s'opposerait démocratiquement et de façon motivée quant à ses effets. Or il n'en est rien. Et ce d'autant que le fameux article 24 semble faire l'unanimité de tous, à tous échelons de l'état, pour son actuelle rédaction très controversée à l'issue de son premier examen par les députés.

Malaise qui finit par susciter désordres et confusions.

Face à ce malaise, le gouvernement a d'abord tenté de former une commission qui aurait été chargée de rédiger autrement la partie controversée de ce projet de loi. Mais aussitôt beau tollé des élus qui, à juste raison, protestent aussitôt à ce qui leur parait être une sorte de dessaisissement de leurs prérogatives parlementaires. Out aussitôt pour cette commission avant qu'elle ne soit formée.

Parallèlement, alors que ce projet de loi vise à protéger nos forces de l'ordre, voici que celles-ci s'illustrent par des excès qu'elles semblent parfois assez mal maîtriser :
• d'abord une évacuation brutale de migrants ayant installé leurs tentes Place de la République, alors qu'on peut s'interroger pour savoir qui a incité ces désespérés étrangers à s'y installer, en sachant fort bien qu'ils en seraient chassés immédiatement par tous moyens. Provocation probable pour ébranler un Ministre de l'Intérieur mal supporté par certains opposants.

Malaise.

• peu après, autre grave incident saisi par une caméra de surveillance où l'on surprend encore des forces de l'ordre brutalisant un jeune quidam de couleur se rendant sur son lieu de travail et portant ensuite sur lui les traces d'une violence dont on comprend mal la raison, hormis une sorte de défoulement assorti d'injures racistes qu'une enquête diligentée tentera peut-être d'éclaircir.

Autre malaise.

Ensuite le Préfet de Police de Paris prend la décision d'interdire cette manifestation, ne serait-ce que pour les raisons sanitaires Covid-19 et ne pas surcharger les forces de l'ordre d'un travail qui les concernait directement quant à ses raisons d'être. Mais, hier, le Tribunal Administratif de Paris a suspendu l'arrêté d'interdiction signé par le Préfet. Beau pataquès en vue face à cette manifestation désormais autorisée.

Malaise.

Comment le Préfet, en charge des forces de l'ordre à Paris, va-t-il contrôler une manifestation qu'il avait interdite mais qu'aujourd'hui la Justice lui impose quelques heures seulement avant son déroulement et dans le contexte tant de sécurité que sanitaire auquel il est confronté bien malgré lui ?

Tout ceci ressemble plus à de la provocation qu'un simple concours de circonstances, provocation d'autant inflammable dans les circonstances de confinement qui met gravement mal à l'aise des pans entiers de la population qui conteste ce confinement sur bien des points.

Espérons qu'un peu de sagesse évitera d'ajouter trop de désordres à ces confusions.

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