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samedi, 05 juin 2021

LA FIN DU "QUOIQU'IL EN COÛTE"

BILLET de François VAN DE VILLE

quoiqu'il en coute.jpg- Depuis plusieurs mois, chacun le sait, nous vivons sous un régime économique exceptionnel, voire historiquement unique : celui des taux négatifs;

De quoi s'agit-il ?

Quand un état emprunte habituellement sur les marchés internationaux, alors qu'il est préalablement convenu, avant de convenir de ce prêt, de s'accorder sur le taux d'intérêt qui lui sera appliqué et qu'il devra payer pendant la durée de l'emprunt, depuis plusieurs mois c'est l'inverse qui se produit : loin de payer des intérêts, on propose à l'emprunteur de rembourser moins que ce qui lui a été prêté ! Du jamais vu !

Inutile de s'étonner que les états habituellement "grands emprunteurs chroniques" (au nombre desquels se trouvent la France depuis le vertueux Giscard d'Estaing) se sont précipités dans cette aubaine qui arrangeait bien leurs comptes. Et la crise des "gilets jaunes" d'abord, puis celle du "Covid 19" qui lui a succédé ont été l'excuse toute trouvée pour ouvrir en grand nos caisses devenues plus gourmandes et accueillir ces emprunts qui ne coûtaient plus rien, donc pouvoir nourrir le "quoiqu'il en coûte" des nouveaux besoins issus de ces crises.

La raison initiale était d'éviter à certains états une déroute financière due à des évènements difficilement contrôlables face à des circonstances exceptionnelles. Ce leur fut fort utile et les grands financiers internationaux en ont pris bonne conscience. D'où leur apparente "générosité". Mais "générosité" toute passagère à l'évidence.

Cela pouvait-il durer ? Eh bien : NON !

Depuis peu, avec l'atténuation apparente des dangers issus de la crise sanitaire, les choses ont changé : les états qui continuent d'emprunter - telle la France ou pour rembourser ses multiples emprunts qui atteignent désormais des niveaux jamais atteints, ou maintenir un niveau de vie qui dépasse largement ses capacités de produire à compétition comparable - ces états empruntent donc désormais, depuis peu, dans les règles traditionnelles, c'est-à-dire avec la contrainte de payer désormais des intérêts. Et ceci change tout : c'est la fin inexorable du "quoiqu'il en coûte" où l'on se permettait de déverser à tout va et à tout propos.

Certes, la prudence commande que ce renversement de conditions se fasse sans créer de nouvelles crises et très progressivement. Certains estiment que notre nouvel endettement nécessitera plus de 60 années pour rembourser ce que nous avons emprunté pour faire face à ces crises, ce dont nul ne sait encore aujourd'hui l'issue. 3 générations de français, loin encore d'être même conçus, seront chargés de rembourser nos propres largesses actuelles !

Y a-t-il de quoi être rassurés pour autant ? Est-ce une mauvaise nouvelle ?

La nouveauté réside surtout dans ce que le rapport des gouvernements à l'emprunt et à la dépense publique va changer profondément. Rien ne sera plus jamais comme avant : il va falloir changer habitudes et réflexes. Que chacun en prenne bien conscience.

L'état ne pourra plus financer gratuitement ses investissements, ni même toujours payer sa dépense publique, ni même ses fonctionnaires au niveau où il se trouve actuellement. Comment payera-t-on ? Cependant les besoins sont réels : la transition écologique coûtera cher, très cher même si on la garde en l'état. Comment faire face à ce dilemme ? La révolution technique ne fait que commencer et suppose des investissements publics massifs. Où trouver les moyens ? Nos sociétés, devenues très vulnérables, sont en demande de protection de la puissance publique. Comment y faire face ? Etc, etc….

Comment donc échapper à de nouveaux emprunts dont le montant des intérêts à payer annuellement dépassera le budget de bien des volets - ou des ministères entiers - de nos administrations, y compris en matière sociale ?

Certes, les perspectives économiques repartent à la hausse. Mais face à une compétition internationale sans pitié pour ceux qui ne parviendront pas à rétablir cette compétitivité par des mesures de redressement peu communes.

Cette disparition du "quoiqu'il en coûte" va entrainer une prise de conscience de ce qui est déjà plus qu'un danger, voire une réalité : celle de ces états s'habituant à l'endettement, un peu comme on s'habitue à une drogue avant de sombrer à la première tempête venue.

Il y a donc danger si l'on n'en prend pas conscience. Et vite !

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