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mardi, 31 août 2021

EFFICACITÉS POLITIQUES

Billet de François VAN DE VILLE

Money.jpeg- Dans un billet que j'écrivais ici même le 5 Juin dernier, j'annonçais la fin prévisible - et prochaine - du "Quoiqu'il en coûte" mis en œuvre alors par le gouvernement, dès le début de la crise du Covid 19 en 2020, pour faire face à la crise mondiale que créait cette épidémie et sauver une grande partie de notre économie qui risquait de devenir exsangue avec sa cohorte d'entreprises menacées de devoir jeter l'éponge, et d'innombrables emplois perdus sans renouvellement proche.

Cette perspective faisait frémir certains : eh oui, face à cette catastrophe sans précédent connu, voici que, soudain, ce "Quoiqu'il en coûte" a amené dans les caisses de nos entreprises et de leurs salariés un montant de plus 300 milliards d'€ (320 milliards aux dernières nouvelles). Une manne inespérée.

La fin annoncée de cette manne que j'annonçais a aujourd'hui un calendrier fixé : ce sera le 30 Septembre prochain pour la majorité des cas, à l'exception de ceux où une certaine menace persistera encore un moment et qui resteront maintenus pour quelques semaines jusqu'à la reprise normale de leurs activités.

Je lisais aujourd'hui même un excellent papier de notre ami Bretonnier qui soulignait le rôle de "puissance publique" qu'avait en cette circonstance joué l'état, terme un peu banni de nos vocabulaires tant le fait est devenu inhabituel.

Cette crise du Covid aura eu, au moins, le mérite de prouver que nos gouvernements démocratiques ne sont pas du tout condamnés à l'impuissance, eux-mêmes comme les organismes ultra-nationaux comme notre Europe - si souvent décriée - qui aura puissamment contribué à la distribution de cette manne généreuse. Les décisions drastiques prises dans l'urgence par nos gouvernants pour y faire face ont sauvé l'économie comme l'emploi d'une grande partie de la planète. Sauf pour quelques états restés inertes….

Mieux : on constate aussi que ces entreprises non seulement ont pu sauver d'innombrables emplois, mais même recueillir quelques profits bienvenus pour boucher quelques trous dans leurs activités. Les entreprises, oui, mais aussi les ménages qui ont vu leur pouvoir d'achat progresser de 0,5%. Qui aurait pu croire cela possible il y a seulement un an ? Mais les chiffres sont là pour en attester !

(On trouvera certainement quelques contestataires pour nier ces faits et ces chiffres : mais c'est leur nourriture habituelle. Laissons-les à leurs appétits gourmands qui les comblent)

La France, elle, tire plus que bien son épingle du jeu : nos voisins sont unanimes pour constater qu'elle n'a pas lésiné sur la "dépense" pour maintenir au mieux entreprises et emplois la tête hors de l'eau.

Mais ceci a un prix : je reviendrai prochainement sur son état particulier qui a alourdi sérieusement son endettement dans ces circonstances sans précédent -  endettement qui élève notre déficit à 9% de notre PIB, du jamais vu ! - et ce au moment de cet autre chamboulement international actuel qui nous arrive : je veux parler du changement tout proche de l'actuelle chancelière allemande et les incertitudes sur la future politique de ce partenaire de poids qui a souvent été très décisif dans les orientations européennes, donc les nôtres aussi ; je veux aussi parler de la crise afghane et de ses conséquence ; et encore de l'affaiblissement brutal, voire l'éloignement, des USA dans le maintien des grands équilibres internationaux. Rien de tout cela ne restera sans effets sur notre place dans les grandes compétitions qui s'annoncent et auxquelles nous alors être confrontés.

Aux générosités d'hier vont donc devoir se succéder d'autres choix, ceux issus des nécessaires réductions auxquelles nous serons contraints, sans toucher cependant les domaines de la sécurité, de l'enseignement, de la recherche, de la santé, de la transition écologique, etc….

Alors que la route conduite ces derniers mois pouvait laisser espérer, par ses résultats salvateurs, une possible réconciliation de la classe politique avec les français, il est fort à craindre que celle-ci va devoir oser une certaine confrontation face à une autre impopularité, celle de ses renoncements ou ses choix imposés, ne serait-ce que pour ne pas retomber dans l'impuissance publique qu'on lui reprochait hier encore.

Dures épreuves en perspective.