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mercredi, 22 septembre 2021

USA/EUROPE : LE MÉPRIS

droit USA.jpgQue les États-Unis, puisqu'ils sont au centre du complot qui vient de se tramer, défendent d’abord leurs intérêts, c'est dans l’ordre des choses. Mais qu’ils le fassent en ignorant totalement l’Europe, y compris la France - leur plus fidèle allié - c'est profondément inadmissible. Un tel mépris appelle réplique. Mais laquelle ? La réponse n'est pas facile.

Pour les USA, durant la guerre froide, l’ennemi principal des États-Unis était l’Union Soviétique, et le monde développé économiquement était constitué, d'une part, de l’Amérique du Nord et, d'autre part, de l’Europe occidentale. L’alliance atlantique était donc fondée sur un double intérêt commun : économique et militaire. Mais, depuis la chute du mur de Berlin et le réveil de l’Asie, les Américains regardent désormais non plus vers l'Europe mais vers l’Orient. Là sont, pour eux, les nouveaux marchés. Là aussi est le nouveau concurrent et le nouvel adversaire principal des USA : la Chine. Donc le nouveau centre du monde n’est plus pour eux l’Atlantique, mais désormais le Pacifique.

C'est un bouleversement considérable qui  change la face du monde. Et notre avenir commun.

Le partenariat stratégique, conclu en catimini entre les États-Unis, l’Australie et la Grande-Bretagne, est un avatar de ce glissement géographique des priorités, notamment depuis l’époque Obama. La France, par la vente de douze sous-marins à l’Australie, et par sa volonté aussi de peser diplomatiquement et militairement dans cette partie du monde, devenait perçue, par les Américains, comme un obstacle à ce repositionnement stratégique.

On a vu, avec l’annulation quasi imposée du contrat franco-australien, de quel poids pesait cet obstacle aux yeux de Joe Biden. L’attitude vis-à-vis de Paris démontre une farouche volonté politique américaine, s’opposer à l’expansion chinoise dans l’espace indo-pacifique, mais aussi un souverain mépris pour la France, et pour l’Europe. Alors même que la France occupe, de par ses possessions  indo-pacifiques (Nouvelle Calédonie, Wallis & Futuna, Polynésie, Réunion, Mayotte, soit près de 2,millions de français qui y vivent) et près de 9.000 km2 d'espaces économiques maritimes qui sont siens, une superficie comparable à celle de l'Australie elle-même ! Mais aux yeux de Mr Biden, peu cela lui importe pour établir désormais sa domination sur ce vaste espace économique devenu sratégiqure.
 
La décision fut donc soudaine, savamment préparée en catimini, puis brutalement annoncée. Aucune précaution diplomatique n’aura été prise par Washington, ni par Canberra (ni aussi étrangement par Londres !). La France n’a pu que rappeler ses ambassadeurs aux États-Unis et en Australie pour répondre partiellement à la violence du camouflet. Pour tenter de montrer, aussi, à ses partenaires européens, qu’il lui est encore possible de se rebiffer, ultime recours.

Cet humiliant épisode est une preuve supplémentaire de l’absolue nécessité que l’Europe politique et diplomatique se renforce, qu’une Europe de la défense se constitue, même très progressivement si elle veut encore voir sa place dans ce monde. Sinon, sans cette union qu'il est urgent de mettre en œuvre, nous ne sommes chacun que des nains condamnés à n'être que spectateurs de notre avenir.

François VAN DE VILLE

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