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jeudi, 27 février 2020

CACOPHONIES & IMPUISSANCES

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,faits de société- Le spectacle de l'Assemblée Nationale, bloquée actuellement par plus de 40.000 amendements - majoritairement jumeaux les uns des autres - rédigés par moins d'une vingtaine de députés ("insoumis" et quelques "communistes") est non seulement consternant, mais il est une véritable menace pour notre démocratie et nos institutions.

Pour les "insoumis", il ne s’agit pas moins d’importer au sein de l’Assemblée Nationale les pratiques de la lutte sociale, telle qu'on la voit vulgairement dans la rue, au détriment même de tout débat, même préalable à l'écriture de la Loi.
  
Cette bataille rangée autour de la réforme des retraites a tout pour dégrader encore la déjà triste image que les Français ont de la classe politique.

Du côté du gouvernement, celui-ci présente un projet aux intentions certes louables ("équité", "efficacité", etc...), mais on ne peut plus mal fagoté, mal conduit, mal expliqué et si mal négocié, illisible et incompréhensible pour tous, et désordonné dans une présentation incomplète puisqu'il lui manque le volet "financement".... remis à plus tard.

Du côté des oppositions, l’occasion lui semble rêvée de faire chuter le Président sur cette réforme, de le faire trébucher, lui qui s’était invité en 2017 au cœur de l’exécutif en "s’essuyant les pieds" sur le monde politique en place. De quoi lui faire payer aujourd'hui ses réformes,  cependant réussies pour l'immense majorité d'entr'elles en quelques mois, et que même l’épisode "Gilets Jaunes" n'a pu entraver.

La droite républicaine, elle, relève la tête et elle instruit le procès en amateurisme du "macronisme", en attendant son heure électorale. La gauche de gouvernement, elle, n’en est pas encore là : elle se bat pour surtout ne pas disparaître totalement. Et quant à la gauche radicale (celle des "insoumis" surtout, que rejoint parfois le PC comme je le disais plus haut), elle se déchaîne contre le pouvoir en place dans une obstruction jamais vue à l’Assemblée Nationale qui peut mener jusqu'à certains désordres oratoires regrettables tant les nerfs des députés deviennent à vif.

La tactique des "insoumis" est donc d’importer dans l’Hémicycle le style et la virulence des manifestations de rue. Il ne s’agit pas, serait-ce même avec véhémence, de combattre un texte par l’argumentation : non ! (Ce serait trop beau !). Il s’agit d’empêcher toute discussion, et de rendre le vote de la réforme impossible, hors de l’emploi du 49-3, ce moyen pour le gouvernement de faire passer un texte sans vote, arme redoutable mais à double tranchant.

Le feuilleton de cette réforme bloquée donc par une poignée seulement des 577 députés ne sert pas ses metteurs en scène (les "insoumis"), ni les acteurs (majorité et oppositions surexcitées) : il sert surtout ceux qui parlent peu, mais ressassent toujours les mêmes discours.

Le spectacle de l’impuissance et de la cacophonie finit toujours par provoquer un irrépressible besoin d’ordre. Marine Le Pen le sait : mais elle reste discrète et attend patiemment son heure.

Mais cette partie de la classe politique, celle la plus éructante, réalise-t-elle qu'elle travaille aujourd'hui, surtout, pour Mme Le Pen, et elle seule ?

lundi, 17 février 2020

IL LUI RESTE 27 JOURS....

Billet de  François VAN DE VILLE

élections.jpg- Pour succéder au candidat investi par "LREM" à Paris - Mr Benjamin Griveaux - empêtré par une vidéo de "caractère intime" saisie au début de 2018 et publiée contre son gré 2 ans plus tard (Dans quelle intention réelle ? Qui sait ?), Mme Agnès Buzyn, Ministre de la Santé et des Solidarités a été exfiltrée du gouvernement pour lui succéder, à 27 jours seulement du scrutin des municipales du 15 Mars prochain.

C'est un pari un peu fou, dans un délai aussi court, alors que Mme Buzin avait en charge, comme Ministre de tout premier plan du gouvernement, le dossier brûlant de la crise hospitalière, mais surtout aussi le brûlot des retraites dont l'examen à l'Assemblée Nationale débute aujourd'hui, ce lundi 17 Février. C'est une véritable décapitation au sommet du gouvernement.

C'est aussi un choix politique d'envergure exceptionnelle, sans précédant dont je me souvienne, avec quels risques certains à la clef ! Cela traduit le manque de solutions qui s'offraient tant au chef de l'état lui-même, qu'aux instances dirigeantes de "LREM".

Ce choix trahit aussi l'importance qu'on attache dans les hautes sphères à un scrutin où le tout jeune parti présidentiel, pratiquement absent jusqu'ici dans les municipalités, et dont une déroute dans la capitale serait porteuse d'un symbole fort du rejet dans l'opinion publique des choix du gouvernement dans les réformes, certes fort audacieuses, mais entreprises parfois avec une habileté assez défaillante. Et il faut observer aussi que Mr Griveaux, avant sa brutale démission, traînait déjà dans les sondages derrière Mme Hidalgo (la maire sortante de Paris), Mme Dati (la candidate resurgie des "Républicains"), et talonné de près par notre "Nobel" des mathématiciens, l'inclassable Mr Villani. Le parcours de Mr Griveaux prenait de plus en plus l'allure d'une marche au bûcher.

Paradoxalement, la bataille de Paris est donc relancée. Sera-t-elle inversée pour autant ? La candidature de Mme Buzin prendra-t-elle auprès des parisiens, malgré des talents qu'on ne peut lui nier ? Un confrère posait il y a quelques instants, la question - que je partage avec lui - de savoir si Mme Buzin saura résister à l'étau dans lequel voudront l'insérer tant Mme Hidalgo que Mme Dati dans cette revanche - comme ici à Nîmes - entre le "vieux monde" des anciens tenants, et le "nouveau monde" que d'autres veulent voir naître avec beaucoup de jeunes espérances.

La réponse à cette question nous est promise…. dans 27 jours seulement ! C'est déjà demain.

mercredi, 12 février 2020

POLITIQUE : LE TOURNANT VERT

Billet de  François VAN DE VILLE

ecologie.jpg- Tandis que le monde a des idées noires, la politique, elle, se peint tout de vert : du vert partout ! À la mesure de la vague écologiste des européennes.... qui pourrait pourtant faire illusion. 

Il n’aura échappé à personne que l’écologie a pourtant actuellement le vent en poupe et que l’électorat attend des réponses à ses angoisses enfiévrées par le réchauffement climatique. Le sujet est même devenu, si l’on en croit un récent baromètre, la première préoccupation des Français, avant même le chômage ou la sécurité.

Les Verts, à l’orée des municipales, se frotteraient-ils donc les mains ? Ou seraient-ils dans leur tort ?

Si, comme l’indique un sondage paru mardi, 45% des sondés se disent susceptibles de voter «écolo», leurs électeurs, par contre, sont aussi les plus volatiles et inattendus de tous. Un sur deux seulement se dit sûr de son bulletin : c'est peu, trop peu, et cela traduit bien cette volatilité à laquelle ils nous ont habitué de longue date.

Le potentiel de vote est pourtant important pour cette formation politique…. si celle-ci sait bien le capter. À Paris, les équipes de campagne l’ont bien perçu : elles rivalisent d’idées florissantes, 100.000 arbres, promet l'un, 170.000, réplique aussitôt Mme Anne Hidalgo, la Maire sortante de Paris.

À Nîmes, dans sa campagne pour les municipales, le candidat vert promet lui aussi, de son côté, 100.000 arbres : et pourtant nous n'avons pas la dimension urbaine de Paris ! Où les planter en si grand nombre ? Est-ce bien sérieux ?

Emmanuel Macron a, pourtant, bien placé l’écologie parmi les «grandes priorités majeures» de la fin de son quinquennat, et il n’est pas en reste : il prenait hier le chemin du Mont Blanc pour sa mise au vert. Mais le chef de l’État saura-t-il bien faire grandir cette fibre en l’arrosant d’un engrais enrichi d'un certain libéralisme ? C'est un vrai pari, un de plus après la réforme des retraites.

Aux yeux des oppositions, les polémiques sur le «Mercosur», ou sur le traité avec le Vietnam hier encore, ont montré l’impasse que constitue la conjugaison d’une économie mondialisée avec les préoccupations climatiques.

Trop frileux, ou trop bouillant, le Président risque-t-il, dans cet autre «en même temps», de perdre la bataille de l’opinion ? D’où sa nouvelle mise sur la «convention citoyenne», outil de démocratie directe inédit, dont le succès pourrait, à lui seul, lui valoir un certain bénéfice.

Mais encore faut-il que cette «convention citoyenne» aboutisse. Voilà un autre pain sur la planche.

Il y a du boulot !

jeudi, 30 janvier 2020

WASHINGTON & TÉHÉRAN

WASHINGTON & TÉHÉRAN

Billet de  François VAN DE VILLE

iran.usa.jpg- L’animosité entre les États-Unis et l’Iran n'est pas nouvelle : elle existe depuis quarante ans. Mais l’assassinat récent du général iranien Soleimani par un drone US a créé une tension grave…, une de plus.

Certes, l’incertitude stratégique qui s’ouvre avec la mort de ce général emblématique apparaît dangereuse. Mais, au risque d'en décevoir certains, la probabilité d’une guerre ouverte, qui planait déjà dans les esprits, reste heureusement très faible, voire nulle.

Qui pouvait en effet imaginer des centaines de milliers de soldats américains réexpédiés au Moyen-Orient, après les fractures irakiennes et afghanes ? Qui pouvait concevoir le retour quotidien aux États-Unis de cercueils, recouverts du drapeau étoilé ? À moins de dix mois de l’élection américaine, Donald Trump pense d’abord à lui et sa campagne de réélection.

Qui peut aussi prévoir la réaction en chaîne, engageant la Russie et la Chine, qui viennent de partager avec l’Iran des manœuvres navales dans le détroit d’Ormouz ? Ceux-ci seraient les premiers à inonder les braises.

Américains et Iraniens jouent pourtant avec ce feu depuis de longs mois et surtout depuis l’avènement de Donald Trump : celui-ci a ravivé l’animosité datant de la révolution islamique de 1979 en retirant les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien et en relançant les sanctions économiques. Un non-sens.

En éliminant par drone ce général iranien, chef de la force Al-Qods - corps d’élite des Gardiens de la révolution - les États-Unis poursuivent leur bras de fer sur un pari très risqué : affaiblir l’influence iranienne au Moyen-Orient, établie de l’Irak au Liban, en passant par la Syrie de Bachar al-Assad.

Mais Mr Trump, qui ne brille pas spécialement en matière de culture diplomatique, semble ignorer que les Iraniens ont un défaut : ils sont perses, et non pas arabes. Çà change tout.

Leur présence encombrante, que ce soit au Liban comme en Irak ou en Syrie, est déjà dénoncée dans la rue de ces pays devenus "occupés" par les iraniens. Mais cette bataille du rejet pourrait tout aussi bien se retourner contre les Américains eux-mêmes, hypothèse possible qui semble n'avoir jamais traversé l'esprit de Mr Trump.

Les deux "belligérants" - États-Unis et Iran - ont donc tout intérêt à la désescalade. "L’Iran n’a jamais gagné une guerre, mais n’a jamais perdu une négociation" relevait Mr Trump lui-même dans un de ses twitts à l'emporte-pièce. Une lueur de lucidité du côté US ?

Alors, à quand le dialogue entre Washington et Téhéran ?

dimanche, 10 novembre 2019

LES INCOHÉRENCES DE LA GAUCHE

"LES INCOHÉRENCES DE LA GAUCHE"

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrate- Aujourd'hui en France sont organisés de-ci de-là des défilés contre "l'islamophobie".

C'est un mot apparemment tout nouveau de la langue française qui donne à penser qu'on pourrait désormais en France, terre pourtant pétrie de laïcité élevée au rang de dogme national, critiquer l'islam en tant que religion. Curieux.

Mais il est vrai qu'on connaissait déjà dans notre hémisphère la sémitophobie (autre nom de l'antisémitisme), et que la christianophobie y est devenue une sorte de sport national qu'on oppose facilement à la laïcité, que l'on dévoye, qui devait pourtant défendre les religions contre leurs propres excès. Alors pourquoi ne pas défiler aujourd'hui contre l'islamophobie ? Je ne rentrerai pas pour autant dans le piège de cette disruption de notre dictionnaire du "bien parlé français".

Fallait-il donc manifester contre l’islamophobie ? La question semble s'être posée prioritairement à la gauche.

Il est vrai que celle-ci n'a jamais éclairci franchement ses rapports avec la laïcité. On peut comprendre son embarras : la gauche ne sait plus exactement où elle habite. 

On a connu d'autres temps où, quand il fallait défiler pour diverses autres causes plus ou moins bien définies, la gauche était experte pour les organiser. On observe aujourd'hui que la gauche se contente désormais de suivre cortèges et défilés organisés par d'autres groupes les plus divers. Pourtant, aujourd'hui, il s'agissait de combattre ET le racisme, ET le rejet des musulmans par une partie de notre société judéo-chrétienne laïcisée. La gauche serait-elle devenue indifférente à ces causes ?

Il est vrai que la gauche s'est empêtrée dans le débat contre le voile islamique sans trop chercher en connaître la cause et l'origine. Certains courants musulmans prétendent que ce voile répondrait à un précepte issu du coran, et d'autres affirment qu'il n'existe dans ce livre sacré aucune sourate ni verset imposant aux femmes de se voiler le couvre-chef. Mais ce qu'il y a de plus curieux, c'est que ce débat sémantique intra-religieux a rejailli jusque dans le champ politique et suscité les passions les plus vives : des mères voilées peuvent-elles accompagner des enfants en sortie scolaire ? Le voile est-il admissible dans l'espace public ou les lieux administratifs ? Ou encore dans les piscines ou sur les plages ? Et quand le législateur, certes avec maladresse et imprécision, s'est permis d'édicter quelques timides règles ayant cependant force de loi, on a aussitôt avancé le terme de lois "liberticides", alors qu'elles ne sont que laïques et qu'il s'agissait de fait de justifier une règle coranique - dont on ignore si elle existe ou non - et empêcher d'imposer aux femmes musulmanes des modes vestimentaires qui, pour certains, font débat, sinon tache, dans nos sociétés occidentalisées.

On ne peut ici nier que la gauche ressent une sorte de malaise qui a donné cette semaine le spectacle de ses hésitations : certains signaient l’appel à défiler sans vouloir manifester, d’autres avaient l’intention de manifester mais sans signer l’appel, etc….. Seul, le parti socialiste fut uni dans le refus de défiler. D'autres ont aussi ânonné de pâteuses justifications et pataugé dans de piteuses contradictions.

Et, chez les "insoumis" de Mr Mélanchon, leur souci fut apparemment de tenter de récupérer des voix pour les prochaines élections, ou encore quelques forces vives qui leur manquent pour préparer la prochaine "révolution" tant espérée. Mais il est vrai que chez les "insoumis", un tout récent sondage révèle qu'en 2022, 63% de leurs électeurs, déjà aujourd'hui très émiettés, voteraient pour la "Marine" et non plus pour eux. De quoi semer la panique : comment rassembler en effet dans un défilé, de surcroit non organisé par des forces de gauche, des électeurs "insoumis" autour de thèses très "islamistes", et d’autres, à leurs côtés, prêts à voter pour l’extrême droite et la "Marine" ?

Bref, là réside toute l'ambiguïté de la gauche et de ses contradictions. Curieux spectacle que nous offrent ces défilés sans vraie cohérence.

mercredi, 09 octobre 2019

LA GUERRE TURCO-KURDE

"LA GUERRE TURCO-KURDE"

Billet de  François VAN DE VILLE

Turco-kurde.jpgAprès la soudaine décision totalement dingue de Mr Trump - une de plus auxquelles il faut désormais s'habituer - d'abandonner les forces kurdes face à la menace armée turque qui a décidé de les décimer malgré leurs contributions décisives dans la lutte contre Daech, la France doit faire face aujourd'hui à cette offensive militaire turque qui menace de déstabiliser un peu plus encore le nord-est déjà très ravagé de la Syrie. 

Hier, déjà, l’État islamique (EI) profitant de cet abandon soudain des kurdes par les USA, a revendiqué un premier attentat suicide contre le conseil militaire de Raqqa - ancienne "capitale" syrienne de son califat - sans faire de victimes assurent les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), coalition de combattants kurdes et arabes.

La nouvelle serait passée inaperçue il y a quelques jours encore si elle ne survenait pas dans un contexte particulier : celui de l’offensive lancée par la Turquie dans le nord-est syrien contre les positions armées du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PTK) considéré par Ankara, et son Président dictateur Erdogan, comme "terroriste".

Il nous faut hélas constater que la chute de Raqqa, comme celle de Mossoul en Irak, n’a pas coupé totalement la racine du mal : "l’hydre islamiste" - pour reprendre l’expression du Président Macron - respire encore au Moyen-Orient et, quoique diminuée, elle continue de frapper.

Il faut avoir à l’esprit ce combat car, aussi loin qu’il puisse paraître, il nous touche directement. Les FDS tiennent à bout de bras une région proche du chaos. Plus encore, elles gardent sous clé, au grand soulagement coupable des capitales européennes, des milliers de prisonniers jihadistes - dont de très nombreux français - et qui ne rêvent, pour beaucoup, que de rejoindre les rangs de l’EI.

Tous ces efforts sont aujourd’hui mis au rebut par la décision de Mr Trump. L’opération turque aussitôt entreprise balaie toutes les cartes. Le président turc Erdogan, récemment affaibli par sa défaite électorale et qui cherche à se refaire une "santé politique", demeuré pourtant apparemment tout aussi cynique en diable, va jusqu’à affirmer que son coup de force va "ramener la stabilité" dans le nord-est syrien, et permettre le retour de deux millions de réfugiés.

De qui se moque-t-il ?

Une catastrophe humanitaire est en marche. Couverte par les atermoiements de Mr Trump - de jour en jour de plus en plus fantasque et incontrôlable - gouverné désormais par une folle obsession limbique dévastatrice.

Emmanuel Macron a annoncé hier, de son côté, saisir le Conseil de sécurité de l’ONU : il en a fait part aux représentants kurdes, qu'il a immédiatement reçus, de sa profonde préoccupation. Mais chacun sait qu'aucune préoccupation n’a jamais empêché les guerres : elle a même servi bien plus souvent à s’en laver les mains.

La France se devrait d'intervenir en force, au sein de l'ONU où elle siège en permanence, en faisant adopter une résolution créant sur place une zone de non-droit à tout survol aérien et à laquelle elle pourrait apporter son concours pour empêcher le pouvoir turc de bombarder les populations kurdes situées en Syrie, principales alliées, ô combien fidèles et efficaces, dans notre lutte commune contre l'état islamique et Daech.

C'est un devoir de sauvegarde impérieux.

Oui, nous sommes bien sous la menace d'une guerre dont les récents événements en France, jusqu'au cœur même de nos institutions, démontrent qu'elle nous concerne tous. Oui, peut-être sommes-nous déjà bien en guerre.

 

mardi, 10 septembre 2019

LES 2 ALLEMAGNE

LES 2 ALLEMAGNE

Billet de  François VAN DE VILLE

2Allem.jpgDans quelques semaines, le monde célébrera l’un des événements les plus importants de l’histoire du XX° siècle : la chute du mur de Berlin, le 9 Novembre 1989, voilà 30 ans.

Ce fut un acte symbolique et déterminant qui conduisit aussitôt à l’instauration d’un nouvel ordre mondial : la mise en cause puis la dislocation du bloc soviétique, mettant un terme à la guerre froide qui avait rythmé les relations internationales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le 9 novembre 1989, c’était donc aussi la liberté qui s’offrait aux Allemands de l’Est.

Quarante ans après sa création, la République démocratique d’Allemagne (RDA), dont le régime subissait les contrecoups de la "perestroïka" initiée par Mikhaïl Gorbatchev, vivait ses derniers jours. Puis, le 3 octobre 1990, les deux Allemagne, au terme d’une période que l’histoire a appelée "die Wende" (le tournant), étaient réunifiées, du moins juridiquement..

Donc, depuis le début de l’année, l’Allemagne, et notamment sa capitale Berlin, fêtent ce trentenaire.

Mais, dimanche dernier, la réalité de cette réunification célébrée en grandes pompes, est venue ternir ces célébrations : les élections régionales, dans deux Länders de l’ex-RDA, ont plébiscité l’AFD, "Alternative pour l’Allemagne".

Ce parti d’extrême droite a atteint 27,5 % des voix en Saxe, suivant de peu la CDU d’Angela Merkel, et a obtenu 22,5 % dans le Brandebourg, devancé par les sociaux-démocrates du SPD.

Ces résultats signent avec force la frustration des déçus d’une réunification dans laquelle l’Est se trouve à la traîne de l’Ouest, et ce malgré les 20.000 milliards d'€ - (vingt mille milliards d'€ !!!) - déversés par l'Ouest depuis 30 ans, pour relever le niveau de vie des allemands de l'Est.

Malgré ce déversement sans précédent de capitaux, les situations socio-économiques sont cependant restées déséquilibrées entre les 2 ex-états, car, à l’Est, la population est restée plus âgée, donc davantage touchée par le chômage et, par voie de conséquence, moins bien payée faute de politique sociale déterminée pour éviter ce vieillissement.

Cette différence, dont se plaignaient jusqu’à présent les ex-Allemands de l’Est dans les seuls sondages, s’est donc maintenant exprimée dans les urnes.

Ceci prouve, pour ceux qui en doutait encore, que l'argent déversé, même si généreusement, ne fait pas le bonheur des populations, et celles-ci finissent toujours par se manifester sous des formes les plus diverses qui peuvent même friser jusqu'à l'insurrection. La raison ? Les problèmes de fond n'ont pas été abordés suffisamment avec courage et détermination, n'en déplaise à certains poncifs.

En France, on ferait bien bien de réfléchir à cette même réalité avant d'ouvrir les porte-monnaies à l'aveugle. Des exemples récents le prouvent. Distribuer de l'argent n'est pas une solution pérenne si l'on n'attaque pas nos problèmes sur le fond, avec constance et détermination.

samedi, 29 juin 2019

ALARME SUR LA DETTE FRANÇAISE

ALARME SUR LA DETTE FRANÇAISE

Billet de  François VAN DE VILLE

dette.jpgLe dernier rapport de la Cour des comptes sonne à nouveau le tocsin sur le niveau d’endettement de l’État : il est alarmant.

La Cour des Comptes, on le sait, est un organisme indépendant du pouvoir qui peut se permettre ce genre de sentence : elle énonce, dans sa note annuelle, l'aggravation de l'évolution des caisses de la "maison France", une situation qui ne cesse de se dégrader (la "parenthèse Gilets Jaunes" n'ayant rien arrangé, tout au contraire !). Elle alerte sur les "risques significatifs", les "évolutions préoccupantes" que seuls ne parviennent à masquer - très temporairement - des taux d'intérêt exceptionnellement bas dont nous fait temporairement bénéficier la situation internationale.

Et de ne pas cacher non plus que si un événement venait à bousculer le calme apparent de cette situation très fragile, elle entrainerait aussitôt une hausse de ces taux d'intérêt : la France serait rapidement déclarée en état de faillite, car dans l'incapacité non seulement de payer ses dettes, mais surtout d'honorer des coûts "normaux" de fonctionnement habituels que seule sa capacité actuelle d'emprunt lui permet d'y faire face. Comment payer alors et désormais ses fonctionnaires, ses retraités, ses aides sociales, ses appareils de santé comme de sécurité, etc… ? La crise serait totale, immédiate et sans aucun préavis.

Dans ce rapport que nul ne se permet de contester, la France y est présentée comme le "cancre" de la classe européenne, restant toujours à la traîne pour réduire ses déficits et son endettement : la dette du pays frôlera les 99% du PIB cette année (soit 2.356 milliards d'€, soit plus de 35.212€ de dette par français, depuis celui qui vient à peine de naître jusqu'au vieillard proche de la mort !), et cette dette abyssale ne se dégonflera que de 1,6 point à la fin du quinquennat en cours, fort loin des promesses de début.

Mr Darmanin, notre Ministre du Budget, est donc prié de concilier l’inconciliable : tenir "en même temps" des engagements de maîtrise des déficits annuels qui alimentent la dette et, parallèlement, ceux des annonces de baisses d’impôts qui se sont succédées depuis les premières manifestations de Novembre 2018. Inconciliable, ai-je dit !

Si un programme de baisses d’impôt a bien été précisé et programmé, ce 12 Juin, dans le discours de politique générale du Premier Ministre - Mr Édouard Philippe, celui des économies placées en face l’est beaucoup moins : en matière d'économies programmées, c'est beaucoup plus flou. Ce que les magistrats de la Cour des Comptes ne manquent pas de souligner, notamment à propos du financement des 5 milliards de baisses d’impôt sur le revenu promis par le Président Emmanuel Macron dans sa conférence de presse du 25 avril.

Les entreprises mises à contribution volontaire ne savent toujours pas quelles "niches fiscales" Mr Darmanin va leur fermer pour compenser sa perte de recettes du côté des ménages. On ne sait pas non plus quels ministères et autres administrations vont devoir se serrer encore plus la ceinture dans le prochain budget 2020.

On ne sait pas non plus quels lendemains nous réserve la situation internationale qui nous autorise temporairement ce fragile répit des taux d'intérêt, quand l'on voit le caractère fantasque et imprévisible de certains chefs d'état en capacité de bouleverser du jour au lendemain le calme relatif actuel et de presser quelque bouton qui nous mettront aussitôt devant notre triste réalité de.... pays super endetté.

Sans être inutilement pessimiste, reconnaissons que la situation est grave et renvoie au second rang bien des préoccupations qui alimentent actuellement nos gazettes.

mardi, 28 mai 2019

L'ÉCHEC DES NATIONALISTES EUROPÉENS

"L'ÉCHEC DES NATIONALISTES EUROPÉENS"

Billet de  François VAN DE VILLE

LePen.jpg- Souvenez-vous : la veille encore du scrutin des européennes, Mr Bardella, le leader du RN de Mme Le Pen, claironnait : "La poussée souverainiste arrive partout en Europe".

Hélas pour lui (et Mme Le Pen), le scrutin dans les 28 pays a parlé : les "populistes" ne sont arrivés en tête que dans 6 pays sur 28. Et encore : parmi ces 6 pays, l'on compte le Royaume Uni - qui quittera l'Europe et son parlement le 31 Octobre prochain - et, depuis lundi (le lendemain même de l'élection), l'Autriche a renversé son jeune chancelier "populiste" - Mr Kurz - entraîné à son tour par le scandale sans nom qui avait frappé quelques jours plus tôt son ministre de l'Intérieur allié, Mr Kicki. Faites le décompte, il ne reste plus que 4 pays aux mains des "populistes" : la vague "nationaliste" n'a pas déferlé, de très loin s'en faut !

C'est la défaite des projets de Mme Le Pen, qui envisageait déjà, d'un œil gourmand, le "grand soir" où ses amis "populistes" prendraient le contrôle du nouveau parlement européen à ses côtés. Son amertume se devinait déjà entre les mots dès ses prises de parole du dimanche soir : la vague annoncée, y compris par les responsables "pro-européens" - comme Emmanuel Macron lui-même - pour remobiliser les troupes, n’avait pas du tout déferlé sur le continent.

Déjà la déroule de Geert Wilders aux Pays-Bas, connue l'avant-veille du scrutin en France, annonçait déjà que le boulevard promis à l’extrême droite européenne ne serait pas aussi large qu’annoncé : seuls six pays - France, Italie, Royaume-Uni, Hongrie, Pologne et Belgique - ont porté en tête des listes "souverainistes", voire nationalistes, avec, dans ce contingent de 172 sièges, la trentaine d’élus du parti pro-Brexit anglais de Nigel Farage, appelés, eux tous, à repartir très vite chez eux, au plus tard le 31 octobre prochain.

Cette "contre Europe des six" rêvée par Mme Le Pen et ses alliés ne pourra pas faire la loi à Strasbourg, comme Matteo Salvini, le principal allié de Marine le Pen, peut le faire (non sans difficultés d'ailleurs à l'horizon romain).

Cette "internationale des nationalistes" ne sera - et ne restera - qu'à plus de 200 voix de la majorité de 376 sièges requise au Parlement européen. Et surtout, rien ne dit que les élus de ces partis "euro-sceptiques", profondément divisés entre "pro-russes" et "anti-russes", divisés aussi sur le modèle de société qu'ils voudront imposer au sein de leurs propres pays, réussiront à former un seul groupe au lieu des trois qu'ils sont au sein du Parlement européen.

Comment aussi avoir un agenda européen commun lorsqu’on défend une vision purement nationale et que les intérêts du pays représenté passeront toujours devant, surtout lorsqu’il s’agira de voter le budget de la PAC, ou encore d’aller plus loin dans la réforme du travail détaché par exemple ?

Entre partis "nationalistes", il n’y a qu’un point vraiment commun : leur rejet de l’immigration présentée comme une sorte de "submersion" du Vieux Continent, malgré les chiffres qui démontrent unanimement leur large surestimation.

Tout cela ne fait pas un projet commun, surtout lorsque la préoccupation de chacun est de fermer ses propres frontières en fermant les yeux sur les drames qui se déroulent en Méditerranée !

Mme Le Pen ne pourra qu'observer désormais le contingent de sa vingtaine de députés européens - à part quasi égale avec celui nouveau de son partenaire Emmanuel Macron - sur les bancs de Strasbourg ou de Bruxelles, confrontés les uns contre les autres avec leurs visions différentes de l'Europe.

Le "grand soir" espéré par Mme Le Pen n'est plus d'actualité.

samedi, 04 mai 2019

LE MINISTRE QUI PARLE TROP VITE

"LE MINISTRE QUI PARLE TROP VITE"

Billet de  François VAN DE VILLE

castaner.jpg- En s’y invitant, sans être rejetés par les "Gilets Jaunes" (GJ), les "black blocks" ont changé la nature de leurs manifestations, obligeant la police à modifier sa propre doctrine du maintien de l'ordre.

Un bon Ministre de l’Intérieur doit donc allier, désormais, finesse et autorité.

Mr Christophe Castaner ne déborde ni de l’une ni de l’autre. Il se juge, en outre, "doué" pour la communication, en sorte qu’il parle beaucoup, et même trop, et aussi…. un peu trop vite. C'est pourtant là qu'est tout l'art de la communication, et çà, c'est un tout autre métier que celui de Ministre.

Lui, comme beaucoup d’autres, y compris ceux qui le critiquent aujourd'hui jusqu'au harcèlement, ont fini par croire qu’il suffisait de saturer l’espace médiatique pour empêcher les autres expressions et imposer la leur. Mr Castaner a fini, en peu de temps, par laisser voir les grosses ficelles de sa communication. Et, en voulant "coller" aux événements sans recul et ni réflexion, il s’est pris les pieds dans le tapis le 1er Mai

Le lendemain même, Mr Castaner a tenu à corriger son propos : "Je n’aurais pas dû employer le mot attaque" a-t-il reconnu à propos de cette intrusion forcée, en brisant chaînes et cadenas de portail, ouvrant aux manifestants les locaux d’un hôpital parisien.

Mais le mal était fait : les oppositions, qui voient le Ministre de l’Intérieur comme le "maillon faible" du gouvernement, s’en sont donnés à cœur joie à quelques semaines des européennes. Les sénateurs, s’étant pris soudain de passion pour les commissions d’enquête pour rehausser leur prestige un brin menacé, veulent même faire comparaître le Ministre, tout comme hier Mr Benalla. Communistes et Insoumis, d'une part, ne supportant pas en France le centième de ce qu’ils tolèrent et soutiennent avec becs et ongles aujourd'hui au Venezuela, et, d'autre part, une partie de la droite ayant oublié certaines de ses pratiques passées, tous réunis sont devenus impitoyables avec ce trublion de Ministre.

Ce faisant, on néglige pourtant l’essentiel.

Le maintien de l’ordre dans ces rassemblements, légitimes et autorisés, ne serait pas à ce point délicat et risqué si les "black blocks" ne s’y invitaient pas, protégés, qui plus est, par d’autres manifestants complaisants : les "innocents" GJ eux-mêmes ! Ces activistes cherchent, par la violence, à provoquer un drame qui ferait basculer le ventre mou de la protestation vers l’insurrection. Pour les empêcher d’agir, de lapider les policiers, de brûler les voitures et les kiosques, de détruire les vitrines et piller les magasins, les forces de l’ordre ont désormais la consigne d’aller "au contact". C'est la nouvelle doctrine qu'a initié notamment....le Ministre Castaner.

Cela déplait, à outrance, à certains de nos manifestants hebdomadaires et défait bien de leurs plans établis pour y semer le désordre qu'ils recherchent pour exister et attirer encore les médias, faute d'autres propositions réfléchies.

C’est cela, aussi, ce que certains veulent faire payer, désormais, au Ministre de l’Intérieur : un autre métier, celui-là, que celui de simple communiquant.