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mercredi, 22 septembre 2021

USA/EUROPE : LE MÉPRIS

droit USA.jpgQue les États-Unis, puisqu'ils sont au centre du complot qui vient de se tramer, défendent d’abord leurs intérêts, c'est dans l’ordre des choses. Mais qu’ils le fassent en ignorant totalement l’Europe, y compris la France - leur plus fidèle allié - c'est profondément inadmissible. Un tel mépris appelle réplique. Mais laquelle ? La réponse n'est pas facile.

Pour les USA, durant la guerre froide, l’ennemi principal des États-Unis était l’Union Soviétique, et le monde développé économiquement était constitué, d'une part, de l’Amérique du Nord et, d'autre part, de l’Europe occidentale. L’alliance atlantique était donc fondée sur un double intérêt commun : économique et militaire. Mais, depuis la chute du mur de Berlin et le réveil de l’Asie, les Américains regardent désormais non plus vers l'Europe mais vers l’Orient. Là sont, pour eux, les nouveaux marchés. Là aussi est le nouveau concurrent et le nouvel adversaire principal des USA : la Chine. Donc le nouveau centre du monde n’est plus pour eux l’Atlantique, mais désormais le Pacifique.

C'est un bouleversement considérable qui  change la face du monde. Et notre avenir commun.

Le partenariat stratégique, conclu en catimini entre les États-Unis, l’Australie et la Grande-Bretagne, est un avatar de ce glissement géographique des priorités, notamment depuis l’époque Obama. La France, par la vente de douze sous-marins à l’Australie, et par sa volonté aussi de peser diplomatiquement et militairement dans cette partie du monde, devenait perçue, par les Américains, comme un obstacle à ce repositionnement stratégique.

On a vu, avec l’annulation quasi imposée du contrat franco-australien, de quel poids pesait cet obstacle aux yeux de Joe Biden. L’attitude vis-à-vis de Paris démontre une farouche volonté politique américaine, s’opposer à l’expansion chinoise dans l’espace indo-pacifique, mais aussi un souverain mépris pour la France, et pour l’Europe. Alors même que la France occupe, de par ses possessions  indo-pacifiques (Nouvelle Calédonie, Wallis & Futuna, Polynésie, Réunion, Mayotte, soit près de 2,millions de français qui y vivent) et près de 9.000 km2 d'espaces économiques maritimes qui sont siens, une superficie comparable à celle de l'Australie elle-même ! Mais aux yeux de Mr Biden, peu cela lui importe pour établir désormais sa domination sur ce vaste espace économique devenu sratégiqure.
 
La décision fut donc soudaine, savamment préparée en catimini, puis brutalement annoncée. Aucune précaution diplomatique n’aura été prise par Washington, ni par Canberra (ni aussi étrangement par Londres !). La France n’a pu que rappeler ses ambassadeurs aux États-Unis et en Australie pour répondre partiellement à la violence du camouflet. Pour tenter de montrer, aussi, à ses partenaires européens, qu’il lui est encore possible de se rebiffer, ultime recours.

Cet humiliant épisode est une preuve supplémentaire de l’absolue nécessité que l’Europe politique et diplomatique se renforce, qu’une Europe de la défense se constitue, même très progressivement si elle veut encore voir sa place dans ce monde. Sinon, sans cette union qu'il est urgent de mettre en œuvre, nous ne sommes chacun que des nains condamnés à n'être que spectateurs de notre avenir.

François VAN DE VILLE

lundi, 13 septembre 2021

Les 3 JUGES et Agnès BUZYN

politique,faits de sociétéIl faut confier de toute urgence la gestion du Covid aux 3 juges qui ont mis Mme Buzin en examen : eux seuls savaient, dès le tout début de 2020, quels moyens il fallait mettre en œuvre pour tous nous protéger de l'épidémie naissante.
 
François VAN DE VILLE
Secrétaire Général du MoDem du GARD

dimanche, 11 avril 2021

DÉRIVES IDENTITAIRES

BILLET de François VAN DE VILLE

racisme.jpg- La justification de réunions interdites aux citoyens de "peau blanche" s’affiche de plus en plus ici ou là, comme si la notion de race avait été tranquillement réhabilitée.

Si le phénomène des réunions interdites aux "blancs" est limité aujourd’hui dans son ampleur, il n’en est pas moins révélateur de dérives identitaires. 

Porté par des militants résolus, il provoque naturellement des réactions indignées à droite, à l’extrême droite, ou encore aussi à gauche. Mais il coupe ce dernier camp en deux parties : d’un côté, des "républicains universalistes" opposés à ce principe ; de l’autre, des "antiracistes" défendant la pureté raciale de ces réunions comme condition sine qua non de leur légitimité politique.

Au-delà d’un premier cercle très convaincu, on constate, à gauche, un certain embarras, voire des ambiguïtés volontairement entretenues à des fins électoralistes. Et une idée indéfendable s’impose progressivement : en justifiant les réunions interdites aux "blancs" pour traiter des discriminations raciales (dont l’existence est certes indéniable), on considère que les "non racisés" (les "blancs") ne peuvent pas comprendre le phénomène du racisme.

Selon ce point de vue, seule l’expérience vécue permet d’accéder à la connaissance et à la compréhension. Et donc, aucune conviction commune ne peut plus relier les membres d’une société : ils sont divisés en autant de groupes, déterminés notamment par la "race" et le "genre", entre lesquels s’établissent des rapports qui ne sont que de domination. 

Certains justifient la non-mixité en soulevant que personne ne comprendrait que des femmes battues acceptent dans leurs réunions des hommes violents. C’est l’aveu que, pour ces partisans des réunions non mixtes, si le "blanc" en est banni, c’est parce qu’il est, par essence, l’oppresseur de façon générale.

Ainsi, chacun est renvoyé, dès sa naissance, en raison d’une notion - la race - dont on se croyait débarrassé depuis les délires racialistes nazis et honnis cependant de tous. 

NON ! Les réunions non mixtes ne sont pas d’innocents "groupes de paroles", mais des coups de boutoir contre toute la communauté nationale dans ses différentes composantes et/ou origines.

C'est donc un mouvement à bannir sans aucun esprit de retour.

samedi, 06 mars 2021

BOIRE DE L'EAU ?

eau.jpg- J'ai brièvement rapporté hier sur un réseau social les conditions dans lesquelles j'ai reçu ma 1ère injection contre le Covid 19. Tout va bien et n'est suivi d'aucune fièvre ou autres douleurs dont on m'avait avisé préalablement de la possibilité.

Mais, en marge de cet épisode très personnel, je ne résiste pas au plaisir de vous confier le sourire que j'ai du réfréner lorsque le médecin vers qui on m'avait adressé avant l'injection lorsque celui-ci m'a recommandé de me "déshydrater" abondamment pendant cette possible difficulté passagère.

Fort heureusement pour lui, il ne m'a pas indiqué comment m'y prendre et quelle boisson je devais absorber pour éviter toute déshydratation. Peut-être ceux qui lisent ici ces lignes ont-ils déduit instinctivement qu'il me fallait boire abondamment de l'eau ?

Eh bien, au risque de vous surprendre, si je lis bien la réglementation européenne toujours en vigueur, cette boisson - l'eau - n'est nullement recommandée pour se déshydrater.

De quoi effacer tous les dogmes pratiqués jusqu'ici. Voyons les faits.

Au tout début des années 2010, 2 professeurs en médecine allemands ont proclamé que "la consommation régulière de quantités significatives d'eau ne pouvait réduire le risque de survenue d'une déshydratation" et s'insurgeaient que certains producteurs d'eau l'affirmaient sur leurs emballages.

Ceci a vite entraîné la réunion, sur initiative des autorités européennes, d'une commission d'études qui a travaillé sur ce sujet pendant 3 ans : il fallait au moins cela pour Bruxelles ! Puis 21 experts se sont ensuite réunis à Parme pour conclure le terme de ces travaux et ont affirmé le bien-fondé de cette affirmation : non, l'eau ne déshydrate pas plus que toute autre boisson consommée.

Sitôt que cela fut affirmé, un règlement européen, signé par le Président lui-même de la Commission Européenne de l'époque (2004-2014) - José Manuel Barroso - a été publié en Novembre 2011. Les producteurs d'eau ont du retirer aussitôt de leurs emballages toutes les indications reconnues comme désormais mensongères.

Nous reviennent alors ces belles images filmées, notamment dans les EHPAD, où l'on voit des soignants, pendant surtout les périodes caniculaires, avançant avec insistance vers leurs pensionnaires des gobelets remplis d'eau pour éviter qu'ils ne se déshydratent.

En toute logique (et parfaite application européenne), on devrait proposer à ces aînés dans la difficulté de leur âge le choix entre boire un Beaujolais, un petit Bordeaux (rouge ou blanc), un Rosé provençal ou d'un pays de Loire, une nordique pinte de bière, ou encore un Costières de Nîmes, à côté d'une simple et fade eau minérale, puisque l'effet hydratant est quasi identique entre ces différentes boissons hormis une faible dose d'alcool sans en abuser.

Ne croyez surtout pas que j'incite ici nos aînés à verser dans une heureuse ivresse pour égayer leurs difficiles moments, mais vous comprendrez mieux pourquoi j'ai souri au médecin qui me recommandait hier de me "déshydrater" : "vivre d'amour et d'eau fraîche".

Je ne vous dirai pas ici comment j'ai fidèlement obéi à sa recommandation.

Verra-t-on un jour Bruxelles obliger les fournisseurs d'eau d'inscrire sur leurs emballages : "À ne consommer qu'avec modération" ? Ce ne sera même plus une forme d'humour belge.

samedi, 07 novembre 2020

DÉMOCRATIE. Ô DÉMOCRATIE !

BILLET de François VAN DE VILLE

democratie.jpg- Les institutions américaines semblent vouloir résister aux assauts de Mr Trump, son Président sortant. Néanmoins, elles sont de plus en plus fragilisées.
 
Les États-Unis se sont approchés, tout doucement, du premier dénouement, celui de l’attribution de la victoire au démocrate Joe Biden. Mais pourtant les Américains sont loin d’en avoir fini avec le tempétueux Donald Trump, lequel a déjà déposé dix recours en justice, dont six pour la seule Pennsylvanie.

L’avalanche des accusations de fraudes dans le vote par correspondance, les demandes pour arrêter le comptage de bulletins - pourtant parfaitement légaux - sont autant d'insultes à l’intelligence comme à la démocratie.

Les 50 États, responsables de l’organisation des élections, se montrent pourtant exemplairement minutieux : la Géorgie, le Wisconsin et le Nevada, au moins, recompteront les bulletins en raison des marges infirmes entre les deux candidats. Légalement, ils ont jusqu’au 8 décembre pour ce faire.

Les médias, eux, sont d’une prudence extrême dans leurs projections. Les chaînes d’info résistent, en osant même couper le direct des conférences de presse insanes de Mr Trump. Les réseaux sociaux, de leur côté, bloquent ses messages victorieux délirants.

Mais, quels que soient les tumultes provoqués par un personnage qui semble incapable d'affronter sa propre défaite, tout ceci ne semble pas compromettre à terme le résultat final : Mr Trump a bien perdu l'élection et le cours des choses n'en sera pas arrêté pour autant.

Mais ce "crash-test" pour les États-Unis ne peut pourtant pas cacher certaines vérités. La vieille constitution des pères fondateurs des USA (Benjamin Franklin, George Washington, John Adams…) de 1787 est-elle encore opérante dans les USA d’aujourd’hui ? La question se pose aujourd'hui avec plus d'acuité que jamais.

La réponse est "non".

Le suffrage indirect, et le système des grands électeurs, préservent surtout apparemment les intérêts des États ruraux, ceux du Midwest comme ceux du Sud. Mais l'un comme l'autre ne rendent plus compte de la diversité des incessants mouvements démographiques parvenus depuis.

C’est un vieux sujet auquel le parti républicain ne s’attaquera pas de sitôt : son retrait actuel, à peine caché dans le conflit créé par Mr Trump, est significatif. Ce bon vieux parti est en train d'éclater sous nos yeux. Il aura, pour lui, la cohorte des grands présidents qui l'ont bien servi, mais il y aura désormais, face à lui, le "trumpisme" qui demeurera et sera désormais porteur des voix qui ne se reconnaissent plus dans les discours bien formés, ici comme là, depuis des décennies.

Il faut remonter à 2004 pour trouver une victoire républicaine obtenue par le vote populaire avec la réélection de George W. Bush. Mais sept des huit dernières élections avaient consacré une majorité de voix démocrates.

C'est un peu là l'histoire de toutes nos démocraties, ancrées qu'elles sont sur des textes constitutionnels écrits et pensés dans des circonstances précises de notre Histoire, mais qui perdent ensuite leur impact nécessaire dans les méandres et les évolutions des sociétés qui suivent, vont et viennent au gré des courants. Et la qualité de nos démocraties - voire leur survie à terme - reste fondée sur leur faculté de savoir s'adapter et évoluer.

Hélas, ce n'est pas le cas aux USA qui font toujours religion de textes constitutionnels écrits dans des temps multi-séculaires qui n'ont plus cours aujourd'hui et desquels certains veulent aujourd'hui s'éloigner par tous moyens, y compris ceux éclos d'archaïsmes insensés et échappent à tous bons sens.

Oui, la démocratie américaine est en grave danger, et pas seulement le parti républicain.

Espérons que cette grande démocratie saura sortir de ce piège dans lequel elle semble enfermée. Mais espérons aussi que cet exemple nous servira, à nous autres démocraties du monde, de leçon salutaire pour ne pas tomber dans le même immobilisme suicidaire.

The world great again.

mardi, 03 novembre 2020

LE MONDE SERA-T-IL, DEMAIN, UN PEU PLUS BEAU ?

Trump.jpg- Avec le maintien, ou non, de Donald Trump à la Maison-Blanche,  c’est l’image même de la démocratie qui est en jeu aux yeux du monde.

Donald Trump, Président des États-Unis d’Amérique, ce n’est pas l’irruption du tragique dans l’Histoire (ou pas encore) mais d’une pantalonnade. Cet homme est un histrion que 63 millions d’Américains ont choisi pour dirigeant en 2016. En quatre ans de mandat, il aura dégradé la fonction présidentielle dans son pays, il aura dévalorisé l’image planétaire de la première puissance mondiale, il aura ébranlé une démocratie vieille de 240 ans. Par la place éminente qu’il occupe sans jamais avoir été à la hauteur, il aura contribué avec d’autres à enlaidir le monde.

On saura demain, peut-être, si la farce désolante continue. Élu, son adversaire ne ferait pas de miracle mais, au moins, la Maison-Blanche renouerait-elle avec la décence.

Les plus grands dirigeants ne se recrutent généralement pas parmi les ligues de vertu : il faut des êtres hors norme pour un boulot pareil. Mais le cas de Donald Trump est inédit. Jamais une grande démocratie n’aura porté à sa tête un homme aussi brutal, aussi cynique, menteur, vaniteux, raciste et sexiste.

Le monde serait bien un peu plus beau si ce grand pays ne devait plus être présidé par Donald Trump.

La violence de la politique est à la hauteur de ses enjeux, mais elle s’exerce néanmoins à l’intérieur de limites. Si les dirigeants s’exonèrent de toute morale, outragent les lois, offensent les valeurs d’une civilisation, c’est la violence de la société qui se défoule alors. Et c’est une certaine idée de la beauté du monde qui se défait.

Les enjeux de l’élection présidentielle américaine sont là. Que ceux qui pensent que l’auteur de ces lignes exagère lisent "Le monde selon Donald Trump" de Nicole Bacharan (Tallandier).

La réalité est pire encore. Le recensement, en un seul volume, des outrances et mensonges du président américain, appuyé sur de précises références, produit un étrange effet, entre dégoût et incrédulité.

Hors tout parti pris, espérons que l'espoir renaîtra de l'autre côté de l'Atlantique pour le bonheur du monde entier.

Michel BRETONNIER

vendredi, 16 octobre 2020

LE SHÉRIF DONALD TRUMP

Billet de  François VAN DE VILLE

shérif.jpg- Les émeutes et les divisions entre communautés aux États-Unis servent-elles, ou desservent-elles, Donald Trump pour sa réélection ?  

La situation aux USA se complexifie à un degré jamais connu depuis des décennies. Survolons quelques cas parmi tant d'autres.

Pour premier exemple, citons la ville de Kenosha, dans le Wisconsin lointain au bord des grands lacs du nord, laquelle ne cesse plus de tanguer sous les coups et les pillages depuis qu’un policier "blanc" a tiré sept fois dans le dos d’un père de famille "noir", Jacob Blake. Et aussi, par ailleurs, depuis qu’un jeune milicien "blanc" de 17 ans a tué deux manifestants au fusil d’assaut.

Malgré ces faits criminels et sans excuses, Donald Trump les assène pourtant, et sans nullement sourciller sur la pelouse de la Maison-Blanche qu’il compte encore fouler quatre ans de plus, et de déclarer que "personne ne sera en sécurité dans l’Amérique de Biden". Est-ce de l'humour ? On peut se le demander.

Ailleurs à Minneapolis, depuis la mort de George Floyd étouffé sciemment par un policier "blanc" en mai, le mouvement "Black Lives Matter" a pris une ampleur considérable. Les basketteurs des "Milwaukee Bucks" ont même boycotté récemment un match suivi par toute la NBA et les autres ligues professionnelles, pour montrer leur total écœurement.

Ce thème, et celui de la division entre les communautés, seront vraisemblablement majeurs lors des élections américaines du 3 novembre.

Mais, au lendemain de la convention républicaine, on peut se demander si le discours de fermeté de Donald Trump va se retourner contre lui (mobilisation du vote afro-américain) ou transcender sa base électorale. Il se fait le défenseur du "mode de vie" américain, de "la loi et de l’ordre", tout comme un shérif mythologique au colt fumant dont tous se souviennent sur les images d'un passé qu'on croyait révolu.

S’il n’y avait par ailleurs sa gestion erratique de la pandémie (plus de 180.000 morts) et ses effets sur l’économie, on aurait mis un billet de 5 dollars à l’effigie d’Abraham Lincoln sur sa réélection. Mais la façon aussi dont Donald Trump a traité, en les ridiculisant, ses médecins penchés sur sa propre supposée pandémie, et la grotesque mise en scène risible de son retour la Maison Blanche, on peut se demander dans quel monde vit cet individu ?

Le mode de scrutin indirect pour désigner le futur Président laisse pourtant planer tous les doutes sur ce qui nous parait impossible à nous, habitués que nous sommes à des démocraties plus rigoureuses : être largement minoritaire en nombre de voix obtenues mais être cependant élu Président pour quatre ans, comme ce fut le cas dans sa compétition contre Mme Hillary Clinton. C'est le monde à l'envers !

Que décideront "in fine" les"Swinging States", ces États bascules qui font, ou défont les présidents à leur gré ? Le monde entier est suspendu à leur verdict?

L'élection américaine demeure toujours un mystère insondable.

mercredi, 30 septembre 2020

RACISME & INDIGÉNISME

politique,faits de sociétéBillet de François VAN DE VILLE

- Certains "indigénistes", à forte voix, qu'on voit fleurir sur nos écrans ou dans les colonnes de nos journaux tentent actuellement de lutter, eux aussi (du moins le prétendent-ils) contre le "racisme". Et pour cela, ils décrètent une sorte d'antagonisme qu'ils veulent surtout être irréversible entre "Noirs" et "Blancs".

C'est bizarre de contradiction.

Malgré les interdictions, les rassemblements contre le racisme, mais aussi contre quelques possibles violences policières, se multiplient et mobilisent. Et ceci semble servir cette nouvelle idéologie..

L’émotion, partie initialement de Minneapolis, s’est soudainement mondialisée, et ce non sans quelques raisons. Oui, le racisme existe aussi dans notre pays, la France, pays des droits de l'homme qui s'en est fait une sortie de religion inscrite jusque dans notre Constitution. Mais ce racisme joue surtout contre les minorités dont les membres recherchent difficilement, ici, ou un emploi ou, là, un logement. Et il arrive même que des jeunes soient parfois victimes de violences - y compris parfois, hélas, policières - en raison de leur origine, maghrébine ou subsaharienne.

Même s’il est difficile de le démontrer, tout porte cependant à penser que les stéréotypes racistes sont aujourd’hui moins largement partagés qu’ils ne le furent il y a seulement trente ans (les aînés de ma génération peuvent en témoigner) et les propos ouvertement racistes sont devenus beaucoup plus rares : une certaine décence s’est imposée avec le temps du fait d’un progrès moral et, peut-être, d’une exigence de rationalité.

Le racisme d’avant-guerre, très prépondérant dans certains milieux en France, et combattu ensuite odieusement par le régime nazi, a été ensuite réfuté par la pensée scientifique, et récusé par ses abominables conséquences. La société est devenue, légitimement, hypersensible à toute dérive de ce type. Du moins on pourrait le croire.

Mais cela ne suffit pas pour autant : pour vouloir lutter contre le racisme il faut aussi vouloir le surmonter.

Or, il existe aujourd’hui, étrangement, des mouvements qui, pour combattre le racisme, réhabilitent bizarrement les catégories de "Blancs" et de "Noirs" en les considérant comme définitivement antagonistes (jusqu'à vouloir bannir l'usage des mots de notre langue !). Seul, donc, un "Noir" pourrait comprendre, et donc lutter, contre la discrimination qui lui est faite, et quant au "Blanc", qu’il le veuille ou non, il serait complice de la domination qui s’exercerait sur le premier.

Ces "indigénistes" sont donc aujourd'hui à l’œuvre pour conforter cet étrange et tumultueux amalgame. Et ils font tout pour créer une situation comparable à celle dominante aux États-Unis : ils rêvent d’importer chez nous, en France, le communautarisme à la sauce américaine dont le fruit sont ses profondes divisions jusqu'au plus profond de sa société.

Si nous ne prenons pas garde d'urgence à ce piège qui nous est tendu, ce sont ces mêmes divisions qui ruineront demain toutes les bases de notre propre société.

Je me devais de le dénoncer.

mardi, 31 mars 2020

LE COUP D'ARRÊT ÉCONOMIQUE. FATAL ?

Le Billet de  François VAN DE VILLE

arret.jpg- La crise que nous traversons actuellement, crise aujourd'hui partagée par plus de 150 pays issus de tous les continents de notre planète et au même moment, avec ce sentiment d'impuissance de nos scientifiques et de nos chercheurs de partout dans le monde médical, face à un virus inédit et ravageur au-delà de tout ce qu'on pouvait imaginer….

….mais, malgré leur dévouement exemplaire pour tenter d'enrayer sa vague impitoyable, ce virus ne laissera pas seulement des centaines de milliers de morts que nous pleurerons, mais aura, sitôt qu'il se sera éloigné, des conséquences économiques d'une ampleur quasi égale qui affectera pendant de très nombreuses années nos modes de vie, affectés, eux, par les pertes économiques sans précédent de nos productions immobilisées par nos très longs confinements où toute activité était figée dans l'attente.

C'est un retour en arrière de nos modes de vie auquel nous allons devoir être confronté, et où le mot "augmentation du pouvoir d'achat" va devenir un gros mot à bannir avant d'envisager quelqu'espérance que ce soit de son redémarrage.

J'entends déjà les cris d'orfraies que suscitera ce genre d'exposé qui paraitra fataliste à certains. Mais faut-il taire la vérité pour autant ?

EST-CE POUR AUTANT ÉVITABLE ?

Je veux espérer que oui. Mais quel prix payer pour le contourner ?

Les moyens ne manquent pas. Mails ils exigent une solidarité entre les nations outrepassant les égoïsmes nationaux qui se sont développés pour nombre de raisons qui n'ont plus du tout place dans cette autre guerre qu'il va falloir mener dans ce combat pour reconquérir ce qui a été perdu pendant ces très longues semaines. Mais cela ne peut se retrouver par un simple redémarrage de nos petites habitudes.

Cette solidarité que j'évoquais entend, bien sur, que des pays plus riches, parfois parce que plus vertueux dans leur conduite économique. Ils vont devoir faire des efforts pour aider ceux en difficulté et jouer sur tous les tableaux.

Les pays les plus éprouvés vont devoir emprunter des sommes considérables pour relancer leurs économies. Mais les règles exigent que ceux-ci devront parallèlement fournir des garanties de leur bon usage. Et que vaudraient ces garanties si elles n'engagent pas une solidarité internationale ?

Sans s'éloigner de notre continent, l'Europe sera bien sur au premier plan des solidarités à faire naître. Mais il faut bien concevoir que celle-ci n'est pas là pour combler nos manques habituels qui empêchent la France d'être, ou de redevenir une grande puissance. L'Europe n'est pas une sorte de "grande France", pas plus qu'elle doit redevenir une "grande Allemagne" plus ou moins dominante. L'Europe n'a pas été créée pour servir exclusivement les intérêts économiques allemands. Même s'il faut bien admettre que les créations d'un "marché unique" et d'une "monnaie commune" ont bien ouvert à l'industrie allemande un eldorado européen.

Mais, pour autant, nous n'avons pas le droit de tourner le dos face à la réussite économique de nos voisins, réussite qu'ils doivent surtout à leurs talents, à leur travail qui ont permis à leur pays d'investir pour que son industrie conserve toutes ses capacités exportatrices. Ils la doivent aussi à une discipline budgétaire de fer. Mais aussi et surtout à cette vertu de ne pas dépenser plus qu'on ne gagne. Or la France, peut-être par ses origines latines, n'a pas, et de loin, cette même vertu : l'état français, depuis plusieurs décennies, dépense plus qu'il ne gagne. C'est un luxe dont il est devenu urgent qu'on s'en prive avec plus de rigueur.

Le coup d’arrêt économique inédit que nous connaissons aujourd'hui nous oblige à agir au-delà de nos différences culturelles. La production et la consommation ne repartiront que si chaque état agit dans le même sens, et non plus au gré des demandes et autres exigences qui ne seraient qu'artifices sans réel avenir.

C'est l'intérêt non seulement de la France, de l'Italie, de l'Espagne qui ont été particulièrement touchés, mais c'est aussi l'intérêt de l'Allemagne elle-même qui souffrait, avant la crise, du ralentissement de la croissance mondiale.

Emprunter donc est une nécessité pour les états plus éprouvés. Mais les états les plus riches devront s'engager pour garantir ces emprunts. Il serait donc suicidaire de s'endetter davantage si nous ne changeons pas d'urgence nos habitudes dépensières à tout va.

Si, dans une situation aussi grave que celle que nous traversons, nos états ne font pas les efforts nécessaires pour se redresser et faire renaître l'espoir de jours meilleurs, si les nations européennes les plus riches ne consentent pas à cette solidarité collective et n'y concourent pas en s'entraidant, c’est que décidément l’Union Européenne ne veut plus rien dire. Mais cette solidarité ne pourra se faire en sens unique : recevoir, c'est s'engager.

Que cela soit bien clair.

mardi, 24 mars 2020

LUMIÈRES ET TRISTESSES

Billet de  François VAN DE VILLE

tristesse.jpg- Dans quel ordre puis-je, aujourd'hui, écrire et faire cohabiter ces deux mots si antinomiques : "lumières" et "tristesses" ?

Ici, le moment présent n'est pas de s'interroger ni de porter une réflexion sur la société elle-même qui nous entoure, société durement éprouvée aujourd'hui dans un confinement totalement méconnu d'elle, mais qui se découvre à elle-même par la contrainte où elle se trouve enfermée.

Hier encore, voici peu de jours seulement, on gardait la mémoire de ces forces de l'ordre, de ces médecins, de ces infirmiers, de ces ambulanciers, de ces pompiers qui n'osaient plus pénétrer dans certaines de nos cités sans courir le risque de s'y faire caillasser, bousculer, châtier. Avant hier, ne voyait-on pas aussi des hommes ou des femmes, revêtus de gilets réputés lumineux, qui hurlaient, face à ceux qui venaient porter secours à ceux qui aspiraient au rétablissement d'un minimum d'ordre et de sécurité : "suicidez-vous !" en faisant accompagner le geste à leur parole ?

Et aujourd'hui, ceux-là mêmes, de leurs fenêtres ou de leurs balcons d'où, hier, ils jetaient des pierres, se plier désormais à un rituel devenu journalier pour applaudir ces sauveteurs qui se dévouent pour leur porter secours au prix du sacrifice de leur propre vie.

Hier était une société de "guerre civile froide" (pour reprendre la phraséologie de Valéry Giscard d'Estaing) où le "face à face" doctrinal l'emportait souvent sur le "côte à côte" social. Aujourd'hui, des solidarités ressurgissent spontanément chez ces mêmes acteurs.

Il y a de quoi s'interroger.

Mais cela traduit bien l'état de santé mental de notre société toute faite de contrastes parfois incohérents : société fracturée, disloquée, rongée par un cancer dont les métastases s'appellent la haine, les envies, la jalousie, société en perte permanente de tout repère au point que tout respect humain disparaissait de la tête de certains. Mais société aussi qui, tel le printemps qui fait tout renaître, est capable de voir, comme en ce temps d'épreuve, encore germer en elle-même ce qu'il y a de plus profond et porteur d'autres fruits généreux et prometteurs.

PEUT-ON FERMER LES YEUX ?

Une fois que l'épreuve virale actuelle sera achevée, que les va-et-vient auront retrouvé tous leurs droits, une autre interrogation s'impose à nous : peut-on fermer les yeux sur ce que l'épreuve actuelle nous aura révélé ?

L'immuable institutionnel serait un crime aussi grave que les effets du virus lui-même. Il nous faut décréter un état d'urgence politique. C'est un autre défi qui s'impose à nous comme à nos dirigeants : il faut le prendre à bras le corps sans plus tarder.

J'ai parlé plus haut d'état de santé mental de notre société. Les décisions à prendre, toutes réunies, doivent en effet et prioritairement concourir à offrir à notre société non plus davantage de bureaucratie, mais une vision claire de notre avenir, du devenir de chacun de ses membres dans leur gigantesque diversité (qui est une richesse insoupçonnable). Il ne suffira pas de se contenter d'entreprendre des réformes, que ce soit sur les impôts, les retraites, la dépendance, la mobilité, les services publics, l'éducation, la sécurité, les institutions ou notre identité nationale. Non, ceci ne suffit plus : il faut toute autre chose.

C'est une autre société qui est à rebâtir en profondeur, à se libérer des démons où elle s'est enfermée d'elle-même depuis trop longtemps. C'est une Nation à faire renaître. Ce sont d'autres portes à ouvrir, d'autres fenêtres à percer dans nos murs. D'autres lumières à accueillir pour nous vivifier mutuellement.

Faut-il, pour autant, changer le numéro de notre République ? Je ne rentrerai pas pour m'enfermer dans ce débat qui me parait d'un autre âge, tant il me semble promis comme toujours à l'ancien.

La France a un autre défi devant elle. Il serait criminel de vouloir l'ignorer encore.

Espérons que les nouvelles générations sauront le relever avec vigueur. Et je veux garder cet espoir ancré en moi.

Pour que les lumières prennent enfin et définitivement le pas sur ces tristesses qui nous névrosent.