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samedi, 13 avril 2019

ON RÊVE !

débats de société,politique

ON RÊVE !

En 1980, la Chine a exporté pour ±22 milliards $ de produits.

En 2017, elle en a exporté pour ±2.300 milliards $ : 100 fois plus !

Avec la "route de la soie" qui atteint désormais notre continent, cette concurrence n'est qu'un commencement.

Et nous, en France, on voudrait que cela n'ait aucune répercussion sur notre capacité de créer du pouvoir d'achat ?

On rêve !

mercredi, 10 avril 2019

PRIVATISATIONS : LE GRAND RAGOÛT

"PRIVATISATIONS :

LE GRAND RAGOÛT GAUCHE-DROITE"

Billet de  François VAN DE VILLE

adp.jpgLa proposition de loi pour un référendum sur la vente d’Aéroports de Paris (ADP) a réussi de rassembler ET la droite la plus libérale, ET la gauche la plus étatiste. Un vieux ragoût inattendu.

Et de faire publier une estrade où figurent côte à côte, dans un rassemblement exhumé d'un autre âge, le député LR Gilles Carrez, l’Insoumis Éric Coquerel, le sénateur socialiste Patrick Kanner, la communiste Marie-George Buffet, le centriste Philippe Vigier, etc.... : c’est une image qui donnerait presque raison au "et de gauche et de droite" théorisé en 2017 par un certain.... Emmanuel Macron.

Mais attention ! Prière de ne pas confondre : lorsque le Président continue de vouloir abolir le vieux clivage droite-gauche, ses opposants, eux, affirment au contraire que cette frontière est toujours là, même si, précise le premier secrétaire du PS Olivier Faure, "il peut y avoir des moments où nous nous retrouvons".

Soit ! Mais qui aurait pu prédire qu’un jour l’hostilité à une privatisation - en l’occurrence celle d’ADP - aurait pu réunir, comme je le dis plus haut, et la droite (par nature libérale et favorable à la concurrence), et la gauche (par culture, elle, étatiste) ?

Une fois passée la période des nationalisations en série du premier mandat de François Mitterrand, si quelque chose a, depuis, rapproché la droite et la gauche de gouvernement des années 1990-2000, c’est plutôt l’ouverture du capital, voire la privatisation de fleurons du secteur public. Et puisqu’on parle, aujourd'hui, d’aéroports, c’est bien François Hollande (himself !) qui a ouvert la piste aux chinois pour leur offrir alors la haute main sur l'aéroport de Toulouse !

Après, donc; la photo de groupe publiée ce mardi 9 pour le lancement de la procédure de "référendum d’initiative partagée" sur la vente d’ADP, le ministre de l’Économie - Bruno Le Maire - a donc quelques raisons de renvoyer ses anciens amis de droite vers leurs contradictions sur le mode "vous ne savez plus où vous habitez !"

Mais l’ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin (qu'il est) oublie, de son côté, que c’est la décision de son mentor de l’époque de vendre au privé le réseau autoroutier, il y a quinze ans - tant décrié alors par Freançois Bayrou - ce qui a rendu aussi impopulaire toute privatisation depuis le désengagement de l’État des grands équipements publics.

Et voilà donc ressorti la recette des vieux ragoûts des contradictions d'autrefois….

dimanche, 24 mars 2019

FACE À LA CHINE....

"FACE À LA CHINE...."

BILLET de  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocratePour recevoir demain le Président chinois - XI Jinping - à l’Élysée, Emmanuel Macron s’est adjoint et la chancelière allemande et le président de la commission européenne. C'est exceptionnel.

Faut-il avoir peur de la Chine ?

Les Européens répondent désormais oui, au moins pour la plupart. Seraient devenus, enfin, moins naïfs ?

Les Européens ont pris maintenant, mais maintenant seulement, conscience que cet immense pays n’était plus cette sorte "d'atelier du monde", si pratique pour que nos grandes enseignes y délocalisent leurs productions en très grandes séries. Mais les Chinois, eux et en toute discrétion, ont aussi appris, parallèlement, à concevoir, à élaborer et à vendre des produits à forte valeur ajoutée, ce qui, jusqu'ici, était l'apanage des pays occidentaux.

Les "routes de la soie"

La Chine est aujourd’hui, en effet, en tête du monde entier pour le nombre de dépôts de brevets comme de marques. La Chine déroule dorénavant, et de façon ostentatoire, une stratégie offensive par la création des "routes de la soie".

Quand XI Jinping se rend aujourd'hui en Europe, il commence,  non par hasard, son périple par l’Italie, pays actuellement en pleine mutation identitaire, et il n’oublie pas, non plus, de poser le pied sur le petit rocher de Monaco, siège d'innombrables sociétés du monde occidental :

• l’Italie, elle, a signé – indépendamment de l’Union Européenne – une série d’accords avec la Chine, dans le cadre des "routes de la soie". L'Italie de Salvini, tiens donc, ouvre ainsi à Pékin la porte sud de l’Europe. Nous, habitants du sud, sommes directement concernés.

• Monaco, lui, sera le premier pays entièrement couvert par la "5G" grâce à l’entreprise chinoise Huawei. Cette entreprise fait grand peur par ses liens étroits avec l’État chinois, auquel elle ne peut rien refuser, dit-on, même pas des données confidentielles de leurs clients, de leurs entreprises ou de particuliers. Tiens donc aussi !

L’Union Européenne considère, enfin aujourd’hui (il en est temps !), la Chine comme un "partenaire" et "un rival soutenant des modèles alternatifs de gouvernance" et aussi "un concurrent économique en quête de leadership technologique".

L'Europe, enfin, doit se réveiller et c'est urgent.

En clair, la Chine inquiète, elle agace : l’accès à son marché reste difficile et entouré de barrières administratives toutes puissantes, ses entreprises d’État faussent la concurrence, l’exigence de transferts de technologie à son profit est excessive, sa stratégie des "routes de la soie" n’est pas exempte d’arrière-pensées politiques. C'est ce qui rend son accord avec l'Italie, comme aussi avec Monaco, dangereux.

Bref, l’Europe ne peut plus être naïve. Le veut-elle réellement ?

Il faut impérativement que l'Europe reste étroitement unie si elle veut être une puissance respectée. C'est l'un des enjeux majeurs de l'élection de Mai prochain.

Cette élection est l'une des plus importantes qui soit, face à ce danger. Élection plus importante encore que celles d'intérêt local qui suivront dans un an.

Simple question : que pèse chacun de nos pays européens, quels qu'ils soient, face à la Chine hors une Europe réellement unie ?

Réponse : Rien !

dimanche, 17 février 2019

LES DÉCHAÎNEMENTS LIBÉRÉS....

"LES DÉCHAÎNEMENTS LIBÉRÉS...."

BILLET de  François VAN DE VILLE

antisémitisme.jpgDepuis trois mois, la France offre, tant au monde qu'à elle-même, un spectacle à la fois désolant et grotesque. Il devient maintenant urgent de baisser le rideau.

Initialement, la crise des GJ (gilets jaunes) avait des causes sociales, politiques et objectives qu’il fallait entendre, écouter et analyser pour les comprendre et les réduire. C'était un moment bienvenu pour gommer nombre d'injustices que des décennies d'incuries avaient soigneusement cachées sous le boisseau pour les ignorer.

Mais force est de constater que les GJ sont aussi devenus, progressivement, un mouvement social qu’il convient aujourd'hui de juger sur les actes qu'il engendre. Et ces actes sont trop graves pour ne pas les dénoncer.

Sur ce point, le bilan devient terrible : outre certaines graves victimes sur les barrages, l'on en vient maintenant aux insultes, aux menaces, aux corps à corps violents, à des commerces fermés, à près de 100.000 travailleurs réduits au chômage technique ou menacés de licenciement par le dépôt de bilan en masse d'entreprises ruinées par leurs actions économiques répétées et destructrices, souvent avec violence. Place maintenant aux intimidations envers les élus, aux attaques contre les policiers, les pompiers ou autres services de sécurité, aux institutions républicaines ; place aussi aux théories du complot et autres fantasmes soigneusement habillés ; enfin, désormais, place aux actes antisémites, racistes ou homophobes.

Jusqu’à l’écœurement.

Pire : le gros des troupes des GJ semble aussi maintenant s’accommoder de cette politique de la terre brûlée. Loin de dénoncer cette orgie de violence, leurs porte-paroles plastronnent sur les réseaux sociaux. Les plus excités, les Maxime Nicolle, Éric Drouet, Christophe Chalençon ou autres charlatans, rêvent de renverser le pouvoir pour s'en emparer. Et la moins radicale d'entr'eux, Madame Ingrid Levavasseur, parle maintenant, avec le plus grand sérieux devant les écrans ou autres micros, "d’aller à la rencontre du peuple". Rien que ça!

Si les menaces des premiers ne scandalisent pas grand monde, la grandiloquence de la dernière n’étonne pas davantage. On remarquera simplement qu'il a fallu des années à certains de nos actuels hommes (ou femmes) politiques pour se laisser griser par le pouvoir : chez les GJ, il ne leur aura fallu que quelques semaines pour "prendre le melon". Cela serait risible si ce n'était pas, aussi, dramatique dans les faits ensuite engendrés.

Personne aujourd'hui ne sait comment sortir de cette panade. Les "grands débats", organisés depuis en grand nombre, font surgir de nombreuses propositions, souvent de très grand intérêt (y compris celles contradictoires opposées aux précédentes). Mais comment répondre à chacune d'elles afin que tous s'y retrouvent réellement ? La page à écrire après le 15 Mars sera nécessairement une page blanche dont nul ne peut présumer de son futur contenu. Ce sera un vaste compromis entre toutes ces propositions selon qu'elles seront jugées "possibles" ou "inconciliables" avec les réalités de tous ordres qui s'imposent à tous. Le même verre rempli sera jugé ou "à moitié plein", ou "à moitié vide".

Pourtant il arrive au-delà qu'une étincelle met le feu à la plaine. Parfois, aussi, un incident semble ramener le calme en ouvrant les yeux de chacun sur les réelles proportions du drame qui se joue : comme hier, l'académicien et philosophe, Alain Finkielkraut, pourtant dès le début soutien plutôt compréhensible des GJ, a dû faire face à une horde vociférante, abrutie d'odieux préjugés antisémites. Inqualifiable ! Et qu'on vienne pas nous dire que la grande masse des GJ présents lors de cet incident est intervenue pour mettre fin sur le champ et faire taire les salopards vomissant leur bave.

Ce "spectacle" - puisque c'en fut un des plus révoltants mais qu'il faut cependant appeler comme tel -  est le symbole d’une République désormais menacée par ses pires démons, ressurgis d'un passé qu'on croyait pourtant révolu à jamais.

Et, qu'on l'admette ou pas, c'est bien le mouvement des GJ qui les a tous libérés..., malgré lui. 

mercredi, 09 janvier 2019

DE L'ALTERNANCE À L'ABSURDE...

"DE L'ALTERNANCE À L'ABSURDE"...

par François VAN DE VILLE

absurdite.jpgLa frénésie des alternances est telle qu’on veut aujourd'hui changer de Président au bout de dix-huit mois, à peine au tiers du contrat moral qui lie le Président élu avec les français qui lui ont accordé soixante pour atteindre les objectifs du programme envisagé.
 
De timides détestations  se sont donc lentement élevées sans que nous les ayons même ni perçues, ni entendues. Puis ont surgi celles soudaines, brutales même, des "Gilets Jaunes" : pendant à peine un mois, celles-ci sont devenues bruyantes, spectaculaires, mais se sont surtout axées contre la hausse des carburants et celle de futures taxes qui devaient l'accompagner sous prétexte d'écologie programmée de longue date.

Mais cette poussée de revendications a rapidement montré que ce mouvement des GJ, qui se disait alors "apolitique", a été travaillé aussitôt au corps par des partis politiques qui militaient en ce sens, notamment le "Rassemblement National" et/ou, encore très opportunément, son pendant d'extrême-gauche : la "France Insoumise". Ces partis y voyaient soudain le moyen de contester un pouvoir sorti des urnes de façon tout-à-fait imprévisible et hors normes habituelles, et mis en place pour cinq ans, mais dont les urnes ne leur furent pas très favorables, comme aussi à bien d'autres.

Ces détestations des GJ, d'abord très "terre à terre", ont glissé rapidement vers d'autres revendications plus générales touchant notamment le pouvoir d'achat des plus défavorisés que compte, hélas encore, notre société depuis des décennies d'indifférence.

D'abord affirmées "apolitiques", ces détestations sont vite devenues "politiques". Et elles ont alors favorisé la montée de toutes sortes de haines et de rejets : haine pour le Président de la République, hargne contre le gouvernement, mépris envers les partis politiques, indifférence vis-à-vis des syndicats. Personne n'y échappait.

Puis parut ensuite l'appel plus ciblé à la démission du chef de l’État, à la dissolution de l’Assemblée Nationale, à la suppression du Sénat, etc, etc… Un vrai et total déshabillage de toutes nos institutions républicaines. Les plus vindicatifs sans doute des GJ n'ont pourtant pas dissuadé une partie des Français de les soutenir moralement, même si, majoritairement, ceux-ci n'appréciaient pas du tout la forme de certaines contestations, tels les blocages de routes.

Enfin, on  a remis sur le tapis le vieux serpent de mer de la vie politique française : elle appelle, certes, des réformes en profondeur, mais celles-ci étaient déjà promises au programme en cours. Et d'imaginer ensuite le RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne), doublon du référendum populaire déjà permis par notre Constitution mais celle-ci à des conditions actuellement trop improbables. Mais certains tribuns en ont profité aussitôt pour ajouter à ce RIC leur petite sauce personnelle en le rendant "législatif, abrogatoire et révocatoire" : un retour à des conceptions d'organisation de notre société datant plusieurs siècles en arrière !

Bref : ces détestations ont cessé de l'être pour devenir une crise qui s’inscrit dans une logique ancienne devenue infernale.

Si l'on regarde le contexte de la vie politique française depuis les "Trente Glorieuses", la situation de la France se traduit par une succession ininterrompue d’alternances : à une majorité de droite se succédait quasi systématiquement une autre de gauche, et inversement, chaque majorité nouvelle détricotant aussitôt les règles précédemment établies. Seules les élections de François Mitterrand, et celle de Jacques Chirac, ne furent contrebalancées à cette routine que par d'opportunes cohabitations : à un Président de gauche, face à un Premier ministre de droite, on réélisait le Président, puis inversement.

Mais le résultat de ces expériences, inédites dans nos institutions, ayant déçu, on passa ensuite à la solution du quinquennat et de ses législatives organisées dans la foulée de la présidentielle pour donner "plus de cohérence" entre les chefs de l’exécutif. Mais, à son tour, cette solution, à l'usage, est devenue très discutable et l'on parle maintenant de changer de numéro de république ! Le cycle infernal !

Nicolas Sarkozy fut élu ; mais vite détesté. Il fut ensuite battu par François Hollande : mais celui-ci fut à  son tour rapidement méprisé et même empêché de se représenter. En 2017, les électeurs français tentèrent le tout pour le tout dans le registre du changement, en envoyant à l’Élysée un surdoué d'à peine 40 ans, jamais élu, qui proposait une espèce de synthèse rendant inutile toute alternance, puisque celui-ci se proclamait ET de droite ET de gauche à la fois. Et c’est ce même homme qu'aujourd'hui les GJ veulent renvoyer chez lui dix-huit mois après l’avoir élu !

En guise de réponse à nos problèmes institutionnels, on bloque  aussi vite toute tentative de changement à peine amorcée : nous voilà en pleine absurdité !

Pour ma part, sans pouvoir l'expliquer sur le fond, cette frénésie d’alternances semble traduire en réalité la difficulté des Français - peuple comme dirigeants - de s’adapter à un monde où la faiblesse de la croissance oblige à tout repenser, à tout remettre en cause, à discuter même notre propre place - y compris celle de chaque citoyen dans son environnement - face à une mondialisation croissante où, si nous n'y prenons pas garde d'urgence et si nous n'entreprenons pas les réformes nécessaires pour s'y adapter, notre société et ses valeurs seront vite englouties à tout jamais.

L'obscurantisme des grandes idéologies, issues de siècles dépassés, n'a plus place aujourd'hui dans notre monde, n'en déplaise à certains tribuns d'aujourd'hui. Ou le monde se bâtira sans nous, donc fatalement contre nous.

Notre devoir est de rester lucides, et d'y faire face. Ou nous disparaîtrons tous dans nos rêves évanouis.

mercredi, 26 décembre 2018

LA LEÇON ÉCOLOGIQUE DU PAPE FRANÇOIS

faits de sociétéÀ l'occasion des cérémonies de Noël, le Pape François a mis en garde contre une économie qui pillerait les ressources et encouragerait une surconsommation.
 
Dans son homélie, il ne s’est pas contenté d’appeler à la paix, ni davantage de plaider pour plus de fraternité envers les pauvres  : il a voulu donner un contenu plus concret, en dénonçant des comportements incompatibles, selon lui, avec la concorde et la charité.

Certains lui font le reproche d’être un pape de gauche, après un Benoît XVI qui préférait, lui, le recul et les hauteurs de la théologie, et après un Jean-Paul II qui, lui, était un artisan de la libération du joug communiste.

Ces critiques n’empêchent pas le pape François de conserver son cap social. Il a même ajouté une touche écologique dans cette homélie : «L’homme est devenu avide et vorace. Avoir, amasser des choses, semble pour beaucoup de personnes le sens de la vie».

L’Église a toujours prévenu les fidèles contre les illusions de la possession matérielle. Mais François y ajoute une dimension plus directement politique : «Le petit corps de l’enfant de Bethléem lance un nouveau modèle de vie : non pas dévorer ni accaparer, mais partager et donner».

En d’autres termes, le chef spirituel d’une communauté forte de 1,3 milliard de membres appelle à une consommation frugale, dans une économie du genre circulaire, dans un souci de justice sociale et dans le respect des limites des ressources naturelles disponibles.

Le pape a senti l’air du temps, en bon politique que doit être aussi le chef de l’Église. Pour rejoindre cette sensibilité, plus verte et plus sociale, qui se développe à travers le monde, il n’a pas eu besoin de tordre la doctrine de l’Église, mais seulement d’en cultiver un de ses versants.

Une façon aussi de donner des gages aux opinions des pays développés, toutes acquises à une extension sans fin des droits : celles-ci, en effet, n’admettent pas que l’Église freine aussi l'évolution des mœurs, au même titre que la surconsommation.

samedi, 08 décembre 2018

LE PÉRILLEUX MESSAGE PRÉSIDENTIEL....

"LE PÉRILLEUX MESSAGE PRÉSIDENTIEL"

macron.jpgBILLET de  François VAN DE VILLE

L’intervention prochaine annoncée du Président Macron sera décisive pour la suite  de son quinquennat. Il devra, en effet, montrer qu’il peut rassurer et réformer.

Sans être de tout repos, la journée de ce samedi 8 Décembre fut moins violente à Paris que les deux précédents samedis. Le Président de la République attendait ce moment pour, enfin, parler.

Qu’on le soutienne ou pas, on ne peut que lui souhaiter bon courage, tant il lui sera difficile de solder le mouvement, de rassurer l’opinion et de maintenir sa mission réformatrice tout en préparant les prochains rendez-vous électoraux.

D’autant qu’il aura cristallisé toute la détestation et la hargne qui se sont exprimées. Il va lui falloir s’adresser à une opinion dont la part la plus contestataire ne veut même pas l’entendre. Or, ce qu’il aura à dire nécessitera l’attention la plus vive. Parce que la crise qu’on traverse est aiguë et qu’il faut des gestes forts pour en sortir. Et parce que les raisons profondes du malaise exigent des explications qui ne peuvent être réduites à quelques formules.

La majorité des Français attend du Président qu’il prouve, par des décisions concrètes et d’application immédiate, qu’il a compris le désarroi de ceux qui travaillent et ne s’en sortent pas. Ce qui ne sera déjà pas facile mais de surcroît déjà insuffisant.

Les causes de cette révolte ne se réduisent pas à une insuffisance de revenus. La mondialisation et la numérisation de l’économie tuent des métiers et en créent d’autres, elles affaiblissent les classes moyennes, elles précarisent leurs enfants, elles cassent l’ascenseur social quand, au contraire, elles réussissent à d’autres, mieux formés, plus urbains, plus mobiles.

Or, le Président Macron est perçu comme le Président de ces seconds.

Pour devenir le Président de tous les Français, il doit améliorer le sort des perdants de la mondialisation et les protéger comme il l’avait promis. Il doit aussi expliquer ce grand bouleversement du monde et donner des assurances sur la capacité du pays à l’affronter. Et parier sur la capacité des Français à résister à la tentation démagogique.

Dure et périlleuse mission que ce message à faire passer.

dimanche, 25 novembre 2018

LES SANGLOTS LONGS....

LES SANGLOTS LONGS….

mouvement démocrate,politiqueLa journée de ce long et triste samedi 24 Novembre 2018, devant les images largement relayées de ce qui se passait à Paris, ont fait ressurgir en moi ce poème de Paul Verlaine ("Chansons d'automne") :

"Les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon cœur d'un langueur monotone".

Et de me rappeler que cette même strophe avait été utilisée le 5 Juin 1944 par les Alliés pour annoncer le débarquement du lendemain en Normandie. La France allait-elle vivre un nouveau bouleversement similaire à celui du 6 Juin 1944 où tout devait être renversé ?

Hélas, les images qui se cumulaient sous nos yeux ont vite témoigné des limites d’un mouvement, mais aussi de l’impuissance du pouvoir en place face à tant d'imprévus très habilement inorganisés par ce mouvement, mais ouvrant sur d’inquiétantes perspectives.
 
Ce 24 novembre 2018 ne figurera certainement pas au rang des épisodes les plus glorieux de l’histoire de France. Notre pays a su écrire, depuis d'innombrables siècles, de beaux épisodes revendicatifs, couronnés parfois, ou non, de succès, mais habités tous par autant d’espoirs et de colères.

En voulant absolument défier le pouvoir sur les emblématiques Champs-Élysées, encouragés habilement et de façon totalement ambigüe par Mme Le Pen, les Gilets Jaunes n’auront offert que le désolant et rageant spectacle de ces face-à-face avec les forces de l’ordre et de ces barricades incendiées.

Ce n’était pas ce que voulait, sans doute, la majorité des participants à ce mouvement : beaucoup avaient d’ailleurs préféré ne pas rejoindre la capitale, pressentant ce samedi parisien de violences inévitables et de totale pagaille. Le pouvoir, de son côté, avait prévu près de 30.000 participants…., et ils ne furent que ±8.000, (dont inclus quelques centaines de casseurs professionnels).... Mais ils n'étaient pas là où on les attendait précédemment.

Mais on ne peut nier pour autant que le fossé est si profond entre manifestants et pouvoir que la désignation, par les autorités, du Champ-de-Mars comme lieu de manifestation est apparue aux Gilets Jaunes comme un "piège" qui leur était tendu. Évidemment les images qui en seraient sorties de ±8.000 manifestants dans un espace prévu pour en contenir jusqu'à 1 million aurait plus évoqué des images burlesques de brebis égarées au milieu d'un vaste espace champêtre.

RÉSULTAT : tout le monde a perdu.

La sincérité des discours aussi variés qu'innombrables des Gilets Jaunes (dont on a surtout retenu la volonté de plus de "pouvoir d’achat" et plus de "considération") a été ruinée par leur refus de s’installer enfin comme un mouvement capable de formuler des revendications claires, et de les porter au plus haut niveau. En bref en capacité de dialoguer, au lieu de conspuer. Mais, chez eux, malheur aux têtes qui prétendaient dépasser toute autre. On sait le résultat de ces bannissements en nombre par crainte de la naissance d'un leader de plus dont ils ne voulaient pas être à la naissance.

Quant au pouvoir en place, quelle qu’en soit l’issue, il sort lui aussi affaibli de cette terrible séquence de ce désaveu populaire.

Contrairement à ce que certains ont voulu faire croire, il n'a jamais surgi, nulle part en France et à nul instant, même aux "Champs", quelque indice que ce soit d'une possible "révolution". L'époque de la Bastille fait bien partie d'un passé révolu.

Certains, pour attiser cependant cette "révolution" qu'ils espéraient tant (il y a probablement des places à prendre !), ont fait diffusé sur les réseaux des images de type "chirurgicales" totalement déplacées et faisant appel aux plus bas instincts de l'humanité pour tenter de démontrer que les forces de l'ordre en place sur nos Champs Élysées n'étaient autres que la soudaine résurgence de troupes nazies attaquant de valeureux "résistants" désarmés.

Mais face à ceux qui voulaient à tout prix inciter et faire croire à l'existence viscérale d'une haine des forces de l'ordre "à la mode Zola" face au "bon peuple", s'est élevée aussi la voix de celles et ceux qui se sont étonnés de la remarquable retenue des forces de l'ordre et à laquelle on n'était que peu habitués, reprochant même au Préfet de Police de Paris (sous l'autorité duquel elles étaient placées) de n'avoir pas ordonné de fermer tout accès des Champs Élysées non contrôlé, avec fouille au corps préalable, comme cela se pratique régulièrement chaque fois que la sécurité y est menacée : les parisiens y sont largement habitués.

Aujourd'hui, face à tant de souffrances refoulées et déçues, le pouvoir semble vouloir répondre. Mais avec quels moyens qui n'hypothéqueraient pas l'avenir de la France déjà très compromis, comme l'est  celui de l'Europe tout entière avec la résurgence de tous les nationalismes et volontés de repli sur soi-même, de part et d'autre de tous les océans qui nous entourent ?

Et me revient alors la seconde strophe du poème de Verlaine :

"Tout suffocant et blême, quand sonne l'heure, je me souviens des jours anciens et je pleure".

Pour la France, au moment où elle est entourée de tant de périls, le moment n'est plus aux souvenirs des rêves brisés, et il n'y a plus de place pour sécher les pleurs. L'heure est arrivée de relever les défis. Et ils sont nombreux et redoutables.

Et pour cela tous doivent s'y atteler. Sans regretter pour autant les jours anciens où tant d'erreurs et de lâchetés ont été commises et qui nous ont conduits là à nous sommes aujourd'hui.

François VAN DE VILLE

vendredi, 05 octobre 2018

LES SENTIERS DU RÊVE

Les français ont perdu confiance.

Les français ont perdu confiance tant dans leurs institutions (d'où leurs questionnements fort nombreux maintenant vers une VI° république, malgré le bilan flatteur d'une V° qui leur a cependant apporté 60 années de paix, mais dont la grande majorité d'entr'eux n'a jamais connu la guerre pour évaluer aujourd'hui les bienfaits de cette paix durement reconquise), les français ont aussi perdu leur confiance dans la politique au travers de celles et ceux qu'ils ont chargé de dessiner leurs propres destins. Mieux : ils ont même perdu confiance en celles et ceux qu'ils se sont choisis voici un peu plus d'un an pour être, au sommet de l'état, leurs guides et les entraîner dans des chemins nouveaux et éloignés des routines stériles où d'autres les avaient conduits précédemment.

Devant cette perte de confiance, me revient en mémoire un texte écrit, il y a plus de vingt ans, par le regretté Alain Peyrefitte, l'auteur ô combien prémonitoire de "Quand la Chine s'éveillera", et qui affirmait dans son analyse du monde de demain qui se dessinait que : "La société de défiance est une société frileuse où la vie commune est un jeu à somme nulle, voire à somme négative : si tu gagnes, moi je perds". Alain Peyrefitte démontrait par là combien cette situation constituait la racine profonde du mal français.

Tout cela, tout ce mal, ressort donc aujourd'hui de ses profondeurs à l'heure où certains évènements récents brisent les rêves où de jeunes nouvellement venus et savamment prometteurs avaient su les séduire et les entraîner dans leurs projets, il y a peu encore.

Du rêve qu'ils avaient su faire partager, il semble qu'on revienne brutalement, par la force des choses, à la simple et dure réalité politique.

Or, à des problèmes politiques, il n'existe pourtant pas de solutions techniques univoques. La réalité est chose complexe et toute politique n'est faite que de clairs-obscurs qu'il nous faut affronter à chaque pas. Et ceci n'est possible que par la recherche des faits dans leur réalité et hors des fantasmes, et ce dans un nécessaire dialogue qui éclairera alors utilement cette recherche salvatrice de vérité.

Ce qui me frappe chez notre Président actuel, outre ses qualités naturelles, c'est son apparente difficulté à assumer l'exercice démocratique : il semble incapable d'accepter le dialogue contradictoire et se remettre en question. Un de ses proches dénonçait récemment l'immodestie de son entourage. Notre Président semble parfois en effet incarner ce qu'il y a de pire dans la gauche, c'est-à-dire son sectarisme éprouvé en toute bonne conscience.

Est-ce l'effet d'une jeunesse toujours prolongée mais encore insuffisamment éprouvée par le temps ?

Et j'en reviens donc à ce rêve initial, celui où il a su entraîner les français il y a un peu plus d'un an. De ce rêve fondateur, en est-il sorti depuis ? J'en doute.

En effet, les dialogues auxquels il se livre avec éclat, y compris dans des bains de foule qu'il semble affectionner particulièrement, même lorsqu'ils peuvent être houleux, sont-ils de vrais dialogues ? Ou seulement de ces dialogues qu'on peut avoir dans nos rêves mais qui ne sont jamais que des monologues dépourvus de réponse ou d'écoute. Est-il sorti de son rêve nourri d'ambitions qu'hier il avait su faire partager ?

Ce sectarisme - puisqu'il faut bien appeler les choses par leur nom - semble être en contradiction avec la perception qu'avaient de lui ses électeurs.

Est-ce pour autant une escroquerie ? Je n'en suis pas convaincu. Je pense que notre Président vit toujours dans son propre rêve nourri de beaucoup d'ambitions généreuses, mais qu'il n'en est pas encore sorti. Il ne s'est pas réveillé et il poursuit toujours ce rêve hormis les contraintes de réalisme qu'entraine pourtant tout usage du pouvoir.

Le réveil risque pourtant d'être éprouvant pour beaucoup. Ce qui a été semé durant ces derniers mois ne portera en effet de fruits qu'après un temps qui paraitra fort long, voire parfois tout-à-fait insupportable face aux légitimes impatiences des français.

Le dialogue non seulement s'imposera alors avec force, mais il devra cesser d'être des monologues rêvassiers éloignés des problèmes centraux de la politique à venir. Ceux-ci ne sont pas encore tous connus, mais ils tourneront sans doute autour de notre rapport à la souveraineté, à la technocratie, aux nouvelles frontières de la science et de la technologie, à la préservation de nos cultures et de nos environnements baignés de notre très longue et riche Histoire.

Au-delà des horizons politiques hérités du passé, les français ne se reconnaîtront donc que dans un monde où primera l'émancipation et l'épanouissement de l'être humain, sans discrimination aucune. Cela nous éloignera vraisemblablement hors des sentiers du rêve.

jeudi, 05 avril 2018

MACRON/BAYROU : La proportionnelle à 15% ?

Ce qu'il y a de rassurant au MoDem, c'est l'émergence que l'on observe aujourd'hui - et plus qu'intéressante - de nouvelles têtes qui, peu à peu, infléchissent le mouvement, à la fois dans une certaine fidélité à la ligne Bayrou, mais le sortent du piège où celui-ci l'avait involontairement placé par des choix parfois mal maîtrisés (ou souvent incompris) et qui avaient fini par marginaliser le mouvement.

Ce glissement est bienvenu : Bayrou, quelle que soit l'amitié et l'estime que nous lui portons, s'éloigne doucement des horizons où sa très longue expérience l'avait placé. Il a écrit de belles et grandes pages de l'histoire de notre famille politique, mais, comme pour tous les beaux livres, il est des pages qu'il faut savoir tourner, sans oublier pour autant celles qui ont été écrites précédemment.

C'est ce moment-là qu'on est en train de vivre. Bayrou est de moins en moins écouté (on le constate !), mais d'autres voix s'élèvent au MoDem avec brio : je ne doute pas qu'elles prendront le relais et sauront maintenir le cap de notre fidélité à nos idéaux.