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jeudi, 03 mai 2007

L'INUTILE DÉBAT

J'AI VU, J'AI ENTENDU.... ET ALORS ?


Il est des moments où l’on envie les téléspectateurs ”supporters” de l’une ou de l’autre : ils peuvent crier victoire quelque soit leur "champion”, remarque Daniel Riot. Il a raison. D’autant plus que les buts des deux intervenants étaient différents : l’un devait conserver son avance, l’autre devait mener l’offensive… Ce sont évidemment les hésitants, les indécis, les versatiles qui seront  les vrais juges de ce débat... pendant lequel l’importance des affaires européennes et des fonctions spécifiquement régaliennes du ”poste” disputé a été, hélas, trop négligée.

Comme prévu, Sarkozy a fait des efforts sur lui-même : calme, surtout être calme. Afficher du sang-froid. Paraître serein. Juste une pointe, par ci par là, griffes rentrées : "Vous n’avez pas besoin d’être méprisante pour être brillante”.

Des efforts trop poussés peut-être…

Il semblait presque terne, le grand bateleur ! Avec des allures d’écolier devant sa maîtresse d’école. Avec la tête souvent basse. Avec quelques coups portés mal encaissés ! Gentil et poli, Sarkozy, à coup de «Madame” glissés en tout et pour tout … Beau joueur, sinon galant, il a même donné du temps de parole à son "adversaire”.

DOUX COMME UN MOUTON, LE LION


Tout au plus, Sarkozy a su jouer les séducteurs avec sa voix et ses regards. Des regards qui, dommage pour lui, fuyaient souvent les yeux de Ségolène quand il se voulait critique ! Du velours, Sarkozy… "Doux comme un mouton” dit Jean d’Ormesson.

Mais son jeu était moins bon qu’on pouvait l’imaginer : il sonnait même un peu faux, de temps à autre. Il est meilleur d’ordinaire dans ses rôles de composition. Même quand, face à une ”saine colère” de Ségolène, il se fait un petit plaisir en mettant en relief les qualités de… calme qu’exigent les fonctions présidentielles. L'impulsif avait-il abusé de la tisane calmante?   

Comme annoncé aussi, Mme Royal a montré qu’elle n’est pas femme à se laisser marcher sur les pieds. Et à se laisser mener par le bout du nez, surtout pas dans un débat aux enjeux majeurs. Pugnace, ”la Royale”. Mordante, même, comme une louve affamée. Mais je le reconnais : elle a été meilleure que jamais. Meilleure même que je pouvais l’imaginer. Comme quoi, l’être humain a une caractéristique essentielle : sa perfectibilité.

DES PIÈGES ÉVITÉS ET D'AUTRES BIEN TENDUS


Audacieuse, Mme Royal ! Offensive, oui. Maîtresse de l'ordre du jour. Habile même : n’a-t-elle pas piégé son ”partenaire en débats d’idées” sur quelques sujets, sur le nucléaire par exemple, sur la sécurité (mais oui !) ou, surtout, sur la question (imprévue) de l’insertion des handicapés dans les écoles de la République, sujet sur lequel Mr Sarkozy propose des mesures appliquées par Mme Royal quand elle était "sous-ministre" et supprimées par l’UMP… ?

N’a-t-elle pas évité, aussi,  d’être piégée sur le terrain de l’économie et de la croissance (en dépit de quelques manques de précisons chiffrées) ?

N’a-t-elle pas paru, y compris dans son (très inattendu) ”coup de colère”, comme plus déterminée, plus moderne, plus dynamique. Plus crédible, même. Plus fiable. Avec une ”bravitude” qui force le respect (pas seulement celui proclamé à tout bout de phrases par Sarkozy)

En fait, Ségolène a réussi une chose qu’elle aurait dû tenté depuis longtemps : Sarkozy est apparu comme un ”sortant”, avec ce que cela comporte de responsabilité dans le bilan.

Elle a réussi aussi à paraître plus sincère  dans ses engagements et  dans sa défense du type de société qu’elle ”veut” que Sarkozy pour les siens.

Surtout, en dépit de son ”étatisme” persistant, elle a affiché un socialisme moderne, à visage nouveau. En se dégageant de toute contrainte, y compris de ce qu'a pu dire François Hollande. ”Libre”, elle ne s'est ”rien interdit”. Elle a eu raison.

C’est important pour les électeurs qui regrettent les archaïsmes d’un P.S. resté passéiste sur bien des plans.

C’est important aussi dans son rapport de force avec Sarkozy : l’esprit de ”rupture tranquille” de celui qui veut une ”France qui gagne” et qui se veut le ”candidat du mouvement”, est apparu comme l'expression d'un conservatisme bien conformiste, par opposition au caractère novateur de la démarche, des idées (y compris institutionnelles) et de la manière de gouverner de ”Madame Royal”

Il y a là une inversion d'image. Au moins le temps (long) de cette émission.

CE QUI A CHANGÉ POUR MOI


Rien ! À l’UDF, nous n’avons pas l’habitude de donner des consignes de vote (c’est pour çà que j’y suis bien !) : on fait appel à la responsabilité de chacun.

Je respecte celles et ceux - fort minoritaires, apparemment - qui ont appelé à voter Sarkozy. Je respecte de même celles et ceux - plus nombreux (peut-être ?) - qui voteront pour Mme Royal.

Quant à moi, même si cela n’offre qu’un intérêt fort mineur, je veux dire ici que je ne vote pas pour un homme, ni pour une femme, quelques qu’en soient les talents respectifs. Je ne vote pas davantage parce qu’un parti, ou parce que des intérêts partisans m’inciteraient à le faire et incliner pour tel ou telle. Je vote pour des convictions profondes qui sont les miennes. Et rien d'autre.

Ce que j'ai entendu hier soir me confirme dans l'idée qu'il faut une troisième force libre qui ne soit ni de droite ni de gauche.


Mon vote sera donc strictement personnel. Ce sera un vote blanc qui signifie que ce n'est pas dans l'affrontement mais dans le rassemblement que la France se remettra d'aplomb. Car telle est ma conviction.

La parole est aux français. Elle est à la démocratie. La suite à dimanche soir…

samedi, 28 avril 2007

MERCI Mr ROSTROPOVITCH

medium_images.57.jpgL’immense violoncelliste Mstislav ROSTROPOVITCH est décédé.

Je me souviens encore de cette belle et chaude soirée d’été, il y a peu d’années, dans les arènes de NÎMES. Je vois encore Mstislav Rostropovitch y pénétrer, seul, sur l’immense scène sous un faisceau lumineux qui l’accompagnait. Puis, ignorant les acclamations d’un public déjà conquis, s’est calmement assis en plein centre. Un moment de silence, comme pour un nécessaire recueillement.

Je me souviens de cette magie qui a alors envahi ce lieu et les milliers de spectateurs présents d’où nul bruit n’osait ensuite troubler le silence.

Je me souviens de ce Prélude de la Suite n° 1 de Bach dont les notes semblaient monter vers la voûte céleste comme pour l’imprégner mieux encore dans une sorte d’éternité au milieu des étoiles.

Ces arènes, ce personnage simple et porté par cette musique si chaleureuse qu’il faisait émerger de son instrument, cette musique qui touchait au divin....

Ce sont des moments qui restent inoubliables et restent gravés au plus profond de nous.

Oui, je m’en souviens encore.

Merci Mr Rostropovitch.

17:25 Publié dans SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (1)

vendredi, 27 avril 2007

POSITIONS à propos du 2nd Tour

Vous trouverez, à propos du second tour de l'élection présidentielle, la position de François BAYROU, puis ensuite la position d'Yvan LACHAUD, Député UDF du GARD.

Il ne faut voir aucune contradiction entre ces deux positions apparemment opposées : François BAYROU lui-même ayant déclaré ne pas vouloir donner de "consigne de vote" aux 7 millions de françaises et de français qui avaient porté au 1er tour leur choix sur son nom.

Certains d'entre nous feront leur choix quand ils auront écouté et entendu les déclarations et les propositions des deux candidats en lice.

Tous nous nous retrouverons autour de François BAYROU au sein du futur "Parti Démocrate" qui sera une force de contre-pouvoir capable de dire "oui" quand l'action du futur gouvernement ira dans le bon sens et "non" quand elle ira dans le mauvais sens.

18:40 Publié dans SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : UDF, Politique, Bayrou

jeudi, 26 avril 2007

CRÉATION du PARTI DÉMOCRATE

François BAYROU a annoncé le 25 Avril 2007 la création du nouveau "Parti Démocrate" dont l'assise repose sur les 7 millions de français qu'il a su rassembler derrière son nom.

Vous trouverez ici la Déclaration de François BAYROU lors de sa conférence de presse. Un moment historique à vivre.

03:25 Publié dans SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : UDF, Politique, Bayrou

Les 3 ATOUTS

medium_images.61.jpgFrançois BAYROU a trois atouts maîtres :

• L’espoir porté par sept millions de citoyennes et de citoyens dépasse très largement les intérêts boutiquiers de quelques élus locaux ou régionaux et de quelques carriéristes dits ”centristes” prêts à toutes les concessions et si sensibles aux promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent. L’élan est là. La dynamique est lancée. C’est une course de fond qui est engagée. ”Il y a du BAYROU en chacun de nous”

• Quelque soit l’élu du deuxième tour, les problèmes de fond restent en l’état et seules de vraies réformes peuvent faire sortir la France de ses impasses et de ses ornières. Même sur un plan psycho-sociologique, la participation remarquable (déclenchée en partie par ”l’effet BAYROU”) ne masque pas la défiance des Français envers la politique telle qu’elle est pratiquée. La révolution culturelle déclenchée par François BAYROU continue. L’essai marqué au premier tour des Présidentielles par sept millions de suffrages doit être (et peut être)  transformé aux prochaines Législatives dans le cadre du nouveau ”Parti Démocrate” rassemblant ces mêmes électeurs issus à la fois de la gauche moderne, du centre et de la droite libérale et modérée.

"Ce n’est pas BAYROU qui a besoin de la droite et de la gauche. Ce sont la droite et la gauche qui ont besoin de lui. Et de ses électeurs. Lui, il se doit de suivre son sillon, son chemin, son projet" (Daniel Riot).

03:05 Publié dans SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : UDF, Politique, Bayrou

lundi, 23 avril 2007

Les CONSÉQUENCES d'un SCRUTIN

Les français se sont massivement exprimé ce dimanche 22 Avril en étant près de 85% à se déplacer aux urnes pour désigner celles et ceux de leurs candidats aux élections présidentielles.

C’est une victoire inespérée de la démocratie qui atteint, avec un tel taux de participation, un record inégalé depuis plus de 30 ans. On ne peut que s’en réjouir.

Ceci démontre que les français ont parfaitement entendu le message de celles ou de ceux des candidats qui leur disaient que le sort de notre nation se jouait par ce scrutin tant la situation de la France est grave et qu’il fallait casser le système en place.

C’est ainsi que François BAYROU a triplé son score de la précédente élection. Avec près de 19% des voix, il a mis fin au bipartisme dominant et créé au centre une force irréversible, une troisième force qui rassemblera dans un grand mouvement ceux des français qui ne se retrouvent pas plus dans les discours élimés de la droite que ceux de la gauche archaïque.

Chacun a surtout retenu l’effondrement du Front National de Mr Le Pen : il est vrai que la droitisation à outrance de Mr Sarkozy a laissé le candidat du Front National quasiment tout nu, une grande partie de son électoral ayant retrouvé dans le discours de Mr Sarkozy une grande part des thèmes favoris de leur ancien leader. Ce que nous n’avons cessé de dénoncer ici : ce scrutin nous a donné largement raison.

Demain, que ce soit avec Mme Royal ou avec Mr Sarkozy, la question est de savoir avec quelle majorité ils pourront gouverner.

Mme Royal n’a pas grand’monde sur sa gauche, cette dernière étant totalement laminée, notamment avec un Parti Communiste à son étiage historiquement le plus bas (±2%), ce qui sonne le glas d’un mouvement qui a tant marqué notre histoire pendant des décennies. Idem pour les Verts : ce que je prévoyais déjà ici même il y a peu.

Mr Sarkozy a peu de chance de voir se rallier à lui Mr Le Pen, pas plus que Mr De Villiers (à moins qu'on ne propose à ce dernier quelques députés pour pouvoir exister). Et quant aux chances de rallier à lui l’UDF, il lui faudrait pour cela entreprendre un virage considérable vers le centre et le programme socio-économique auquel l’UDF reste attachée. On ne peut imaginer que les électeurs de l’UDF vont se rallier massivement sous la bannière de Mr Sarkozy avec son actuel programme qui reste un véritable épouvantail pour notre démocratie, même si le discours peut parfois être (fort trompeusement) séducteur.

Les 15 prochains jours qui nous séparent du second tour vont être décisifs. Chacun va devoir se déterminer face à deux projets de société qui, en l’état actuel, sont aussi détestables l’un que l’autre.

Les français ont donné au centre de François BAYROU les moyens d’être la clef d’une possible réponse à ces interrogations essentielles qui engagent l’avenir de la France. Les deux candidats du second tour ne pourront pas l’ignorer.

JE NE VOUS ABANDONNERAI PAS

medium_images.62.jpg"J’ai une bonne nouvelle pour vous. A partir de ce soir, la politique française a changé et elle ne sera plus jamais comme avant. Malgré des manoeuvres innombrables, malgré l’alliance objective du Parti socialiste et de l’UMP, malgré des sondages manipulés – je veux rappeler que certains instituts n’hésitaient pas à annoncer ces dernières heures encore que l’extrême droite allait être devant nous, malgré ces forces considérables, plus de 7 millions de Français se sont réunis pour porter une magnifique idée du changement.

C’est à ces millions de Français que je pense : ils ont fait une magnifique campagne électorale. Ils ont formé une force nouvelle, La seule force nouvelle de la politique française. Ils ont ouvert un chemin d’espoir pour la France et ce chemin d’espoir ne s’arrêtera pas. Il y a enfin un centre en France. Un centre large, un centre fort, un centre indépendant capable de parler et d’agir au-delà des frontières d’autrefois. Ceux-là, ces millions de Français, ont compris que la vieille guerre des deux camps ne répondait plus au mal de la France. Je vous le dis le mal de la France est plus grave qu’on ne le croit dans les deux partis qui sont encore ce soir arrivés en tête.

Nous ne sortirons pas la France de la situation qui fait souffrir tant de femmes et d’hommes qui ont besoin qu’on s’occupe d’eux et pas des guerres de partis. Nous n’en sortirons pas sans un changement profond. Ceux-là, ces millions de citoyens ont voulu qu’on ne raconte pas d’histoire au pays, que l’on ne fasse pas de fausses promesses, qu’on les regarde comme des citoyens c'est-à-dire comme des responsables. Cette espérance que nous avons fait naître, j’en ai la charge, je ne l’abandonnerai pas, ni une minute, ni une seconde pendant les jours, les semaines et les mois qui viennent. J’aime cette espérance. Je mettrai toutes mes forces à rénover la politique française. Je l’ai rénovée hier, je la rénoverai demain. Je n’abandonnerai aucune de ces convictions. Je ne reviendrai pas en arrière.

Je récuse et je récuserai toujours l’idée qu’il n’y ait en France que deux idées de l’avenir. L’avenir de la France exige au contraire qu’on fasse vivre ensemble les valeurs des uns et des autres. L’avenir de la France exige une démocratie profondément nouvelle, honnête avec des rêves et des principes si souvent bafoués depuis longtemps. Toutes les décisions que je serai amené à prendre dans les jours qui viennent, toute les positions que nous adopterons, seront inspirées par cette seule conviction : la nouvelle politique est en train de naître, cette espérance est grande et juste, et personne, vraiment personne ne l’arrêtera.


François BAYROU

samedi, 21 avril 2007

DEVOIR DE RÉSERVE

Les anciens Présidents de la République sont, aux termes de la Constitution, Membres de Droit à vie du Conseil Constitutionnel.

À ce titre le Président Valéry GISCARD D'ESTAING en fait naturellement partie.

Cependant chaque Membre du Conseil Constitutionnel, organe régulateur suprême dans nos institutions et qui est appelé, en dernier recours, à "dire la Loi", se doivent d'être au-dessus des partis et du débât démocratique. Ils ont donc obligation rigoureuse de garder un "devoir de réserve" absolu.

Nombreux sont ceux qui ont été "surpris" - parfois même "outrés", et à juste titre ! - de constater que ce Membre du Conseil Constitutionnnel se soit autorisé à enfreindre ce devoir de réserve pour déclarer très officiellement son soutien à l'un des 12 candidats en lice pour l'élection présidentielle.

Mr GISCARD D'ESTAING s'est de lui-même disqualifié pour continuer de sièger dans ce Conseil suprême de la République.

Espérons qu'il aura le courage de tirer de lui-même les conséquences de ses actes.

vendredi, 20 avril 2007

LE POUVOIR REND FOU

”Le pouvoir rend fou” disait Françoise Giroud.

IL SUFFIT DE BIEN LE LIRE ET DE BIEN L’ECOUTER…

Sarkozy est fou de pouvoir avant de goûter vraiment l’ivresse du pouvoir. Cela se voit et s’entend : il suffit de décrypter ses déclarations, ses gestes, ses postures, ses élans naturels et ses rôles de composition…

Les pires réquisitoires que l’on peut prononcer contre lui sont à tirer de ses propres dires, de ses audaces, de son culot, de son arrogance, de ses incohérences assumées, de ses esquives, de ses détournements de questions. Un régal pour les psychanalystes… 

”Marianne” publie dans sa dernière livraison un dossier qu’il faut lire. Un dossier, surtout, que toutes celles et ceux qui sont tentés de le suivre et de le porter au pouvoir devraient lire. Par simple esprit de responsabilité. Pour ne pas avoir à  dire, un jour, ”on ne savait pas” ou ”Ah ! Si l’on avait su !...”

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Pas de vraies révélations, pas d’infos qui appellent des démentis ou des confirmations, pas de scoops : des faits, des citations, des témoignages dignes de foi… Et de belles questions : sur la presse endormie, ”munichoise” en un sens, sur le journalisme trahi, sur le ”système totalitaire” déjà en place en Sarkozye, sur l’autocensure généralisée y compris dans cette UMP que le petit Nicolas, si sympa, a phagocytée, mangée, dévorée. À coup… de coups tordus, de colères, d’habileté, de promesses, de trahisons, de menaces, de pressions en tous genres…

Et avec cette magie du verbe qui font la fortune des prédicateurs américains, cet art d’hypnotiser les foules qui n’a rien d’unique dans l’histoire, ces talents du joueur de flûte de la légende qui conduit la meute à la noyade.

Plus dangereux que Le Pen, Sarko ? Qui porte la peste ? Qui porte le choléra ? En serions-nous  là ?… Le seul fait de devoir se poser la question met en relief un sacré problème !

Sarkozy ne ”décomplexe pas” la droite française, comme il se plait à le souligner : il l’entraîne vers un néo-conservatisme extrême venu des terres anglo-saxonnes mais nourri d’engrais hérités des Barbares et de leurs dieux païens. Un néo-conservatisme qui est, bien sûr,  différent de l’archéo-conservatisme à la française incarné par Le Pen.

Celui-ci teinté de nostalgies des années 30, marqué par le regret que le pétainisme ait subi l’hitlérisme (et non l’inverse), imprégné  de nostalgies coloniales et de fantasmes fascisants, se fonde sur des anti-valeurs inacceptables pour un Républicain. Mais, comme le dit le journaliste Daniel Riot, il peut être combattu de front (si l’on peut dire), fermement, ouvertement. Et Le Pen (jusqu’à preuve du contraire) ne s’inscrit pas dans une perspective de prise de pouvoir, même si son offre de faire partie d’un gouvernement avec Sarkozy en cas de crise nationale grave n’est pas à prendre à la légère…
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samedi, 14 avril 2007

EUGÉNISME & DÉMOCRATIE

medium_images.55.jpgJ’ai beaucoup trop d’estime, et parfois d’amitié, pour nombre d’élus et de militants de l’UMP que je côtoie quotidiennement, la plupart d’ailleurs fort sincères dans leurs convictions, pour ne pas être tenté de me tourner vers eux, hors tout débat politico-politicien, et leur faire part combien certaines dérives, que j’observe chez Mr SARKOZY, me préoccupent au plus haut point.

Je comprends que ces élus, ou ces militants, veuillent incarner la ”vraie droite”, celle respectueuse des valeurs essentielles de la République et des Droits de l’Homme, celles héritées d’une longue tradition humaniste puisée depuis la profondeur des âges de notre si riche Histoire : la France n’a pas à en rougir car elles sont à mettre au crédit de l’honneur, du prestige et du rayonnement de notre Nation. Qu’on ne vienne donc pas me faire ici un procès d’intention.

Mais, dans le débat d’aujourd’hui, et à la veille d’un scrutin où le sort de la France va se trouver de nouveau à un carrefour essentiel, j’estime qu’il nous est posé des questions de fond, des questions d’éthique sur le type de société que nous voulons construire. Et il est de notre responsabilité à tous de devoir réagir en conscience.

Aux yeux de celles et de ceux qui croient en la perfectibilité - et à la responsabilité - des Hommes et des Femmes, à la puissance de la Culture sur la Nature, aux vertus du vrai questionnement face aux vices des fausses certitudes, à l’utilité sociale et sociétale de la Politique face à la vanité des exercices du Pouvoir, et aussi aux forces de l’acquis sur les données de l’inné, nous pourrions espérer que Mr SARKOZY n’a pu que se laisser aller à un toujours possible dérapage face à quelques soucis électoraux qu’on peut comprendre. Ce serait certes moins grave qu’un aveu de conviction.

Mais, hélas, et c’est un fait peu contestable, au fil de cette campagne commencée par Mr SARKOZY il y a plusieurs années sous divers habits ministériels, il est des signes successifs et fidèles dans leur ligne qui ne manquent pas d’inquiéter nombre de français.

Je pourrais évoquer d’abord cette forme de ”néo-conservatisme” qui est apparu dans son raisonnement.

Le ”néo-conservatisme” n’est pas une expression politique : il est actuellement incarné par Mr BUSH Junior, celui-là même devant lequel Mr SARKOZY est allé faire comme une sorte d'acte d’allégeance. Il faut le dire, même si je n’ignore pas que cela agace souvent qu’on évoque cet incident....
....le ”néo-conservatisme” n’est pas davantage une doctrine économique conceptualisée par l’”École de Chicago” et fondée sur un hyper-libéralisme qui trahit même le mot ”libéral”, un hyper-capitalisme qui est une forme de cannibalisme et la loi de la jungle financière qui cantonne le mot ”valeur” dans le seul lexique boursier....
....le ”néo-conservatisme” n’est pas qu’une attitude qui privilégie le langage et les pratiques guerrières, les instincts d’une animalité drapée dans des voiles de la religiosité des Croisés, mais il est d’abord le ”degré zéro de l’humanité”....
....le ”néo-conservatisme” c’est d’abord une métaphysique, une mystique, une pensée, une morale. Il comporte un postulat de base : le vieux mythe de la prédestination, de l’inné ravivé, rafraîchi, modernisé par la foi en une génétique-reine, du naturalisme biologisant.

Le ”Bien et le Mal” existent, naturellement, ils se combattent. ”Nous naissons bons ou mauvais et, quoiqu’il arrive, quoiqu’on fasse, tout est déjà réglé par la Nature”. Une Nature qu’on peut appeler Fatalité, ou Destin, ou Dieu. Une nature figée.

Ce ”néo-conservatisme” donne à Mr SARKOZY une propension de vouloir être désormais à la droite de la droite. Et plus le temps passe, plus les incertitudes naissent, plus cette propension se développe.

Déjà, en 2006, dans un projet de loi contre la délinquance, n’avait-il pas proposé une disposition qui permettait de ficher tout individu dès l’âge de 3 ans (!) dès lors que celui-ci, à la crèche ou à la maternelle, montrait déjà des signes d’insoumission ? Non soutenu par Mr DE VILLEPIN, Mr SARKOZY n’a pas insisté et le projet est tombé à l’eau. Jusque quand ?

Plus récemment, on entend de la bouche de Mr SARKOZY qu’on naît ”pédophile”, ou avec des ”tendances suicidaires”. Si on le suit dans ce raisonnement, on naît donc criminel, violent, violeur, chômeur, paresseux, handicapé, délinquant, homosexuel.... ou juif. C’est la plus typique des thèses ”néo-conservatrices” qui reviennent à réduire l’humain au biologique et à dire : ”On n’y peut rien !”.

Logiquement, et pleinement dans ses fonctions, Mgr André VINGT-TROIS, Archevêque de Paris, a critiqué ces propos : ”L’Homme est libre. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans une société qui fait déjà une chasse génétique. Quand on décrète que des enfants atteints de trisomie 21 ne doivent pas naître, qu’est-ce qu’on fait ? Ce qu’il y a de plus grave encore, c’est l’idée que l’on ne peut pas changer le cours de l’existence. C’est dire que quelqu’un est prédéterminé par la famille qui l’a entouré, les conditions dans lesquelles il a vécu. Cela veut dire que l’Homme est conditionné absolument, donc sans liberté et sans responsabilité. Il y a là un relent d’eugénisme”.

EUGÉNISME !

Le mot est lancé, même s’il n’a jamais été prononcé par Mr SARKOZY. Étymologiquement, en grec, “eu” (=“bien”), “gennân” (=”engendrer”). Ce qui signifie ”bien naître”. Un vieux rêve qui a tourné en enfer en plusieurs périodes de nos sociétés. Les nazis n’avaient rien inventé : les enfants nés malades ou faibles, les handicapés mentaux et physiques, ou encoe juifs, tsiganes étaient tués dès la naissance. De cette manière, seuls les plus forts subsistaient et pouvaient se reproduire.

Aujourd’hui, la science offre des possibilités jusqu’ici inconnues qui faisaient déjà rêver les médecins, les juristes, les psychiatres, les politiques, les philosophes (comme Alexis Carrel, Prix Nobel 1912), avant même l’arrivée d’Adolf HITLER. Il y a des scientifiques d’extrême-droite qui estiment même qu’il faudrait faire des tests génétiques à la naissance ou faire un tri des embryons pour éliminer les pédophiles ou les homosexuels dès avant leur naissance.

On crée donc indirectement le camp des ”honnêtes gens” et celui des ”autres”, les fraudeurs, ceux qui se lèvent tard (ou ne se lèvent pas), les paresseux, les chômeurs, les rebelles, etc.... Nous sommes déjà dans le mode binaire qui crée le camp des ”bons” face au camp des ”mauvais”. Si vous n’êtes pas à droite (”les bons”), vous ne pouvez être qu’à gauche(”les mauvais”).

Cette certitude autorise tout (”Tout devient possible !”) affirme le journaliste Daniel RIOT : le cynisme, l’absence de scrupules, l’irrespect, le culot, le toupet, le ”fascisme de la langue”. Le mensonge peut, lui-même, devenir ”noble” puisqu’il s’avère indispensable pour que l’élite gouverne le peuple, le ”vulgum pecus”, la masse des gens ”vulgaires”, le ”troupeau”, la ”racaille”.

Le mensonge devient l’outil premier de la ”raison d’État”. Ce que les gens ”croient” a plus d’importance que la vérité des faits : c’est, par exemple, BUSH et les ”armes de destruction massive” de Saddam HUSSEIN, c’est SARKOZY et ses statistiques faussées, ses démentis pleins d’assurance, des affirmations gratuites, ses promesses intenables, ses proclamations vertueuses, ses vérités étouffées, ses détournements de références historiques, etc....

Mr SARKOZY est bien sorti du système culturel français et européen. Quand je vous disais en introduction ma préoccupation.... Oui : c’est bien de l’avenir de notre Société dont il s’agit aujourd’hui.

Le choix qui sera fait par les français dans quelques jours n’est pas une simple étape politique pour remplacer tel gouvernant pour en mettre un autre : c’est un choix de société et de civilisation qui sera fait. C’est la place de l’Homme dans cette Société qui sera déterminée.

Et cela dépasse, et de loin, tous les discours que l’on peut entendre.