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mercredi, 24 avril 2019

JE M'INTERROGE....

"JE M'INTERROGE...."

Billet de  François VAN DE VILLE

institutions.jpg- Dans l'esprit "gaullien" de nos institutions, il appartient au Président, conformément à ses engagements initiaux qui l'ont conduit à devoir assumer cette charge qui lui a été confiée, de fixer les grandes orientations que doit suivre le gouvernement qu'il a nommé, et il appartient ensuite à ce gouvernement d'arrêter et d'annoncer les mesures précises qu'il prendra dans ce cadre.

Sans préjuger de la communication présidentielle annoncée pour ce jeudi 25 Avril, ni de son contenu, il y a, à mes yeux, un grand absent dans cet exposé : le gouvernement lui-même.

Que l'on entende prioritairement, de la part du Président, les grandes orientations fixées à la lumière nouvelle des évènements de ces derniers mois et du "grand débat" qui s'en est suivi, cela me parait normal et essentiel. Mais force est d'admettre que la population attend prioritairement les décisions qui vont être prises pour répondre aux attentes exprimées un peu partout et sous toutes formes.

Qui, en fait, va annoncer demain, dans le détail, les mesures prises, les arbitrages rendus, les décisions attendues ? Normalement ce devrait être le gouvernement lui-même, par la bouche du Premier Ministre qui va les mettre en œuvre.

Or, selon toute apparence, c'est le Président lui-même qui va descendre dans le "menu fretin" des chiffrages, des modalités d'application, et des mesures pratiques que prendra son gouvernement.

Oui, je m'interroge.

Est-ce là, dans l'esprit de nos institutions, le rôle du Président ? Est-ce son rôle de se justifier, de justifier chaque chiffre ou chaque future mesure qui sera prise ? J'en doute.

Le Président doit rester dans son rôle de "guide" ou "d'arbitre suprême" dont le rôle et la mission sont de donner les orientations, les impulsions, au besoin les corriger quand nécessaire, mais le Président n'a pas à s'exposer directement lui-même et en personne dans le détail des diverses observations, ou contestations qui ne manqueront pas de s'élever autour des chiffres pris en considération ou des mesures prises en conséquence.

Je regrette cette confusion des genres et ce non respect de nos institutions : ce n'est pas sans risque pour lui, ni sans risque pour nos institutions elles-mêmes.

Dommage !

vendredi, 19 avril 2019

SYMBOLES & HISTOIRE

"SYMBOLES & HISTOIRE"

Billet de  François VAN DE VILLE

ND.jpg- Une étrange polémique s'élève et enfle autour des dons personnels de "grandes fortunes", mais aussi autour de l’élan populaire spontané de générosité pour sauver Notre Dame de Paris, un monument porteur de tant d'histoire et de symboles. 

Cette polémique pose une question : peut-on opposer les besoins de financement en faveur d'innombrables urgences sociales, même si elles sont réalités, au produit de la quête commencée depuis mardi pour la restauration de la cathédrale Notre-Dame ?

Ses parois sinistrées par le feu n’étaient pas encore refroidies que le débat était déjà lancé, avec ce goût de la polémique qui, en France, ne peut s’empêcher de s’inviter, même dans les moments de grande émotion nationale, comme celui que nous vivons depuis lundi soir.

Il a suffi que des grosses fortunes françaises, dès le soir même du sinistre, annoncent des contributions de 100, voire 200 millions d’euros pour contribuer au futur chantier de restauration, pour lancer aussitôt un procès d’intention : selon certains, derrière cette générosité affichée, il ne faudrait voir que l’opportunité de soustraire au fisc 60 % de la somme versée grâce à la déduction inscrite dans une loi de 2003 !

Devant ce "procès d'intention", François-Henri Pinault a répliqué aussitôt pour annoncer qu’il ne ferait pas jouer cet avantage fiscal. D'autres aussi....

Mais cela, pourtant, ne fait pas taire une autre polémique : celle qui compare la somme des promesses de dons réunies en moins de 48 heures (près de 1 milliard d'€) pour Notre-Dame, à la fonte continue des contributions attribuées aux œuvres sociales ou humanitaires observée ces dernières années, restrictions budgétaires obligent d'une France surendettée. Les porte-paroles des Gilets Jaunes (GJ) - encore eux ! - ne sont pas les derniers à mettre en face de leurs revendications, poussés en cela par les courants politiques extrémistes dont ils sont devenus les jouets, le "pognon de dingue" trouvé en si peu de temps pour sauver une cathédrale, face à certains cas sociaux présentant une certaine urgence.

Quel rapport y a-t-il ? Peut-on mettre en effet sur la même balance les besoins d’un chantier de restauration - fût-il celui de la cathédrale la plus connue dans le monde - et les réponses attendues de l’État pour l’amélioration du pouvoir d’achat des Français pour lequel, pourtant déjà, plus de 10 milliards d’euros ont été engagés ? Auraient-ils brûlés, eux aussi, dans le brasier de Notre Dame ?

En la circonstance, comparaison n’est pas raison : ceux qui trouvent qu’on en fait décidément beaucoup trop pour sauver de "vieilles pierres" devraient rouvrir leurs livres d’histoire et de littérature pour comprendre pourquoi leur sauvetage réunit aujourd’hui tant de monde, riches ou pauvres réunis !

Mais n'est-ce pas trop en demander aux GJ de tenter de comprendre ce réflexe si spontané issu du plus profond du peuple français, amoureux comme il l'est de symboles et tant attaché à ses valeurs historiques ?

mardi, 16 avril 2019

OÙ VA L'ARGENT ?

"OÙ VA L'ARGENT ?"

Billet de  François VAN DE VILLE

milliardaie.jpg- En 2017, les entreprises du CAC 40 ont enregistré un bénéfice cumulé de 93,4 milliards d'€.

C'est un record absolu.

Si l'on en croit ce que ne cesse d'ânonner Mr Mélenchon, tout cet argent serait tombé dans la poche de quelques dizaines de milliardaires.

Or, les chiffes sont têtus.

Si l'on regroupe la répartition de ce coquet pactole des 93 milliards d'€, l'on s'aperçoit que plus de la moitié (un peu moins de 50 M€) a été consacrée aussitôt à de nouveaux investissements, au développement, à la recherche et à l'innovation, créant parallèlement plusieurs dizaines de milliers d'emplois.

Ensuite, 16 M€ ont été reversés aux collaborateurs de ces grands groupes sous la forme de primes participatives, ou d'intéressement conventionnel.

Enfin, le reste du pactole - soit ±30 M€ - ont été versés aux actionnaires, soit à plusieurs millions de "petits" porteurs de parts qui avaient placé leurs économies dans l'achat d'actions de ces entreprises du CAC 40, et… aux quelques peu nombreux "milliardaires" qui en possédaient "un peu plus" que la moyenne des autres actionnaires..

Certes, ces derniers ne sont probablement pas à plaindre. Mais, sur les 93 M€ de bénéfices cumulés à distribuer, leur part disponible au titre de leurs propres dividendes s'est réduite à seulement moins d'une dizaine de milliards.

Mr Mélenchon, lui, laisse entendre que ces milliardaires auraient empoché la quasi totalité des 93 M€ de bénéfices pour l'année 2017. C'est faux !

C'est comme cela, au prix de mensonges soigneusement habillés, que l'on fabrique les fantasmes qui suscitent ensuite une révolte bien compréhensible de ceux qui ont peu, ou nettement moins.

La vérité sur la question posée : "Où va tout cet argent ?" est toute autre, n'en déplaise à Mr Mélenchon.

P.S. : au moment de mettre en ligne ce "billet",  nous apprenons à la fois le désastre de Notre-Dame de Paris, ravagée par un cruel incendie, mais aussi que "quelques" milliardaires se sont engagés aussitôt d'apporter de généreux subsides pour sa reconstruction. C'est une autre réponse à la question posée : "Où va l'argent ?". Et, ici, il sera placé pour plusieurs siècles dans le ciel de Paris, au-dessus des voûtes de sa cathédrale millénaire.

samedi, 13 avril 2019

ON RÊVE !

débats de société,politique

ON RÊVE !

En 1980, la Chine a exporté pour ±22 milliards $ de produits.

En 2017, elle en a exporté pour ±2.300 milliards $ : 100 fois plus !

Avec la "route de la soie" qui atteint désormais notre continent, cette concurrence n'est qu'un commencement.

Et nous, en France, on voudrait que cela n'ait aucune répercussion sur notre capacité de créer du pouvoir d'achat ?

On rêve !

mercredi, 10 avril 2019

PRIVATISATIONS : LE GRAND RAGOÛT

"PRIVATISATIONS :

LE GRAND RAGOÛT GAUCHE-DROITE"

Billet de  François VAN DE VILLE

adp.jpgLa proposition de loi pour un référendum sur la vente d’Aéroports de Paris (ADP) a réussi de rassembler ET la droite la plus libérale, ET la gauche la plus étatiste. Un vieux ragoût inattendu.

Et de faire publier une estrade où figurent côte à côte, dans un rassemblement exhumé d'un autre âge, le député LR Gilles Carrez, l’Insoumis Éric Coquerel, le sénateur socialiste Patrick Kanner, la communiste Marie-George Buffet, le centriste Philippe Vigier, etc.... : c’est une image qui donnerait presque raison au "et de gauche et de droite" théorisé en 2017 par un certain.... Emmanuel Macron.

Mais attention ! Prière de ne pas confondre : lorsque le Président continue de vouloir abolir le vieux clivage droite-gauche, ses opposants, eux, affirment au contraire que cette frontière est toujours là, même si, précise le premier secrétaire du PS Olivier Faure, "il peut y avoir des moments où nous nous retrouvons".

Soit ! Mais qui aurait pu prédire qu’un jour l’hostilité à une privatisation - en l’occurrence celle d’ADP - aurait pu réunir, comme je le dis plus haut, et la droite (par nature libérale et favorable à la concurrence), et la gauche (par culture, elle, étatiste) ?

Une fois passée la période des nationalisations en série du premier mandat de François Mitterrand, si quelque chose a, depuis, rapproché la droite et la gauche de gouvernement des années 1990-2000, c’est plutôt l’ouverture du capital, voire la privatisation de fleurons du secteur public. Et puisqu’on parle, aujourd'hui, d’aéroports, c’est bien François Hollande (himself !) qui a ouvert la piste aux chinois pour leur offrir alors la haute main sur l'aéroport de Toulouse !

Après, donc; la photo de groupe publiée ce mardi 9 pour le lancement de la procédure de "référendum d’initiative partagée" sur la vente d’ADP, le ministre de l’Économie - Bruno Le Maire - a donc quelques raisons de renvoyer ses anciens amis de droite vers leurs contradictions sur le mode "vous ne savez plus où vous habitez !"

Mais l’ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin (qu'il est) oublie, de son côté, que c’est la décision de son mentor de l’époque de vendre au privé le réseau autoroutier, il y a quinze ans - tant décrié alors par Freançois Bayrou - ce qui a rendu aussi impopulaire toute privatisation depuis le désengagement de l’État des grands équipements publics.

Et voilà donc ressorti la recette des vieux ragoûts des contradictions d'autrefois….

samedi, 06 avril 2019

LES GILETS JAUNES EXISTENT-ILS ENCORE ?

"LES GILETS JAUNES EXISTENT-ILS ENCORE ?"

Billet de  François VAN DE VILLE

Politique,Débats de SociétéLe mouvement des "Gilets Jaunes" (GJ) sait témoigner, à qui veut les écouter encore, des troubles et des colères d’une partie de notre société, mais il se refuse portant de les "politiser".

À quoi riment donc encore ces rassemblements hebdomadaires du samedi ? À quoi riment donc encore ces longs reportages, dépourvus désormais de tout intérêt, qui occupent sans interruption les écrans de nos téléviseurs chaque samedi entier depuis plus de 20 semaines ?

Ceci est devenu, comme l'écrivait récemment un rédacteur de presse, une sorte de rituel, mais dépourvu d'église comme de dogme qui aurait pu les guidre. Les "GJ" n’ont désormais plus d’autre objet que de se répéter à eux-mêmes "qu’ils ne lâcheront rien". Mais ils sont dans l'incapacité de formuler clairement ce à quoi ils tiennent. Leurs manifestations sont donc destinées à s’éterniser, puisque jamais leurs revendications multi-formes ne pourront, d'aucune manière, toutes aboutir : il est inutile d'imaginer le contraire. Leurs révendications s’effacent aussitôt qu’écrites (quand il arrive exceptionnellement qu'elles le soient) parce que sans cesse elles sont remplacées aussitôt par d’autres. Rien 'est jamais inscrit dans une quelconque cohérence et selon des priorités bien établies.

Ce mouvement, qui au début n’était pas né de rien, a causé ensuite beaucoup des troubles: il est maintenant condamné à bégayer perpétuellement pour ne pas savoir choisir entre les mots qu'ils veulent articuler.

Plus la crise se perpétue, moins elle est devient compréhensible. Dans leurs rangs, qui s’éclaircissent semaines après semaines, quels sont encore les "GJ" qui restent dans quelques filets échevelés de cortèges ? Si l’on en retire les militants trotskistes (qui ne peuvent manquer d’accompagner le mouvement sous peine de commettre une faute professionnelle), si l’on en soustrait les adhérents de La France insoumise (qui rêvent encore d’une convergence des luttes), combien restent-ils de "GJ" authentiques encore en mouvement en France ?

Ils sont désormais trop peu nombreux pour qu'on puisse encore imaginer qu'on leur donner une quelconque légitimité démocratique, beaucoup trop peu nombreux aussi pour modifier, si peu que ce soit, l’équilibre entre les forces politiques du pays.

Les instituts de sondages ont mesuré, un bref moment il y a quelques semaines de cela, un effet "GJ" situé, pour les européennes, au-delà de 10 % : ce résultat a aussitôt fait long feu. On observe même maintenant, après leur chute, une étonnante stabilité des formations politiques en lice pour le scrutin de mai prochain.

Cinq mois de crise, cinq mois de défilés, d’occupations de ronds-points, d'émeutes ou de violences n’ont pas, pour l’instant, modifié les intentions des électeurs. Comme si ceux-ci, dans leur grande majorité, avaient pris au mot (de je ne sais plus qui l'a prononcé) : "Puisque vous ne voulez ni déléguer, ni vous organiser, puisque n'avez plus rien à proposer, alors vous n’existez pas politiquement".

Là est la vraie question qui se pose aujourd'hui : les "GJ" existent-ils encore ?

mercredi, 07 janvier 2015

MESSAGE OUVERT à Mr Jean-Paul FOURNIER

Le MIDI LIBRE fait paraître ce jour une information qui remplit de stupeur les adhérents du Mouvement Démocrate (MoDem) du GARD et vise directement la personne de leur nouveau Président Départemental, Mr Bernard BON.

 

Si l'on en croit cette information, Mr BON se serait rendu "coupable", à l'endroit de ses partenaires de l'actuelle opposition, de propos qui auraient fait "sortir de ses gonds" le Secrétaire Départemental de l'UMP, Mr Jean-Paul FOURNIER.

 

Cette affirmation est aberrante. Pour preuve, les faits officiels qui suivent et, seuls, font foi:

 

1°/ Mr Bernard BON, n'ayant pas de site Internet personnel a, le 1erJanvier à 10h32, utilisé, comme des millions de français, le biais d'un réseau social pour présenter ses vœux personnels à tous ses amis et à la population dont il fut longtemps l'un de ses élus.

 

Voici la teneur exacte de ce message de vœux (qu'on peut toujours trouver sur ce réseau social) :

 

Bernard Bon

1 janvier, 10:32 ·

 

A tous, mes meilleurs vœux pour 2015 :

Santé, Bonheur et réussite.

 

2°/ Mr Bernard BON, en sa qualité de tout nouveau Président élu du Mouvement Démocrate du GARD, a usé, de son côté, du site Internet de ce Mouvement, le 3 Janvier 2015, à 17h49, par mon intermédiaire (puisque je suis le seul responsable légal de ce site), pour adresser, ès-qualité de sa nouvelle fonction, ses vœux aux adhérents de ce Mouvement. 

 

En voici le lien :

 

http://lemouvementdemocratedugard.hautetfort.com/archive/2015/01/03/les-voeux-du-president-bernard-bon-5525466.html

 

Pour qui prend connaissance de ces deux textes, adressés à des publics différents l'un de l'autre (dont celui privé des adhérents du Mouvement Démocrate du GARD), l'on cherche en vain quelqu'agression que ce soit qu'on puisse y trouver vis-à-vis de nos partenaires de l'UDI, ou de nos alliés potentiels de l'UMP, dans le cadre précis des futures élections départementales où, il est vrai, Mr Bernard BON se présente avec une partenaire issue des rangs de l'UMP sur le canton de Beaucaire.

 

Nous ignorons quelle information a bien pu être communiquée à Mr FOURNIER pour susciter de sa part une telle opprobre et une condamnation aussi cinglante à l'encontre de Mr Bernard BON, allié, dans le cadre de l'Alternative, à ses partenaires de l'UDI et à sa partenaire de l'UMP.

 

C'est la raison pour laquelle j'invite personnellement, en ma qualité de Secrétaire Départemental du Mouvement Démocrate, mon homologue, le Secrétaire Départemental de l'UMP, Mr FOURNIER, à vérifier ses sources dont les références officielles sont ci-dessus mentionnées et font foi de la seule vérité qui compte. Toute autre interprétation n'est que mensongère.

 

Mais, voici qu'au moment d'envoyer ce message, la nation toute entière est justement émue de l'odieux attentat qui vient d'avoir lieu à Paris contre la liberté d'expression de la presse et celle de tous les citoyens.

 

À cette occasion, on entend de toutes parts un appel à se rassembler, dont celui du nouveau Président de l'UMP, Mr Nicolas SARKOZY, qui rappelle, dans un très digne message, à tous les français : "les principes républicains les plus chers : la liberté d'expression".

 

Même si le motif de cet appel est d'une toute autre importance en comparaison du motif ici invoqué pour exclure aujourd'hui étrangement Mr Bernard BON de notre volonté commune de changer l'actuelle majorité départementale - et dont on semble perdre de vue l'objectif initial - je ne peux que souhaiter que cet appel au rassemblement soit entendu de tous.

 

Le temps n'est plus aux querelles des virgules derrière les mots.

 

François VAN DE VILLE

Secrétaire Général du Mouvement Démocrate (MoDem) du GARD

mardi, 06 janvier 2015

REGARDS SUR 2014

BILLET du 6 JANVIER 2014          

 

        Alors que nous venons d'ouvrir la page de l'année 2015, je suis tenté de jeter un regard sur celle que nous venons de traverser. Et, à bien examiner les événements traversés, cette année 2014 a été une année charnière dans plusieurs domaines.

 

        J'aperçois d'abord deux ruptures :

 

       1°/ la première rupture, celle du Parti Socialiste : au-delà des différents courants qui s'agitent ou vocifèrent, une certaine gauche archaïque, dont les conceptions en matière économique consistaient à prôner une "politique de la demande", a bien explosé en vol. Cette gauche-là n'a plus du tout voix au chapitre. L'arrivée d'un Manuel Valls, et surtout cette d'un Emmanuel Macron (qui semble vouloir supplanter le premier), marquent un tournant de l'ancienne politique de la demande vers une "politique de l'offre". Un nouveau débat droite-gauche s'établit et ouvre de nouvelles perspectives. Quoiqu'en disent certains, il ne s'agit pas d'une reddition de la social-démocratie à la droite mais d'un progrès vers plus de lucidité qui consiste à reconnaître qu'avant de redistribuer et de partager, il faut d'abord produire. C'est un tournant historique du P.S..

        Le débat droite-gauche ne s'est pas évanoui pour autant : il change surtout de niveau pour passer de celui "politique" à celui plus "économique". Les "frondeurs" ont tort quand ils plaident pour une autre voie que la politique de l'offre : que ce soit sur la question de l'équité ou de la redistribution, s'ouvre désormais la possibilité d'un vrai débat droite-gauche.

        Malheureusement le retard accumulé depuis deux ans par François Hollande est dramatique : il est tard - il est même trop tard - et il n'y aura pas d'effets bénéfiques significatifs du changement de cap avant 2017.

 

        2°/ la deuxième rupture est tout autre et dans un tout autre domaine : c'est celle qui se dessine au sein du  Vatican. Le récent discours du pape François est à lui seul une rupture par son audace inouïe quand il dénonce, en guise de vœux, les quinze maladies qui menaceraient selon lui la Curie, dont la "pétrification mentale et spirituelle", le "schizophrénie existentielle" ou encore les "têtes d'enterrement" ou les "figures lugubres" des cardinaux. J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer récemment ce discours dans un autre court billet mais, puisqu'on parle ici de "ruptures", celle-ci est vraiment historique. C'est la raison pour laquelle j'y reviens. Je lisais récemment, sous la plume du philosophe Luc Ferry, que le pape François est, sans nul doute, le chef d'état le plus remarquable de l'année 2014. Je partage tout-à-fait son opinion.

 

        Revenant donc sur ces deux ruptures tout-à-fait étrangères l'une à l'autre :

       • on ne peut que regretter d'abord le retard accumulé de François Hollande, le fait que le tournant opéré récemment par l'arrivée de Manuel Vals et d'Emmanuel Macron n'est ni suffisant ni assez audacieux pour apporter des résultats. Mais le changement de cap opéré par eux va dans le bon sens et il est de nature à modifier la nature du débat politique.

     • l'autre rupture est donc celle du pape François face aux positions de ses prédécesseurs, Benoït XVI et Jean-Paul II. Il envoie un message innovant non seulement aux 1,2 milliard de catholiques du monde entier, mais aussi aux non-croyants. Ses propos - entr'autres - sur les homosexuels, sur le fait qu'il s'estime "non habilité pour juger autrui", rompent de manière radicale avec la théologie morale jusqu'ici bien établie, théologie jusqu'ici partagée par les franges les plus conservatrices des catholiques. C'est un retour aux sources, aux origines du christianisme, un message d'amour qui rend plus optimiste face à la dépression généralisée. Son message s'adresse aux orthodoxies les plus rudes, celles des pharisiens et autres ayatollahs de la pensée dite "moderne".

      Le P.S., lui, ne revient pas aux sources originelles : il progresse, mais lentement - très lentement, vraisemblablement trop lentement - mais quand même dans une certaine lucidité qui semble l'avoir touché soudain pour enfin se rapprocher des partis sociaux-démocrates européens, et pour oser enfin paraître ce qu'il doit être, à savoir non pas une version édulcorée du marxisme mais une pensée de gauche enfin démocratique et significativement plus intelligente.

 

ET LA DROITE EN 2014 ?

 

        Il est évident que la droite est en très grande difficulté. Elle gagnera sans doute les élections de 2017, mais sans convaincre pour autant; : c'est simplement la gauche qui perdra. Un remake à l'envers de 2012 quand la gauche n'a pas gagné faute de cohérence, mais Nicolas Sarkozy a simplement lassé son électorat.

 

        Au sein de l'UMP, l'on observe donc désormais trois courants inconciliables :

       • une "droite libérale", humaniste, favorable à une politique de l'offre et de réduction des déficits, mais aussi européenne. Cette droite est incarnée par Alain Juppé et elle est susceptible de s'allier avec le Centre, même y compris avec la social-démocratie évoquée ci-dessus

      • une "droite souverainiste", eurosceptique, qui n'est pas hostile aux déficits publics et incarnée notamment par Henri Guaino

      • enfin une "droite naturaliste", genre "Manif pour tous", qui pense que le corps social doit être administré par ce que St Thomas appelait "la loi naturelle".

      Voilà trois droites divergentes à l'extrême entr'elles. Quand Alain Juppé déclare qu'il n'abrogera pas la Loi Taubira sur les couples homosexuels, il perd nécessairement les voix de la "Manuf pour tous". Et, entre la "droite libérale" et la "droite souverainiste", on voit bien que l'opposition est radicale sur les questions européennes et économiques. Quand Nicolas Sarkozy veut donc s'adresser aujourd'hui à ces trois droites-là, ce ne peut être qu'au prix de grandes incohérences idéologiques. C'est ce qui rend son actuel discours totalement inaudible.

 

        Il y a bien sur le F.N. et sa montée en puissance.

     Cette montée est surtout due au fait que les gouvernements successifs n'ont pas réussi à résoudre le problème du chômage, mais surtout le fait que dans le contexte de la mondialisation, le retour au "cocon national" est extrêmement tentant : la solidarité nationale ne se joue pas au niveau européen ou mondial, les budgets de la santé, de l'éducation, de la protection sociale sont exclusivement français. L'argument des souverainistes, c'est que dans le contexte de la mondialisation, l'Europe ne nous protège plus. Même si l'argument est fallacieux, il très parlant pour beaucoup.

     Et quant à l'Euro, monnaie dont la puissance devrait nous mettre à l'abri des grandes tempêtes internationales, on n'a jamais vu une monnaie exister longtemps sans une tête unifiée, sans harmonisation fiscale, sans une politique monétaire commune aux états. C'est aberrant.

 

     La vérité, c'est qu'il ne faut pas moins d'Europe mais PLUS d'Europe, mais d'une Europe UNIFIÉE.

 

       Hélas, il est très difficile de faire comprendre cela au grand public : les conclusions peuvent paraître mauvaises, même quand les arguments sont bons.

 

       Faut-il les taire pour autant ?

lundi, 30 décembre 2013

VŒUX 2014

politique,débats de société

lundi, 04 novembre 2013

À PROPOS DU "NOTRE PÈRE"

NotrePère.jpgCes jours derniers, l'attention des chrétiens de confession catholique a été attirée par une nouvelle traduction qu'on introduirait bientôt sur un passage - resté il est vrai toujours très controversé - du “Notre Père” : "et ne nos inducas in tentationem", traduit récemment, et assez curieusement, en "et ne nous soumets pas à la tentation", en accord œcuménique avec les églises sœurs (celles issues de la réforme ou celles orthodoxes). Ce qui laisserait entendre, à bien lire cette traduction, que c'est Dieu lui-même qui soumettrait le faible pécheur (que nous sommes tous) à la tentation, une façon de nous déculpabiliser nous-mêmes ! C’est pour le moins curieux.

Le hasard de mon existence m’a permis de côtoyer longuement, au milieu des années 40, le R.P. José Feder (SJ) alors qu’il résidait au Collège St Joseph (Lille) et que j’y étais moi-même pensionnaire (à presque plein temps puisque je ne retournais à cette époque dans ma famille qu’environ toutes les 6 semaines, rigueur des facilités très restreintes de déplacement de cette époque difficile).

J’évoque ici le souvenir de José Feder car ce jésuite était déjà alors très connu comme un bibliste exégète, traducteur érudit des textes hébraïques et latins auxquels il se référait constamment avec un grand souci de fidélité, auteur de nombreux ouvrages fondamentaux. Et le R.P. José Feder avait alors entrepris d’écrire un nouveau missel qu’il voulait “dépoussiéré” (c’était le terme qu’il utilisait) - travail énorme qui l’a occupé plusieurs années, ouvrage un peu pré-conciliaire dans son esprit - pour sortir des emphases du très officiel Dom Gaspar Lefebvre (1920) écrit dans un style qui commençait alors à dater quelque peu.

J’ignore en quelles circonstances le R.P. José Feder m’avait alors introduit, avec 4 ou 5 autres condisciples, dans un petit groupe de travail qui se réunissait régulièrement, le soir, au moins une fois par semaine dans son étroit bureau, petit groupe auquel il soumettait le résultat de ses travaux de traduction pour recueillir, peut-être, nos propres réactions à leur lecture. Et je me souviens très bien de ses interrogations d’alors sur ce passage du “Notre Père” qui le préoccupait particulièrement. Je me souviens qu’il exposait que la traduction du texte original grec (“eisphero”) se traduisait littéralement par “faire entrer”, ce qui impliquait la traduction de ce passage en “et ne nous fais pas entrer en tentation”. Traduction pas neutre du tout dans son esprit mais très différente de l’officiel “et ne nous laissez pas succomber à la tentation” en vigueur.

Je rapproche d’ailleurs cette traduction d’un livre devenu “rare” (et très recherché) que je possède encore intitulé “Nouveau paroissien romain très complet”, ouvrage daté de 1864, et ayant reçu à cette époque l’imprimatur de la hiérarchie. Je relève que la traduction de cette époque de ce passage était déjà : “et ne nous laissez pas succomber à la tentation”, formulation reprise ultérieurement par le Dom Gaspar Lefebvre. Dans un autre ouvrage ancien et "rare" (1891) que je possède aussi, une traduction différente (mais aussi couverte par l'imprimatur officiel) était cependant proposée : “et ne nous induisez pas en tentation”. Ce qui prouve que le débat sur cette traduction était déjà très ouvert.

On peut comprendre combien la traduction que proposait de faire publier José Feder dans son nouveau missel était innovante face à ces différentes variantes. Je comprends sa réflexion basée sur le texte grec initial qui lui commandait et balayait pas mal de travaux précédents.

Les circonstances du déroulement de mes études ont voulu qu’ensuite je sois éloigné de St Joseph pour gagner une autre institution. Quoique cette dernière soit encore tenue par des jésuites, je n’ai cependant jamais plus rencontré le R.P. José Feder (qui avait quitté aussi  la région du Nord) : je l’ai toujours regretté tant nos discussions avaient atteint, avec le temps, une richesse de réflexion que je ne soupçonnais pas et prolongeait nos soirées avec beaucoup de passion. Mais quand le "missel Feder" a ensuite été publié (début des années 50) avec l’immense succès que l’on sait, je me suis aperçu que José Feder était resté sur la traduction ancienne de cette strophe du Notre Père, probablement sur instruction de sa hiérarchie qui a du juger qu’un tel bouleversement était peut-être prématuré. Il a du, probablement, le regretter car il était homme de grande rigueur et de conviction.

Mais, aujourd’hui, quand je vois que la nouvelle traduction proposée serait : “et ne nous laisse pas entrer en tentation”, je regrette que le R.P. José Feder ne soit plus de ce monde : il aurait été certainement heureux de constater qu’il triomphe enfin, avec, parait-il, un avis non formellement opposé des autres églises sœurs qui salueraient aussi un progrès dans la conformité de cette nouvelle traduction avec les textes initiaux. Ce qui ne veut pas dire que le débat soit pour autant définitivement clos.

Je m’en réjouis donc ici pour lui et en hommage aux valeurs qu'il nous avait inculquées dans nos longues discussions vespérales dont la rigueur de réflexion m'a beaucoup marqué, encore aujourd'hui.

AMDG.