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lundi, 19 avril 2010

À PROPOS DU VATICAN ET DE LA PÉDOPHILIE

BILLET du 19 AVRIL 2010

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Depuis des mois, le Vatican et l’Église catholique sont secoués par le scandale des prêtres pédophiles.

Jusqu’où ira l’onde de choc ? L’héritage de Benoît XVI, celui - peut-être aussi ? - de Jean-Paul II, sont-ils aujourd’hui en question ?

Les fidèles ne comprennent pas en effet que certains prêtres aient abusé d’enfants, alors que l’Église s’emploie à leur faire la morale, condamnant sans appel l’avortement, la contraception, le préservatif et l’homosexualité.

DES AFFAIRES BIEN DISSIMULÉES

Ce qui choque, tant les fidèles que les observateurs agnostiques, c’est bien la pédophilie en elle-même. Mais ce qui choque encore plus, c’est que, pendant des décennies, Rome et nombre d’évêques ont dissimulé ces affaires en laissant des prêtres continuer de massacrer des enfants, alors qu’ils savaient leurs mœurs condamnables, préférant éviter, par leur silence, de créer un scandale public. Cette peur du scandale a donc conduit ces prélats jusqu’au mensonge. Et l’Église a couvert pudiquement le tout.

Aujourd’hui, ce fardeau retombe de tout son poids sur les épaules de Benoît XVI.

Quelque reproche qu’on puisse, par ailleurs, faire à ce dernier sur certaines de ses prises de position ecclésiales, qu’on en soit d’accord ou pas avec lui, je suis quelque peu scandalisé par la manière dont on tombe sur ce malheureux pape. Comme s’il était lui-même pédophile !

Le pauvre n’y est pour rien. Tout au contraire, objectivement, il a plutôt bien fait son travail sur ce sujet, mieux que ses prédécesseurs : il a, enfin, joué la carte de la transparence, là où, auparavant, tout était secret d’alcôves.

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lundi, 22 mars 2010

À PROPOS DE LA 3ème VOIE....

BILLET du 22 MARS 2010

....OU ANALYSE D’UN SCRUTIN

Le second tour des élections régionales - ce 21 Mars 2010 - ne laisse personne indifférent.

D’aucuns souligneront d’abord, avec un étonnement feint, le retour en force du Front National : c’est ce qui marque sans doute le plus les esprits parce que cela dérange tous les partis politiques, quels qu’ils soient, y compris, bien sur, celui dit “majoritaire” qui prétendait l’avoir éradiqué définitivement du paysage français. Mais ses idées ont fait, depuis 10 ans, leur chemin, tant à droite qu'à gauche, et ce parti n'est plus l'épouvantail qu'il était il y a dix ans. Débat sur "l'identité nationale" oblige vraisemblablement aussi.

Cependant, ce scrutin appelle aussi d’autres enseignements, plus intéressants.

 

LE RETOUR EN FORCE D'UNE NOUVELLE GAUCHE

En prélude, le fait marquant de ce second tour est bien le retour en force d’une certaine nouvelle gauche devenue majoritaire. Il n’y a, à ce propos, aucune ambiguïté, aucune contestation possibles.

Nouvelle gauche, car c’est une nouvelle et vaste alliance rose-verte-rouge, et non plus celle plus concentrée autour du PS comme dans le programme commun mitterrandien. Mme Aubry a été bien inspirée d'avoir le triomphe modeste le soir du 2ème tour car la distribution des cartes a bien changé depuis 1981. Mais une gauche majoritaire quand même, avec plus de 54% des suffrages. Mais ceci, surtout, au détriment des partis dits "de droite" comme cela fait près de 30 ans qu’on ne l’avait vu, avec leurs 35% de voix. Un précédent historique dans la Vème République.

Enfin, autre fait marquant, c’est le taux d’abstention : 49%. Tous le déplorent à l’unisson. Avec raison.

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mercredi, 03 mars 2010

À PROPOS DES LIBERTÉS PUBLIQUES

BILLET du 3 MARS 2010

L’Assemblée Nationale a voté une nouvelle loi - une de plus ! - sur la sécurité intérieure. Vote intervenant alors que nous étions en pleine polémique sur la pratique des gardes à vue, outre aussi la contestation sur le code de procédure pénale, contestation entretenue tant à droite qu’à gauche. Polémique aussi autour de ces adolescents mineurs qu’on aurait récemment menottés et dont les médias ont fait grand état.

(Ce qui, je le précise pour ma part, ne me choque nullement, chacun sachant que nombre de “mineurs” sont des adolescents précocement majeurs et qu’il faut bien les traiter désormais comme tels).

La question abordée ici est donc de savoir si la France est devenue ou non un pays liberticide.

Pour ôter tout caractère polémique à cette question, soyons clairs : si nos libertés sont (ou seraient) aujourd’hui bafouées, le fait n’est pas nouveau. Le pouvoir actuel n’en est pas le principal responsable. Sauf cette introduction récente d’une certaine “culture du résultat”, chère à Mr Sarkozy, et qui, peut-être, a pu accentuer davantage des habitudes déjà fort dégradées.

LA "PATRIE DES DROITS DE L'HOMME" ?

Si on s’en réfère donc aux statistiques publiées sur le sujet, le résultat n’est pas du tout flatteur pour la “Patrie des Droits de l’Homme” : la France est maintenant passée au 53ème rang des pays à propos du respect dans sa législation des Droits de l’Homme. La honte !

Il est vrai que le nombre des gardes à vue - pour parler ici particulièrement d’elles - a, lui, triplé ces dernières années : il avoisine maintenant le chiffre des 900.000 par an (dont plus de 200.000 pour les seuls contrevenants au Code de la route). Alors que notre voisin allemand, avec une population très supérieure à la nôtre, en dénombrait (en 2008) un total à peine supérieur à 60.000. Les allemands seraient-ils plus laxistes que les français ? On peut en douter.

menottes.jpg La comparaison est donc brutale. En plus, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a récemment fustigé la France pour son refus d’accorder aux “contrevenants supposés” la présence d’un avocat dès le 1er interrogatoire : mais notre code de procédure date de 1958 et rien n’y est prévu pour garantir ce droit fondamental. En plus, la Police freine souvent pour qu’on n’y change quoique ce soit.

Il faut ajouter à cela le côté devenu ridicule de nos modifications chroniques en matière de législation sécuritaire : dès lors que, quelque part, un nouveau fait divers surgit, on rajoute un article de plus à la loi existante, loi déjà complexe ! Le résultat ? L’insécurité en France n’a pas baissé pour autant et les observateurs parlent aujourd’hui très ouvertement d’échec patent.

Nos gardes à vue ont donc triplé. Serait-ce parce que la délinquance aurait, elle aussi, triplé ? Pas du tout !

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mercredi, 10 février 2010

À PROPOS DU DISCOURS DE DAVOS

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BILLET du 10 FÉVRIER 2010

 

Mr Sarkozy a fait à Davos un passage éclair, tout juste le temps de faire son exposé devant le gotha de la finance et des milieux économiques. Sitôt dit, sitôt reparti : les médias n’ont même pas eu le temps de rebondir, et le tout est resté fort discret dans l’opinion publique.

Mais les phrases prononcées n’ont pas laissé indifférents ceux qui les ont entendues. Elles en ont même Interpellé beaucoup. Pourquoi ?l

LE VIRAGE À 180° DU PRÉSIDENT

Ce discours confirme en effet ce que bien des observateurs décelaient depuis quelques mois, à savoir le virage à 180° du nouveau langage économique de Mr Sarkozy. Par rapport, évidemment, à celui qu’il tenait lors de sa campagne de 2007.

Ce n’est pas sans rappeler le virage effectué déjà par François Mitterrand en 1983 lorsque celui-ci, confronté à une situation économique désastreuse - et à laquelle il avait puissamment contribué par des largesses inconsidérées - a tourné complètement le dos à sa politique de “distribution générale”, instaurant soudain, au risque de déboussoler son propre électorat, un régime de rigueur impitoyable dont nul ne croyait le retour possible.

Puisque changement de cap il y a bien dans la bouche de Mr Sarkozy, pourquoi donc lui-même et son gouvernement ne cherchent-ils pas à le thématiser publiquement ? Ils auraient pu prendre, pour s’en excuser, le prétexte de l’arrivée d’une crise d’une ampleur sans précédent qui a bouleversé toute la donne par rapport à 2007. Mais pourquoi assumer ce changement en catimini ? A-t-on peur de dire la vérité aux français et d’en leur expliquer les raisons ?

On peut avoir, bien sur, des points de désaccord sur les choix économiques de Mr Sarkozy. Mais on peut toujours en discuter sur le fond.

POURQUOI EN CATIMINI ?

Pourquoi donc ce refus d’aborder ces sujets de plein fouet ? Surtout quand bien de ces choix ne sont nullement liés à la crise elle-même. Comme le démontre d’ailleurs le testament (post-mortem) de Mr Seguin au travers de son impitoyable  rapport annuel de la Cour des Comptes qui vient de paraître.

Quand, par exemple, Mr Sarkozy dit, dans un discours, qu’il faut “régulariser” tous les contractuels, nous savons bien que cela est totalement irréalisable. Et même parfaitement démagogique : c’est un discours que ne renierait aucun tribun de gauche, tout en n’ignorant rien lui-même de la dure réalité des faits. Çà n’a aucun sens.

Quand encore Mr Sarkozy dit que les voitures vendues en France doivent être fabriquées en France, c’est une énorme bévue. Çà n’a non plus aucun sens. Il n’est pas en effet du pouvoir du patron de Renault de changer les règles de la  concurrence mondiale. Que cherche Mr Sarkozy ? Que Renault subisse à terme le même sort que General Motors et qu’il soit contraint à son tour de mettre la clef sous la porte ? Folie que de prononcer de telles âneries !

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mardi, 02 février 2010

À PROPOS DE L'AFFAIRE DE VILLEPIN

BILLET du 2 FÉVRIER 2010

Il y aura donc un nouveau procès Clearstream : après que Mr De Villepin ait, la veille, obtenu sa relaxe, le parquet a aussitôt fait appel de ce jugement.

Le parquet, chacun le sait, étant entre les mains du Garde des Sceaux, lequel ne prend ses ordres que du Président de la République, il n’est pas douteux que cet appel est bien issu de la main même du chef de l’État, quoique certains disent.

UNE GRAVE ERREUR

sarkozy.jpg Je pense que Mr Sarkozy commet là une grave erreur contre lui-même en mettant à nouveau Mr De Villepin dans une position de victime. Celui-ci adore çà et cela lui réussit jusqu’ici fort bien.

Cette “affaire De Villepin" nous conduit à nous poser trois axes de réflexion :

• en premier aspect, il y a d’abord la question de la Justice. Le jour où le jugement de relaxe a été prononcé, les partisans de Mr De Villepin pavoisaient en expliquant que la Justice était vraiment indépendante. Et le lendemain, quand cet appel a été rendu public, les mêmes protestaient contre la subordination du parquet au pouvoir. Ceci nous introduit dans l’actualité d’un débat qui va nous occuper tout au long de l’année, à savoir la réforme de la Justice, son statut et son vrai pouvoir, aujourd’hui contestable, d’autonomie et d’indépendance.

• le second aspect, qui ne manque pas d’intérêt pour ceux qui ont la veine romanesque, c’est cette haine qui n’a cessé de se développer - et que chaque péripétie nourrit davantage - entre deux personnalités de premier plan : un ex-Premier Ministre et un des membres de son gouvernement, devenu depuis Président de la République, quoiqu’appartenant tous deux toujours à la même famille politique.
L’on observe généralement que les haines entre des personnes appartenant à des partis politiques opposés sont davantage extériorisées ou matérialisées par leurs idéologies. Mais ici, dans ce cas, elles relèvent de la seule psychologie et de l’ambition de deux personnalités, de deux styles d’hommes si différents l’un de l’autre.

• le troisième aspect est évidemment l’avenir de Mr De Villepin. Celui-ci, sous l’effet de cet appel, vient de marquer un point considérable. Et c’est maintenant Mr Sarkozy qui, lui, est dans une mauvaise passe : depuis l’affaire de son fils (qui ambitionnait la présidence de l’EPAD), Mr Sarkozy est frappé par une série de péripéties dans lesquelles il a été désavoué, pas seulement par l’opinion ou par ses adversaires, mais par ses propres partisans. Tout se passe désormais comme s’il y avait un soulèvement des institutions contre le Président lui-même, y compris de celles réputées favorables, comme au Parlement avec l‘action de Mr Copé, mais aussi au Conseil Constitutionnel (où il n’a pas que des amis !) avec le rejet de la taxe carbone, et maintenant la Justice qui se révolte depuis la réforme imposée au forceps par Mme Rachida Dati. Et les juges du siège sont désormais “vent debout” contre Mr Sarkozy.

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mercredi, 27 janvier 2010

À PROPOS DE L'ISLAM ET LA RÉPUBLIQUE

BILLET du 27 JANVIER 2010

Je n’ai pas connaissance qu’une seule fois mal poser un problème ait pu contribuer à le résoudre.

Le débat initié par Mrs Nicolas SARKOZY et Éric BESSON sur l’identité nationale a été, à sa base, mal posé. Il se révèle de jour en jour inutile et absurde. Je l’avais déjà dit ici. Il se retourne aujourd’hui contre leurs auteurs.

UN DÉBAT MAL POSÉ

identité.jpg Il eut été préférable, par exemple, d’ouvrir à la place un débat sur la mise en forme d’un grand service civique et savoir ce qui devait figurer dans l’instruction des jeunes adultes. Çà, çà aurait eu un sens. Mais ouvrir un débat quand il n’y a rien derrière - hormis une élection en vue - les français, qui ne sont pas idiots, pensent que c’est un débat électoraliste. Et tout s’effondre de lui-même. Pis, ce débat tourne à quelque chose de dangereux : le procès de l’Islam et de ses rapports avec la République.

L’on s’est inventé en cette occasion et à souhait des problèmes avec l’identité nationale. Or elle n’a jamais été un vrai problème dans la société française.

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mercredi, 30 décembre 2009

À PROPOS D'ALBERT CAMUS

BILLET du 30 DÉCEMBRE 2009

camus.jpgIl y a cinquante ans disparaissait brutalement Albert Camus, Prix Nobel de littérature.

“L’étranger” et “La peste” restent deux de ses œuvres encore les plus lues actuellement à travers le monde entier.

Or voici, qu’inopinément, le Président Sarkozy annonce son intention de faire rentrer les cendres de cet écrivain au Panthéon. Et aussitôt de faire s’ouvrir une polémique : “faut-il ou ne faut-il pas qu’Albert Camus soit aux côtés des grandes gloires” que la France honore dans ce lieu prestigieux.

À titre de curiosité, et avant d’aborder le sujet sur le fond, je me suis livré à une consultation sur Internet pour savoir qui reposait déjà dans la crypte du Panthéon. Or - est-ce le fruit de mon inculture ? - j’ai du constater que la très grande majorité de ces “grandes gloires” - elles sont environ 75 - ne sont que d’illustres inconnus de la majorité des français. Étrange catalogue. Étrange paradoxe que voilà.

Il semble que la famille de Mr Camus ne soit pas tout-à-fait en harmonie avec ce projet : elle parle même de “contresens” et de “récupération”. On verra bientôt la suite qui sera donnée à ce projet. Mais ceci démontre déjà la différence de regard qu’on peut porter sur l’œuvre de cet écrivain.

Il est vrai que cette proposition soudaine émanant du Président de la République a de quoi surprendre. Mr Sarkozy n’est pas ce qu’on peut appeler un  “camusien”, de loin s’en faut : il n’est pas, à ma connaissance, libertaire comme l’était Camus. Mais puisqu’il est de tradition que chaque Président fasse ainsi rentrer ainsi une nouvelle “gloire” au Panthéon, fallait-il qu’il propose à sa place quelqu’un comme Maurras, ou Daudet ?

Je suis pourtant, contrairement  certains de mes amis, assez favorable à l’entrée d’Albert Camus au Panthéon. Pourquoi ?

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lundi, 30 novembre 2009

À PROPOS DE L'HYDRE EUROPÉENNE

BILLET du 30 NOVEMBRE 2009

Après des années de combats interminables, de tractations, de négociations, d’arbitrages et d’arrangements insondables de complexité, de scrutins contradictoires, voici que l’Europe de Lisbonne, après l’ultime scrutin irlandais et le dernier veto de la Tchéquie levé, est enfin née.

On serait tenté de pousser un “ouf !” de soulagement tant la cause paraissait parfois désespérée.

Et, aussitôt, les yeux de se tourner vers Bruxelles : le chemin était ouvert pour doter notre Europe d’une identité reconnue internationalement, d’une voix audible qui pourrait enfin s’exprimer en son nom.

 

UN PRÉSIDENT DE L'EUROPE ?

Quelle serait cette nouvelle autorité, ce nouveau visage qui l’incarnerait ? On évoquait même cette élection comme celle d’un “Président de l’Europe”, à l’image de ceux qui dirigent les grandes nations démocratiques qui comptent dans le monde. Et, ici, il ne s’agissait non plus d’une simple nation, mais d’un continent pesant plusieurs centaines de millions d’habitants, ayant même, pour beaucoup, une monnaie commune.

herman-van-rompuy.jpg Après les inévitables tractations, les européens ont enfin appris le nom de leur nouveau Président (pour 30 mois) : il s’appelle Herman Van Rompuy. C’est l’actuel Premier Ministre belge. Et, en complément, pour diriger notre diplomatie européenne, est sortie le nom d’une baronne anglaise, Lady Catherine Ashton.

Les bras nous en tombent. Qu’est-ce c’est que ce galimatias de personnalités les plus inconnues les unes que les autres, tant des citoyens européens que de la scène politique internationale, pour représenter l’Europe et parler désormais en son nom ? On attendait au moins que sorte du chapeau un fringant lapin : il n’en est sorti qu’une timide souris, flanquée d’un souriceau.

Grotesque !

Même si le texte de Lisbonne en maintenait le principe, on croyait - innocemment ? - en l’émergence d’une personnalité forte et charismatique qui aurait eu, enfin, audience au dessus de ces présidents éphémères - au rythme de deux par an - qui font qu’actuellement l’Europe change de numéro de téléphone tous les six mois. Et d’orientation au même rythme.

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dimanche, 01 novembre 2009

À PROPOS DE L'IDENTITÉ NATIONALE

BILLET DU 1er NOVEMBRE 2009

“À quoi bon relancer cette affaire ? Ernest Renan (1823-1892) a déjà tout dit”. C’est la réaction spontanée d’Alain Juppé, l’ancien Premier Ministre, à l’annonce de Mr Besson de “lancer un grand débat” sur ce sujet de l’identité nationale.

Mr Juppé, à son tour, a tout dit.

UNE FICELLE UN PEU GROSSE

À la question “pourquoi relancer le débat ?”, force est d’admettre que la ficelle est un peu grosse : chaque fois que le gouvernement, ou Mr Sarkozy, est en difficulté, il relance soit le thème de la sécurité, soit celui de l’immigration, ce dernier thème repris aujourd’hui par le biais de “l’identité nationale”. Cela relève du cynisme. Et c’est même contre-productif par rapport au problème sérieux qu’est celui de l’immigration qu'il implique.

ERNEST RENAN A DÉJÀ TOUT DIT

Autre avancée de Mr Juppé : nous vivons toujours sur l’idée de Renan, sur son célèbre discours “Qu’est-ce qu’une Nation ?”. (“L'homme n'est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes. Une grande agrégation d'hommes, saine d'esprit et chaude de coeur, crée une conscience morale qui s'appelle une nation. Tant que cette conscience morale prouve sa force par les sacrifices qu'exige l'abdication de l'individu au profit d'une communauté, elle est légitime, elle a le droit d'exister” (extrait).

Une Nation, c’est, d’abord, un plébiscite permanent : à tout moment, une Nation est composée d’hommes et de femmes qui veulent la constituer. C’est la volonté nationale qui fait la Nation. En conséquence, le contenu de l’identité nationale ne cesse de varier en fonction des humeurs, des convictions et de la composition de la Nation elle-même.

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jeudi, 22 octobre 2009

À PROPOS DE LA PLUME ET LE MINISTRE

BILLET DU 22 OCTOBRE 2009

J’ai longtemps hésité à aborder ici la question qui s’est posée récemment à nombre de français : peut-on nommer à de hautes responsabilité de l’état une personnalité qui, pour en avoir lui-même cédé dans son passé à la tentation, aurait témoigné de son indulgence face à l’une des pires perversités qui soient : la pédophilie ?

Le trouble que peut provoquer une telle question est certain. Il nécessite un peu de recul pour dire et en juger. Si jugement, d’ailleurs est permis.

LA PERSONNALITÉ DE FRÉDÉRIC MITTERRAND

La personnalité de Frédéric Mitterrand - puisqu’ici c’est de lui dont je parle - est pourtant séduisante. Écrivain sensible non dépourvu de talent, cinéaste délicat (on se souvient de sa “Madame Butterfly” sur les écrans, un pur chef-d’œuvre), homme ayant une grande connaissance des médias pour les avoir tous pratiqués avec habileté, producteur, réalisateur, chroniqueur, sa nomination au ministère de la Culture était une chance réelle : enfin un homme de culture dans un fauteuil où on n’a vu que trop défiler des personnages falots et transparents, choisis le plus souvent au gré des nécessités des grands équilibres politiques que de leurs connaissances en matière culturelle.

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