un compteur gratuit pour votre site web

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 21 janvier 2009

À PROPOS DE LA PRISE DE POUVOIR D'OBAMA

BILLET du 21 JANVIER 2009

obama.jpgCe mardi 20 Janvier 2009 n’est pas un jour ordinaire. Non pas du tout parce qu’au terme d’un mandat de 8 ans G.W. Bush a laissé - enfin ! - la place à Barack Obama, après plus de deux mois d’une interminable attente. C’est tout autre chose. Il s’agit bien d’une révolution : un homme de couleur a pris les rênes de la plus grande démocratie du monde, à la place d’un président qui a incarné tout ce que la vieille amérique corsetée portait d’étroite désuétude.

UNE IMMENSE ATTENTE

Le monde a, ce jour, changé. Notre regard sur ce continent ne sera plus jamais le même. Mais, phénomène inhabituel, le monde entier attend d‘Obama autant - sinon plus encore - que les américains eux-mêmes attendent de leur nouveau Président.

Que peut-il donc se passer désormais ?

Face au bilan de G.W. Bush qui laisse, après 8 années de pouvoir, les U.S.A. dans un état de délabrement inégalé, Obama ne peut qu’apporter du neuf. Du moins peut-on l’espérer, car le pire serait fort difficile à atteindre. Pendant ces 8 années, les U.S.A. ont perdu du terrain dans tous les domaines, que ce soit sur le plan militaire, sur le plan économique, ou encore sur celui moral. Rarement ils ont autant reculé.

Entr’autres raisons, cette désastreuse aventure irakienne, décidée sur un coup de tête basé sur le mensonge, sans aucun fondement réel, qui a eu pour résultat principal de donner le pouvoir à des chiites et à l’Iran sur des millions d’êtres humains. Donc de porter un coup fatal à toute idée de démocratie, pour confier ce pouvoir à des féodaux resurgis de la plus profonde antiquité.

Pourtant, ces derniers mois, G.W. Bush a, sur le plan économique, fait un important virage : il a abandonné l’ultra-libéralisme dont il était jusqu’ici le chantre inconditionnel. Certes sous le poids de la conjoncture internationale qui ne lui laissait d’ailleurs plus grand choix. Il est soudain devenu l’acteur obligé d’un timide interventionnisme, sans obtenir d’ailleurs de grands résultats.

Lire la suite

mardi, 13 janvier 2009

À PROPOS DU JUGE D'INSTRUCTION

BILLET du 13 JANVIER 2009

juge.jpgNous voilà donc lancés dans une nouvelle bataille présidentielle, une de celles comme les affectionne tant Nicolas Sarkozy : celle de la suppression des juges d’instruction. Tout le monde s’en mêle, magistrats, avocats, juristes, politiques, etc.... : un beau tollé !

Il est vrai que Mr Sarkozy venait de subir deux échecs successifs : d’abord le retrait de la réforme Darcos, ensuite le report “sine die” de la loi sur le travail du dimanche. Et, en bon stratège qu’il est, Mr Sarkozy décide de ne pas en rester là et lance aussitôt un nouveau projet de réforme, comme pour effacer l’effet des échecs précédents : voilà donc soudain sur la sellette le cas de nos actuels juges d’instruction “à la française”.

QUEL PROJET ?

S’il est un reproche qu’on peut faire à Mr Sarkozy, c’est de lancer comme çà soudain en pâture un projet sans qu’il ait été préalablement soigneusement élaboré et expliqué. Et, finalement, on n’en connaît ni les tenants ni les aboutissants, ni rien de son contenu précis. Comment l’opinion, devant ce vide total, pourrait-elle ne pas être inquiète et s’enflammer ?

Pourtant, l’idée de remplacer le juge d’instruction par autre chose n’est pas mauvaise en soi. Mais, à défaut de texte précis, quand on voit s’avancer la menace de l’omnipotence, en matière de poursuites, du procureur, c’est-à-dire du “pouvoir” politique - puisque celui-ci en dépend intimement - on peut être légitimement inquiet : où allons-nous ?

Lire la suite

lundi, 12 janvier 2009

À PROPOS D'ISRAËL ET LE HAMAS

BILLET du 12 JANVIER 2009

Palestine.jpg800. Ils sont déjà plus de 800 ceux, hommes, femmes, enfants, vieillards, qui sont tombés depuis le début de ce soudain conflit. Demain encore, combien s’ajouteront à cette macabre addition. Ces images insoutenables d’enfants explosés, on ne peut se contenter d’en faire un bilan comptable.

UNE GUERRE POUR QUOI FAIRE ?

Mais la question qu’on se pose aujourd’hui face à ce conflit : c’est “pour quoi faire ?”

On peut fort bien comprendre qu’Israël réagisse à ces centaines de roquettes quotidiennes lancées depuis Gaza par le Hamas, visant au hasard civils, habitations, équipements sociaux, mais jamais de cibles stratégiques ou militaires  spécifiquement désignées. La volonté d’Israêl d’arrêter cette agression permanente contre sa population et de protéger ses citoyens est un droit que nul ne peut lui nier.

Et pourtant ceci ne répond pas aux questions : “À quoi sert ce nouveau conflit ? Est-ce que çà ne va pas être une nouvelle catastrophe comme l’intervention au Liban ? Est-ce que çà peut réussir ?”.

Réussir à quoi ? Pour l’instant, en matière de réussite, on y perçoit surtout trois inconvénients majeurs :
• d’abord, le Hamas n’attendait que cela. C’est le même problème que Bush en Irak : çà fait monter les fondamentalistes, çà fait monter l’islamisme radical, le terrorisme. Et ce d’autant que les dirigeants du Hamas ne sont pas dans la bande de Gaza mais confortablement installés en Syrie d’où ils pilotent tout, c’est-à-dire bien à l’abri de tous ces assauts guerriers.
• ensuite l’opinion publique : face aux images d’horreur diffusés dans les médias, elle se mobilise de plus en plus contre Israël
• enfin, et ceci est beaucoup plus grave, çà affaiblit considérablement les palestiniens modérés qui sont prêts à négocier avec Israël, c’est-à-dire Mahmoud Abbas, le Président de l’Autorité Palestinienne et les siens. Alors qu’eux sont des laïcs, pas des fanatiques religieux irresponsables, ni des fondamentalistes, et que c’est évidemment avec ces modérés qu’il fallait faire la paix.

L’énorme responsabilité d’Israël dans cette affaire est de n’avoir pas fait une politique massive, interventionniste et volontariste pour aider ces palestiniens modérés. Depuis au moins un an, les israéliens ne leur ont rendu aucun service, alors qu’eux étaient prêts à négocier.

Lire la suite

mercredi, 24 décembre 2008

VŒUX DE L'AN 2009

RENAÎTRE TOUS LES MATINS

POUR CRÉER DES JOURS NOUVEAUX

C'est le vœu que je forme pour chacun de vous

à l'occasion de l'année nouvelle.

jeudi, 11 décembre 2008

À PROPOS D'UN FIASCO

BILLET du 11 DÉCEMBRE 2008

Fiasco ? Je veux parler ici des toutes récentes élections professionnelles qui en ont été un, retentissant, véritable déni de démocratie.

prud'hommes.jpg Alors que tous les professionnels étaient appelés à désigner celles et ceux qui siégeront demain dans les tribunaux prud'homaux pour régler les conflits du travail, 3 électeurs sur 4 ne se sont pas déplacés : un record jamais vu malgré des dispositifs internet !

Et cet électeur sur 4 qui est allé voter, qui est-il au fait ? Essentiellement les salariés des entreprises protégées, ceux des services publics qui ont l’habitude de voter, alors que l’immense majorité des salariés des P.M.E. - commerces, services et les métiers qui se sont développés depuis 30 ans et n’ont aucun syndicat marquant - ont été les grands absents du scrutin.

Pourquoi ? Quelle analyse peut-on tirer d’un tel désintérêt.

Même dans de telles conditions, il se trouve pourtant spontanément des centrales syndicales pour proclamer leur victoire. Mais de quelle victoire s’agit-il ? En fait tous les grands syndicats ont reculé, à l’exception de la C.G.T., de Sud et des cadres de la C.G.C..

La C.G.T. semble avoir comblé partiellement son retard en arrêtant un chute constante qu’elle avait essuyée depuis de nombreuses années. La C.F.D.T. a subi de son côté un violent coup d’arrêt. Mais aussi - c’est surprenant ! - F.O.. On aurait pu croire que, pour la C.F.D.T., celle-ci aurait “payé” un tantinet une politique qui faisait débat dans ses rangs : mais, dans ce cas, pourquoi F.O. a aussi payé le même prix ?

Je crois que les vraies raisons de ces attitudes sont beaucoup plus larges qu’il n’y parait et qu’il faut aller les chercher bien au-delà des clivages du moment présent.

Lire la suite

mercredi, 10 décembre 2008

À PROPOS DU PLAN DE RELANCE

BILLET du 10 DÉCEMBRE 2008

“C’est un plan audacieux, c’est un plan ambitieux”. C’est ainsi que Mr Sarkozy a présenté ce plan destiné à relancer l’économie française.

sarko.jpg26 milliards d‘euros ! Important diront certains. Hélas non, quand on sait que l’ensemble des dépenses publiques annuelles de l’état est de 1.000 milliards. C’est même peu, très peu. Mais l’état de nos finances permettait-il un investissement plus important : vraisemblablement pas puisque nous sommes exsangues, notre dette, malgré les promesses, ne cesse de s’alourdir et son coût est devenu gravement insupportable.

Je crois, quant à moi, que le véritable plan de relance provient davantage de la Banque Centrale Européenne qui a - enfin ! - baissé de façon significative ses taux d’intérêt après des mois d’hésitation prudente, montrant d’ailleurs l’exemple aux USA qui, eux, laissent tout s’effondrer sans véritable réaction concertée.

Où EST L'AMBITION ?

Si l’on en revient au plan Sarkozy, il comporte certaines novations : il s’intéresse notamment, pour la première fois, aux P.M.E., reconnaissant indirectement que celles-ci représentent 70% des emplois salariés. Or l’une des difficultés majeures que doivent supporter ces P.M.E. provient que l’état ne leur paye pas ce qu’il leur doit et les oblige souvent à un an d’attente pour cela. Le plan Sarkozy prévoit qu’il va donc raccourcir ce délai pour leur redonner un peu d’une trésorerie qui leur fait lourdement défaut. C’est bien. Mais dans cette mesure, où est l’ambition d’un vrai plan de relance ?

Pour soutenir l’industrie automobile, c’est 1.000 euros qu’on va accorder à ceux qui changeront leur voiture pour un nouveau véhicule moins énergivore et moins polluant. Mais est-ce qu’aujourd’hui préparer un plan pour préparer notre pays à aborder le 21° siècle c’est d’inciter les gens de changer de voiture ?  Est-ce çà vaut la peine de gaspiller de l’argent public pour relancer de la consommation d’automobiles ? Tout à peine, là où on prévoyait une chute des ventes l’année prochaine de l’ordre de 15%, on limitera la casse à 5%. Çà va faire anticiper l’achat d’une voiture, nouvelle voiture qu’on n’aura plus à acheter l’année suivante. Ce n’est pas pour cela qu’on achètera une voiture supplémentaire. Et on retombera dans le même marasme : c’est de la poudre aux yeux. Mais où est donc l’ambition là-dedans ?

On me reprochera certainement d’être à nouveau critique de la politique de Mr Sarkozy : voilà 18 mois que je dis que sa politique est à contre-courant de ce qu’il faut faire. Et on me répond que je ne lui laisse pas sa chance ni le temps nécessaire de la mise en place.

UN PLAN INDIGENT

Je dois quand même reconnaître aujourd’hui, quant aux autres mesures annoncées dans son plan, que la décision de Mr Sarkozy de donner la priorité à l’investissement, de veiller à la capacité de la France d’améliorer son appareil de production, est une bonne mesure en soi. Et non de relancer la consommation, ce qui n’aurait fait que de donner plus de richesse encore à la Chine ou aux autres pays émergeants. Il n’y a que les stratèges du P.S., sous la houlette de Mme Aubry - une référence quand on sait que ses 35 heures universelles coûtent chaque année des milliards à la France et ne cessent implacablement de l’apauvrir ! - qui prétendent le contraire ! Ils ont oublié que même François Mitterrand, après la relance de la consommation en 1981 en donnant du pouvoir d’achat aux français (promesse qu’on a aussi entendue dans la bouche de Mr Sarkozy durant sa campagne), a du arrêter l’expérience deux ans après pour mettre en place un implacable plan de rigueur. Mais, au P.S., on a la mémoire courte, c’est pas nouveau ! (Je reviendrai dans un prochain billet sur les graves incohérences que traverse ce parti totalement déchiré).

Mais 26 milliards d’euros, si on déduit de cette somme le paiement de ce l’état doit aux P.M.E. (il ne fait que payer sa dette !), le paiement d’investissements déjà programmés depuis longtemps (T.G.V., autoroutes, etc....) et que, de toutes façons, on aurait bien dépensé selon des programmés longuement établis (tout au plus on fera un peu d’anticipation, ce qui ne fera que déplacer le problème pour les années suivantes), au bout du compte il ne reste plus grand chose. François Bayrou estime qu’il reste en tout 4 milliards d’investissements publics réellement nouveaux, soit 0,25% du PIB français (les USA prévoient près de 10% de leur propre PIB). Où est l’ambition là-dedans ? Tout au plus disons que la direction est bonne mais, quant aux moyens, il relève de l’indigence, à la hauteur des moyens dont dispose l’état : si peu. Cela valait-il qu’on nomme un ministre spécialement pour manager ce plan “riquiqui” ?

Une autre mesure encore est celle qui exonère - pour 2009 seulement, pas au-delà - les entreprises de moins de 10 salariés pour les salaires les plus modestes : une véritable trappe aux bas salaires. Un piège !

Encore aussi les 200€ accordés aux ménages les plus modestes. Çà ne coûte pas très cher à l’état, beaucoup moins que le bouclier fiscal accordé aux plus privilégiés ! De la poudre aux yeux !

Et le chômage là-dedans ? Il est vrai que, avec ou sans plan, l’on va observer un accroissement de l’inflation, une baisse du pouvoir d’achat, une montée du chômage. Privilégier les investissements plutôt que la consommation ne peut, à terme, qu’avoir un effet bénéfique sur l’emploi. Mais ce terme-là se situe à plusieurs années. Ou il faudrait que le taux de croissance se situe immédiatement vers 2% : c’est irréaliste de le penser à court terme.

CHÔMAGE & FORMATION

Par contre je crois que l’une des meilleures façons de combattre le chômage est de conduire d’urgence une politique de formation. Notre système éducatif n’est pas très performant dans ce domaine : environ 20% de nos jeunes de 15 ans ne savent que (difficilement) lire et sont incapables de comprendre ce qu’ils lisent : ces jeunes-là sont promis avec certitude au chômage à vie. Rien n’est entrepris dans le plan pour enrayer cette vague d’exclus de notre société. Je le regrette.

UN DÉVOIEMENT DE L'ÉTAT

Enfin, il est une mesure annoncée par Mr Sarkozy qui me scandalise au plus haut point : sous prétexte de simplifier l’accès des P.M.E. aux marchés publics, voilà qu’on projette de supprimer les appels d’offres pour toute commande de moins de 5 millions d’euros. C’est-à-dire la grande majorité des marchés publics des collectivités locales. On instaure le règne du copinage, de la corruption, on abandonne la défense de l’argent public : on accordera les marchés publics à la tête du client, ou plutôt selon des critères que je n’ose citer. C’est le contraire de l’objectif recherché puisque des P.M.E. qui ne seront pas “en cour” avec les princes du moment verront se fermer la porte des marchés publics. Voilà une forme de mentalité de notre société que je récuse avec force. Sous prétexte que nous traversons une grave crise financière, il ne faut pas en tirer prétexte pour dévoyer l’esprit de nos institutions et de nos libertés. Voilà un penchant dangereux qu’il faut combattre avec force.

jeudi, 14 août 2008

À PROPOS DU CAUCASE

....OU L'ÉNORME RESPONSABILITÉ DE L'EUROPE

Ainsi donc Nicolas Sarkozy est allé “jouer les pompiers de service” dans le Caucase. Il ne faut voir dans cette expression nulle volonté de dénigrement de cette très délicate mission : quand, quelque part, un peuple voit le feu embraser son territoire, il est toujours heureux d’accueillir un pompier, quel qu’il soit et d’où qu’il vienne, pour l’aider à éteindre l’incendie.

Fragile, très fragile compromis qu’a obtenu Nicolas Sarkozy entre les deux principaux protagonistes de ce conflit : la Russie et la Géorgie.

En fait, ce n’est là que le prolongement des scories jamais éteintes et toujours bien vivaces de l’histoire récente de cette région, déchirée notamment par l’arrivée de l’impérialisme soviétique et du communisme triomphant dans la première moitié du XX° siècle.

Examinons rapidement, pour essayer de mieux comprendre la situation, l’histoire récente des acteurs du drame actuel.

La Géorgie

Rattachée volontairement à l’Empire russe au tout début du XIX° siècle par un pacte d’union, la guerre civile russe de 1918 pousse les géorgiens à déclarer leur indépendance. Mais, dès 1921, le régime communiste russe envoie son armée occuper cette Géorgie insoumise, renverse le gouvernement en place et impose la création d’une “République socialiste soviétique fédérale de Transcaucasie”, totalement inféodée à Moscou et comprenant aussi l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

Début 1991, alors que l’URSS était sur le point de s’effondrer, la Géorgie proclame de nouveau son indépendance. Depuis, les dernières élections libres ont porté au pouvoir un gouvernement qui cherche maintenant à se rapprocher de l’OTAN pour mieux consolider son indépendance face à son puissant voisin russe qui a quelque mal à admettre cette éventualité à sa propre frontière.

L’Ossétie

Située à cheval sur la chaîne du Caucase entre la Russie et la Géorgie, ce territoire fut annexée par l’empire russe en même temps que la Géorgie au début du XIX° siècle. Staline décide, en 1922, de couper ce territoire en deux régions autonomes : celle du Nord, plus riche en ressources, est rattachée à l’URSS ; celle plus pauvre du Sud, à son nouvel allié géorgien.

En 1994, les ossètes du Sud souhaitent se réunir de nouveau avec ceux du Nord en un même territoire dont ils proclament l’indépendance. Celle-ci, malgré un nouveau référendum organisé par les ossètes en 2006 et qui lui est cependant favorable, cette volonté d'indépendance n’est pas reconnue par l’ONU ni par la communauté internationale qui considère ce référendum “illégal”. Seul l’actuel régime de Moscou la reconnaît.

La Géorgie maintient donc ses droits sur l’Ossétie du Sud, même si la population, à majorité russe, reste très acquise à une réunification avec les populations du Nord dans un état autonome.

L’Abkhazie

La situation de ce territoire n’est pas tout-à-fait comparable à celle de l’Ossétie.

Située à la frontière russe et en bordure de la Mer Noire, ce territoire s’est proclamé “république indépendante” seulement en 1992. Et personne, pas mêmes les russes, n’ont reconnu cette indépendance. Ce territoire est donc resté annexé à la Géorgie. Mais sa situation géographique et son climat font de ce pays un “eldorado” pour les élites russes, ce qui renforce l’influence économique et sociale de la Russie sur ce territoire.

Voilà donc l’écheveau de ce qui fait l’exceptionnelle complexité du conflit actuel entre Russie et Géorgie.

Alors, pour échapper aux velléités russes de profiter de cette situation pour récupérer quelques lambeaux de cette république qui leur a tourné si résolument le dos, la Géorgie, soutenue en cela par le camp occidental - USA en tête - n’avait pas d’autres solutions que de compter sur ses alliés européens et ceux de l’OTAN, à défaut des USA trop éloignés et militairement trop empêtrés dans d’autres conflits (Irak, Afghanistan, etc....). Mieux : pour montrer sa bonne volonté, la Géorgie envoie même des troupes près celles engagées par les USA en Afghanistan.

Mais voici, qu’en Avril dernier, l’Europe prend une étrange position : elle refuse de collaborer à un plan d’action pour l’adhésion de la Géorgie à l’OTAN.

Ce refus, à l’évidence, en fragilisant gravement la position du gouvernement géorgien, donnait  indirectement à Moscou - et particulièrement aux faucons réunis autour de l’ex-Président Poutine devenu ce “Premier Ministre” ultra-puissant - ce refus donnait donc le feu vert pour entreprendre une guerre de reconquête sur cette Géorgie infidèle et insoumise, ou du moins pour l’affaiblir durablement. Et aussi pour couper court à de possibles velléités de l’Ukraine qui serait tentée de prendre le même chemin d’une indépendance retrouvée.

Alors, qu’aujourd’hui Mr Sarkozy, actuel “Président” (pour 4 mois et demi encore) de l’Union Européenne, soit conduit à jouer dans ce Caucase les “pompiers de service”, n’est qu’un juste retour des choses.

L’impuissance de l’Europe, son incapacité à décider, même quand il s’agit de l’admission d’une république authentiquement démocratique et située à ses frontières, au sein d’un ensemble qui lui aurait assuré sa sécurité via le bouclier de l’OTAN, l’Europe est bien responsable de la situation actuelle en ayant laissé le champ libre aux revanchards russes.

Fragile compromis, fragile équilibre - disais-je - que celui obtenu par Mr Sarkozy. Tout est laissé en fait au bon vouloir des russes.

Même si la Géorgie entend garder son intégrité territoriale telle que la communauté internationale la reconnaît aujourd’hui, la situation nouvellement créée, sa fragilité manifeste - dont l’attitude de l’Europe est en grande partie responsable - remet inévitablement cette intégrité en cause.

C’est bien l’indépendance, la démocratie et l’intégrité d’une partie de l’Europe qui sont en cause aujourd’hui en Géorgie.

Il est à espérer que ces événements, pourtant très graves et préoccupants, n’auront pas trop troublé les européens.... livrés à la dévotion de leurs sacro-saintes vacances.

mardi, 22 juillet 2008

LES FAUX SEMBLANTS

Ainsi donc cette réforme de notre Constitution que nous attendions depuis tant d’années et à propos de laquelle tant d’encre a coulé, tant de belles paroles assorties de tant de belles promesses entendues ici ou là, cette réforme a failli n’être pas adoptée, malgré manœuvres, pressions, authentiques chantages venus de si haut et combien indignes de notre République. Une voix ! Une seule voix pour obtenir gain de cause pour une réforme bâclée. Quel gâchis !

Pourquoi une si faible “majorité” ? Y a-t-il eu finalement un sursaut de quelques-uns de nos députés qui ont compris à la dernière minute, plus nombreux que prévus, ce faux-semblant d’une réforme déjà perçue comme ratée ? On pourrait le croire. Mince consolation que voilà.

Goût amer que cela nous laisse. De quoi avons-nous hérité dans cette Constitution ainsi corrigée ? Pour le moins d’un sommet d’hypocrisies entretenues de calculs parfaitement inavouables.

congres.jpg
Oh, je ne dirai pas qu’il n’y a, ici ou là, dans cette réforme aucune chose souhaitable. Heureusement. Mais elles sont si rares. Je relève notamment cette deuxième réforme de notre Constitution - qui n'est qu'un compromis plutôt "alambiqué" - à propos des futurs élargissements de l'Union Européenne, avec la Turquie en arrière-plan. Sans omettre non plus la possibilité d'organiser des "référendums d'initiative populaire" mais qui nécessitent préalablement 4 millions de signatures pour être effectifs : parions qu'avec une barre si haut placée nous n'aurons pas trop souvent à nous rendre aux urnes.

À n’examiner que quelques-unes des réformes adoptées ce lundi 21 Juillet, ou plutôt celles qu’on a pas eu le courage d’adopter par simples calculs politiciens, je citerai en tête de tous les maux de notre démocratie ce refus d’inscrire dans notre Constitution l’introduction d’une petite dose de proportionnelle dans notre Assemblée. Ô, on a bien évoqué cette éventualité pour aussitôt la ranger dans le domaine du "réglementaire", domaine dont on sait le caractère aléatoire, livré au gré des majorités de circonstance. C’est-à-dire, dans les circonstances actuelles, une réforme renvoyée aux "calendes grecques".

J’entends encore aujourd'hui des députés amis, alors membres de l’UDF et que je rencontrais fréquemment, et qui, en toutes circonstances, mettaient cette introduction d’une part de proportionnelle en tête de toutes les priorités pour redonner un sens au mot “démocratie”. Et quelles campagnes n’ont-ils pas menées autour de cette rénovation essentielle ! Hélas, afin d’assurer leur réélection, devenus les supplétifs du parti dominant, ils versent aujourd’hui une larme de crocodile sur cette réforme rejetée par leurs tuteurs  “amis”. Non qu’ils n’en aient pas un regret sincère, mais, entre temps, les calculettes ont fonctionné et ils se sont aperçu qu’une telle réforme, même à petite dose, aurait donné à François Bayrou un groupe parlementaire plus important que le leur actuel. Et comme ils ne sont pas fous, ils ont renié promesses et convictions.
 
Autre réforme adoptée : la maîtrise de l'ordre du jour du Parlement. Dans le contexte d’une Assemblée où, par le jeu d’une loi électorale inique, moins de 30% des électeurs sont représentés au Parlement par 70% des sièges, on a osé affirmer qu’en accordant 15 jours par mois à l’ordre du jour fixé par le Gouvernement, plus 14 jours à celui fixé par la majorité parlementaire (toute dévouée au Gouvernement dont elle est l’otage de fait), en accordant enfin 1 seul jour par mois à l’ordre du jour présenté par l’opposition, il paraît qu’on a fait "œuvre d’ouverture". Un sommet d’hypocrisie.

Autre réforme encore : la nomination des dirigeants des grandes entreprises ou administrations. Ceci a pris une tournure particulière quand on sait que, notamment, les directeurs de l’information (radios et télévisions publiques) seront désormais désignés, comme au bon vieux temps de l’ORTF, directement par le Président. Le Parlement aura un "droit de veto” à une majorité des 2/3 pour avaliser ces nominations. Belle  farce que voilà quand on sait que, par la loi électorale actuelle, ce ne sera que simple formalité. De qui se moque-t-on ?

Autre réforme qui, à mon sens, ouvre la voie à toutes les aventures : un député nommé Ministre selon le bon plaisir de l’occupant momentané de l’Élysée, pourra, dès que révoqué, retrouver automatiquement son siège au Parlement sans passer par un nouveau vote de ses électeurs. Il y aura désormais à l’Assemblée deux sortes de députés : les titulaires qui ont échappé à cet “honneur” bien passager d’être Ministre, mais aussi et surtout des suppléants qui ne seront plus qu’une sous-catégorie de députés intérimaires de second rang car révocables, sur simple décision de l’Élysée, à chaque changement de ministre. Au train où vont les choses, on pourra, au gré du prince du moment, avoir des “tournantes” de ministres selon qu’on aura ou non ses faveurs. Quelle dérive !

Autre réforme encore : le Président de la République ne pourra plus exercer que deux mandats consécutifs. Tout porte à nous féliciter d’une telle mesure. Mais elle n’est pas sans inconvénients : quand un Président arrivera aux approches d’une ou deux années du terme de son second mandat, quelle autorité lui restera-t-il pour gouverner ou représenter la France quand ses partenaires sauront qu’il en est “à la fin” ? L’exemple que nous livrent régulièrement les USA montre toujours, en telles circonstances, des Présidents affaiblis et sans plus aucune autorité réelle. Et encore les Présidents US ont-ils la chance d’avoir à leur côté un Vice-Président qui peut toujours laisser entendre son intention de succéder au Président titulaire, ce qui permet de limiter les dégâts d’une telle impuissance constitutionnelle. Je crains fort qu’en France, quand on sait le rôle clef que joue le Président solitaire, une telle impuissance vienne à paralyser régulièrement le fonctionnement de nos institutions. Était-ce si indispensable d’en faire une réforme inscrite dans le marbre et ainsi ôter aux citoyens le droit d’en décider eux-mêmes le moment venu.

Je passe pour mémoire un certain nombre de gadgets, comme le droit inscrit désormais dans notre Constitution qui accorde au Président celui de s'exprimer devant le Congrès. Quand on sait la force de l’image et de la parole dont usent nos Présidents par le biais de la télévision, qu’est-ce cela va changer que cette solennelle réunion du Congrès ? Et si encore c’était pour rendre régulièrement compte de l’état de la France devant la représentation nationale ? Non : l’ordre du jour de ces interventions sera laissé à la discrétion du seul Président. Un gadget sans intérêt. Et quel sera désormais le rôle du Premier Ministre face au Parlement si celui-ci sera régulièrement appelé à se faire "doubler" par le Président ? La fonction de Premier Ministre prend désormais un aspect surréaliste : tant qu'à faire, il fallait aller jusqu'au bout de cette logique du "Président omni-présent". Les tenants d'une "VI° République" trouvent là un argument de poids. Sont-ils tant que çà dans l'erreur ?

Je passerai encore sous silence ce qui était un projet cher à l’UDF et à ses députés (avant qu’ils ne se divisent) : l’exigence de ne voter désormais que des budgets en parfait équilibre. C’est une victoire à la Pyrrhus que celle obtenue par les amis de Mr Morin : ils ont obtenu cet équilibre sur des budgets pluriannuels, c’est-à-dire qu’on pourra continuer à voter chaque année des budgets en déficit sur la simple promesse que le dernier effacera les déficits précédents. On a réinventé le système du “demain on rasera gratis”. Une vraie farce.

J’arrêterai ici l’énumération de mes observations sur ce gigantesque loupé qu’est cette fausse réforme constitutionnelle.
 
La France se devait d’avoir rendez-vous avec elle-même pour établir plus de démocratie dans ses institutions. Elle a raté ce rendez-vous. Ce n’est plus qu’alignement de faux semblants. Un gigantesque gâchis.

mardi, 01 juillet 2008

À PROPOS DE L'EUROPE EN PANNE

BILLET du 1er JUILLET 2008
 
europepanne.jpgMr Sarkozy va présider pendant 6 mois le Conseil des Ministres européen. Quelle marge de manœuvre lui reste-t-il après le refus de l’Irlande de ratifier le Traité de Lisbonne ?

Au-delà de cette nouvelle péripétie - l’Europe nous y a, hélas, habitués - on peut pourtant se poser la question  de savoir si nous ne marchons pas résolument sur la tête.

LE RETOUR AU TRAITÉ DE NICE
 
Faut-il, en introduction à mon propos, vous dire que je ne comprends pas du tout les “nonistes” quand ils se réjouissent de ce nouvel avatar ? Si le refus irlandais aboutissait à une remise à zéro de tout le mécanisme institutionnel européen, on pourrait éventuellement comprendre leur joie. Mais, loin de là, le refus irlandais nous remet tous, qu’on en soit d’accord ou pas, sous le joug du Traité de Nice qui reste en vigueur et continue de s’imposer à tous : c’est la pire des choses qui pouvait nous arriver. Il n’y a pas de quoi s’en réjouir, tout au contraire : de quoi nourrir encore longtemps les réticences de nos partisans du non.

Le Traité de Nice impose en effet, pour toute décision, l’unanimité de tous les états membres : ils sont aujourd’hui 27, demain ils seront plus de 30. On aurait pu éventuellement concevoir une telle unanimité dans une Europe à 2, 3, 5, voire 6 membres tout au plus : mais à 27 ou au-delà, c’est totalement irréaliste. C’est la paralysie assurée de nos institutions européennes, incapables qu’elles sont aujourd’hui d’imposer le moindre cadre politique à une technocratie livrée alors à elle-même. De là tous nos maux européens : nous ne souffrons pas de trop d’Europe mais d’une Europe empêtrée et impuissante.

UNE INVERSION FATALE
 
Quand je questionnais plus haut de savoir si nous ne marchions pas sur la tête, je veux expliquer qu’avant d’élargir l’Europe jusqu’à être aujourd’hui 27, il aurait été certainement plus judicieux d’établir une règle du jeu pour tous, règle qui se serait imposée aussitôt à tout nouveau membre entrant. Or, on a fait exactement l’inverse.

Ô, certes, cet élargissement était inscrit tant dans l’Histoire que dans la géographie de notre continent. Mais nous assistons aujourd'hui à l’échec de la thèse anglo-allemande - à savoir qu’il fallait, selon eux, faire tout de suite l’élargissement - alors que la France, bien inspirée en cette circonstance, gauche et droite d’accord sur ce point, préconisait qu’il fallait d’abord aménager le terrain pour y construire la maison commune avant d’y faire entrer de nouveaux habitants : il fallait, avant tout élargissement, rédiger de suite et en priorité, une constitution européenne, une sorte de règlement de copropriété.

Mais nous nous sommes vite heurté à la poussée impatiente (et compréhensible) des pays de l’Est, sortis tout juste du joug communiste. La maison “Europe” n’a pas donc eu la possibilité de se construire avant d’accueillir tous ces nouveaux arrivants, ni d’établir la moindre règle. Chacun des nouveaux venus a voulu, sitôt arrivé, apporter sa propre conception architecturale. Une fatale absurdité.

UNE NOUVELLE AUBERGE ESPAGNOLE
 
On a donc laissé se bâtir une nouvelle “auberge espagnole” et éveillé le chœur de toutes les cacophonies. Et, depuis cet élargissement hâtif, il n’y a plus du tout, ni dans les têtes, ni dansles esprits, d’Europe ou d’esprit européen, tous voulant bâtir sa propre Europe à sa façon. C’est devenu la négation même d’une Europe ambitieuse conçue et bâtie pour l’épanouissement harmonieux de ses populations.

Cela ne peut pas fonctionner. Et c’est pourquoi l’Europe, aujourd’hui, ne fonctionne pas : ne cherchons pas ailleurs.

Jacques Delors, dans un récent billet, affirmait très justement que l’Europe n’a pas su se vendre auprès de ses propres peuples, ni faire partager son ambition à ses habitants. Et de conclure qu’il s’est créé un fossé croissant entre les peuples et leurs gouvernements.

Après le “non” français, celui qui a suivi des Pays-Bas - deux des pays pourtant fondateurs du Traité de Rome -  le “non” ensuite plus récent de l’Irlande, si on avait consulté en fait les peuples directement par voie de référendum - et non pas par voie parlementaire - on aurait surement récolté qu’un long chapelet de refus.

Pourtant, l’esprit européen ne mérite nullement une telle opprobre, tout au contraire. Il ne faut pas s’en prendre à l’esprit européen par lui-même mais bien à nos dirigeants qui se sont montrés incompétents : ils ont laissé s’établir un déplorable malentendu entre l’Europe et ses citoyens.

LES RAISONS DES REFUS
 
Il y a aussi deux autres raisons qui ont conduit à cette défaveur : • la première est la façon dont on a mis en place l’euro. En France, l’euro, et son “pacte de stabilité”, nous a imposé de mettre un terme immédiat à nos déficits chroniques de confort. Mais une telle soudaine rigueur a fait paraître l’euro comme une sorte de “père fouettard” de notre économie • la deuxième raison, conséquence logique du Traité de Nice et de son unanimité imposée, est cette impossibilité de prendre la moindre décision touchant le quotidien des citoyens : pour exemples récents, l'impossible détaxation partielle des carburants pour atténuer l’envol des cours du pétrole, ou encore la diminution du taux de TVA dans nos restaurants qui se fait attendre sans raison depuis des lustres. Ce blocage institutionnel est très mal perçu et on peut le comprendre.

Nous sommes donc dans une Europe libérale, mais dans le pire sens du terme, c’est-à-dire une Europe du laisser-aller où chacun agit en  faveur de sa propre chapelle.

Non pas que cette Europe-là, malgré toutes ses lacunes, ne soit pas une réussite économique, loin de là : en France, sans l’euro et ses contraintes, nous en serions à je ne sais quel numéro de dévaluations successives. Et la meilleure preuve en est encore apportée par tous ces pays nouveaux qui veulent entrer à leur tour dans cet ensemble.

Mais, quand il s’agit de créer une Europe politique avec une volonté propre, nous sommes encore un nain aux yeux du monde. Pour exemple, il est anormal que, pour régler le problème palestinien, ce soit les lointains USA qui s’en chargent pendant que l’Europe, elle, se limite à envoyer des colis aux réfugiés.

COMMENT EN SORTIR ?
 
Comment donc faire pour sortir de cette impasse ?

Je ne perçois pas d’autre solution que de refaire l’Europe entre des pays qui auraient souscrit à un pacte préalable et qui auraient aussi un minimum de passé commun et d’alignement économique. Même si c’est refaire l’Europe en commençant à 2 pays, ou un peu plus en réunissant par exemple les pays fondateurs du Traité de Rome (plus un ou deux pays bien intégrés), l’essentiel serait de réunir des pays capables et ayant la volonté ferme d’entreprendre vraiment des actions politiques communes. Ils seraient peu nombreux : mais un petit nombre serait très suffisant pour remettre l’Europe en piste.

Les autres pays européens ? ils manquent à la fois de réalisme et d’idéalisme. Mais ils pourraient, par effet d’entraînement, rejoindre ensuite ce noyau dur d’une Europe initialement restreinte mais établie avec des règles bien définies, mais plus forte par sa résolution et sa volonté politique. Et cesser d’être une Europe cantonnée dans un rôle d’assistante sociale, comme elle l’est aujourd’hui.

Ce n’est certes pas, à mon grand regret, la solution la plus idéale qui soit, mais peut-être la plus réaliste compte tenu de l’impasse où nous sommes : car nous sommes bien dans une impasse.

Il faut aussi donner à l’Europe un visage, avec un Président connu et reconnu de tous les européens, plus stable que ceux actuels semestriels. Et encore une politique étrangère commune avec un vrai représentant parlant au nom de tous. Giscard avait raison sur ce point : par exemple, un Bernard Kouchner (lui ou un autre) serait certainement plus utile comme Ministre des Affaires Étrangères européen de plein exercice plutôt que cantonné au Quai d’Orsay. Or, dans la situation actuelle, nos 27 ministres des affaires étrangères sont des gens totalement transparents, donc inexistants sur la scène internationale.

L'ERREUR DES RÉFÉRENDUMS
 
Au lieu donc d’organiser des référendums comme on l’a fait pour ratifier traités ou constitution, si on avait demandé aux citoyens européens : “Voulez-vous une défense commune de l’Europe ?”, ou encore “Voulez-vous une Europe représentative sur la scène internationale pour défendre vos intérêts ?”, donc si on leur avait posé des questions simples et concrètes, la réponse aurait été très différente que ces “non” successifs à des traités abscons auxquels nul ne comprend rien et qui ne servent que de défouloirs pour servir des intérêts locaux.

Quelle sottise de croire que tous les citoyens sont des constitutionnalistes nés et qu’ils peuvent déchiffrer tous les arcanes de textes inévitablement complexes qu’on soumet à leur jugement au travers de documents épais et touffus ! Qui les a d'ailleurs lus dans leur intégralité ?

Ce fut l’erreur du référendum sur la Constitution Européenne de Giscard, pourtant un chef-d’œuvre de minutie et d’équilibre. Mais, quant au Traité de Lisbonne, il est infiniment plus obscur encore que le texte peaufiné par Giscard. Comment voulez-vous que des citoyens se prononcent ensuite en pleine connaissance de cause là ou des constitutionnalistes chevronnés s’y perdent eux-mêmes ?

On entend aujourd’hui qu’il faudrait “laisser du temps au temps” pour sortir de cette ornière. C’est une façon comme une autre de ne rien vouloir entreprendre. Une fois encore sur ce point, nos gouvernants sont les champions de l’immobilisme. Et pendant ce temps, l’Europe s’enlise un peu plus.
 
Quand je vous disais qu’on marche sur la tête....

samedi, 14 juin 2008

À PROPOS de Mr Barack OBAMA

images.jpgBILLET du 14 JUIN 2008
 
J’éviterai, par respect pour la grande démocratie américaine et de ses citoyens, de tomber dans le piège que j’observe ici ou là et qui consiste, pour certains qui, comme moi, ne sont pas citoyens américains, de tresser des couronnes de lauriers à Mr Obama, candidat élu pour prétendre à la Maison Blanche. Même s’il nous faut admettre qu’il est plutôt hors les normes habituelles et d’un profil tout-à-fait singulier.

Par respect pour cette démocratie, ce serait un mauvais service à rendre à Mr Obama que de le faire passer, face à l’opinion américaine - si chatouilleuse et versatile - pour le “candidat de l’étranger”, c’est-à-dire celui que la majorité des autres nations voudraient voir élire en Novembre prochain. Les américains n’aimeraient certainement pas que leur futur président soit porteur d’un tel label ; ils sont trop attachés à leur indépendance. Et ils ont raison.

Faisons donc abstraction de nos préférences personnelles : les USA sont une grande nation et ses citoyens doivent pouvoir choisir leur Président sans avoir ce type de préoccupation. Ce sera donc ou Mr Obama ou Mr Mc Cain : l’un ou l’autre sera bien le prochain Président que se choisiront les américains. Et ils auront fait un bon choix, puisque parfaitement démocratique.
 
AU PAYS DU "MELTING POT"

Mais, qu’on l’admette ou non, cette élection au sein du Parti Démocrate, tant dans sa forme que dans son résultat, nous interpelle tous.

Sur la forme, cette élection est exemplaire, même si le système des “primaires à l’américaine” est particulièrement obscur pour les non-initiés que nous sommes.

Les USA sont, ne l’oublions pas, le pays qui a inventé l’expression “melting pot”. Cette première élection d’un métis pour concourir à la plus haute fonction de ce pays a un sens très fort. Et le discours que vient de prononcer Mr Obama à Philadelphie sur la question de la race constitue une immense avancée, pas seulement pour les citoyens américains mais aussi pour tous les citoyens du monde. Ce discours a valeur d’anthologie et mérite d’être couché dans tous les manuels scolaires.
 
UNE EXTENSION DE LA DÉMOCRATIE

Passant outre cependant cette élection strictement interne aux USA, du point de vue de l’évolution de la démocratie, nous venons de vivre une véritable campagne électorale. Non pas pour désigner le Président, mais pour la désignation d’un candidat à la présidence.

On avait déjà vécu un peu çà en France avec la désignation de Mme Ségolène Royal contre ses rivaux du Parti Socialiste. Aujourd’hui, donc, dans deux pays aussi différents que les USA et la France, voici que les citoyens se saisissent de la sélection des candidats, autant que de l’élection ensuite de ceux qui accéderont à des postes électifs. C’est une extension considérable de la démocratie.
 
UN TOURNANT POUR LE MONDE ENTIER

En ce qui concerne cependant les USA, si d’aventure Mr Obama était élu Président le 4 Novembre prochain, ce serait un tournant formidable, pas seulement pour les États-Unis eux-mêmes, mais pour le monde occidental tout entier : en effet, la mauvaise image actuelle des USA retentit sur le monde entier. La mésaventure irakienne, même dans des pays qui l’ont combattue comme la France, a des effets négatifs sur l’image que le monde se fait de l’Occident.

D’ailleurs, les observateurs qui visitent actuellement le continent africain, constatent combien la désignation de Mr Obama fait figure d’événement dans les opinions et suscite la plus grande attente : il était pour elles inimaginable qu’un président US puisse être un homme de couleur. Il y a une certaines fierté qui parait désormais chez elles. Même Al-Qaïda perdrait une partie de son aura dans ces populations : ce serait un très mauvais coup pour Ben Laden comme jamais il aurait subi auparavant. Ce serait une sorte de réconciliation des USA avec le reste du monde. Inimaginable il y a peu encore.

Enfin, si encore Mr Obama était élu, tout serait à reconstruire : les USA sont actuellement paralysés : même s’ils sont toujours la première puissance mondiale, Mr Obama ne pourra pas poursuivre la politique de Mr Bush Jr, ni en matière économique, ni encore moins en matière diplomatique. On peut d’ailleurs observer que la campagne de Mr Obama repose sur le thème du “changement” : nous sommes bien placés en France pour savoir que “çà marche” assez souvent, même si après on connaît d’autres lendemains....

Comment donc empêcher, dans de telles conditions, cette sorte de séduction que Mr Obama a suscité dans nos démocraties occidentales ?
 
DE LA DÉMOCRATIE AU SHOW MÉDIATIQUE
 
Par contre, on ne peut occulter les conditions nécessaires aux USA pour emporter de telles primaires : il ne suffit pas seulement que le candidat ait des qualités de conviction exceptionnelles : Mr Obama en est largement pourvu. Mais, en même temps, il y a dans cette élection US - et on ne peut l’ignorer - une masse d’argent considérable, permettant de déployer une force dans les médias qu’on ne peut mesurer. Il y a aussi, en plus, un art consommé - inimaginable en France - du sens de chaque mot, de chaque plaisanterie, de chaque intonation de la voix, de chaque geste, de chaque mouvement du corps de l’orateur : tout est testé sur des panels représentatifs de citoyens pour être ensuite analysés et corrigés comme il se doit. C’est une immense mise en scène digne des plus grandes productions hollywoodiennes, où chaque détail a son importance et est organisé avec la plus grande minutie. Et quand on observe Mr Obama sur les images qui nous sont transmises, il faut reconnaître qu’il est un très grand acteur, digne de son succès (j’allais dire un très bon élève de ses maîtres en communication).

On a donc le sentiment d’une élection plus artificielle que sincère dans les discours : tout est tellement organisé au cordeau. On a grand mal, de ce côté-ci de l’Atlantique, à apprécier : ceci est tellement éloigné de notre culture politique. Encore que, dans certains meetings électoraux à grand spectacle de Mr Sarkozy, on peut se demander si.... Et même chez ceux de Mme Royal....

Et quand on entend, par contre, un autre discours prononcé par Mr Obama sur Jérusalem, même s’il était vraisemblablement conscient qu’il décevrait considérablement le monde arabe, il est clair qu’il était surtout destiné à capter les voix du lobby juif, très puissant aux USA. Et pourtant on sait bien que les noirs et les juifs ne s’y accordent pas beaucoup. Mais tout était bien pesé d’avance, et le choix a été fait en considération du poids respectif de ces deux communautés.
 
UNE MARGE DE MANŒUVRE TRÈS ÉTROITE

Donc, qu’il le veuille ou non, la marge de manœuvre de Mr Obama, s’il était élu, sera bien moindre qu’on pourrait l’espérer.

La magie du spectacle touche là ses propres limites : après la chaleur de la salle et du rêve qu’elle entretient, il y a ensuite le froid et la dure réalité cahotique de la rue qu’on retrouve.

Pas facile, la démocratie ! Surtout quand elle arrive à ce niveau où la réalité politique doit s’allier désormais au show-bizz.