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lundi, 10 décembre 2007

À PROPOS DE L'ENSEIGNEMENT

BILLET du 10 DÉCEMBRE 2007

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Terrible constat que celui publié par l’OCDE sur le niveau scolaire des enfants de 15 ans observés dans 57 pays. Le moins qu’on puisse dire est que ce constat est très sévère pour l’enseignement en France : nos élèves sont très en dessous de la moyenne, tant en lecture, en maths, qu’en science. L’école française semble avoir totalement décroché, notre école est en panne : le constat n’est pas nouveau mais ne cesse de s’aggraver, année après année.

Par ailleurs, non seulement nous ne progressons plus dans aucun domaine, mais nous observons en plus une aggravation de la violence dans nos établissements, la diminution du nombre de nos diplômés, l’augmentation du nombre d’élèves qui, en fin de parcours, sortent de l’école sans aucune qualification : environ 160.000 par an ! Nous avons ±15% d’illettrés à l’entrée en sixième, ce à quoi il faut rajouter ±20% d’enfants qui savent déchiffrer un texte mais ne comprennent pas le sens de ce qu’ils lisent.

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dimanche, 25 novembre 2007

À PROPOS D'UNE GRÈVE

BILLET du 25 NOVEMBRE 2007

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Les français viennent de subir une longue, une ruineuse (nous y reviendrons plus loin) et une très pénible période de grèves. Après cette confrontation musclée entre les éléments les plus conservateurs de notre société et ceux réformateurs, nous voici entrés dans une autre période, celle des négociations, les grèves étant, apparemment, mises entre parenthèses.

QUI A GAGNÉ ?

Rien n’est donc achevé aujourd’hui. Peut-on cependant désigner dès à présent, pour ce premier “round”, un vainqueur et un vaincu ? Qui a gagné jusqu’ici ?

Il faudrait être mauvais joueur pour ne pas reconnaître que Nicolas Sarkozy a tenu son défi : sur les 3 points qu’il avait dit qu’il ne céderait pas - points qui constituaient le socle de sa réforme : le passage de 37,5 à 40 annuités pour bénéficier de la retraite à taux plein, puis la décote, et enfin l’indexation des retraites - il n’a apparemment rien concédé. Et, cependant, malgré cette fermeté brandie comme une fermeture, les négociations se poursuivent avec les syndicats (à l’exception de Sud). Sarkozy s’est montré là plus habile qu’Alain Juppé et plus courageux que Jacques Chirac.

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dimanche, 11 novembre 2007

À PROPOS de la MÉTHODE

BILLET du 11 NOVEMBRE 2007

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Un bras de fer particulièrement rude va s’engager les jours prochains entre le gouvernement, l’opinion et les syndicats sur la réforme des régimes spéciaux de retraite.

Venons-nous de vivre six mois d’illusions et de majestueuse impuissance du pouvoir ? Si on en juge par la situation actuelle, il y a véritablement quelque chose qui rappelle ce que la France a vécu du temps de Mr Chirac ou de ses prédécesseurs. Le point de départ du conflit actuel est le régime spécial des cheminots : c’était une chose qui était considérée comme allant de soi et qu’il fallait le réformer, une promesse aussi de campagne. Le fait que cela puisse être aujourd’hui remis en cause a ouvert les vannes à toutes les revendications. Et l’on trouve maintenant la RATP, l’Université - on y reviendra plus bas - la Magistrature avec la réforme des tribunaux, l’ANPE et l’ASSEDIC qui ne veulent pas d’une fusion, les fonctionnaires à cause de la suppression de 22.000 postes, les syndicats de la Banque de France qui veulent défendre leur monopole, les techniciens de l’Opéra, les avocats qui veulent leur retraite à 55 ans face à la réforme judiciaire, les aéroports et les compagnies aériennes avec leurs hôtesses, stewards, les marins pêcheurs, les transporteurs routiers, les taxis, la Poste, la Banque, l’EDF, la Police et même la Gendarmerie.

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mercredi, 31 octobre 2007

À PROPOS D'UNE RÉVOLUTION

BILLET du 1er NOVEMBRE 2007


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Depuis le temps qu’on attendait ce moment. Ce moment où enfin nos dirigeants consentiraient à entendre les appels de détresse venus de toutes parts à propos du devenir de notre planète et des espèces qui en vivent. Pourquoi aujourd’hui ne goûterions-nous pas notre plaisir ?

RÉVOLUTION ou ESBROUFE ?

Et, cependant, en écoutant l’allocution de clôture - très médiatisée - de ce “Grenelle” par notre Président, on peut se poser la question : révolution ? Ou esbroufe ? Et se poser cette double question, c’est déjà y répondre : il y a un peu des deux dans cette nouvelle démarche.

Révolution, parce qu’il y a une prise de conscience chez les participants, mais aussi chez tous les français, que le modèle de développement sur lequel nous avons vécu depuis des décennies n’est plus prolongeable indéfiniment. Indépendamment de l’écologie, du réchauffement de la planète, etc...., c’est une prise de conscience qu'on ne peut pas en faire bénéficier le monde entier - c'est-à-dire des milliards d’êtres humains - comme en ont bénéficié quelques centaines de millions (seulement) du monde industriel, à partir du XIXème siècle. Autrement dit, le gaspillage à l’échelle de la planète est désormais quelque chose d’impensable car devenu insupportable.

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mardi, 23 octobre 2007

DU SENS DES MOTS

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Les mots ne sont jamais innocents. Chacun se souvient du “détail de l’Histoire” lancé un jour par Mr LE PEN au sujet des chambres à gaz. L’odieux du terme employé à ce propos a soulevé un tollé unanime. Tollé parfaitement justifié.

Depuis, il nous faut observer que le vocabulaire politique s’est singulièrement enrichi. On a entendu dans la bouche de Mr SARKOZY le mot “racaille” pour désigner les petits malfrats qui perturbent les cités et nos banlieues. Même si cela n’avait rien de comparable à côte du “détail” de Mr LE PEN, il faut admettre que c’était quand même un peu “limite” : des populations entières issues de ces cités se sont senties brimées.

On a aussi entendu dans la bouche de Mr DEVEDJAN, le mot “salope” pour désigner une élue de la région Rhône-Alpes. C’était parfaitement scandaleux, surtout quand s’adressant à une femme qui n’a en rien démérité au cours des mandats importants dont elle a assumé la charge. C’était une goujaterie immonde.

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dimanche, 07 octobre 2007

À PROPOS D'UNE DESTINÉE

BILLET du 7 OCTOBRE 2007


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La question est souvent posée : entre une droite solidement installée et sans complexes, et une gauche idéologiquement perdue et politiquement affaiblie, y a-t-il encore une place pour le centre de François Bayrou ? Et celui-ci n’est-il pas devenu aujourd’hui le premier opposant ?

Je crois qu’on se trompe profondément quand on imagine que François Bayrou est “dans les choux”. Évidemment, il a été, ces derniers mois, à la fois trahi et réduit considérablement : • trahi par ceux qui ont choisi d’aller dans le gouvernement et qui l’ont laissé tomber après avoir défendu sa position pendant des années (il y a encore des judas au 21° siècle, même, surtout et y compris, en politique) • réduit parce qu’il n’a plus que trois ou quatre députés là où il en avait près d’une trentaine.

DANS L'OPPOSITION MALGRÉ LUI

Mais, en dépit de ces apparences, il ne faut pas se tromper : le fait qu’il n’ait pas, en ce moment, un pouvoir politique fort n’empêche en rien le fait qu’il développe un discours d’opposition - même s’il ne revendique pas être dans l’opposition - face à Nicolas Sarkozy et le gouvernement actuel, discours qui a toutes les chances d’être extrêmement efficace.

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mercredi, 03 octobre 2007

À PROPOS de l'ÉQUITÉ SOCIALE

BILLET du 3 OCTOBRE 2007


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Ceux qui me lisent régulièrement savent que je suis, depuis longtemps, clairement favorable à la réforme des régimes spéciaux. Je l’étais déjà en 1995 lors de la réforme proposée par Mr Juppé sur la Sécurité Sociale. J’ai aujourd’hui moins de raisons que jamais de changer d’avis : ces régimes sont une survivance devenue plus qu’anormale de privilèges accordés en d’autres temps, en d’autres circonstances et pour d’autres raisons : ils n’ont plus lieu d’être aujourd’hui.

Mais.... Même si le terme “privilège” que j’utilise ici peut paraître à certains un peu provocateur, surtout quand il s’applique à des cheminots, des gaziers, des agents de la fonction publique, nos députés, ou encore les clercs de notaire. Avant de les stigmatiser comme des "privilégiés", je pense que Mr Sarkozy ferait bien de tenir toutes ses promesses en même temps.

Les STOCK-OPTIONS = 4 milliards

Le hasard veut en effet qu’au moment où on évoque ce sujet, est publié le nouveau rapport de la Cour des Comptes présenté par Mr Seguin. Et celui-ci nous révèle que les “stock-options”, parce qu’ils ne sont pas assujettis à contributions sociales, coûtent à la Sécurité Sociale 4 milliards d’€. Quand on sait que le déficit de la Sécurité Sociale s’élève à 15 ou 16 M€, cette exonération de contributions représente donc le quart de ce déficit.

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lundi, 03 septembre 2007

LE NOUVEAU DISCOURS de Mr SARKOZY sur la TURQUIE

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Mr SARKOZY vient de réunir nos ambassadeurs pour faire avec eux le point de notre nouvelle stratégie en matière de diplomatie dans le monde. Une diplomatie qui rompt d’ailleurs sensiblement avec celle conduite précédemment par Mr CHIRAC. Tous ont été particulièrement plus attentifs quand le discours présidentiel a abordé le problème du contour des futures frontières de l’Europe, notamment en évoquant plus particulièrement le volet de celles avec la Turquie. Nous devons savoir en effet vers quelle Union nous allons, et où nous voulons et pouvons aller.

Que l’Union soit définie comme la ”priorité des priorités” de la diplomatie française avec une telle vigueur est une excellente nouvelle. Que Mr SARKOZY ait éprouvé le besoin de se défaire de l’image de ”Cavalier seul” qu’il commençait sérieusement  à avoir, jusque tout récemment, dans les milieux communautaires est un signe rassurant. Qu’il tente de sortir aujourd'hui de son isolement sur la ”question turque” est encourageant.

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mardi, 28 août 2007

LES ILLUSIONS FRANçAISES

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En fait, à en croire les sondages, les français sont satisfaits du nouveau style qu’a su imposer Nicolas SARKOZY à la fonction présidentielle. Même que ses adversaires politiques - le P.S. entr’autres - ont du mal à encaisser. Il ont pris un sacré coup de vieux.

Dans les milieux européens, on préfère aussi ce ”dynamisme” et ce ”volontarisme” à l’effacement français des ”années CHIRAC”. Et l’on est surtout satisfait de voir que, pour l’heure, son idée de traité ”modificateur” est susceptible de sortir l’Union de son impasse institutionnelle. Même si cette bataille du ”nouveau traité” n’est en rien gagnée, de loin s’en faut ; outre son aspect minimaliste qui nous éloigne des ambitions qu’on caressait de voir naître, dans l’Europe, un géant mondial capable de se hisser au même niveau des superpuissances dominantes. Espoir dont la déception ne peut que nous tarauder.

Ce qui n’empêche pas nos partenaires européens, même ceux considérés comme nos amis les plus proches, de mettre en garde notre nouveau Président contre les effets pervers de son hyper activité presque maladive et son égotisme pathologique. ”L’Europe, c’est une équipe. On n’est efficace que si l’on sait jouer collectif” lui rappelle-t-on avec ménagement ici et là.

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lundi, 27 août 2007

LA FOLIE PÉNALE

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”Il faut étudier la possibilité de juger tous les auteurs (présumés) de crimes, y compris les fous, c’est-à-dire des gens déclarés pénalement irresponsables”.

Telle est la trouvaille du jour, prise comme sur un coup de tête et transmise aussitôt à la Garde des Sceaux par un coup de fil annoncé comme un coup de pub.

L’idée, aussi saugrenue soit-elle, n’est pas nouvelle : dans certaines ”sphères” d’influence (et aujourd’hui proches du pouvoir en place), on veut remettre en question la ”présomption d’innocence”, ou le droit de chacun à un ”procès équitable”,  ou la restauration des pratiques d’une ”justice expéditive”, ou encore la détection par la sélection au berceau des ”anormaux” potentiels (débat ayant déjà soulevé des frissons d’indignation, on s’en souvient, lors de la campagne des présidentielles). Ou, enfin, la criminalisation des démences.

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