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mardi, 28 mai 2019

L'ÉCHEC DES NATIONALISTES EUROPÉENS

"L'ÉCHEC DES NATIONALISTES EUROPÉENS"

Billet de  François VAN DE VILLE

LePen.jpg- Souvenez-vous : la veille encore du scrutin des européennes, Mr Bardella, le leader du RN de Mme Le Pen, claironnait : "La poussée souverainiste arrive partout en Europe".

Hélas pour lui (et Mme Le Pen), le scrutin dans les 28 pays a parlé : les "populistes" ne sont arrivés en tête que dans 6 pays sur 28. Et encore : parmi ces 6 pays, l'on compte le Royaume Uni - qui quittera l'Europe et son parlement le 31 Octobre prochain - et, depuis lundi (le lendemain même de l'élection), l'Autriche a renversé son jeune chancelier "populiste" - Mr Kurz - entraîné à son tour par le scandale sans nom qui avait frappé quelques jours plus tôt son ministre de l'Intérieur allié, Mr Kicki. Faites le décompte, il ne reste plus que 4 pays aux mains des "populistes" : la vague "nationaliste" n'a pas déferlé, de très loin s'en faut !

C'est la défaite des projets de Mme Le Pen, qui envisageait déjà, d'un œil gourmand, le "grand soir" où ses amis "populistes" prendraient le contrôle du nouveau parlement européen à ses côtés. Son amertume se devinait déjà entre les mots dès ses prises de parole du dimanche soir : la vague annoncée, y compris par les responsables "pro-européens" - comme Emmanuel Macron lui-même - pour remobiliser les troupes, n’avait pas du tout déferlé sur le continent.

Déjà la déroule de Geert Wilders aux Pays-Bas, connue l'avant-veille du scrutin en France, annonçait déjà que le boulevard promis à l’extrême droite européenne ne serait pas aussi large qu’annoncé : seuls six pays - France, Italie, Royaume-Uni, Hongrie, Pologne et Belgique - ont porté en tête des listes "souverainistes", voire nationalistes, avec, dans ce contingent de 172 sièges, la trentaine d’élus du parti pro-Brexit anglais de Nigel Farage, appelés, eux tous, à repartir très vite chez eux, au plus tard le 31 octobre prochain.

Cette "contre Europe des six" rêvée par Mme Le Pen et ses alliés ne pourra pas faire la loi à Strasbourg, comme Matteo Salvini, le principal allié de Marine le Pen, peut le faire (non sans difficultés d'ailleurs à l'horizon romain).

Cette "internationale des nationalistes" ne sera - et ne restera - qu'à plus de 200 voix de la majorité de 376 sièges requise au Parlement européen. Et surtout, rien ne dit que les élus de ces partis "euro-sceptiques", profondément divisés entre "pro-russes" et "anti-russes", divisés aussi sur le modèle de société qu'ils voudront imposer au sein de leurs propres pays, réussiront à former un seul groupe au lieu des trois qu'ils sont au sein du Parlement européen.

Comment aussi avoir un agenda européen commun lorsqu’on défend une vision purement nationale et que les intérêts du pays représenté passeront toujours devant, surtout lorsqu’il s’agira de voter le budget de la PAC, ou encore d’aller plus loin dans la réforme du travail détaché par exemple ?

Entre partis "nationalistes", il n’y a qu’un point vraiment commun : leur rejet de l’immigration présentée comme une sorte de "submersion" du Vieux Continent, malgré les chiffres qui démontrent unanimement leur large surestimation.

Tout cela ne fait pas un projet commun, surtout lorsque la préoccupation de chacun est de fermer ses propres frontières en fermant les yeux sur les drames qui se déroulent en Méditerranée !

Mme Le Pen ne pourra qu'observer désormais le contingent de sa vingtaine de députés européens - à part quasi égale avec celui nouveau de son partenaire Emmanuel Macron - sur les bancs de Strasbourg ou de Bruxelles, confrontés les uns contre les autres avec leurs visions différentes de l'Europe.

Le "grand soir" espéré par Mme Le Pen n'est plus d'actualité.

samedi, 04 mai 2019

LE MINISTRE QUI PARLE TROP VITE

"LE MINISTRE QUI PARLE TROP VITE"

Billet de  François VAN DE VILLE

castaner.jpg- En s’y invitant, sans être rejetés par les "Gilets Jaunes" (GJ), les "black blocks" ont changé la nature de leurs manifestations, obligeant la police à modifier sa propre doctrine du maintien de l'ordre.

Un bon Ministre de l’Intérieur doit donc allier, désormais, finesse et autorité.

Mr Christophe Castaner ne déborde ni de l’une ni de l’autre. Il se juge, en outre, "doué" pour la communication, en sorte qu’il parle beaucoup, et même trop, et aussi…. un peu trop vite. C'est pourtant là qu'est tout l'art de la communication, et çà, c'est un tout autre métier que celui de Ministre.

Lui, comme beaucoup d’autres, y compris ceux qui le critiquent aujourd'hui jusqu'au harcèlement, ont fini par croire qu’il suffisait de saturer l’espace médiatique pour empêcher les autres expressions et imposer la leur. Mr Castaner a fini, en peu de temps, par laisser voir les grosses ficelles de sa communication. Et, en voulant "coller" aux événements sans recul et ni réflexion, il s’est pris les pieds dans le tapis le 1er Mai

Le lendemain même, Mr Castaner a tenu à corriger son propos : "Je n’aurais pas dû employer le mot attaque" a-t-il reconnu à propos de cette intrusion forcée, en brisant chaînes et cadenas de portail, ouvrant aux manifestants les locaux d’un hôpital parisien.

Mais le mal était fait : les oppositions, qui voient le Ministre de l’Intérieur comme le "maillon faible" du gouvernement, s’en sont donnés à cœur joie à quelques semaines des européennes. Les sénateurs, s’étant pris soudain de passion pour les commissions d’enquête pour rehausser leur prestige un brin menacé, veulent même faire comparaître le Ministre, tout comme hier Mr Benalla. Communistes et Insoumis, d'une part, ne supportant pas en France le centième de ce qu’ils tolèrent et soutiennent avec becs et ongles aujourd'hui au Venezuela, et, d'autre part, une partie de la droite ayant oublié certaines de ses pratiques passées, tous réunis sont devenus impitoyables avec ce trublion de Ministre.

Ce faisant, on néglige pourtant l’essentiel.

Le maintien de l’ordre dans ces rassemblements, légitimes et autorisés, ne serait pas à ce point délicat et risqué si les "black blocks" ne s’y invitaient pas, protégés, qui plus est, par d’autres manifestants complaisants : les "innocents" GJ eux-mêmes ! Ces activistes cherchent, par la violence, à provoquer un drame qui ferait basculer le ventre mou de la protestation vers l’insurrection. Pour les empêcher d’agir, de lapider les policiers, de brûler les voitures et les kiosques, de détruire les vitrines et piller les magasins, les forces de l’ordre ont désormais la consigne d’aller "au contact". C'est la nouvelle doctrine qu'a initié notamment....le Ministre Castaner.

Cela déplait, à outrance, à certains de nos manifestants hebdomadaires et défait bien de leurs plans établis pour y semer le désordre qu'ils recherchent pour exister et attirer encore les médias, faute d'autres propositions réfléchies.

C’est cela, aussi, ce que certains veulent faire payer, désormais, au Ministre de l’Intérieur : un autre métier, celui-là, que celui de simple communiquant.

mercredi, 24 avril 2019

JE M'INTERROGE....

"JE M'INTERROGE...."

Billet de  François VAN DE VILLE

institutions.jpg- Dans l'esprit "gaullien" de nos institutions, il appartient au Président, conformément à ses engagements initiaux qui l'ont conduit à devoir assumer cette charge qui lui a été confiée, de fixer les grandes orientations que doit suivre le gouvernement qu'il a nommé, et il appartient ensuite à ce gouvernement d'arrêter et d'annoncer les mesures précises qu'il prendra dans ce cadre.

Sans préjuger de la communication présidentielle annoncée pour ce jeudi 25 Avril, ni de son contenu, il y a, à mes yeux, un grand absent dans cet exposé : le gouvernement lui-même.

Que l'on entende prioritairement, de la part du Président, les grandes orientations fixées à la lumière nouvelle des évènements de ces derniers mois et du "grand débat" qui s'en est suivi, cela me parait normal et essentiel. Mais force est d'admettre que la population attend prioritairement les décisions qui vont être prises pour répondre aux attentes exprimées un peu partout et sous toutes formes.

Qui, en fait, va annoncer demain, dans le détail, les mesures prises, les arbitrages rendus, les décisions attendues ? Normalement ce devrait être le gouvernement lui-même, par la bouche du Premier Ministre qui va les mettre en œuvre.

Or, selon toute apparence, c'est le Président lui-même qui va descendre dans le "menu fretin" des chiffrages, des modalités d'application, et des mesures pratiques que prendra son gouvernement.

Oui, je m'interroge.

Est-ce là, dans l'esprit de nos institutions, le rôle du Président ? Est-ce son rôle de se justifier, de justifier chaque chiffre ou chaque future mesure qui sera prise ? J'en doute.

Le Président doit rester dans son rôle de "guide" ou "d'arbitre suprême" dont le rôle et la mission sont de donner les orientations, les impulsions, au besoin les corriger quand nécessaire, mais le Président n'a pas à s'exposer directement lui-même et en personne dans le détail des diverses observations, ou contestations qui ne manqueront pas de s'élever autour des chiffres pris en considération ou des mesures prises en conséquence.

Je regrette cette confusion des genres et ce non respect de nos institutions : ce n'est pas sans risque pour lui, ni sans risque pour nos institutions elles-mêmes.

Dommage !

samedi, 06 avril 2019

LES GILETS JAUNES EXISTENT-ILS ENCORE ?

"LES GILETS JAUNES EXISTENT-ILS ENCORE ?"

Billet de  François VAN DE VILLE

Politique,Débats de SociétéLe mouvement des "Gilets Jaunes" (GJ) sait témoigner, à qui veut les écouter encore, des troubles et des colères d’une partie de notre société, mais il se refuse portant de les "politiser".

À quoi riment donc encore ces rassemblements hebdomadaires du samedi ? À quoi riment donc encore ces longs reportages, dépourvus désormais de tout intérêt, qui occupent sans interruption les écrans de nos téléviseurs chaque samedi entier depuis plus de 20 semaines ?

Ceci est devenu, comme l'écrivait récemment un rédacteur de presse, une sorte de rituel, mais dépourvu d'église comme de dogme qui aurait pu les guidre. Les "GJ" n’ont désormais plus d’autre objet que de se répéter à eux-mêmes "qu’ils ne lâcheront rien". Mais ils sont dans l'incapacité de formuler clairement ce à quoi ils tiennent. Leurs manifestations sont donc destinées à s’éterniser, puisque jamais leurs revendications multi-formes ne pourront, d'aucune manière, toutes aboutir : il est inutile d'imaginer le contraire. Leurs révendications s’effacent aussitôt qu’écrites (quand il arrive exceptionnellement qu'elles le soient) parce que sans cesse elles sont remplacées aussitôt par d’autres. Rien 'est jamais inscrit dans une quelconque cohérence et selon des priorités bien établies.

Ce mouvement, qui au début n’était pas né de rien, a causé ensuite beaucoup des troubles: il est maintenant condamné à bégayer perpétuellement pour ne pas savoir choisir entre les mots qu'ils veulent articuler.

Plus la crise se perpétue, moins elle est devient compréhensible. Dans leurs rangs, qui s’éclaircissent semaines après semaines, quels sont encore les "GJ" qui restent dans quelques filets échevelés de cortèges ? Si l’on en retire les militants trotskistes (qui ne peuvent manquer d’accompagner le mouvement sous peine de commettre une faute professionnelle), si l’on en soustrait les adhérents de La France insoumise (qui rêvent encore d’une convergence des luttes), combien restent-ils de "GJ" authentiques encore en mouvement en France ?

Ils sont désormais trop peu nombreux pour qu'on puisse encore imaginer qu'on leur donner une quelconque légitimité démocratique, beaucoup trop peu nombreux aussi pour modifier, si peu que ce soit, l’équilibre entre les forces politiques du pays.

Les instituts de sondages ont mesuré, un bref moment il y a quelques semaines de cela, un effet "GJ" situé, pour les européennes, au-delà de 10 % : ce résultat a aussitôt fait long feu. On observe même maintenant, après leur chute, une étonnante stabilité des formations politiques en lice pour le scrutin de mai prochain.

Cinq mois de crise, cinq mois de défilés, d’occupations de ronds-points, d'émeutes ou de violences n’ont pas, pour l’instant, modifié les intentions des électeurs. Comme si ceux-ci, dans leur grande majorité, avaient pris au mot (de je ne sais plus qui l'a prononcé) : "Puisque vous ne voulez ni déléguer, ni vous organiser, puisque n'avez plus rien à proposer, alors vous n’existez pas politiquement".

Là est la vraie question qui se pose aujourd'hui : les "GJ" existent-ils encore ?

lundi, 01 avril 2019

LE MIRAGE FRANÇAIS

"LE MIRAGE FRANÇAIS"

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrateAprès l'INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques), voici qu'à son tour l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique) confirme la bonne tenue de la croissance française : celle-ci serait même, en 2019 - du moins le prévoient ces éminents organismes - deux fois supérieure en France à celle de l'Allemagne, référence pourtant internationalement reconnue quand on évoque les bons chiffres de son économie, de sa balance commerciale en perpétuelle surabondance, et de la croissance qui en découle pour ses industries.

Ces bonnes prévisions françaises sont assez rares - très rares mêmes - pour ne pas être soulignées, surtout à la veille des élections européennes. Ce malgré les effets dévastateurs des "gilets jaunes" ("GJ") qui influent sur notre économie, comme sur notre croissance, toutes deux gravement atteintes par la répétition de nos échauffourées hebdomadaires.

Pourtant, à l'échelle de tous nos voisins européens, la croissance mondiale ambiante n'incite pas du tout à l'optimisme : elle donne même, au contraire, de sérieux signes de fléchissement. Pourquoi donc cette exceptionnelle différence française ?

Hors toutes considérations économiques, ces bonnes nouvelles sont, pour le Président Macron, une nouvelle inespérée. Peut-on - peut-il - pour autant crier "Cocorico" ? Non ! Il faut être réaliste.

La résistance actuelle de la France tient surtout à un autre facteur relativement ancien, mais qui ne cesse, lui, de se renouveler depuis des décennies. Loin d'être une bonne nouvelle, ce renouvellement français répond à d'autres critères moins agréables à entendre : notre économie hexagonale n'échappe à ce climat dépressif international non pas par une autre "exception française", mais simplement parce que la France exporte moins que les autres nations plus performantes. Là est la principale faiblesse de la France. Et cette faiblesse  rend mécaniquement la déflation internationale moins violente chez nous qu'ailleurs, donc nous épargne de ce mauvais pas. Mais ce n'est qu'une apparence.

Ce "bon" résultat du moment n'est simplement qu'un des signes de notre faiblesse chronique.

Ce signe tient essentiellement à une progression de notre pouvoir d'achat, quoiqu'en disent nos "GJ" qui persistent aveuglément à le nier. Celui-ci devrait, en effet, évoluer en 2019  très au-delà de 2%. Et il y a, pour l'expliquer, les mesures spontanément prises ces derniers mois, notamment sous l'effet "GJ", (outre la suppression de la taxe d'habitation), la baisse sensible des cotisations salariales, la tendance à la hausse du SMIC assortie de diverses primes distribuées ici ou là, la défiscalisation des heures supplémentaires, etc… Tout cela, s'additionnant, finit pas porter progressivement ses effets. On pourrait s'en féliciter.

Mais hélas - car il y a un "mais" pour freiner notre enthousiasme - ce surcroît de consommation ne se fait pas au bénéfice des entreprises françaises mais de celles étrangères, y compris extra-européennes, Et cela est beaucoup plus inquiétant.

L'argent supplémentaire ainsi mis en circulation, au risque de faire basculer gravement nos équilibres économiques, favorise donc surtout nos importations de produits étrangers. C'est une habitude typiquement française, bien ancrée dans nos mœurs et dont nous ne parvenons décidément pas à nous débarrasser : au lieu d'alimenter nos productions "made in France", cet argent lâché ne fait qu'aggraver l'endettement de la France, et cet endettement, il se paye, et les français (ou nos enfants) le payeront lourdement un jour ou l'autre. Cet argent bénéficie surtout aux industries étrangères, bien plus qu'aux nôtres, celles qui nous  font vivre et il contribue à leur faire perdre des parts de marchés. Un  vrai gâchis économique.

Les français, au-delà d'autres réformes qu'ils devront aussi entreprendre, se trompent, et continuent de se tromper dans leurs choix de consommation : ils favorisent l'affaiblissement de nos industries.

On évoque souvent la nécessité d"augmenter le "pouvoir d'achat", notamment pour les plus défavorisés : c'est une nécessité absolue. Mais on oublie parallèlement que tout pouvoir d'achat dépend étroitement du dynamisme de notre appareil de production. C'est une évidence incontournable.

Tant qu'en France nous ne prendrons pas conscience de celle-ci, les "bonnes nouvelles" de l'INSEE ou de l'OCDE ne seront que mirages passagers et nous replongerons inévitablement dans les difficultés qui ne cessent de nous affaiblir.

Hélas, je remarque qu'au cours des innombrables "grands débats" organisés ces dernières semaines où tant de sujets les plus divers ont été abordés, cette réalité pourtant si exigeante si nous voulons survivre libres et indépendants chez nous, avec un pouvoir d'achat plus généreux pour tous, cette réalité-là n'a que très peu été évoquée.

C'est un grave manquement.

samedi, 02 février 2019

J.L. MÉLANCHON & M.LE PEN

"J.L. MÉLANCHON & M. LE PEN"

par  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrate,faits de sociétéEn préférant rassembler le peuple, plutôt que la gauche, Jean-Luc Mélenchon a pris le risque de perdre à la fois ET la gauche ET le peuple.

Conséquence : Mr Mélenchon s’enfonce.

Il était perçu comme le meilleur opposant au Président de la République : Marine Le Pen vient de lui piquer le rôle. Il était abonné au groupe de tête des personnalités politiques les plus populaires : il vient de plonger à la 18° place, selon la récente enquête "Elabe". Il paie ses éructations pendant l’épisode des perquisitions, tout comme aussi ses répliques emphatiques où il confondait la République et sa propre personne. Il paie, enfin, sa soumission à un porte-parole égaré issu des Gilets Jaunes, tout comme son indulgence envers les violences engendrée par ce mouvement.

Le leader de La France Insoumise a tout joué : pour l’instant, il perd.

Il a cru bon aussi de parier sur une stratégie du peuple contre les élites et sur l’abandon de la classique union de la gauche : cela n'a pas marché. Il lui fallut donc, comme le lui reprochent aujourd'hui Benoît Hamon et nombre de ses ex-amis de l'ex-gauche, "quitter les rives de la gauche" pour espérer rassembler plus vite et plus large. Plus vite ? Mais en renonçant aux longs combats pour une "union de la gauche" que celle-ci connaît bien, mais en s’appuyant de façon fort opportuniste sur des éruptions sociales de tous ordres. Il a perdu ! Plus large ? Mais en ne faisant plus fuir le peuple avec un classique discours de gauche. Perdu encore !

Et, soudain, les GJ lui sont apparus comme un signe de l’histoire à lui seul adressé : l’insurrection populaire était là, la révolution citoyenne engagée. Il fallait donc, d’une main délicate et par une habile tactique, exacerber ce mouvement sans pourtant paraître le récupérer trop ostensiblement. Seulement voilà : en fait de délicatesse et d’habileté, les Français ont vu un vétéran politique, chaussé de ses gros sabots. Il a perdu encore.

À gauche, on lui reproche aujourd'hui de n’être plus assez de gauche. À droite, de n’avoir jamais été de droite. Et les partisans d’un populisme nationaliste ne le trouvent pas encore assez "national" : ils ont déjà, pour combler leur recherche de leader, ce qu’il fallait. Perdu encore pour lui !

Inconsciemment, Mr Mélenchon est donc, actuellement, en train de tenter de tirer les marrons du feu : mais cela se fait au seul profit de Marine Le Pen. Celle-ci lui dira-t-elle "merci" pour autant ?

Les "lendemains qui chantent" répondront à la question.

vendredi, 01 février 2019

LA CAMPAGNE DE DONALD TRUMP

"LA CAMPAGNE DE DONALD TRUMP"

par  François VAN DE VILLE

trump.jpgLa politique de Mr Donald Trump déconcerte la plupart de ses soutiens : elle inquiète tous ses alliés et elle menace les équilibres du monde entier.

Oui, mais voilà : elle consolide surtout la base électorale de Mr Trump : c'est là le seul objectif recherché.

Celui-ci a pris en effet une de ces innombrables décisions de plus qui n’ont d’autre but évident que de combler sa base électorale : en annonçant sa décision de faire rentrer au pays les 2.000 soldats américains présents en Syrie, Mr Trump a non seulement provoqué aussitôt la démission de son secrétaire à la Défense, le général James, mais elle a aussi alarmé les Israéliens (ses plus fidèles alliés au Moyen Orient), elle a trahi les combattants kurdes et elle a aussi affaibli les positions des Français, comme celles des Britanniques engagés dans la lutte contre l’État islamique : Mr Trump dessert donc tous les principaux alliés historiques des USA.

Et, suivant cette singulière logique, Mr Trump renforce indirectement son concurrent, la Russie, tout comme son ennemi juré, l’Iran, et même la Turquie, au grand dam de son partenaire saoudien.

Mais peu importe pour Mr Trump que les principaux membres de son administration le quittent les uns après les autres, que des sénateurs républicains, jusqu’ici fidèles, pointent publiquement ses décisions chaotiques, peu importe que ses alliés dans le monde se sentent méprisés, que les doctrines en cours ces dernières décennies dans la diplomatie américaine soient aussi abandonnées les unes après les autres : ce qui compte, pour Mr Trump, c’est que son instinct réponde aux attentes du noyau dur de son électorat, celui qui pourrait lui assurer sa réélection en 2020. Il n’est certes pas le premier dirigeant dans le monde à travailler à ce but, mais lui n’agit que pour ça, même si c'est au détriment de la nation qu'il dirige pour l'instant.

Ce que Mr Trump croit être son instinct, n’est que la résurgence de principes désuets, abandonnés depuis longtemps pour leur nocivité, et qu’il ressuscite en les caricaturant. Son isolationnisme ne fait que le lit de ses ennemis politiques, et son protectionnisme ne fait qu'affaiblir ses partenaires commerciaux.

Mr Trump construit, mois après mois, un monde qui finira par ressembler à ses plus noirs fantasmes. Et pour parachever ce grand œuvre paranoïaque, il rêve toujours de ce mur avec le Mexique, à 23 milliards de dollars. Il a même engagé un bras de fer avec le Sénat sur ce sujet qui a coûteusement paralysé l'administration américaine pendant de très longues semaines. Et, encore aujourd'hui, dans son bras de fer avec le dictateur vénézuélien - Mr Maduro - même si la cause parait être juste, il en soutient maladroitement son rival en le compromettant avec une maladresse qui trahit une certaine incompétence stratégique en matière de psychologie diplomatique.

Et tout ceci se fait toujours, et encore, avec le soutien total et exalté de son électorat bien particulier.

Ceci est fort dommageable, non seulement pour les USA, leur image et leur crédibilité dans le monde. Mais, aussi, les répercussions deviennent partout imprévisibles de conséquences : aucune nation n'y échappera. Et l'Europe toute entière en pâtira aussi, comme tous les continents.

vendredi, 14 septembre 2018

LA SURPRISE Marc FESNEAU

ASSEMBLÉE NATIONALE : LA SURPRISE !

marc.fesneau.jpgCe 12 Septembre, l'Assemblée Nationale était appelée à désigner son nouveau Président suite à la démission de Mr François DE RUGY, nommé Ministre de la Transition Écologique pour succéder à l'emblématique Nicolas HULOT qui avait démissionné de cette charge un récent matin à l'ombre d'un micro radiophonique qui, peut-être, l'avait soudain inspiré.

On aurait pu croire que cette élection n'aurait été qu'une simple formalité : le seul groupe (LREM) détenant à lui seul la majorité absolue de l'Assemblée avec 312 députés, son Président, Mr Richard FERRAND, ayant toujours manifesté d'anciennes velléités pour accéder à la Présidence de l'Assemblée Nationale (et il ne s'en cachait pas !), il était donc apparemment évident qu'une avenue s'offrait à Mr FERRAND pour s'asseoir enfin au perchoir convoité.

Une procédure démocratique de désignation a cependant été organisée 48 heures plus tôt par le groupe LREM. Des candidates, certaines non dépourvues ni de talent ni de pugnacité, se sont manifestées pour prétendre "dépoussiérer" un peu le profil très masculinisé du poste. Mais rien n'y a fait : le Président du groupe n'a rien concédé au beau sexe et il fut investi par la majorité des membres de son propre groupe

Alors que tout paraissait donc bien "huilé", qu'un très discret soutien du "palais" semblait acquis pour assurer cette élection, ce mercredi, rien ne s'est passé comme prévu malgré le poids de la majorité du groupe LREM : la voie royale annoncée s'est soudain ensablée.

Hier donc, l'annonce des résultats de cette élection en a fait pâlir plus d'un, y compris le candidat désigné qui, quoiqu'élu au 1er tour (performance non négligeable, il est vrai), s'est soudain rendu compte des difficiles conditions de son élection.

Examinons les chiffres :

• le précédent Président élu en 2017 (Mr de RUGY) avait recueilli au total 353 voix. Mr Richard FERRAND, lui, n'a obtenu que 254 voix, soit une sévère "saignée" de 99 élus.
• Mr FERRAND, qui présidait la veille un groupe de 312 députés LREM, celui-ci ne lui a accordé que 254 voix : il lui en manquait 58.

Mr FERRAND a donc, certes, obtenu dès le 1er tour, la majorité requise pour être proclamé élu, mais de façon très étriquée (à 11 voix de majorité seulement). Une déconvenue : Mr FERRAND est devenu l'un des Présidents le plus mal élu de toute l'histoire de notre 5ème République.

Que s'est-il passé ?

La résurgence du MoDem

Chaque groupe présentant un candidat (ou une candidate) - LR, PS, LFI - tous ont fait le plein des voix de leurs propres députés. Mais 2 groupes ont cependant fait exception à la règle : les groupes LREM et celui MoDem.

Le premier nommé (LREM) qui compte dans ses rangs 312 députés, n'a apporté à son candidat désigné, je le rappelle ici, que 254 voix : 58 députés LREM n'ont pas voté pour Mr Richard FERRAND. Du jamais vu !

Le second nommé (MoDem) qui compte dans ses rangs 46 députés, à l'inverse du précédent, a dénombré, lui, presque le double des voix attendues, soit 86 au profit de son candidat désigné, Mr Marc FESNEAU, soit 40 députés supplémentaires et totalement inattendus. C'est la vraie surprise de cette élection.

Si l'on cherche d'où viennent ces 40 députés "inattendus" (quoique le vote soit secret), un simple décompte laisse penser que s'il était prévisible que "quelques" députés centristes (UDI, AGIR, Constructifs) dépourvus de leaders désignés pour les représenter, auraient porté leur choix sur le candidat MoDem.Mais eux tous ne dénombrant pas 40 députés, d'autres voix venaient donc d'ailleurs : il est devenu évident que des députés LREM ont voté pour Mr Marc FESNEAU et non pas pour leur propre candidat, Mr Richard FERRAND.

Il est vrai que si nul ne peut raisonnablement affirmer que le groupe MoDem ne soutienne pas la politique définie par le Président MACRON dans le programme pour lequel celui-ci a été élu, nombre de députés MoDem ont cependant le sentiment d'être souvent écartés des grandes décisions et réduits au rôle de simples "supplétifs" de l'écrasant groupe LREM. Et, en désignant Mr Marc FESNEAU comme leur propre candidat, ils ont voulu marquer que, sans quitter la majorité présidentielle, le MoDem représentait un courant propre, défendant ses valeurs historiques sociales et humanistes. Ce vote est une réussite éclatante.

LA PERSONNALITÉ de Mr FERRAND mise en cause ?

Pourquoi donc une telle déconvenue pour Mr FERRAND ?

Personnellement, je ne connais pas du tout Mr FERRAND, ni ne l'ai jamais rencontré. Militant socialiste historique implanté en Bretagne, je n'avais d'ailleurs nulle raison de le croiser dans ce cadre.

J'ai entendu, comme beaucoup, de nombreuses appréciations à son propos, dont certaines étonnamment très désobligeantes : "charisme de poisson crevé", "ringard", "vestige du vieux monde" (celui-là même que Mr MACRON orétend vouloir renouveler), etc…. Et j'en passe des meilleures.

Il ne m'appartient de juger quelqu'un que je ne connais pas du tout, et je respecte toujours a priori l'homme (ou la femme) qui défend ses idées, même quand il peut arriver que je ne les partage pas : c'est un principe auquel je me tiens.

Je ne jugerai pas davantage son parcours, certes quelque peu sinueux qui a mené Mr FERRAND de passer des certitudes "socialistes" aux convictions "macronistes". Je ne m'arrêterai pas davantage non plus aux péripéties judiciaires auxquelles il serait confronté pour des raisons dont seule la Justice peut s'en saisir. Je ne peux que souhaiter à Mr FERRAND qu'il deviennent l'une des grandes voix qu'on a entendues au cours de l'histoire et descendues de la tribune qu'il préside désormais. Je ne le jugerai qu'à son action dans sa nouvelle mission. Je ne fais aucun procès d'intention.

Mais il est évident que je ne suis pas seul à m'interroger sur l'apparent "désamour" que semblent lui porter certains élus du groupe qu'il présidait hier, mais ont refusé de voter pour lui.

Je laisse à d'autres talents le soin de répondre à cette interrogation, si réponse il y a un jour.

jeudi, 15 mars 2018

80 Km/H : L'ARNAQUE

accident-route_sn635.jpgOn peut s’étonner qu’une mesure limitant, à partir du 1er Juillet prochain, la vitesse à 80 Km/H sur toutes nos routes (hormis les autoroutes) soulève un tel émoi : ne répond-elle pas pourtant aux meilleures intentions du monde, à savoir de réduire le nombre de décès dus à la circulation qui, même s’ils sont en baisse constante depuis plusieurs années, sont toujours trop élevés ? Même si l’on pouvait ne sauver qu’une seule vie, cela se justifierait déjà largement.

Hélas, une grande majorité d’usagers de la route reste très sceptique sur la portée réelle de cette mesure. Et on peut les comprendre.

Le gouvernement lui-même aide peu pour convaincre les contestataires : on nous dit que des tests ont eu lieu sur des zones « accidentogènes ». Mais on entoure aussitôt leurs résultats d’un silence total : curieux ! Mais, comme tout finit par se savoir, on découvre « sous le tapis » que ces tests sont très loin d’être probants : pire, ils sont plus que décevants pour convaincre les sceptiques par rapport aux gênes nouvelles des contraintes imposées lors de ces essais.

Mais, comme nos gouvernants actuels ne veulent pas faillir à leur réputation de vouloir « tout changer », (il y a des « images de marque » à préserver à tout prix !) on s’est dirigé vers les solutions les moins coûteuses. Mieux vers celles susceptibles qui peuvent ramener quelques recettes supplémentaires par le biais de contraventions qui, elles, ne cessent d’augmenter, contrairement au nombre de morts à déplorer sur nos routes.

En vérité, on prend le problème  à l’envers : ce n’est pas nouveau.

Le parc automobile en France :
• ce parc était, il y a 40 ans, de l’ordre de 20 millions de véhicules. En 2017, il a presque doublé : près de 40 millions, dont près de 83% de véhicules particuliers. Mais alors que la circulation automobile a augmenté de ±80 %, le nombre de tués, lui, a été divisé par 2. Il n’y a aucune relation entre, d’une part, le développement du nombre de véhicules en circulation et, d’autre part, le nombre d’accidents : le rapport est même totalement inverse.

La cause des accidents mortels :
• vu  d’un cadre général, un rapport officiel récemment publié, dit : « Les causes profondes des accidents sont dues au temps du trajet domicile<>travail et aux routes empruntées » pour s’y rendre. De la vitesse, il n’en est pas question du tout.

Mais examinons cependant quelques autres chiffres.

Les rapports établissent que 50% des accidents mortels sont dus aux infrastructures, dont :
• 40% aux virages mal dessinés
• 30% aux obstacles sur accotements
• 19% aux carrefours non giratoires
• 6% aux accès des riverains ou centres commerciaux non aménagés

Pour les autres causes de mortalité, on cite encore l’alcool (28%), la distraction au volant (18%), la fatigue (9%), et autres usages de stupéfiants. De la vitesse (classée à 26% seulement de ces « autres causes » de mortalité), on constate donc qu’elle reste bien loin derrière toutes les autres citées précédemment.
Non pas que la vitesse soit négligeable pour autant, mais de-là à en faire la cause principale de mortalité, c’est vraiment se moquer du monde.

Pour sourire un peu dans ce constat très technique, je relève que le premier accident automobile a eu lieu vers  l’année 1770 : la vitesse incriminée de ce « bolide » (mis en cause par cet accident devenu « historique ») était, au moment du heurt fatal, de 4 Km/H ! Beaucoup plus tard, fin du 18° siècle, on n’hésitait pas à accuser la circulation de véhicules hippomobiles en cause des nombreux accidents croissants ou par chocs entr’eux, ou avec des passants ou autres montures cavalières. Plus tard encore, à la fin du 19° siècle, lorsque sont apparus les premiers véhicules automobiles plus « modernes » et prometteurs d’autres performances, on a salué aussitôt le « grand progrès » de ces nouveaux moyens de locomotion qui, roulant un peu plus vite que les précédents, mettaient désormais leurs passagers à l’abri des agresseurs (ou autres égorgeurs ou détrousseurs) pour qui l’absence de vitesse les exposait alors à la portée tous qui pouvaient facilement monter à bord des véhicules pour commettre leurs méfaits  quand ceux-ci cheminaient tranquillement. La « vitesse » était donc devenue soudain, pour nos grands parents, source de progrès et de sécurité pour les usagers de nos routes, en ville comme en campagne ! Les temps ont bien changé depuis. Les vitesses atteintes aussi.

Revenons-en donc aux causes réelles des décès actuels sur les routes.

Largement en tête de ceux-ci, on trouve d’abord les « infrastructures » de nos routes. Il est vrai que depuis l’époque des calèches ou autres diligences, le développement du nombre de véhicules maintenant en circulation (qui a notamment doublé depuis 40 ans) et leurs performances, les normes de conception de nos routes, que ce soit en zone rurale ou en milieu urbain, a peu changé depuis plus d’un siècle :  • la largeur des voies sont restées approximativement les mêmes qu’à la « belle époque », le croisement des véhicules (ou grands gabarits) roulant en sens opposés impose qu’ils se frôlent souvent de trop près, le doublement des véhicules plus lents (poids lourds, cars, véhicules agricoles) par ceux plus légers qui ne peuvent les suivre longuement sans devoir les doubler, relèvent de paris toujours audacieux • la conception des carrefours et autres raccordements de voies secondaires sur celles principales est restée très « classique » et sans trop se soucier de la nécessaire visibilité pour s’y glisser en toute sécurité • nombre de greffes pour l’accès aux zones d’activité se sont multipliées au long de nos routes sans trop se soucier davantage des moyens d’y accéder ou d‘en sortir. On pourrait ici multiplier les exemples.

Bref, nos nationales ou départementales sont conçues avec soin et même parfois avec un certain talent, sauf celui de pouvoir y accueillir les nouveaux moyens de circulation, faire face à leur nombre accru qui ne sont plus les mêmes que jadis. Et pourtant pas grand chose a changé depuis, sauf l’apparition d’innombrables panneaux d’interdictions les plus diverses et variées qui se multiplient à un rythme effréné et… les radars pour assurer de nouvelles et confortables recettes à l’état propriétaire.

Je passerai aussi sous silence l’entretien des routes en général : il est devenu le parent pauvre des budgets chargés de les entretenir et, le plus souvent, le moyen d’ajustement de ceux-ci quand il faut faire place à d’autres priorités. Je n’évoquerai pas pour exemple les innombrables « nids de poule », les accotements mal entretenus, les « gendarmes couchés » à des emplacements souvent inadaptés, etc… : on pourrait croire, si j’allongeais trop la liste, que je voudrais dresser ici un tableau apocalyptique de l’état de nos routes. Mais cependant on ne peut le taire tout-à-fait.

Voilà pour les causes les plus fréquentes d’accidents mortels : et la vitesse n’y occupe toujours, il faut honnêtement le constater, qu’une très modeste place.

Pour preuve encore de ce faux débat, si la vitesse était en cause de la plupart des accidents, nos autoroutes – où on y roule généralement à 130 Km/H – seraient de véritables hécatombes. Or celles-ci qui accueillent en France ±15% des kilomètres parcourus, le nombre de tués n’y est que de 4%. La vitesse tue ?

Autre preuve encore que j’ai recueillie récemment : chacun sait que le département du Nord, véritable carrefour européen dont la circulation est l’une des plus denses d’Europe (liaison obligée entre le Sud, l’Ouest, la péninsule ibérique, Paris avec la Grande Bretagne, le Benelux, le port d’Anvers – premier port d’Europe – les régions Nord de l’Allemagne et les pays scandinaves), ce département du Nord est celui où le maillage autoroutier est l’un des plus denses de France (et de surcroît, il est entièrement gratuit d’accès !). Ce département vient de publier la statistique suivante : on y roule presque partout sur les grands axes routiers à 110 Km/H. Il y avait, il y a 40 ans (en 1978) 316 tués de la route et, aujourd’hui (en 2017), on n’y dénombre que 64 accidents mortels, soit ±80% de baisse. La vitesse tue ?

Trop de constatations, toutes aussi convergentes les unes que les autres, prouvent que la vitesse n’est pas la principale cause du taux d’accidentologie routière. C’est un mensonge éhonté que de prétendre le contraire.

Ceci ne veut pas dire pour autant qu’il faut rester les bras croisés : diminuer un peu plus encore ce taux d’accidentologie est une nécessité, voire devenir une priorité nationale. Mais l’effort ne consiste pas de se trouver les moyens de dresser plus de contraventions mais d’adapter prioritairement notre réseau routier aux nouvelles exigences qu’exige notre siècle en plein développement. L’écologie bien pensée, c’est aussi cela.

Il est parfaitement idiot d’imposer, depuis des bureaux parisiens, une vitesse universelle pour toutes les routes de France, quelle que soit la typologie des terrains qu’elles desservent. On fait aujourd’hui la même erreur que François Mitterrand imposant pour toutes les entreprises de France les 35 heures, même là où cette mesure désorganisait les services nécessaires, hôpitaux compris. On sait la suite dont on paye encore aujourd’hui les graves conséquences.

Revenons à la raison. Oui, il existe en France nombre de routes où la vitesse souhaitable ne doit pas dépasser les 80 Km/H, certaines même encore en dessous dans certaines zones rendues difficiles par leur configuration. Mais il n’appartient pas aux ministères parisiens d’en décider uniformément : seuls les pratiquants du terrain, ceux qui parcourent journellement leur région et la connaissent parfaitement, peuvent déterminer là où les 80 Km/H s’imposent, mais surtout détecter les améliorations à apporter à nos infrastructures routières. Il faut ouvrir les yeux. Oui il faut faire de ce vaste chantier une priorité nationale pour sauver d’autres vies.

Tout le reste n’est que beaux discours (même si empreints de volonté ou de sincérité), poudre aux yeux et véritables arnaques potentielles.

Un peu plus de réalisme courageux, s'il vous plait, dans les décisions à prendre, même si celles-ci vont parfois à contre-courant des opinions populistes : voilà ce dont la France a grand besoin aujourd’hui.

François VAN DE VILLE
    Nîmes

mardi, 05 septembre 2017

LA BALADE DES PAUVRES GENS

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LA BALADE DES PAUVRES GENS

 

Le hasard de mes lectures me révèle qu'en France, au cours de la seule année 2016, 12.000 "millionnaires" (en euros) ont quitté à nouveau la France. Déjà, en 2015, celle-ci détenait le record mondial des départs avec (seulement) 10,000 départs. Et l'Institut New World Wealth nous apprend aussi qu'entre 2010 et 2016, ce sont 60.000 millionnaires qui ont émigré de France avec leurs capitaux et les biens qu'ils y avaient investis et ce en raison des "faibles perpectives économiques qui leur étaient proposées (sous les règnes de Mr Sarkozy, puis de Mr Hollande), puis les tensions sociales, ethniques et religieuses qui s'y développaient dangereusement, et enfin une fiscalité confiscatoire", surtout lors des années du mandat Hollande.

 Sans prendre nullement ici la défense de ces millionnaires qui s'expatrient, il s'agit bien d'une tragédie, autant douloureuse que vertigineuse : comment créer ensuite des investissements et des emplois nouveaux chez nous quand la France s'appauvrit à un tel rythme que l'abêtissement de nos dirigeants d'un moment les y encouragent de fait ?

 Et je ne parle pourtant ici que des "millionnaires". Si on examine d'autre part la situation des "milliardaires" français - ils sont moins nombreux mais ils pèsent cependant dans notre balance économique -, on peut presque, aujourd'hui, parler de "désert" : si notre planète en dénombre un peu plus de 1.800, la France, elle, n'en accueillait, en 2013 que 74. Ils se réduisaient ensuite en 2014 à 67, puis il nous en restait seulement 39 en 2015.

 Mais, pour les derniers survivants de cette espèce "en voie de disparition en France", si environ une petite minorité d'entr'eux ne détiennent leur fortune que par le jeu d'héritages familiaux remontant très loin dans le temps, une petite lueur d'espoir existe quand même chez les autres - leur majorité - quand on observe que celle-ci, chez nos rares milliardaires français restants, ont bâti leur fortune assez récemment de leurs propres mains, tant par leur habileté dans l'art de mener avec détermination leurs affaires, que dans celle de vouloir créer de nouvelles richesses et autres investissements à la clef. Là réside peut-être cette lueur d'espoir que j'évoquais, non seulement pour leur propre sort mais surtout pour celui des français qui veulent y prétendre à leur tour.

 Cependant, on ne peut le nier, le mal existe bien. La France a une singularité particulière : depuis les années Hollande, celle de lutter davantage contre la richesse et non contre la pauvreté. On en constate aujourd'hui le résultat.

 C'est bien à un changement profond de mentalité qu'il faut aujourd'hui procéder : impliquer, selon moi, les plus riches dans le redressement de la France plutôt que de les pousser à partir s'établir ailleurs.

 Sur un plan plus pratique, si les seuls 60.000 millionnaires qui se sont exilés de France depuis 2010 y étaient restés, cela ferait (en moyenne, bien sur) 600 millionnaires présents dans chacun de nos 100 départements français, qui y paieraient leurs impôts, qui y investiraient et y auraient contribué à créer ou maintenir de l'emploi, au lieu de les créer à Londres, à Lisbonne, à Genève ou ailleurs. Quel responsable de département ne s'en féliciterait-il pas aujourd'hui, au lieu de voir des friches se développer là où, hier, il y avait encore des activités ?

 Ce constat, au-delà de cet aspect un peu simpliste qu'on peut lui concéder, me porte à me questionner sur ce "Panthéon" actuel de l'idéologie politique française, à savoir le perpétuel débat de l'utilité de ce fameux "ISF" (Impôt Sur la Fortune) qui nourrit tant de conversations. La question est simple : qu'est-ce qui serait aujourd'hui plus utile à la France, maintenir l'ISF ? Ou le supprimer purement et simplement ? Qu'est-ce qui serait aujourd'hui plus bénéfique à la France pour faire rentrer de l'impôt : taxer les "richesses" (et les riches qui les détiennent) par le biais de cet ISF, ou inciter ceux-ci à revenir en France, y investir, y créer de nouvelles richesses et de nouveaux emplois ? Je me permets, à la suite de tant d'autres, de poser ici la question.

 Oh j'entends déjà les cris d'orfraies qui vont surgir, y compris chez certains de mes amis, rien qu'à l'idée d'oser poser une telle question. Et pourtant, quand on constate que ce maigre ISF fait fuir en masse à l'étranger les capitaux qui auraient pu s'investir chez nous, rapporte désormais (et à quel coût pour en établir les bases d'imposition ?) des clopinettes à l'état au prix de débats et de contestations innombrables, la question mérite bien d'être posée. Au-delà des idéologies de principe.

 Évidemment, on entendra aussi les belles envolées lyriques de Mr Mélanchon pour protester contre une telle interrogation sacrilège, et relayé ensuite par les vociférations de son collège de désemparés à la maturité encore peu sure et qui constitue son auditoire habituel. Est-ce une raison pour se taire et ne pas se poser la question ?

 D'autres que moi sont plus qualifiés pour répondre à cette interrogation. Je ne me risquerai pas personnellement de le faire à leur place. Mais j'estime qu'elle mérite aujourd'hui d'être posée, avec calme, sérieux et sans inutile passion.