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samedi, 05 juin 2021

LA FIN DU "QUOIQU'IL EN COÛTE"

BILLET de François VAN DE VILLE

quoiqu'il en coute.jpg- Depuis plusieurs mois, chacun le sait, nous vivons sous un régime économique exceptionnel, voire historiquement unique : celui des taux négatifs;

De quoi s'agit-il ?

Quand un état emprunte habituellement sur les marchés internationaux, alors qu'il est préalablement convenu, avant de convenir de ce prêt, de s'accorder sur le taux d'intérêt qui lui sera appliqué et qu'il devra payer pendant la durée de l'emprunt, depuis plusieurs mois c'est l'inverse qui se produit : loin de payer des intérêts, on propose à l'emprunteur de rembourser moins que ce qui lui a été prêté ! Du jamais vu !

Inutile de s'étonner que les états habituellement "grands emprunteurs chroniques" (au nombre desquels se trouvent la France depuis le vertueux Giscard d'Estaing) se sont précipités dans cette aubaine qui arrangeait bien leurs comptes. Et la crise des "gilets jaunes" d'abord, puis celle du "Covid 19" qui lui a succédé ont été l'excuse toute trouvée pour ouvrir en grand nos caisses devenues plus gourmandes et accueillir ces emprunts qui ne coûtaient plus rien, donc pouvoir nourrir le "quoiqu'il en coûte" des nouveaux besoins issus de ces crises.

La raison initiale était d'éviter à certains états une déroute financière due à des évènements difficilement contrôlables face à des circonstances exceptionnelles. Ce leur fut fort utile et les grands financiers internationaux en ont pris bonne conscience. D'où leur apparente "générosité". Mais "générosité" toute passagère à l'évidence.

Cela pouvait-il durer ? Eh bien : NON !

Depuis peu, avec l'atténuation apparente des dangers issus de la crise sanitaire, les choses ont changé : les états qui continuent d'emprunter - telle la France ou pour rembourser ses multiples emprunts qui atteignent désormais des niveaux jamais atteints, ou maintenir un niveau de vie qui dépasse largement ses capacités de produire à compétition comparable - ces états empruntent donc désormais, depuis peu, dans les règles traditionnelles, c'est-à-dire avec la contrainte de payer désormais des intérêts. Et ceci change tout : c'est la fin inexorable du "quoiqu'il en coûte" où l'on se permettait de déverser à tout va et à tout propos.

Certes, la prudence commande que ce renversement de conditions se fasse sans créer de nouvelles crises et très progressivement. Certains estiment que notre nouvel endettement nécessitera plus de 60 années pour rembourser ce que nous avons emprunté pour faire face à ces crises, ce dont nul ne sait encore aujourd'hui l'issue. 3 générations de français, loin encore d'être même conçus, seront chargés de rembourser nos propres largesses actuelles !

Y a-t-il de quoi être rassurés pour autant ? Est-ce une mauvaise nouvelle ?

La nouveauté réside surtout dans ce que le rapport des gouvernements à l'emprunt et à la dépense publique va changer profondément. Rien ne sera plus jamais comme avant : il va falloir changer habitudes et réflexes. Que chacun en prenne bien conscience.

L'état ne pourra plus financer gratuitement ses investissements, ni même toujours payer sa dépense publique, ni même ses fonctionnaires au niveau où il se trouve actuellement. Comment payera-t-on ? Cependant les besoins sont réels : la transition écologique coûtera cher, très cher même si on la garde en l'état. Comment faire face à ce dilemme ? La révolution technique ne fait que commencer et suppose des investissements publics massifs. Où trouver les moyens ? Nos sociétés, devenues très vulnérables, sont en demande de protection de la puissance publique. Comment y faire face ? Etc, etc….

Comment donc échapper à de nouveaux emprunts dont le montant des intérêts à payer annuellement dépassera le budget de bien des volets - ou des ministères entiers - de nos administrations, y compris en matière sociale ?

Certes, les perspectives économiques repartent à la hausse. Mais face à une compétition internationale sans pitié pour ceux qui ne parviendront pas à rétablir cette compétitivité par des mesures de redressement peu communes.

Cette disparition du "quoiqu'il en coûte" va entrainer une prise de conscience de ce qui est déjà plus qu'un danger, voire une réalité : celle de ces états s'habituant à l'endettement, un peu comme on s'habitue à une drogue avant de sombrer à la première tempête venue.

Il y a donc danger si l'on n'en prend pas conscience. Et vite !

lundi, 10 mai 2021

L'APRÈS COVID 19

BILLET de  François VAN DE VILLE

mondial.jpg- Comme chacun sait, l'histoire est toujours un domaine très ouvert, ce qui rend l'histoire très imprévisible.

Pourtant, en certaines circonstances, il est plus facile de prévoir le moyen et le long terme que le court terme. Et si l'on en doutait quelque peu, le Covid 19 pourrait en être la preuve.

Il y a peu encore en effet, en matière de court terme, qui pouvait imaginer le pire sur l'évolution de cette soudaine pandémie ? Et on a vu apparaître très vite  des systèmes de santé saturés, des personnels épuisés, des morts par centaines de milliers pour les plus proches de notre continent (ou les millions par ailleurs), des contraintes sans précédent en matière de liberté d'entreprendre, de se déplacer, d'entretenir nos modes de vie, et aussi des ruptures d'approvisionnements, même en matériels de santé ou sanitaires, et aussi encore des interrogations sans réponses satisfaisantes de la part de ceux qu'on considérait souvent comme les responsables de ces manquements, et tout ce qui s'en suit pour ensuite douter de leurs explications si peu simples à formuler.

En fait, nous étions tous, sans exception aucune, emportés dans une vague déferlante et imprévisible dont personne ne voyait comment s'en échapper.

Puis, de façon toute aussi imprévisible, une timide fenêtre s'est ouverte avec l'apparition de vaccins dont nul ne pressentait la naissance en si peu de délai, fenêtre dont beaucoup n'osait même s'approcher par crainte qu'il ne s'agisse que d'un mirage trompeur. C'était toujours du court terme, mais à puissance inédite.

Mais si, s'éloignant de ce court terme, l'on regarde un peu plus loin, quelques évidences apparaissent.

Cette crise sanitaire a sonné le glas de la mondialisation et de l'idéologie progressiste dominante qui, jusque là, faisaient loi.

Certes, les grandes épidémies de l'Antiquité ou du Moyen Âge (ou encore celles plus récentes), ces épidémies n'ont eu nul besoin de connaître la mondialisation pour faire aussi des millions de morts. Cependant, aujourd'hui, il tombe sous le sens que la généralisation des transports, comme des échanges ou des communications n'a pu qu'aggraver les choses. Le Covid 19 a fait "comme tout le monde" : il a circulé au rythme de cette généralisation d'échanges.

Eh bien aujourd'hui, on ne circule plus !

Je lisais tout récemment que même le tunnel sous la Manche a vu sa circulation de trains réduite de 90%, mettant en péril l'Eurostar qui n'assure plus chaque jour qu'un seul aller-retour depuis Londres jusque Paris ou Bruxelles. Qui l'eut cru il y a quelques mois encore, comme la réduction drastique de fréquentation de nos TGV nationaux ? Autrement dit, on a rompu avec le principe de la libre circulation des hommes, des marchandises ou encore des capitaux.

Ce n'est pas la fin "du monde", mais la fin "d'un monde".

Rappelons-nous que la mondialisation reposait surtout sur l'impératif de produire, de vendre ou d'acheter, de bouger, de circuler, d'avancer et de se mélanger dans un vaste "vivre ensemble". Elle reposait aussi sur l'idéologie du progrès et l'idée que l'économie devait définitivement supplanter le "politique". Mais voilà que - Patatras ! - alors qu'on nous vantait le mouvement, le "bougisme" et le déracinement, tout est à l'arrêt et bon nombre de respirations sont désormais placées sous oxygène passager.

Qu'en sera-t-il quand celui-ce se tarira et les robinets fermeront sous le poids d'une dette in-maîtrisable ? 

Et maintenant, qu'est-ce qui s'annonce ?

Cette crise économique et sociale pourrait bien déboucher sur une nouvelle crise financière qui pourrait nous faire oublier celle de 2008 de par son ampleur. Le Covid 19 n'en sera pas le déclencheur mais il en aura été simplement le catalyseur.

Par ailleurs, il n'est pas exclu qu'on doive aussi traiter simultanément une crise sanitaire, comme celle économique évoquée plus haut, mais encore celle sociale, celle écologique ou celle autre migratoire. Une véritable conjonction de catastrophes, un autre "tsunami" à venir.

"Nous sommes en guerre" a déclaré, il y a un an déjà, Mr Macron dans une allocation très discutée. Mais une guerre exige non seulement des moyens, mais aussi des chefs, et des chefs dotés d'autres armes que les promesses de tribunes plus ou moins incompétentes ou irresponsables. Les pistolets à bouchon n'ont plus place dans cette compétition.

Et quand tout cela sera passé, car il y aura bien une fin….

Peut-être reviendrons-nous alors au désordre établi de si longue date ? Ou aurons-nous peut-être enfin trouvé le moyen de repartir sur de meilleures bases, éloignées de la marchandisation du monde, du productivisme ou encore du consumérisme à tout prix ?

Je m'efforce d'y croire.

Encore !

jeudi, 11 mars 2021

Le PAPE & L'USAGE POLITIQUE des RELIGIONS

BILLET de François VAN DE VILLE

pape.jpg- En se rendant tout récemment en Irak, entre ruines et cratères de bombes, le pape François a fait preuve à la fois tant d’à propos que de courage.

Ses prédécesseurs, Jean-Paul II, fut un "prophétique", Benoît XVI était, lui, un "cérébral". Le pape François, lui, est plus un "social". Mais, au-delà de leurs différences, les trois souverains pontifes ont tous eu en commun la conscience claire de la force spirituelle qu’ils incarnent à la tête d’une très forte et très ancienne communauté.

C’est cette conviction qui donne aux chefs successifs de l’Église catholique toute leur puissance politique.

Quand le pape François se rend donc en Irak, il s’agit bien d’un événement politique de premier ordre. Seule une visite de ce poids symbolique - la première dans l’histoire de l’Église - pouvait s’imposer malgré les risques environnants d’attentats et la situation épidémique.

Les ruines de ce pays, l'Irak, témoignent à la fois d’un délire idéologique américain qui avait voulu détruire des armes massives.... qui n’existaient pas ! Délire qui avait aussi cru pouvoir imposer la démocratie par la force des armes. Mais aussi délire politico-religieux de sunnites fanatiques voulant établir un califat, là où la loi de Dieu régnerait sur les hommes. Sans oublier, en réaction, les nombreuses exactions des milices chiites. Mais aussi sur la terre où, selon la tradition, serait né le prophète reconnu Abraham, reconnu à la fois et par le judaïsme, et par le christianisme, et aussi par l’islam dans toutes ses composantes. Même si, ensuite, des intégristes ont fait la pire des politiques au nom de leur propre religion.

L’importance de la visite du pape en Irak tient donc aussi au soutien qu’il peut apporter à une communauté chrétienne qui a vu les deux tiers de sa communauté quitter le pays en moins de vingt ans.

Mais, au-delà, il s’agit surtout pour le pape François de lutter tout en recherchant l’accord des autorités religieuses sunnites et chiites, contre "l’usage politique des religions".

Cette distinction entre les ordres religieux et le temporel, que trop d’intégristes refusent d’entendre quand elle est promue par des dirigeants politiques, devient plus audible quand elle est défendue par le chef d’une Église qui compte, elle, plus de 2 milliards de fidèles.

Espérons que le message passé au cours de cette visite historique sera entendu par le plus grand nombre des femmes et des hommes de raison.

mardi, 29 décembre 2020

CROIRE ET ESPÉRER

ciel.jpgLe soleil, chaque jour, se cache pour, le lendemain, reparaître à nouveau à nos yeux.

Souvent, le ciel, même un moment le plus obscurci par les nuages, forme ensuite celui le plus beau et le plus serein.

Espérons que nos maux du moment seront bientôt suspendus, mais, bien sur, si nous ne cessons jamais de croire, ni d'espérer en cet instant.

Tels sont, pour chacun de vous et de vos proches, mes vœux pour 2021.

19:18 Publié dans DÉBATS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : faits de société

samedi, 28 novembre 2020

DÉSORDRES & CONFUSIONS

BILLET de  François VAN DE VILLE

Faits de société, Politique- Un grand rassemblement s'organise aujourd'hui, à Paris et quelques autres villes, à propos d'un projet de loi dit de "sécurité globale", et précisément sur l'un de ses articles : le 24.

Curieux rassemblement autour de ce qui n'est encore qu'un simple projet de loi toujours en gestation entre sénat et assemblée nationale tendant essentiellement à préserver nos forces de maintien de l'ordre de tout acte de répression individuelle pouvant les mettre en danger, eux et leurs propres familles.

Porterait-on atteinte à la liberté de la presse garantie par notre Constitution ?

On comprendrait mieux une telle manifestation si elle concernait une loi parfaitement élaborée, adoptée et votée et auquel on s'opposerait démocratiquement et de façon motivée quant à ses effets. Or il n'en est rien. Et ce d'autant que le fameux article 24 semble faire l'unanimité de tous, à tous échelons de l'état, pour son actuelle rédaction très controversée à l'issue de son premier examen par les députés.

Malaise qui finit par susciter désordres et confusions.

Face à ce malaise, le gouvernement a d'abord tenté de former une commission qui aurait été chargée de rédiger autrement la partie controversée de ce projet de loi. Mais aussitôt beau tollé des élus qui, à juste raison, protestent aussitôt à ce qui leur parait être une sorte de dessaisissement de leurs prérogatives parlementaires. Out aussitôt pour cette commission avant qu'elle ne soit formée.

Parallèlement, alors que ce projet de loi vise à protéger nos forces de l'ordre, voici que celles-ci s'illustrent par des excès qu'elles semblent parfois assez mal maîtriser :
• d'abord une évacuation brutale de migrants ayant installé leurs tentes Place de la République, alors qu'on peut s'interroger pour savoir qui a incité ces désespérés étrangers à s'y installer, en sachant fort bien qu'ils en seraient chassés immédiatement par tous moyens. Provocation probable pour ébranler un Ministre de l'Intérieur mal supporté par certains opposants.

Malaise.

• peu après, autre grave incident saisi par une caméra de surveillance où l'on surprend encore des forces de l'ordre brutalisant un jeune quidam de couleur se rendant sur son lieu de travail et portant ensuite sur lui les traces d'une violence dont on comprend mal la raison, hormis une sorte de défoulement assorti d'injures racistes qu'une enquête diligentée tentera peut-être d'éclaircir.

Autre malaise.

Ensuite le Préfet de Police de Paris prend la décision d'interdire cette manifestation, ne serait-ce que pour les raisons sanitaires Covid-19 et ne pas surcharger les forces de l'ordre d'un travail qui les concernait directement quant à ses raisons d'être. Mais, hier, le Tribunal Administratif de Paris a suspendu l'arrêté d'interdiction signé par le Préfet. Beau pataquès en vue face à cette manifestation désormais autorisée.

Malaise.

Comment le Préfet, en charge des forces de l'ordre à Paris, va-t-il contrôler une manifestation qu'il avait interdite mais qu'aujourd'hui la Justice lui impose quelques heures seulement avant son déroulement et dans le contexte tant de sécurité que sanitaire auquel il est confronté bien malgré lui ?

Tout ceci ressemble plus à de la provocation qu'un simple concours de circonstances, provocation d'autant inflammable dans les circonstances de confinement qui met gravement mal à l'aise des pans entiers de la population qui conteste ce confinement sur bien des points.

Espérons qu'un peu de sagesse évitera d'ajouter trop de désordres à ces confusions.

lundi, 27 juillet 2020

LES NOUVEAUX TYRANS

Billet de  François VAN DE VILLE

hygienisme.moral.jpg- Hier, dimanche 26 Juillet, était organisé l'hommage au Père Hamel, ce prêtre assassiné lâchement il y a 4 ans alors qu'il célébrait un office religieux dans sa paroisse de la paisible campagne normande.

L'émotion était forte : une marche silencieuse précédait cette cérémonie, en présence de la sœur et de la famille du martyr, et d'autres témoins de cet assassinat qui ont pu échapper à ce massacre qui se voulait collectif. Était présent aussi, auprès des autorités civiles, militaires et religieuses, le Ministre de l'Intérieur (en charge des cultes) qui avait fait le déplacement à l'occasion de ce douloureux anniversaire.

Tout se serait déroulé dans la dignité et le recueillement si des profanateurs ne se seraient pas infiltrés pour perturber cette cérémonie. Une honte !

Oh, quoique ces braillards ne soient pas très nombreux, ils n'hésitent cependant pas à brandir des pancartes aux slogans ineptes propres à nourrir les colonnes ou les écrans des réseaux sociaux filmant à profusion cette profanation.

On peut observer que moins ces braillards sont nombreux, plus ils se croient légitimes et constituer une sorte d'avant-garde. Ils s'acharnent sur leurs victimes désignées comme sur des "monstres" qu'ils ont délibérément choisis pour cibles au nom de "grands principes" qu'ils entendent défendre par tous moyens. Hier, leur "grande cause", choisie au hasard, était le droit des femmes victimes - comme depuis des siècles de partout dans le monde, hélas - de viols de mâles momentanément surexcités. Et d'estimer que ces viols ne sont pas assez poursuivis par la Justice, ou avec trop de lenteur, comme pour bien d'autres méfaits tout autant condamnables et qui tardent souvent - peut-on le nier ? - à être examinés. Mais, aux yeux de ces braillards, c'est la société toute entière qui serait complice de ces lenteurs judiciaires.

Il est vrai que notre société est depuis longtemps chloroformée au spectacle permanent de tous ces actes délictueux de tout genre et d'autre importance qui abreuvent les colonnes de nos gazettes ou de nos écrans. Mais nos braillards entendent, eux, au nom des "grands principes", réveiller notre société, quitte à la bousculer par tous moyens qu'ils imaginent fondés : ils veulent même instituer des tribunaux de la rue plus expéditifs.

Hier, le Ministre de l'Intérieur s'est vu invectiver de "sale violeur" au nom d'une morale qui voudrait condamner, par la seule voix de la rue, tout individu suspecté par n'importe quel quidam (sans même connaître la crédibilité de ses accusations), d'avoir enfreint la morale et avant même que la Justice en soit saisie, enquête, examine, fonde sa propre conviction pour envoyer éventuellement le présumé coupable devant le Tribunal de la République.

Pour ces braillards peu scrupuleux, peu importe l'hommage au Père Hamel. Peu importe non plus le devoir de mémoire à son martyr et le recueillement qu'il impose : il fallait à tout prix faire du "buzz". Il leur fallait vomir leur haine : la défense de leur cause n'avait aucune limite, ni par le droit, ni par la solennité des moments qu'ils profanaient. Ils brandissaient déjà, au nom de leur morale, leurs piques virtuelles au bout desquelles ne manquaient que les têtes de leurs victimes.

On parle beaucoup actuellement "d'ensauvagement" de notre société. Je crains fort qu'il ne s'agisse surtout de la tyrannie naissante de certaines minorités pour qui la seule morale est celle de leur propre loi qui passe par dessus toutes les autres.

Si l'on n'y prend garde, notre société entière est donc en danger face à ces tyrannies émergentes au nom d'une purification morale qui ne sera rien d'autre qu'une purge aveugle et sans loi.

jeudi, 09 juillet 2020

RASSEMBLEMENT, OU AMATEURISME ?

nîmes-métro.pngLe nouveau Président de l'Agglo de Nîmes, en connaisseur pourtant aguerri de la dureté d'une campagne électorale hors normes habituelles, ne se montre pas à mes yeux très "rassembleur" pour donner toutes ses chances à cette agglo qui va devoir traverser une période particulièrement difficile de par la situation économique internationale. C'est regrettable.

D'abord l'élection elle-même du Président montre des failles importantes : seules 79 voix sur 105 ont voté en faveur du nouveau Président. C'est une élection parfaitement légitime et incontestable. Mais quand on sait que dans ces 79 voix se trouvent toutes celles issues du groupe RN (ex-FN), à côté de celles des seuls LR, ceci pose une question d'ordre moral. Se souvient-on, lors de l'élection en 1998, d'un Président (ex-RI) de la région Languedoc-Roussillon, élection obtenue grâce aux voix non sollicitées du FN qui avait fait pousser des cris indignés d'orfraies à ceux qui contestaient même avec force la validité de cette élection ? Quand on sait qu'une large partie des électeurs de l'agglo a refusé de nouveau, en 2020, de s'allier avec le RN, et qu'on constate que cet apport de voix RN n'a soulevé aucune mention étonnée de la part de l'orateur nouvellement élu, on peut se poser des questions quant au "rassemblement" souhaité. Comment sera perçu ce rapprochement bienveillant, voire complice, entre le candidat LR et le groupe RN. Il semble que certaines géométries ont varié avec le temps. Je doute fort que les esprits aient tous suivi le même chemin.

Ensuite, quand on se veut "rassembleur", et même si une campagne électorale a dénoncé avec vigueur certains comportements ou choix au sein de l'exécutif municipal sortant, une maturité politique veut qu'une fois la campagne achevée et les urnes ayant rendu leur verdict, on oublie tout cela et on n'use pas d'une tribune pour régler des comptes, même pour satisfaire des tiers amis protecteurs. Quand je lis : "La méchanceté est la caractéristique des personnes souffrant d'infériorité", de qui parle-t-il ? D'un adversaire qui aurait profité d'une campagne électorale pour dresser des accusations mensongères qui pourraient faire l'objet (éventuel ?) de poursuites judiciaires, ou de l'orateur lui-même qui n'ignore pas les épées de Damoclès sous lesquelles il est lui-même placé dans l'attente des poursuites judiciaires dans lesquelles il est mis en accusation ? Oui, la maturité politique exige qu'on use de tout autre langage quand on se veut "rassembleur". Et surtout quand le contexte national actuel est aussi changeant et laisse paraître qu'avant peu des alliances - autres que celles avec le RN - s'imposeront à beaucoup pour exister ou convaincre les électeurs de demain.

Enfin, faire procéder à l'élection de 15 vice-présidents de l'Agglo qui ne sont, très majoritairement, que des proches amis du nouveau Président élu, n'est pas non plus un bon signe de "rassemblement". Cela fait un peu "amateurisme".

dimanche, 14 juin 2020

LE JOUR D'APRÈS

Billet de François VAN DE VILLE

- jour d'après.jpgInviter les Français à se réinventer, alors qu’ils échappent tout juste au Covid-19 qui, aujourd'hui encore, les menace, les inviter aussi, « en même temps », à surmonter une crise sociale sans précédent connu, cela risque de faire beaucoup.

« Sachons nous réinventer, moi le premier », avait déclaré le Président de la République dans l'une de ses allocutions spéciales de crise.

Dans ce domaine, il n'hésite pas, voire quelques fois avec un peu de grandiloquence. Mais utiliser alors le mot « réinventer », c’est pas mal. Mais, c’est aussi quelque peu décourageant que de proposer aux Français de se réinventer : c’est leur dire que dès après le virus, ils n’auront encore rien vu, ni rien fait.

Emmanuel Macron avait promis un nouveau monde. Il le poursuit aujourd’hui. Il proposait alors aux Français d’accélérer pour qu’ils sautent dans le wagon de tête de la course à la mondialisation. Il évoque aujourd’hui les vertus du temps long, de la sobriété carbone. Comme si le « en même temps » n’avait valu que pour faire opportunément sauter les frontières entre droite et gauche. Comme si on n’avait pas d’autres choix que la lessiveuse de la globalisation, celle qui dope la croissance mais rend fou, ou le retour exclusif à la terre qui, elle, «ne ment jamais».

On a en réalité besoin de mondialisation et de circuits courts. On a besoin et de vitesse et aussi de lenteur. On a besoin de se projeter mais aussi de se concentrer. On a besoin d’équilibre, mais certainement pas de se réinventer tous les trois ans.

À quelques heures où le Président doit à nouveau s'adresser gravement ce dimanche aux français, à un moment charnière situé entre le confinement et le retour tant aspiré à une vie normale, je souhaite effectivement qu'on dessine un vrai projet d'avenir, mais avec une vision à long terme.

mercredi, 27 mai 2020

L'AUTRE DÉFI DU PARI EUROPÉEN

Billet de François VAN DE VILLE

Merkel-macron.jpg- Voici quelques jours, fort nombreux sont ceux qui ont salué avec enthousiasme l'accord conclu entre la chancelière allemande - Mme Merkel - et le Président Macron. Ils ont eu raison car cet accord a peut-être sauvé notre Europe commune, du moins celle imaginée par les textes fondateurs, alors que les réticences précédentes et sans faille de Mme Merkel ne cessaient d'en retarder l'ambition.

En fait, cette initiative, un peu tardive hélas, des 2 principaux dirigeants européens prévoit un transfert de richesses - 500 milliards d'€ - et davantage de compétences pour sauver l'UE d'une mort possible, même si encore fort improbable.

Ces 500 M€ seraient donc destinés aux régions et aux secteurs de l'UE les plus touchés par le Covid-19, et ils seraient supportés par l'ensemble des pays membres : ce serait la naissance ET d'une Europe de la Santé, ET d'une Europe des transitions écologiques et numériques, ET encore d'une Europe ouverte sur le monde, mais moins naïve et plus pragmatique face aux hégémonies naissantes d'un peu partout.

"Un sacré programme" ont écrit des observateurs.

Oui, l'Europe était donc devenue vulnérable : elle subissait des pressions considérables, pressions venues d'états-continents qui ne voulaient surtout pas d'une Union Européenne puissante. Et il n'y avait pas que Mr Trump pour s'y opposer avec la virulence de ses sautes d'humeur.

Les propositions avancées communément par la France et l'Allemagne sont donc des réponses directes aux menaces de ceux-là. Et, issues de l'intérieur même de l'Europe elle-même, elles font aussi face à certains gouvernements européens qui cèdent facilement aux sirènes nationalistes. On les connait tous : ce sont toujours les quelques mêmes. Peu importe !

Il fallait aussi veiller à ce que les pays du Nord ne laissent pas ceux du Sud sombrer sous peine de voir ceux-ci tomber ensuite - et eux aussi - entre les mains d'autres démagogues qui ne cherchent, eux, qu'à fermer les portes.

Notre continent européen ne peut pas non plus davantage dépendre des chinois, ou encore des indiens, pour équiper, par exemple, ses propres populations de masques quand il en a besoin, ou nous fournir constamment en médicaments, même ceux de base les plus courants de nos armoires à pharmacie. Notre continent ne peut non plus demeurer ce "nain" numérique dominé par les États-Unis aux humeurs devenues aussi fantasques de par le fait de ses présidents de passage. Enfin, l'Europe doit aussi se protéger des distorsions de marché créées par des nations récemment émergées et prenant soudainement place dans les relations économiques.

Tout cela est donc fort bien pensé et bien répondu par nos deux dirigeants, enfin réunis dans un même projet ambitieux et homogène.

MAIS…. Oui il y a aussi des "mais"….

Il reste maintenant à persuader les autres états de l'UE de la pertinence des propositions franco-allemandes. Et là, la partie n'est pas la plus facile : même certaines réticences naissent aujourd'hui au sein de l'État Fédéral allemand lui-même, pas seulement pour des raisons constitutionnelles (où les règles du fédéralisme peuvent être ressenties comme bousculées par la prédominance des lois européennes sur celles fédérales), mais aussi face à une certaine éthique économique des populations allemandes pour lesquelles celle-ci prime toujours sur toute autre facilité financière. Et surtout quand cette facilité est accordée au bénéfice d'états régulièrement trop dépensiers. Et là, le regard se tourne aussitôt vers notre hexagone français, perpétuellement déficitaire depuis le septennat du vertueux Giscard d'Estaing ! Voici bientôt 40 ans de cela.

Dure équation à laquelle la France va devoir faire face alors que, d'ici peu, des centaines de milliers d'emplois vont disparaître dans notre hexagone, entraînant de possibles autres désordres ou exigences en surplus de celles déjà accordées.

Un autre pari à gagner : il n'est pas le plus simple. Mais il faudra bien l'affronter si nous voulons continuer à exister face à un monde qui change dans ses profondeurs et comme dans ses exigences.

jeudi, 07 mai 2020

CAUSES ET CONSÉQUENCES

Billet de François VAN DE VILLE

causes.png- Aujourd'hui, le gouvernement entame - non sans hésitations entretenues de tous bords - la délicate opération du "commencement" d'un déconfinement des français où ils étaient placés depuis 2 mois face à une situation autant inconnue qu'imprévisible.

Tous ont hâte qu'on en finisse au plus tôt de toutes les contraintes supportées dans l'immensité et les diversités de leurs quotidiens, même les plus intimes. Mais beaucoup ont conscience que ce déconfinement ne sera définitivement achevé que lorsque les scientifiques de toutes nations se seront accordés sur l'élaboration d'un vaccin sécurisant toutes les populations de près de 200 nations concernées. Et de convenir que cela ne se sera vraisemblablement obtenu que dans de fort nombreux mois malgré la gigantesque mobilisation scientifique et médicale que cette pandémie a entraînée.

Mais, dès le commencement de cette opération de déconfinement, tous ont bien conscience que celle-ci n'est pas sans risques. Et c'est là alors que les réflexes de certains peuvent surprendre.

Qui dit "risque" évoque nécessairement "danger" inconnu. Et, à ce sujet, nous voyons paraître aussitôt une autre épidémie : celle de la défiance. Cette épidémie-là touche apparemment plus la France que d'autres nations proches et amies. Il paraîtrait que cela concerne surtout les populations d'origines "latine", donc aussi notre France.

C'est un fait et une évidence incontestables : les français mesurent actuellement les plus mauvais scores de confiance, non seulement envers leurs gouvernants - avec une forte dose présente d'hostilité, - mais aussi de confiance mutuelle entre citoyens. Et, comme dans toute épidémie, comme celle du colonavirus, on voit déferler une vaste vague de suspicions dont nul n'est maintenant totalement épargné. Les maires craignent chacun que l'un de leurs administrés ne les attaque, y compris pénalement, si l'un de leurs enfants contractait le virus lors de la réouverture de leur école. Les patrons de grandes sociétés de transport public écrivent au Premier Ministre pour demander que leur responsabilité civile, et aussi celle pénale, ne soient pas engagées dans l'exécution de leurs obligations qu'ils découvrent au fur et à mesure des textes abondamment édités nouvellement.

Ce phénomène de défiance, mais aussi de suspicion, est particulièrement développé en France par de nombreuses expériences, hélas souvent malheureuses, dues à une judiciarisation particulièrement développée de notre société, les textes protecteurs se révélant souvent insuffisants quoiqu'innombrables. Et, face à cette difficulté, on tend "in fine" à responsabiliser l'État malgré tout le bardage de ses lois. L'État ne peut plus se contenter d'être le payeur, ni même d'être celui qui assure tout le monde, il devient aussi LE responsable, LE coupable de tout ! Et on n'évitera pas les plaintes en Justice comme ultime recours contre tout ou rien.

Je lisais récemment que les services hospitaliers reçoivent chaque semaine ±150 circulaires, décrets et arrêtés qui se cumulent aux milliers d'autres qui les précédent. C'est impraticable en fait. Mais chaque arrêté pris isolément peut être regardé isolément en Justice. C'est une impasse. (On avait déjà connu en France un "Code du Travail" qui ne comportait pas moins de 3.500 pages alors que partout ailleurs il ne tenait aussi efficacement que dans quelques centaines)

Mais, ce que craignent alors les acteurs publics, c'est la vindicte du même nom : loin de l'esprit critique, c'est une sorte de prurit polémique qui saisit le corps social. Nous sommes placés dans l'arbitraire le plus total : les réseaux sociaux, déjà sources de toutes les confusions et autres errements, se nourrissent aussi de réquisitoires et de procès d'intention.

LA DÉFIANCE FRANÇAISE

Les français n'ont qu'une "croyance très vacillante" dans leur République pour leur assurer un avenir meilleur. C'était déjà évident en Avril 2017, avant l'élection d'Emmanuel Macron : 53% des français estimaient déjà que la démocratie française "fonctionnait mal", 71% d'entr'eux n'avaient "pas confiance" dans les institutions républicaines, et 89% "non plus" dans leurs partis politiques ou syndicaux. L'élection de Mr Macron, qui a suivi de peu, n'est pas parvenue à inverser ces scores.

La France est frappée d'une sorte de mélancolie, mélancolie contre elle-même, mélancolie contre l'Europe, un mélange confus de colère et d'abattement. Et ceci se traduit par les taux d'abstention atteints dans nombre d'élections essentielles : aux législatives de 2012, l'abstention était déjà de 44,59%, elle est passée à 57,26% en 2017. Le calamiteux "quinquennat" voté en 2000 sur l'initiative de Jacques Chirac ? Approuvé, lui, avec une abstention de 69,8% : ce qui fait dire que cette fâcheuse loi fondamentale n'a été approuvée qu'avec ±30% des français qui se sont prononcés réellement. Et pourtant on sait combien cette modification de nos institutions a bouleversé leur esprit même et a joué dans la place et la vision qu'on a aujourd'hui de l'État.

Me souvient l'adresse sévère du Président Pompidou à son Premier Ministre de l'époque, en 1966 - un dénommé Jacques Chirac aussi - qui lui présentait de nouveaux textes législatifs qu'il avait établis : "Mais arrêtez donc d'emmerder les Français ! Il y a trop de lois, trop de textes, trop de règlements dans ce pays ! On en crève ! Laissez les français vivre un peu et vous verrez que tout ira mieux ! Foutez-leur la paix ! Il faut libérer ce pays !". C'était il y a plus de 50 ans !

Et on a vu ensuite ces trop-pleins de textes autorisant à nos gouvernants tout et leur contraire : - il y a eu la déception venant d'un Mitterrand changeant de politique à 180° dès la 2ème année de son septennat devant ses décisions désastreuses, alors que beaucoup attendaient de lui toute autre chose - on a vécu les décisions hasardeuses d'un Chirac confus dans ses raisonnements - celle d'un Sarkosy promettant un "karcher" que nul n'a jamais aperçu - les sinuosités d'un Hollande fréquemment chancelant - et, aujourd'hui, un Macron décidé de manier le balai dans tout çà avec une ardeur très juvénile, mais qui peut déranger des habitudes fort bien établies.

La France apparait un peu comme un malade qu'on saurait atteint d'une bonne grippe, mais face auquel on s'étonnerait qu'il face aussi de la fièvre. On confond la cause avec les conséquences de la maladie.

Et pourtant les innombrables défis que nous aurons, demain, à affronter, dans un environnement planétaire où tout est bousculé jusqu'au plus profond des destinées de chacun, n'autorise plus cette sorte de suspicion caractérielle, de défiance généralisée qui est une autre pandémie dont les conséquences risquent d'être plus redoutables encore que celle du Covid-19.

Rien n'est, ni ne sera simple, et pour personne. L'effort à accomplir est gigantesque face à une situation qui nous replace à 70 ans en arrière, où tout est à rebâtir, à réécrire, voire à réinventer. C'est un effort de solidarité nationale, mais exigeant à tous les niveaux de décision quels qu'ils soient.

Notre pays, nos populations ont envie de "vivre" : cessez donc de les encombrer un peu plus par une pluie incessante de textes tatillons et minutieux à l'extrême, qui ne créent que confusion et désordre général.

Il nous faut libérer avec courage le pays de ce mal endémique qui le paralyse sans cesse.

15:19 Publié dans DÉBATS | Lien permanent | Commentaires (0)