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dimanche, 10 novembre 2019

LES INCOHÉRENCES DE LA GAUCHE

"LES INCOHÉRENCES DE LA GAUCHE"

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrate- Aujourd'hui en France sont organisés de-ci de-là des défilés contre "l'islamophobie".

C'est un mot apparemment tout nouveau de la langue française qui donne à penser qu'on pourrait désormais en France, terre pourtant pétrie de laïcité élevée au rang de dogme national, critiquer l'islam en tant que religion. Curieux.

Mais il est vrai qu'on connaissait déjà dans notre hémisphère la sémitophobie (autre nom de l'antisémitisme), et que la christianophobie y est devenue une sorte de sport national qu'on oppose facilement à la laïcité, que l'on dévoye, qui devait pourtant défendre les religions contre leurs propres excès. Alors pourquoi ne pas défiler aujourd'hui contre l'islamophobie ? Je ne rentrerai pas pour autant dans le piège de cette disruption de notre dictionnaire du "bien parlé français".

Fallait-il donc manifester contre l’islamophobie ? La question semble s'être posée prioritairement à la gauche.

Il est vrai que celle-ci n'a jamais éclairci franchement ses rapports avec la laïcité. On peut comprendre son embarras : la gauche ne sait plus exactement où elle habite. 

On a connu d'autres temps où, quand il fallait défiler pour diverses autres causes plus ou moins bien définies, la gauche était experte pour les organiser. On observe aujourd'hui que la gauche se contente désormais de suivre cortèges et défilés organisés par d'autres groupes les plus divers. Pourtant, aujourd'hui, il s'agissait de combattre ET le racisme, ET le rejet des musulmans par une partie de notre société judéo-chrétienne laïcisée. La gauche serait-elle devenue indifférente à ces causes ?

Il est vrai que la gauche s'est empêtrée dans le débat contre le voile islamique sans trop chercher en connaître la cause et l'origine. Certains courants musulmans prétendent que ce voile répondrait à un précepte issu du coran, et d'autres affirment qu'il n'existe dans ce livre sacré aucune sourate ni verset imposant aux femmes de se voiler le couvre-chef. Mais ce qu'il y a de plus curieux, c'est que ce débat sémantique intra-religieux a rejailli jusque dans le champ politique et suscité les passions les plus vives : des mères voilées peuvent-elles accompagner des enfants en sortie scolaire ? Le voile est-il admissible dans l'espace public ou les lieux administratifs ? Ou encore dans les piscines ou sur les plages ? Et quand le législateur, certes avec maladresse et imprécision, s'est permis d'édicter quelques timides règles ayant cependant force de loi, on a aussitôt avancé le terme de lois "liberticides", alors qu'elles ne sont que laïques et qu'il s'agissait de fait de justifier une règle coranique - dont on ignore si elle existe ou non - et empêcher d'imposer aux femmes musulmanes des modes vestimentaires qui, pour certains, font débat, sinon tache, dans nos sociétés occidentalisées.

On ne peut ici nier que la gauche ressent une sorte de malaise qui a donné cette semaine le spectacle de ses hésitations : certains signaient l’appel à défiler sans vouloir manifester, d’autres avaient l’intention de manifester mais sans signer l’appel, etc….. Seul, le parti socialiste fut uni dans le refus de défiler. D'autres ont aussi ânonné de pâteuses justifications et pataugé dans de piteuses contradictions.

Et, chez les "insoumis" de Mr Mélanchon, leur souci fut apparemment de tenter de récupérer des voix pour les prochaines élections, ou encore quelques forces vives qui leur manquent pour préparer la prochaine "révolution" tant espérée. Mais il est vrai que chez les "insoumis", un tout récent sondage révèle qu'en 2022, 63% de leurs électeurs, déjà aujourd'hui très émiettés, voteraient pour la "Marine" et non plus pour eux. De quoi semer la panique : comment rassembler en effet dans un défilé, de surcroit non organisé par des forces de gauche, des électeurs "insoumis" autour de thèses très "islamistes", et d’autres, à leurs côtés, prêts à voter pour l’extrême droite et la "Marine" ?

Bref, là réside toute l'ambiguïté de la gauche et de ses contradictions. Curieux spectacle que nous offrent ces défilés sans vraie cohérence.

mercredi, 09 octobre 2019

LA GUERRE TURCO-KURDE

"LA GUERRE TURCO-KURDE"

Billet de  François VAN DE VILLE

Turco-kurde.jpgAprès la soudaine décision totalement dingue de Mr Trump - une de plus auxquelles il faut désormais s'habituer - d'abandonner les forces kurdes face à la menace armée turque qui a décidé de les décimer malgré leurs contributions décisives dans la lutte contre Daech, la France doit faire face aujourd'hui à cette offensive militaire turque qui menace de déstabiliser un peu plus encore le nord-est déjà très ravagé de la Syrie. 

Hier, déjà, l’État islamique (EI) profitant de cet abandon soudain des kurdes par les USA, a revendiqué un premier attentat suicide contre le conseil militaire de Raqqa - ancienne "capitale" syrienne de son califat - sans faire de victimes assurent les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), coalition de combattants kurdes et arabes.

La nouvelle serait passée inaperçue il y a quelques jours encore si elle ne survenait pas dans un contexte particulier : celui de l’offensive lancée par la Turquie dans le nord-est syrien contre les positions armées du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PTK) considéré par Ankara, et son Président dictateur Erdogan, comme "terroriste".

Il nous faut hélas constater que la chute de Raqqa, comme celle de Mossoul en Irak, n’a pas coupé totalement la racine du mal : "l’hydre islamiste" - pour reprendre l’expression du Président Macron - respire encore au Moyen-Orient et, quoique diminuée, elle continue de frapper.

Il faut avoir à l’esprit ce combat car, aussi loin qu’il puisse paraître, il nous touche directement. Les FDS tiennent à bout de bras une région proche du chaos. Plus encore, elles gardent sous clé, au grand soulagement coupable des capitales européennes, des milliers de prisonniers jihadistes - dont de très nombreux français - et qui ne rêvent, pour beaucoup, que de rejoindre les rangs de l’EI.

Tous ces efforts sont aujourd’hui mis au rebut par la décision de Mr Trump. L’opération turque aussitôt entreprise balaie toutes les cartes. Le président turc Erdogan, récemment affaibli par sa défaite électorale et qui cherche à se refaire une "santé politique", demeuré pourtant apparemment tout aussi cynique en diable, va jusqu’à affirmer que son coup de force va "ramener la stabilité" dans le nord-est syrien, et permettre le retour de deux millions de réfugiés.

De qui se moque-t-il ?

Une catastrophe humanitaire est en marche. Couverte par les atermoiements de Mr Trump - de jour en jour de plus en plus fantasque et incontrôlable - gouverné désormais par une folle obsession limbique dévastatrice.

Emmanuel Macron a annoncé hier, de son côté, saisir le Conseil de sécurité de l’ONU : il en a fait part aux représentants kurdes, qu'il a immédiatement reçus, de sa profonde préoccupation. Mais chacun sait qu'aucune préoccupation n’a jamais empêché les guerres : elle a même servi bien plus souvent à s’en laver les mains.

La France se devrait d'intervenir en force, au sein de l'ONU où elle siège en permanence, en faisant adopter une résolution créant sur place une zone de non-droit à tout survol aérien et à laquelle elle pourrait apporter son concours pour empêcher le pouvoir turc de bombarder les populations kurdes situées en Syrie, principales alliées, ô combien fidèles et efficaces, dans notre lutte commune contre l'état islamique et Daech.

C'est un devoir de sauvegarde impérieux.

Oui, nous sommes bien sous la menace d'une guerre dont les récents événements en France, jusqu'au cœur même de nos institutions, démontrent qu'elle nous concerne tous. Oui, peut-être sommes-nous déjà bien en guerre.

 

mardi, 10 septembre 2019

LES 2 ALLEMAGNE

LES 2 ALLEMAGNE

Billet de  François VAN DE VILLE

2Allem.jpgDans quelques semaines, le monde célébrera l’un des événements les plus importants de l’histoire du XX° siècle : la chute du mur de Berlin, le 9 Novembre 1989, voilà 30 ans.

Ce fut un acte symbolique et déterminant qui conduisit aussitôt à l’instauration d’un nouvel ordre mondial : la mise en cause puis la dislocation du bloc soviétique, mettant un terme à la guerre froide qui avait rythmé les relations internationales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le 9 novembre 1989, c’était donc aussi la liberté qui s’offrait aux Allemands de l’Est.

Quarante ans après sa création, la République démocratique d’Allemagne (RDA), dont le régime subissait les contrecoups de la "perestroïka" initiée par Mikhaïl Gorbatchev, vivait ses derniers jours. Puis, le 3 octobre 1990, les deux Allemagne, au terme d’une période que l’histoire a appelée "die Wende" (le tournant), étaient réunifiées, du moins juridiquement..

Donc, depuis le début de l’année, l’Allemagne, et notamment sa capitale Berlin, fêtent ce trentenaire.

Mais, dimanche dernier, la réalité de cette réunification célébrée en grandes pompes, est venue ternir ces célébrations : les élections régionales, dans deux Länders de l’ex-RDA, ont plébiscité l’AFD, "Alternative pour l’Allemagne".

Ce parti d’extrême droite a atteint 27,5 % des voix en Saxe, suivant de peu la CDU d’Angela Merkel, et a obtenu 22,5 % dans le Brandebourg, devancé par les sociaux-démocrates du SPD.

Ces résultats signent avec force la frustration des déçus d’une réunification dans laquelle l’Est se trouve à la traîne de l’Ouest, et ce malgré les 20.000 milliards d'€ - (vingt mille milliards d'€ !!!) - déversés par l'Ouest depuis 30 ans, pour relever le niveau de vie des allemands de l'Est.

Malgré ce déversement sans précédent de capitaux, les situations socio-économiques sont cependant restées déséquilibrées entre les 2 ex-états, car, à l’Est, la population est restée plus âgée, donc davantage touchée par le chômage et, par voie de conséquence, moins bien payée faute de politique sociale déterminée pour éviter ce vieillissement.

Cette différence, dont se plaignaient jusqu’à présent les ex-Allemands de l’Est dans les seuls sondages, s’est donc maintenant exprimée dans les urnes.

Ceci prouve, pour ceux qui en doutait encore, que l'argent déversé, même si généreusement, ne fait pas le bonheur des populations, et celles-ci finissent toujours par se manifester sous des formes les plus diverses qui peuvent même friser jusqu'à l'insurrection. La raison ? Les problèmes de fond n'ont pas été abordés suffisamment avec courage et détermination, n'en déplaise à certains poncifs.

En France, on ferait bien bien de réfléchir à cette même réalité avant d'ouvrir les porte-monnaies à l'aveugle. Des exemples récents le prouvent. Distribuer de l'argent n'est pas une solution pérenne si l'on n'attaque pas nos problèmes sur le fond, avec constance et détermination.

samedi, 29 juin 2019

ALARME SUR LA DETTE FRANÇAISE

ALARME SUR LA DETTE FRANÇAISE

Billet de  François VAN DE VILLE

dette.jpgLe dernier rapport de la Cour des comptes sonne à nouveau le tocsin sur le niveau d’endettement de l’État : il est alarmant.

La Cour des Comptes, on le sait, est un organisme indépendant du pouvoir qui peut se permettre ce genre de sentence : elle énonce, dans sa note annuelle, l'aggravation de l'évolution des caisses de la "maison France", une situation qui ne cesse de se dégrader (la "parenthèse Gilets Jaunes" n'ayant rien arrangé, tout au contraire !). Elle alerte sur les "risques significatifs", les "évolutions préoccupantes" que seuls ne parviennent à masquer - très temporairement - des taux d'intérêt exceptionnellement bas dont nous fait temporairement bénéficier la situation internationale.

Et de ne pas cacher non plus que si un événement venait à bousculer le calme apparent de cette situation très fragile, elle entrainerait aussitôt une hausse de ces taux d'intérêt : la France serait rapidement déclarée en état de faillite, car dans l'incapacité non seulement de payer ses dettes, mais surtout d'honorer des coûts "normaux" de fonctionnement habituels que seule sa capacité actuelle d'emprunt lui permet d'y faire face. Comment payer alors et désormais ses fonctionnaires, ses retraités, ses aides sociales, ses appareils de santé comme de sécurité, etc… ? La crise serait totale, immédiate et sans aucun préavis.

Dans ce rapport que nul ne se permet de contester, la France y est présentée comme le "cancre" de la classe européenne, restant toujours à la traîne pour réduire ses déficits et son endettement : la dette du pays frôlera les 99% du PIB cette année (soit 2.356 milliards d'€, soit plus de 35.212€ de dette par français, depuis celui qui vient à peine de naître jusqu'au vieillard proche de la mort !), et cette dette abyssale ne se dégonflera que de 1,6 point à la fin du quinquennat en cours, fort loin des promesses de début.

Mr Darmanin, notre Ministre du Budget, est donc prié de concilier l’inconciliable : tenir "en même temps" des engagements de maîtrise des déficits annuels qui alimentent la dette et, parallèlement, ceux des annonces de baisses d’impôts qui se sont succédées depuis les premières manifestations de Novembre 2018. Inconciliable, ai-je dit !

Si un programme de baisses d’impôt a bien été précisé et programmé, ce 12 Juin, dans le discours de politique générale du Premier Ministre - Mr Édouard Philippe, celui des économies placées en face l’est beaucoup moins : en matière d'économies programmées, c'est beaucoup plus flou. Ce que les magistrats de la Cour des Comptes ne manquent pas de souligner, notamment à propos du financement des 5 milliards de baisses d’impôt sur le revenu promis par le Président Emmanuel Macron dans sa conférence de presse du 25 avril.

Les entreprises mises à contribution volontaire ne savent toujours pas quelles "niches fiscales" Mr Darmanin va leur fermer pour compenser sa perte de recettes du côté des ménages. On ne sait pas non plus quels ministères et autres administrations vont devoir se serrer encore plus la ceinture dans le prochain budget 2020.

On ne sait pas non plus quels lendemains nous réserve la situation internationale qui nous autorise temporairement ce fragile répit des taux d'intérêt, quand l'on voit le caractère fantasque et imprévisible de certains chefs d'état en capacité de bouleverser du jour au lendemain le calme relatif actuel et de presser quelque bouton qui nous mettront aussitôt devant notre triste réalité de.... pays super endetté.

Sans être inutilement pessimiste, reconnaissons que la situation est grave et renvoie au second rang bien des préoccupations qui alimentent actuellement nos gazettes.

mardi, 28 mai 2019

L'ÉCHEC DES NATIONALISTES EUROPÉENS

"L'ÉCHEC DES NATIONALISTES EUROPÉENS"

Billet de  François VAN DE VILLE

LePen.jpg- Souvenez-vous : la veille encore du scrutin des européennes, Mr Bardella, le leader du RN de Mme Le Pen, claironnait : "La poussée souverainiste arrive partout en Europe".

Hélas pour lui (et Mme Le Pen), le scrutin dans les 28 pays a parlé : les "populistes" ne sont arrivés en tête que dans 6 pays sur 28. Et encore : parmi ces 6 pays, l'on compte le Royaume Uni - qui quittera l'Europe et son parlement le 31 Octobre prochain - et, depuis lundi (le lendemain même de l'élection), l'Autriche a renversé son jeune chancelier "populiste" - Mr Kurz - entraîné à son tour par le scandale sans nom qui avait frappé quelques jours plus tôt son ministre de l'Intérieur allié, Mr Kicki. Faites le décompte, il ne reste plus que 4 pays aux mains des "populistes" : la vague "nationaliste" n'a pas déferlé, de très loin s'en faut !

C'est la défaite des projets de Mme Le Pen, qui envisageait déjà, d'un œil gourmand, le "grand soir" où ses amis "populistes" prendraient le contrôle du nouveau parlement européen à ses côtés. Son amertume se devinait déjà entre les mots dès ses prises de parole du dimanche soir : la vague annoncée, y compris par les responsables "pro-européens" - comme Emmanuel Macron lui-même - pour remobiliser les troupes, n’avait pas du tout déferlé sur le continent.

Déjà la déroule de Geert Wilders aux Pays-Bas, connue l'avant-veille du scrutin en France, annonçait déjà que le boulevard promis à l’extrême droite européenne ne serait pas aussi large qu’annoncé : seuls six pays - France, Italie, Royaume-Uni, Hongrie, Pologne et Belgique - ont porté en tête des listes "souverainistes", voire nationalistes, avec, dans ce contingent de 172 sièges, la trentaine d’élus du parti pro-Brexit anglais de Nigel Farage, appelés, eux tous, à repartir très vite chez eux, au plus tard le 31 octobre prochain.

Cette "contre Europe des six" rêvée par Mme Le Pen et ses alliés ne pourra pas faire la loi à Strasbourg, comme Matteo Salvini, le principal allié de Marine le Pen, peut le faire (non sans difficultés d'ailleurs à l'horizon romain).

Cette "internationale des nationalistes" ne sera - et ne restera - qu'à plus de 200 voix de la majorité de 376 sièges requise au Parlement européen. Et surtout, rien ne dit que les élus de ces partis "euro-sceptiques", profondément divisés entre "pro-russes" et "anti-russes", divisés aussi sur le modèle de société qu'ils voudront imposer au sein de leurs propres pays, réussiront à former un seul groupe au lieu des trois qu'ils sont au sein du Parlement européen.

Comment aussi avoir un agenda européen commun lorsqu’on défend une vision purement nationale et que les intérêts du pays représenté passeront toujours devant, surtout lorsqu’il s’agira de voter le budget de la PAC, ou encore d’aller plus loin dans la réforme du travail détaché par exemple ?

Entre partis "nationalistes", il n’y a qu’un point vraiment commun : leur rejet de l’immigration présentée comme une sorte de "submersion" du Vieux Continent, malgré les chiffres qui démontrent unanimement leur large surestimation.

Tout cela ne fait pas un projet commun, surtout lorsque la préoccupation de chacun est de fermer ses propres frontières en fermant les yeux sur les drames qui se déroulent en Méditerranée !

Mme Le Pen ne pourra qu'observer désormais le contingent de sa vingtaine de députés européens - à part quasi égale avec celui nouveau de son partenaire Emmanuel Macron - sur les bancs de Strasbourg ou de Bruxelles, confrontés les uns contre les autres avec leurs visions différentes de l'Europe.

Le "grand soir" espéré par Mme Le Pen n'est plus d'actualité.

samedi, 04 mai 2019

LE MINISTRE QUI PARLE TROP VITE

"LE MINISTRE QUI PARLE TROP VITE"

Billet de  François VAN DE VILLE

castaner.jpg- En s’y invitant, sans être rejetés par les "Gilets Jaunes" (GJ), les "black blocks" ont changé la nature de leurs manifestations, obligeant la police à modifier sa propre doctrine du maintien de l'ordre.

Un bon Ministre de l’Intérieur doit donc allier, désormais, finesse et autorité.

Mr Christophe Castaner ne déborde ni de l’une ni de l’autre. Il se juge, en outre, "doué" pour la communication, en sorte qu’il parle beaucoup, et même trop, et aussi…. un peu trop vite. C'est pourtant là qu'est tout l'art de la communication, et çà, c'est un tout autre métier que celui de Ministre.

Lui, comme beaucoup d’autres, y compris ceux qui le critiquent aujourd'hui jusqu'au harcèlement, ont fini par croire qu’il suffisait de saturer l’espace médiatique pour empêcher les autres expressions et imposer la leur. Mr Castaner a fini, en peu de temps, par laisser voir les grosses ficelles de sa communication. Et, en voulant "coller" aux événements sans recul et ni réflexion, il s’est pris les pieds dans le tapis le 1er Mai

Le lendemain même, Mr Castaner a tenu à corriger son propos : "Je n’aurais pas dû employer le mot attaque" a-t-il reconnu à propos de cette intrusion forcée, en brisant chaînes et cadenas de portail, ouvrant aux manifestants les locaux d’un hôpital parisien.

Mais le mal était fait : les oppositions, qui voient le Ministre de l’Intérieur comme le "maillon faible" du gouvernement, s’en sont donnés à cœur joie à quelques semaines des européennes. Les sénateurs, s’étant pris soudain de passion pour les commissions d’enquête pour rehausser leur prestige un brin menacé, veulent même faire comparaître le Ministre, tout comme hier Mr Benalla. Communistes et Insoumis, d'une part, ne supportant pas en France le centième de ce qu’ils tolèrent et soutiennent avec becs et ongles aujourd'hui au Venezuela, et, d'autre part, une partie de la droite ayant oublié certaines de ses pratiques passées, tous réunis sont devenus impitoyables avec ce trublion de Ministre.

Ce faisant, on néglige pourtant l’essentiel.

Le maintien de l’ordre dans ces rassemblements, légitimes et autorisés, ne serait pas à ce point délicat et risqué si les "black blocks" ne s’y invitaient pas, protégés, qui plus est, par d’autres manifestants complaisants : les "innocents" GJ eux-mêmes ! Ces activistes cherchent, par la violence, à provoquer un drame qui ferait basculer le ventre mou de la protestation vers l’insurrection. Pour les empêcher d’agir, de lapider les policiers, de brûler les voitures et les kiosques, de détruire les vitrines et piller les magasins, les forces de l’ordre ont désormais la consigne d’aller "au contact". C'est la nouvelle doctrine qu'a initié notamment....le Ministre Castaner.

Cela déplait, à outrance, à certains de nos manifestants hebdomadaires et défait bien de leurs plans établis pour y semer le désordre qu'ils recherchent pour exister et attirer encore les médias, faute d'autres propositions réfléchies.

C’est cela, aussi, ce que certains veulent faire payer, désormais, au Ministre de l’Intérieur : un autre métier, celui-là, que celui de simple communiquant.

mercredi, 24 avril 2019

JE M'INTERROGE....

"JE M'INTERROGE...."

Billet de  François VAN DE VILLE

institutions.jpg- Dans l'esprit "gaullien" de nos institutions, il appartient au Président, conformément à ses engagements initiaux qui l'ont conduit à devoir assumer cette charge qui lui a été confiée, de fixer les grandes orientations que doit suivre le gouvernement qu'il a nommé, et il appartient ensuite à ce gouvernement d'arrêter et d'annoncer les mesures précises qu'il prendra dans ce cadre.

Sans préjuger de la communication présidentielle annoncée pour ce jeudi 25 Avril, ni de son contenu, il y a, à mes yeux, un grand absent dans cet exposé : le gouvernement lui-même.

Que l'on entende prioritairement, de la part du Président, les grandes orientations fixées à la lumière nouvelle des évènements de ces derniers mois et du "grand débat" qui s'en est suivi, cela me parait normal et essentiel. Mais force est d'admettre que la population attend prioritairement les décisions qui vont être prises pour répondre aux attentes exprimées un peu partout et sous toutes formes.

Qui, en fait, va annoncer demain, dans le détail, les mesures prises, les arbitrages rendus, les décisions attendues ? Normalement ce devrait être le gouvernement lui-même, par la bouche du Premier Ministre qui va les mettre en œuvre.

Or, selon toute apparence, c'est le Président lui-même qui va descendre dans le "menu fretin" des chiffrages, des modalités d'application, et des mesures pratiques que prendra son gouvernement.

Oui, je m'interroge.

Est-ce là, dans l'esprit de nos institutions, le rôle du Président ? Est-ce son rôle de se justifier, de justifier chaque chiffre ou chaque future mesure qui sera prise ? J'en doute.

Le Président doit rester dans son rôle de "guide" ou "d'arbitre suprême" dont le rôle et la mission sont de donner les orientations, les impulsions, au besoin les corriger quand nécessaire, mais le Président n'a pas à s'exposer directement lui-même et en personne dans le détail des diverses observations, ou contestations qui ne manqueront pas de s'élever autour des chiffres pris en considération ou des mesures prises en conséquence.

Je regrette cette confusion des genres et ce non respect de nos institutions : ce n'est pas sans risque pour lui, ni sans risque pour nos institutions elles-mêmes.

Dommage !

samedi, 06 avril 2019

LES GILETS JAUNES EXISTENT-ILS ENCORE ?

"LES GILETS JAUNES EXISTENT-ILS ENCORE ?"

Billet de  François VAN DE VILLE

Politique,Débats de SociétéLe mouvement des "Gilets Jaunes" (GJ) sait témoigner, à qui veut les écouter encore, des troubles et des colères d’une partie de notre société, mais il se refuse portant de les "politiser".

À quoi riment donc encore ces rassemblements hebdomadaires du samedi ? À quoi riment donc encore ces longs reportages, dépourvus désormais de tout intérêt, qui occupent sans interruption les écrans de nos téléviseurs chaque samedi entier depuis plus de 20 semaines ?

Ceci est devenu, comme l'écrivait récemment un rédacteur de presse, une sorte de rituel, mais dépourvu d'église comme de dogme qui aurait pu les guidre. Les "GJ" n’ont désormais plus d’autre objet que de se répéter à eux-mêmes "qu’ils ne lâcheront rien". Mais ils sont dans l'incapacité de formuler clairement ce à quoi ils tiennent. Leurs manifestations sont donc destinées à s’éterniser, puisque jamais leurs revendications multi-formes ne pourront, d'aucune manière, toutes aboutir : il est inutile d'imaginer le contraire. Leurs révendications s’effacent aussitôt qu’écrites (quand il arrive exceptionnellement qu'elles le soient) parce que sans cesse elles sont remplacées aussitôt par d’autres. Rien 'est jamais inscrit dans une quelconque cohérence et selon des priorités bien établies.

Ce mouvement, qui au début n’était pas né de rien, a causé ensuite beaucoup des troubles: il est maintenant condamné à bégayer perpétuellement pour ne pas savoir choisir entre les mots qu'ils veulent articuler.

Plus la crise se perpétue, moins elle est devient compréhensible. Dans leurs rangs, qui s’éclaircissent semaines après semaines, quels sont encore les "GJ" qui restent dans quelques filets échevelés de cortèges ? Si l’on en retire les militants trotskistes (qui ne peuvent manquer d’accompagner le mouvement sous peine de commettre une faute professionnelle), si l’on en soustrait les adhérents de La France insoumise (qui rêvent encore d’une convergence des luttes), combien restent-ils de "GJ" authentiques encore en mouvement en France ?

Ils sont désormais trop peu nombreux pour qu'on puisse encore imaginer qu'on leur donner une quelconque légitimité démocratique, beaucoup trop peu nombreux aussi pour modifier, si peu que ce soit, l’équilibre entre les forces politiques du pays.

Les instituts de sondages ont mesuré, un bref moment il y a quelques semaines de cela, un effet "GJ" situé, pour les européennes, au-delà de 10 % : ce résultat a aussitôt fait long feu. On observe même maintenant, après leur chute, une étonnante stabilité des formations politiques en lice pour le scrutin de mai prochain.

Cinq mois de crise, cinq mois de défilés, d’occupations de ronds-points, d'émeutes ou de violences n’ont pas, pour l’instant, modifié les intentions des électeurs. Comme si ceux-ci, dans leur grande majorité, avaient pris au mot (de je ne sais plus qui l'a prononcé) : "Puisque vous ne voulez ni déléguer, ni vous organiser, puisque n'avez plus rien à proposer, alors vous n’existez pas politiquement".

Là est la vraie question qui se pose aujourd'hui : les "GJ" existent-ils encore ?

lundi, 01 avril 2019

LE MIRAGE FRANÇAIS

"LE MIRAGE FRANÇAIS"

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrateAprès l'INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques), voici qu'à son tour l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique) confirme la bonne tenue de la croissance française : celle-ci serait même, en 2019 - du moins le prévoient ces éminents organismes - deux fois supérieure en France à celle de l'Allemagne, référence pourtant internationalement reconnue quand on évoque les bons chiffres de son économie, de sa balance commerciale en perpétuelle surabondance, et de la croissance qui en découle pour ses industries.

Ces bonnes prévisions françaises sont assez rares - très rares mêmes - pour ne pas être soulignées, surtout à la veille des élections européennes. Ce malgré les effets dévastateurs des "gilets jaunes" ("GJ") qui influent sur notre économie, comme sur notre croissance, toutes deux gravement atteintes par la répétition de nos échauffourées hebdomadaires.

Pourtant, à l'échelle de tous nos voisins européens, la croissance mondiale ambiante n'incite pas du tout à l'optimisme : elle donne même, au contraire, de sérieux signes de fléchissement. Pourquoi donc cette exceptionnelle différence française ?

Hors toutes considérations économiques, ces bonnes nouvelles sont, pour le Président Macron, une nouvelle inespérée. Peut-on - peut-il - pour autant crier "Cocorico" ? Non ! Il faut être réaliste.

La résistance actuelle de la France tient surtout à un autre facteur relativement ancien, mais qui ne cesse, lui, de se renouveler depuis des décennies. Loin d'être une bonne nouvelle, ce renouvellement français répond à d'autres critères moins agréables à entendre : notre économie hexagonale n'échappe à ce climat dépressif international non pas par une autre "exception française", mais simplement parce que la France exporte moins que les autres nations plus performantes. Là est la principale faiblesse de la France. Et cette faiblesse  rend mécaniquement la déflation internationale moins violente chez nous qu'ailleurs, donc nous épargne de ce mauvais pas. Mais ce n'est qu'une apparence.

Ce "bon" résultat du moment n'est simplement qu'un des signes de notre faiblesse chronique.

Ce signe tient essentiellement à une progression de notre pouvoir d'achat, quoiqu'en disent nos "GJ" qui persistent aveuglément à le nier. Celui-ci devrait, en effet, évoluer en 2019  très au-delà de 2%. Et il y a, pour l'expliquer, les mesures spontanément prises ces derniers mois, notamment sous l'effet "GJ", (outre la suppression de la taxe d'habitation), la baisse sensible des cotisations salariales, la tendance à la hausse du SMIC assortie de diverses primes distribuées ici ou là, la défiscalisation des heures supplémentaires, etc… Tout cela, s'additionnant, finit pas porter progressivement ses effets. On pourrait s'en féliciter.

Mais hélas - car il y a un "mais" pour freiner notre enthousiasme - ce surcroît de consommation ne se fait pas au bénéfice des entreprises françaises mais de celles étrangères, y compris extra-européennes, Et cela est beaucoup plus inquiétant.

L'argent supplémentaire ainsi mis en circulation, au risque de faire basculer gravement nos équilibres économiques, favorise donc surtout nos importations de produits étrangers. C'est une habitude typiquement française, bien ancrée dans nos mœurs et dont nous ne parvenons décidément pas à nous débarrasser : au lieu d'alimenter nos productions "made in France", cet argent lâché ne fait qu'aggraver l'endettement de la France, et cet endettement, il se paye, et les français (ou nos enfants) le payeront lourdement un jour ou l'autre. Cet argent bénéficie surtout aux industries étrangères, bien plus qu'aux nôtres, celles qui nous  font vivre et il contribue à leur faire perdre des parts de marchés. Un  vrai gâchis économique.

Les français, au-delà d'autres réformes qu'ils devront aussi entreprendre, se trompent, et continuent de se tromper dans leurs choix de consommation : ils favorisent l'affaiblissement de nos industries.

On évoque souvent la nécessité d"augmenter le "pouvoir d'achat", notamment pour les plus défavorisés : c'est une nécessité absolue. Mais on oublie parallèlement que tout pouvoir d'achat dépend étroitement du dynamisme de notre appareil de production. C'est une évidence incontournable.

Tant qu'en France nous ne prendrons pas conscience de celle-ci, les "bonnes nouvelles" de l'INSEE ou de l'OCDE ne seront que mirages passagers et nous replongerons inévitablement dans les difficultés qui ne cessent de nous affaiblir.

Hélas, je remarque qu'au cours des innombrables "grands débats" organisés ces dernières semaines où tant de sujets les plus divers ont été abordés, cette réalité pourtant si exigeante si nous voulons survivre libres et indépendants chez nous, avec un pouvoir d'achat plus généreux pour tous, cette réalité-là n'a que très peu été évoquée.

C'est un grave manquement.

samedi, 02 février 2019

J.L. MÉLANCHON & M.LE PEN

"J.L. MÉLANCHON & M. LE PEN"

par  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrate,faits de sociétéEn préférant rassembler le peuple, plutôt que la gauche, Jean-Luc Mélenchon a pris le risque de perdre à la fois ET la gauche ET le peuple.

Conséquence : Mr Mélenchon s’enfonce.

Il était perçu comme le meilleur opposant au Président de la République : Marine Le Pen vient de lui piquer le rôle. Il était abonné au groupe de tête des personnalités politiques les plus populaires : il vient de plonger à la 18° place, selon la récente enquête "Elabe". Il paie ses éructations pendant l’épisode des perquisitions, tout comme aussi ses répliques emphatiques où il confondait la République et sa propre personne. Il paie, enfin, sa soumission à un porte-parole égaré issu des Gilets Jaunes, tout comme son indulgence envers les violences engendrée par ce mouvement.

Le leader de La France Insoumise a tout joué : pour l’instant, il perd.

Il a cru bon aussi de parier sur une stratégie du peuple contre les élites et sur l’abandon de la classique union de la gauche : cela n'a pas marché. Il lui fallut donc, comme le lui reprochent aujourd'hui Benoît Hamon et nombre de ses ex-amis de l'ex-gauche, "quitter les rives de la gauche" pour espérer rassembler plus vite et plus large. Plus vite ? Mais en renonçant aux longs combats pour une "union de la gauche" que celle-ci connaît bien, mais en s’appuyant de façon fort opportuniste sur des éruptions sociales de tous ordres. Il a perdu ! Plus large ? Mais en ne faisant plus fuir le peuple avec un classique discours de gauche. Perdu encore !

Et, soudain, les GJ lui sont apparus comme un signe de l’histoire à lui seul adressé : l’insurrection populaire était là, la révolution citoyenne engagée. Il fallait donc, d’une main délicate et par une habile tactique, exacerber ce mouvement sans pourtant paraître le récupérer trop ostensiblement. Seulement voilà : en fait de délicatesse et d’habileté, les Français ont vu un vétéran politique, chaussé de ses gros sabots. Il a perdu encore.

À gauche, on lui reproche aujourd'hui de n’être plus assez de gauche. À droite, de n’avoir jamais été de droite. Et les partisans d’un populisme nationaliste ne le trouvent pas encore assez "national" : ils ont déjà, pour combler leur recherche de leader, ce qu’il fallait. Perdu encore pour lui !

Inconsciemment, Mr Mélenchon est donc, actuellement, en train de tenter de tirer les marrons du feu : mais cela se fait au seul profit de Marine Le Pen. Celle-ci lui dira-t-elle "merci" pour autant ?

Les "lendemains qui chantent" répondront à la question.