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mercredi, 10 avril 2019

PRIVATISATIONS : LE GRAND RAGOÛT

"PRIVATISATIONS :

LE GRAND RAGOÛT GAUCHE-DROITE"

Billet de  François VAN DE VILLE

adp.jpgLa proposition de loi pour un référendum sur la vente d’Aéroports de Paris (ADP) a réussi de rassembler ET la droite la plus libérale, ET la gauche la plus étatiste. Un vieux ragoût inattendu.

Et de faire publier une estrade où figurent côte à côte, dans un rassemblement exhumé d'un autre âge, le député LR Gilles Carrez, l’Insoumis Éric Coquerel, le sénateur socialiste Patrick Kanner, la communiste Marie-George Buffet, le centriste Philippe Vigier, etc.... : c’est une image qui donnerait presque raison au "et de gauche et de droite" théorisé en 2017 par un certain.... Emmanuel Macron.

Mais attention ! Prière de ne pas confondre : lorsque le Président continue de vouloir abolir le vieux clivage droite-gauche, ses opposants, eux, affirment au contraire que cette frontière est toujours là, même si, précise le premier secrétaire du PS Olivier Faure, "il peut y avoir des moments où nous nous retrouvons".

Soit ! Mais qui aurait pu prédire qu’un jour l’hostilité à une privatisation - en l’occurrence celle d’ADP - aurait pu réunir, comme je le dis plus haut, et la droite (par nature libérale et favorable à la concurrence), et la gauche (par culture, elle, étatiste) ?

Une fois passée la période des nationalisations en série du premier mandat de François Mitterrand, si quelque chose a, depuis, rapproché la droite et la gauche de gouvernement des années 1990-2000, c’est plutôt l’ouverture du capital, voire la privatisation de fleurons du secteur public. Et puisqu’on parle, aujourd'hui, d’aéroports, c’est bien François Hollande (himself !) qui a ouvert la piste aux chinois pour leur offrir alors la haute main sur l'aéroport de Toulouse !

Après, donc; la photo de groupe publiée ce mardi 9 pour le lancement de la procédure de "référendum d’initiative partagée" sur la vente d’ADP, le ministre de l’Économie - Bruno Le Maire - a donc quelques raisons de renvoyer ses anciens amis de droite vers leurs contradictions sur le mode "vous ne savez plus où vous habitez !"

Mais l’ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin (qu'il est) oublie, de son côté, que c’est la décision de son mentor de l’époque de vendre au privé le réseau autoroutier, il y a quinze ans - tant décrié alors par Freançois Bayrou - ce qui a rendu aussi impopulaire toute privatisation depuis le désengagement de l’État des grands équipements publics.

Et voilà donc ressorti la recette des vieux ragoûts des contradictions d'autrefois….

samedi, 06 avril 2019

LES GILETS JAUNES EXISTENT-ILS ENCORE ?

"LES GILETS JAUNES EXISTENT-ILS ENCORE ?"

Billet de  François VAN DE VILLE

Politique,Débats de SociétéLe mouvement des "Gilets Jaunes" (GJ) sait témoigner, à qui veut les écouter encore, des troubles et des colères d’une partie de notre société, mais il se refuse portant de les "politiser".

À quoi riment donc encore ces rassemblements hebdomadaires du samedi ? À quoi riment donc encore ces longs reportages, dépourvus désormais de tout intérêt, qui occupent sans interruption les écrans de nos téléviseurs chaque samedi entier depuis plus de 20 semaines ?

Ceci est devenu, comme l'écrivait récemment un rédacteur de presse, une sorte de rituel, mais dépourvu d'église comme de dogme qui aurait pu les guidre. Les "GJ" n’ont désormais plus d’autre objet que de se répéter à eux-mêmes "qu’ils ne lâcheront rien". Mais ils sont dans l'incapacité de formuler clairement ce à quoi ils tiennent. Leurs manifestations sont donc destinées à s’éterniser, puisque jamais leurs revendications multi-formes ne pourront, d'aucune manière, toutes aboutir : il est inutile d'imaginer le contraire. Leurs révendications s’effacent aussitôt qu’écrites (quand il arrive exceptionnellement qu'elles le soient) parce que sans cesse elles sont remplacées aussitôt par d’autres. Rien 'est jamais inscrit dans une quelconque cohérence et selon des priorités bien établies.

Ce mouvement, qui au début n’était pas né de rien, a causé ensuite beaucoup des troubles: il est maintenant condamné à bégayer perpétuellement pour ne pas savoir choisir entre les mots qu'ils veulent articuler.

Plus la crise se perpétue, moins elle est devient compréhensible. Dans leurs rangs, qui s’éclaircissent semaines après semaines, quels sont encore les "GJ" qui restent dans quelques filets échevelés de cortèges ? Si l’on en retire les militants trotskistes (qui ne peuvent manquer d’accompagner le mouvement sous peine de commettre une faute professionnelle), si l’on en soustrait les adhérents de La France insoumise (qui rêvent encore d’une convergence des luttes), combien restent-ils de "GJ" authentiques encore en mouvement en France ?

Ils sont désormais trop peu nombreux pour qu'on puisse encore imaginer qu'on leur donner une quelconque légitimité démocratique, beaucoup trop peu nombreux aussi pour modifier, si peu que ce soit, l’équilibre entre les forces politiques du pays.

Les instituts de sondages ont mesuré, un bref moment il y a quelques semaines de cela, un effet "GJ" situé, pour les européennes, au-delà de 10 % : ce résultat a aussitôt fait long feu. On observe même maintenant, après leur chute, une étonnante stabilité des formations politiques en lice pour le scrutin de mai prochain.

Cinq mois de crise, cinq mois de défilés, d’occupations de ronds-points, d'émeutes ou de violences n’ont pas, pour l’instant, modifié les intentions des électeurs. Comme si ceux-ci, dans leur grande majorité, avaient pris au mot (de je ne sais plus qui l'a prononcé) : "Puisque vous ne voulez ni déléguer, ni vous organiser, puisque n'avez plus rien à proposer, alors vous n’existez pas politiquement".

Là est la vraie question qui se pose aujourd'hui : les "GJ" existent-ils encore ?

lundi, 01 avril 2019

LE MIRAGE FRANÇAIS

"LE MIRAGE FRANÇAIS"

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrateAprès l'INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques), voici qu'à son tour l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique) confirme la bonne tenue de la croissance française : celle-ci serait même, en 2019 - du moins le prévoient ces éminents organismes - deux fois supérieure en France à celle de l'Allemagne, référence pourtant internationalement reconnue quand on évoque les bons chiffres de son économie, de sa balance commerciale en perpétuelle surabondance, et de la croissance qui en découle pour ses industries.

Ces bonnes prévisions françaises sont assez rares - très rares mêmes - pour ne pas être soulignées, surtout à la veille des élections européennes. Ce malgré les effets dévastateurs des "gilets jaunes" ("GJ") qui influent sur notre économie, comme sur notre croissance, toutes deux gravement atteintes par la répétition de nos échauffourées hebdomadaires.

Pourtant, à l'échelle de tous nos voisins européens, la croissance mondiale ambiante n'incite pas du tout à l'optimisme : elle donne même, au contraire, de sérieux signes de fléchissement. Pourquoi donc cette exceptionnelle différence française ?

Hors toutes considérations économiques, ces bonnes nouvelles sont, pour le Président Macron, une nouvelle inespérée. Peut-on - peut-il - pour autant crier "Cocorico" ? Non ! Il faut être réaliste.

La résistance actuelle de la France tient surtout à un autre facteur relativement ancien, mais qui ne cesse, lui, de se renouveler depuis des décennies. Loin d'être une bonne nouvelle, ce renouvellement français répond à d'autres critères moins agréables à entendre : notre économie hexagonale n'échappe à ce climat dépressif international non pas par une autre "exception française", mais simplement parce que la France exporte moins que les autres nations plus performantes. Là est la principale faiblesse de la France. Et cette faiblesse  rend mécaniquement la déflation internationale moins violente chez nous qu'ailleurs, donc nous épargne de ce mauvais pas. Mais ce n'est qu'une apparence.

Ce "bon" résultat du moment n'est simplement qu'un des signes de notre faiblesse chronique.

Ce signe tient essentiellement à une progression de notre pouvoir d'achat, quoiqu'en disent nos "GJ" qui persistent aveuglément à le nier. Celui-ci devrait, en effet, évoluer en 2019  très au-delà de 2%. Et il y a, pour l'expliquer, les mesures spontanément prises ces derniers mois, notamment sous l'effet "GJ", (outre la suppression de la taxe d'habitation), la baisse sensible des cotisations salariales, la tendance à la hausse du SMIC assortie de diverses primes distribuées ici ou là, la défiscalisation des heures supplémentaires, etc… Tout cela, s'additionnant, finit pas porter progressivement ses effets. On pourrait s'en féliciter.

Mais hélas - car il y a un "mais" pour freiner notre enthousiasme - ce surcroît de consommation ne se fait pas au bénéfice des entreprises françaises mais de celles étrangères, y compris extra-européennes, Et cela est beaucoup plus inquiétant.

L'argent supplémentaire ainsi mis en circulation, au risque de faire basculer gravement nos équilibres économiques, favorise donc surtout nos importations de produits étrangers. C'est une habitude typiquement française, bien ancrée dans nos mœurs et dont nous ne parvenons décidément pas à nous débarrasser : au lieu d'alimenter nos productions "made in France", cet argent lâché ne fait qu'aggraver l'endettement de la France, et cet endettement, il se paye, et les français (ou nos enfants) le payeront lourdement un jour ou l'autre. Cet argent bénéficie surtout aux industries étrangères, bien plus qu'aux nôtres, celles qui nous  font vivre et il contribue à leur faire perdre des parts de marchés. Un  vrai gâchis économique.

Les français, au-delà d'autres réformes qu'ils devront aussi entreprendre, se trompent, et continuent de se tromper dans leurs choix de consommation : ils favorisent l'affaiblissement de nos industries.

On évoque souvent la nécessité d"augmenter le "pouvoir d'achat", notamment pour les plus défavorisés : c'est une nécessité absolue. Mais on oublie parallèlement que tout pouvoir d'achat dépend étroitement du dynamisme de notre appareil de production. C'est une évidence incontournable.

Tant qu'en France nous ne prendrons pas conscience de celle-ci, les "bonnes nouvelles" de l'INSEE ou de l'OCDE ne seront que mirages passagers et nous replongerons inévitablement dans les difficultés qui ne cessent de nous affaiblir.

Hélas, je remarque qu'au cours des innombrables "grands débats" organisés ces dernières semaines où tant de sujets les plus divers ont été abordés, cette réalité pourtant si exigeante si nous voulons survivre libres et indépendants chez nous, avec un pouvoir d'achat plus généreux pour tous, cette réalité-là n'a que très peu été évoquée.

C'est un grave manquement.

dimanche, 24 mars 2019

FACE À LA CHINE....

"FACE À LA CHINE...."

BILLET de  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocratePour recevoir demain le Président chinois - XI Jinping - à l’Élysée, Emmanuel Macron s’est adjoint et la chancelière allemande et le président de la commission européenne. C'est exceptionnel.

Faut-il avoir peur de la Chine ?

Les Européens répondent désormais oui, au moins pour la plupart. Seraient devenus, enfin, moins naïfs ?

Les Européens ont pris maintenant, mais maintenant seulement, conscience que cet immense pays n’était plus cette sorte "d'atelier du monde", si pratique pour que nos grandes enseignes y délocalisent leurs productions en très grandes séries. Mais les Chinois, eux et en toute discrétion, ont aussi appris, parallèlement, à concevoir, à élaborer et à vendre des produits à forte valeur ajoutée, ce qui, jusqu'ici, était l'apanage des pays occidentaux.

Les "routes de la soie"

La Chine est aujourd’hui, en effet, en tête du monde entier pour le nombre de dépôts de brevets comme de marques. La Chine déroule dorénavant, et de façon ostentatoire, une stratégie offensive par la création des "routes de la soie".

Quand XI Jinping se rend aujourd'hui en Europe, il commence,  non par hasard, son périple par l’Italie, pays actuellement en pleine mutation identitaire, et il n’oublie pas, non plus, de poser le pied sur le petit rocher de Monaco, siège d'innombrables sociétés du monde occidental :

• l’Italie, elle, a signé – indépendamment de l’Union Européenne – une série d’accords avec la Chine, dans le cadre des "routes de la soie". L'Italie de Salvini, tiens donc, ouvre ainsi à Pékin la porte sud de l’Europe. Nous, habitants du sud, sommes directement concernés.

• Monaco, lui, sera le premier pays entièrement couvert par la "5G" grâce à l’entreprise chinoise Huawei. Cette entreprise fait grand peur par ses liens étroits avec l’État chinois, auquel elle ne peut rien refuser, dit-on, même pas des données confidentielles de leurs clients, de leurs entreprises ou de particuliers. Tiens donc aussi !

L’Union Européenne considère, enfin aujourd’hui (il en est temps !), la Chine comme un "partenaire" et "un rival soutenant des modèles alternatifs de gouvernance" et aussi "un concurrent économique en quête de leadership technologique".

L'Europe, enfin, doit se réveiller et c'est urgent.

En clair, la Chine inquiète, elle agace : l’accès à son marché reste difficile et entouré de barrières administratives toutes puissantes, ses entreprises d’État faussent la concurrence, l’exigence de transferts de technologie à son profit est excessive, sa stratégie des "routes de la soie" n’est pas exempte d’arrière-pensées politiques. C'est ce qui rend son accord avec l'Italie, comme aussi avec Monaco, dangereux.

Bref, l’Europe ne peut plus être naïve. Le veut-elle réellement ?

Il faut impérativement que l'Europe reste étroitement unie si elle veut être une puissance respectée. C'est l'un des enjeux majeurs de l'élection de Mai prochain.

Cette élection est l'une des plus importantes qui soit, face à ce danger. Élection plus importante encore que celles d'intérêt local qui suivront dans un an.

Simple question : que pèse chacun de nos pays européens, quels qu'ils soient, face à la Chine hors une Europe réellement unie ?

Réponse : Rien !

dimanche, 17 février 2019

LES DÉCHAÎNEMENTS LIBÉRÉS....

"LES DÉCHAÎNEMENTS LIBÉRÉS...."

BILLET de  François VAN DE VILLE

antisémitisme.jpgDepuis trois mois, la France offre, tant au monde qu'à elle-même, un spectacle à la fois désolant et grotesque. Il devient maintenant urgent de baisser le rideau.

Initialement, la crise des GJ (gilets jaunes) avait des causes sociales, politiques et objectives qu’il fallait entendre, écouter et analyser pour les comprendre et les réduire. C'était un moment bienvenu pour gommer nombre d'injustices que des décennies d'incuries avaient soigneusement cachées sous le boisseau pour les ignorer.

Mais force est de constater que les GJ sont aussi devenus, progressivement, un mouvement social qu’il convient aujourd'hui de juger sur les actes qu'il engendre. Et ces actes sont trop graves pour ne pas les dénoncer.

Sur ce point, le bilan devient terrible : outre certaines graves victimes sur les barrages, l'on en vient maintenant aux insultes, aux menaces, aux corps à corps violents, à des commerces fermés, à près de 100.000 travailleurs réduits au chômage technique ou menacés de licenciement par le dépôt de bilan en masse d'entreprises ruinées par leurs actions économiques répétées et destructrices, souvent avec violence. Place maintenant aux intimidations envers les élus, aux attaques contre les policiers, les pompiers ou autres services de sécurité, aux institutions républicaines ; place aussi aux théories du complot et autres fantasmes soigneusement habillés ; enfin, désormais, place aux actes antisémites, racistes ou homophobes.

Jusqu’à l’écœurement.

Pire : le gros des troupes des GJ semble aussi maintenant s’accommoder de cette politique de la terre brûlée. Loin de dénoncer cette orgie de violence, leurs porte-paroles plastronnent sur les réseaux sociaux. Les plus excités, les Maxime Nicolle, Éric Drouet, Christophe Chalençon ou autres charlatans, rêvent de renverser le pouvoir pour s'en emparer. Et la moins radicale d'entr'eux, Madame Ingrid Levavasseur, parle maintenant, avec le plus grand sérieux devant les écrans ou autres micros, "d’aller à la rencontre du peuple". Rien que ça!

Si les menaces des premiers ne scandalisent pas grand monde, la grandiloquence de la dernière n’étonne pas davantage. On remarquera simplement qu'il a fallu des années à certains de nos actuels hommes (ou femmes) politiques pour se laisser griser par le pouvoir : chez les GJ, il ne leur aura fallu que quelques semaines pour "prendre le melon". Cela serait risible si ce n'était pas, aussi, dramatique dans les faits ensuite engendrés.

Personne aujourd'hui ne sait comment sortir de cette panade. Les "grands débats", organisés depuis en grand nombre, font surgir de nombreuses propositions, souvent de très grand intérêt (y compris celles contradictoires opposées aux précédentes). Mais comment répondre à chacune d'elles afin que tous s'y retrouvent réellement ? La page à écrire après le 15 Mars sera nécessairement une page blanche dont nul ne peut présumer de son futur contenu. Ce sera un vaste compromis entre toutes ces propositions selon qu'elles seront jugées "possibles" ou "inconciliables" avec les réalités de tous ordres qui s'imposent à tous. Le même verre rempli sera jugé ou "à moitié plein", ou "à moitié vide".

Pourtant il arrive au-delà qu'une étincelle met le feu à la plaine. Parfois, aussi, un incident semble ramener le calme en ouvrant les yeux de chacun sur les réelles proportions du drame qui se joue : comme hier, l'académicien et philosophe, Alain Finkielkraut, pourtant dès le début soutien plutôt compréhensible des GJ, a dû faire face à une horde vociférante, abrutie d'odieux préjugés antisémites. Inqualifiable ! Et qu'on vienne pas nous dire que la grande masse des GJ présents lors de cet incident est intervenue pour mettre fin sur le champ et faire taire les salopards vomissant leur bave.

Ce "spectacle" - puisque c'en fut un des plus révoltants mais qu'il faut cependant appeler comme tel -  est le symbole d’une République désormais menacée par ses pires démons, ressurgis d'un passé qu'on croyait pourtant révolu à jamais.

Et, qu'on l'admette ou pas, c'est bien le mouvement des GJ qui les a tous libérés..., malgré lui. 

samedi, 02 février 2019

J.L. MÉLANCHON & M.LE PEN

"J.L. MÉLANCHON & M. LE PEN"

par  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrate,faits de sociétéEn préférant rassembler le peuple, plutôt que la gauche, Jean-Luc Mélenchon a pris le risque de perdre à la fois ET la gauche ET le peuple.

Conséquence : Mr Mélenchon s’enfonce.

Il était perçu comme le meilleur opposant au Président de la République : Marine Le Pen vient de lui piquer le rôle. Il était abonné au groupe de tête des personnalités politiques les plus populaires : il vient de plonger à la 18° place, selon la récente enquête "Elabe". Il paie ses éructations pendant l’épisode des perquisitions, tout comme aussi ses répliques emphatiques où il confondait la République et sa propre personne. Il paie, enfin, sa soumission à un porte-parole égaré issu des Gilets Jaunes, tout comme son indulgence envers les violences engendrée par ce mouvement.

Le leader de La France Insoumise a tout joué : pour l’instant, il perd.

Il a cru bon aussi de parier sur une stratégie du peuple contre les élites et sur l’abandon de la classique union de la gauche : cela n'a pas marché. Il lui fallut donc, comme le lui reprochent aujourd'hui Benoît Hamon et nombre de ses ex-amis de l'ex-gauche, "quitter les rives de la gauche" pour espérer rassembler plus vite et plus large. Plus vite ? Mais en renonçant aux longs combats pour une "union de la gauche" que celle-ci connaît bien, mais en s’appuyant de façon fort opportuniste sur des éruptions sociales de tous ordres. Il a perdu ! Plus large ? Mais en ne faisant plus fuir le peuple avec un classique discours de gauche. Perdu encore !

Et, soudain, les GJ lui sont apparus comme un signe de l’histoire à lui seul adressé : l’insurrection populaire était là, la révolution citoyenne engagée. Il fallait donc, d’une main délicate et par une habile tactique, exacerber ce mouvement sans pourtant paraître le récupérer trop ostensiblement. Seulement voilà : en fait de délicatesse et d’habileté, les Français ont vu un vétéran politique, chaussé de ses gros sabots. Il a perdu encore.

À gauche, on lui reproche aujourd'hui de n’être plus assez de gauche. À droite, de n’avoir jamais été de droite. Et les partisans d’un populisme nationaliste ne le trouvent pas encore assez "national" : ils ont déjà, pour combler leur recherche de leader, ce qu’il fallait. Perdu encore pour lui !

Inconsciemment, Mr Mélenchon est donc, actuellement, en train de tenter de tirer les marrons du feu : mais cela se fait au seul profit de Marine Le Pen. Celle-ci lui dira-t-elle "merci" pour autant ?

Les "lendemains qui chantent" répondront à la question.

vendredi, 01 février 2019

LA CAMPAGNE DE DONALD TRUMP

"LA CAMPAGNE DE DONALD TRUMP"

par  François VAN DE VILLE

trump.jpgLa politique de Mr Donald Trump déconcerte la plupart de ses soutiens : elle inquiète tous ses alliés et elle menace les équilibres du monde entier.

Oui, mais voilà : elle consolide surtout la base électorale de Mr Trump : c'est là le seul objectif recherché.

Celui-ci a pris en effet une de ces innombrables décisions de plus qui n’ont d’autre but évident que de combler sa base électorale : en annonçant sa décision de faire rentrer au pays les 2.000 soldats américains présents en Syrie, Mr Trump a non seulement provoqué aussitôt la démission de son secrétaire à la Défense, le général James, mais elle a aussi alarmé les Israéliens (ses plus fidèles alliés au Moyen Orient), elle a trahi les combattants kurdes et elle a aussi affaibli les positions des Français, comme celles des Britanniques engagés dans la lutte contre l’État islamique : Mr Trump dessert donc tous les principaux alliés historiques des USA.

Et, suivant cette singulière logique, Mr Trump renforce indirectement son concurrent, la Russie, tout comme son ennemi juré, l’Iran, et même la Turquie, au grand dam de son partenaire saoudien.

Mais peu importe pour Mr Trump que les principaux membres de son administration le quittent les uns après les autres, que des sénateurs républicains, jusqu’ici fidèles, pointent publiquement ses décisions chaotiques, peu importe que ses alliés dans le monde se sentent méprisés, que les doctrines en cours ces dernières décennies dans la diplomatie américaine soient aussi abandonnées les unes après les autres : ce qui compte, pour Mr Trump, c’est que son instinct réponde aux attentes du noyau dur de son électorat, celui qui pourrait lui assurer sa réélection en 2020. Il n’est certes pas le premier dirigeant dans le monde à travailler à ce but, mais lui n’agit que pour ça, même si c'est au détriment de la nation qu'il dirige pour l'instant.

Ce que Mr Trump croit être son instinct, n’est que la résurgence de principes désuets, abandonnés depuis longtemps pour leur nocivité, et qu’il ressuscite en les caricaturant. Son isolationnisme ne fait que le lit de ses ennemis politiques, et son protectionnisme ne fait qu'affaiblir ses partenaires commerciaux.

Mr Trump construit, mois après mois, un monde qui finira par ressembler à ses plus noirs fantasmes. Et pour parachever ce grand œuvre paranoïaque, il rêve toujours de ce mur avec le Mexique, à 23 milliards de dollars. Il a même engagé un bras de fer avec le Sénat sur ce sujet qui a coûteusement paralysé l'administration américaine pendant de très longues semaines. Et, encore aujourd'hui, dans son bras de fer avec le dictateur vénézuélien - Mr Maduro - même si la cause parait être juste, il en soutient maladroitement son rival en le compromettant avec une maladresse qui trahit une certaine incompétence stratégique en matière de psychologie diplomatique.

Et tout ceci se fait toujours, et encore, avec le soutien total et exalté de son électorat bien particulier.

Ceci est fort dommageable, non seulement pour les USA, leur image et leur crédibilité dans le monde. Mais, aussi, les répercussions deviennent partout imprévisibles de conséquences : aucune nation n'y échappera. Et l'Europe toute entière en pâtira aussi, comme tous les continents.

mercredi, 09 janvier 2019

DE L'ALTERNANCE À L'ABSURDE...

"DE L'ALTERNANCE À L'ABSURDE"...

par François VAN DE VILLE

absurdite.jpgLa frénésie des alternances est telle qu’on veut aujourd'hui changer de Président au bout de dix-huit mois, à peine au tiers du contrat moral qui lie le Président élu avec les français qui lui ont accordé soixante pour atteindre les objectifs du programme envisagé.
 
De timides détestations  se sont donc lentement élevées sans que nous les ayons même ni perçues, ni entendues. Puis ont surgi celles soudaines, brutales même, des "Gilets Jaunes" : pendant à peine un mois, celles-ci sont devenues bruyantes, spectaculaires, mais se sont surtout axées contre la hausse des carburants et celle de futures taxes qui devaient l'accompagner sous prétexte d'écologie programmée de longue date.

Mais cette poussée de revendications a rapidement montré que ce mouvement des GJ, qui se disait alors "apolitique", a été travaillé aussitôt au corps par des partis politiques qui militaient en ce sens, notamment le "Rassemblement National" et/ou, encore très opportunément, son pendant d'extrême-gauche : la "France Insoumise". Ces partis y voyaient soudain le moyen de contester un pouvoir sorti des urnes de façon tout-à-fait imprévisible et hors normes habituelles, et mis en place pour cinq ans, mais dont les urnes ne leur furent pas très favorables, comme aussi à bien d'autres.

Ces détestations des GJ, d'abord très "terre à terre", ont glissé rapidement vers d'autres revendications plus générales touchant notamment le pouvoir d'achat des plus défavorisés que compte, hélas encore, notre société depuis des décennies d'indifférence.

D'abord affirmées "apolitiques", ces détestations sont vite devenues "politiques". Et elles ont alors favorisé la montée de toutes sortes de haines et de rejets : haine pour le Président de la République, hargne contre le gouvernement, mépris envers les partis politiques, indifférence vis-à-vis des syndicats. Personne n'y échappait.

Puis parut ensuite l'appel plus ciblé à la démission du chef de l’État, à la dissolution de l’Assemblée Nationale, à la suppression du Sénat, etc, etc… Un vrai et total déshabillage de toutes nos institutions républicaines. Les plus vindicatifs sans doute des GJ n'ont pourtant pas dissuadé une partie des Français de les soutenir moralement, même si, majoritairement, ceux-ci n'appréciaient pas du tout la forme de certaines contestations, tels les blocages de routes.

Enfin, on  a remis sur le tapis le vieux serpent de mer de la vie politique française : elle appelle, certes, des réformes en profondeur, mais celles-ci étaient déjà promises au programme en cours. Et d'imaginer ensuite le RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne), doublon du référendum populaire déjà permis par notre Constitution mais celle-ci à des conditions actuellement trop improbables. Mais certains tribuns en ont profité aussitôt pour ajouter à ce RIC leur petite sauce personnelle en le rendant "législatif, abrogatoire et révocatoire" : un retour à des conceptions d'organisation de notre société datant plusieurs siècles en arrière !

Bref : ces détestations ont cessé de l'être pour devenir une crise qui s’inscrit dans une logique ancienne devenue infernale.

Si l'on regarde le contexte de la vie politique française depuis les "Trente Glorieuses", la situation de la France se traduit par une succession ininterrompue d’alternances : à une majorité de droite se succédait quasi systématiquement une autre de gauche, et inversement, chaque majorité nouvelle détricotant aussitôt les règles précédemment établies. Seules les élections de François Mitterrand, et celle de Jacques Chirac, ne furent contrebalancées à cette routine que par d'opportunes cohabitations : à un Président de gauche, face à un Premier ministre de droite, on réélisait le Président, puis inversement.

Mais le résultat de ces expériences, inédites dans nos institutions, ayant déçu, on passa ensuite à la solution du quinquennat et de ses législatives organisées dans la foulée de la présidentielle pour donner "plus de cohérence" entre les chefs de l’exécutif. Mais, à son tour, cette solution, à l'usage, est devenue très discutable et l'on parle maintenant de changer de numéro de république ! Le cycle infernal !

Nicolas Sarkozy fut élu ; mais vite détesté. Il fut ensuite battu par François Hollande : mais celui-ci fut à  son tour rapidement méprisé et même empêché de se représenter. En 2017, les électeurs français tentèrent le tout pour le tout dans le registre du changement, en envoyant à l’Élysée un surdoué d'à peine 40 ans, jamais élu, qui proposait une espèce de synthèse rendant inutile toute alternance, puisque celui-ci se proclamait ET de droite ET de gauche à la fois. Et c’est ce même homme qu'aujourd'hui les GJ veulent renvoyer chez lui dix-huit mois après l’avoir élu !

En guise de réponse à nos problèmes institutionnels, on bloque  aussi vite toute tentative de changement à peine amorcée : nous voilà en pleine absurdité !

Pour ma part, sans pouvoir l'expliquer sur le fond, cette frénésie d’alternances semble traduire en réalité la difficulté des Français - peuple comme dirigeants - de s’adapter à un monde où la faiblesse de la croissance oblige à tout repenser, à tout remettre en cause, à discuter même notre propre place - y compris celle de chaque citoyen dans son environnement - face à une mondialisation croissante où, si nous n'y prenons pas garde d'urgence et si nous n'entreprenons pas les réformes nécessaires pour s'y adapter, notre société et ses valeurs seront vite englouties à tout jamais.

L'obscurantisme des grandes idéologies, issues de siècles dépassés, n'a plus place aujourd'hui dans notre monde, n'en déplaise à certains tribuns d'aujourd'hui. Ou le monde se bâtira sans nous, donc fatalement contre nous.

Notre devoir est de rester lucides, et d'y faire face. Ou nous disparaîtrons tous dans nos rêves évanouis.

mercredi, 26 décembre 2018

LA LEÇON ÉCOLOGIQUE DU PAPE FRANÇOIS

faits de sociétéÀ l'occasion des cérémonies de Noël, le Pape François a mis en garde contre une économie qui pillerait les ressources et encouragerait une surconsommation.
 
Dans son homélie, il ne s’est pas contenté d’appeler à la paix, ni davantage de plaider pour plus de fraternité envers les pauvres  : il a voulu donner un contenu plus concret, en dénonçant des comportements incompatibles, selon lui, avec la concorde et la charité.

Certains lui font le reproche d’être un pape de gauche, après un Benoît XVI qui préférait, lui, le recul et les hauteurs de la théologie, et après un Jean-Paul II qui, lui, était un artisan de la libération du joug communiste.

Ces critiques n’empêchent pas le pape François de conserver son cap social. Il a même ajouté une touche écologique dans cette homélie : «L’homme est devenu avide et vorace. Avoir, amasser des choses, semble pour beaucoup de personnes le sens de la vie».

L’Église a toujours prévenu les fidèles contre les illusions de la possession matérielle. Mais François y ajoute une dimension plus directement politique : «Le petit corps de l’enfant de Bethléem lance un nouveau modèle de vie : non pas dévorer ni accaparer, mais partager et donner».

En d’autres termes, le chef spirituel d’une communauté forte de 1,3 milliard de membres appelle à une consommation frugale, dans une économie du genre circulaire, dans un souci de justice sociale et dans le respect des limites des ressources naturelles disponibles.

Le pape a senti l’air du temps, en bon politique que doit être aussi le chef de l’Église. Pour rejoindre cette sensibilité, plus verte et plus sociale, qui se développe à travers le monde, il n’a pas eu besoin de tordre la doctrine de l’Église, mais seulement d’en cultiver un de ses versants.

Une façon aussi de donner des gages aux opinions des pays développés, toutes acquises à une extension sans fin des droits : celles-ci, en effet, n’admettent pas que l’Église freine aussi l'évolution des mœurs, au même titre que la surconsommation.

samedi, 08 décembre 2018

LE PÉRILLEUX MESSAGE PRÉSIDENTIEL....

"LE PÉRILLEUX MESSAGE PRÉSIDENTIEL"

macron.jpgBILLET de  François VAN DE VILLE

L’intervention prochaine annoncée du Président Macron sera décisive pour la suite  de son quinquennat. Il devra, en effet, montrer qu’il peut rassurer et réformer.

Sans être de tout repos, la journée de ce samedi 8 Décembre fut moins violente à Paris que les deux précédents samedis. Le Président de la République attendait ce moment pour, enfin, parler.

Qu’on le soutienne ou pas, on ne peut que lui souhaiter bon courage, tant il lui sera difficile de solder le mouvement, de rassurer l’opinion et de maintenir sa mission réformatrice tout en préparant les prochains rendez-vous électoraux.

D’autant qu’il aura cristallisé toute la détestation et la hargne qui se sont exprimées. Il va lui falloir s’adresser à une opinion dont la part la plus contestataire ne veut même pas l’entendre. Or, ce qu’il aura à dire nécessitera l’attention la plus vive. Parce que la crise qu’on traverse est aiguë et qu’il faut des gestes forts pour en sortir. Et parce que les raisons profondes du malaise exigent des explications qui ne peuvent être réduites à quelques formules.

La majorité des Français attend du Président qu’il prouve, par des décisions concrètes et d’application immédiate, qu’il a compris le désarroi de ceux qui travaillent et ne s’en sortent pas. Ce qui ne sera déjà pas facile mais de surcroît déjà insuffisant.

Les causes de cette révolte ne se réduisent pas à une insuffisance de revenus. La mondialisation et la numérisation de l’économie tuent des métiers et en créent d’autres, elles affaiblissent les classes moyennes, elles précarisent leurs enfants, elles cassent l’ascenseur social quand, au contraire, elles réussissent à d’autres, mieux formés, plus urbains, plus mobiles.

Or, le Président Macron est perçu comme le Président de ces seconds.

Pour devenir le Président de tous les Français, il doit améliorer le sort des perdants de la mondialisation et les protéger comme il l’avait promis. Il doit aussi expliquer ce grand bouleversement du monde et donner des assurances sur la capacité du pays à l’affronter. Et parier sur la capacité des Français à résister à la tentation démagogique.

Dure et périlleuse mission que ce message à faire passer.