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mardi, 31 mars 2020

LE COUP D'ARRÊT ÉCONOMIQUE. FATAL ?

Le Billet de  François VAN DE VILLE

arret.jpg- La crise que nous traversons actuellement, crise aujourd'hui partagée par plus de 150 pays issus de tous les continents de notre planète et au même moment, avec ce sentiment d'impuissance de nos scientifiques et de nos chercheurs de partout dans le monde médical, face à un virus inédit et ravageur au-delà de tout ce qu'on pouvait imaginer….

….mais, malgré leur dévouement exemplaire pour tenter d'enrayer sa vague impitoyable, ce virus ne laissera pas seulement des centaines de milliers de morts que nous pleurerons, mais aura, sitôt qu'il se sera éloigné, des conséquences économiques d'une ampleur quasi égale qui affectera pendant de très nombreuses années nos modes de vie, affectés, eux, par les pertes économiques sans précédent de nos productions immobilisées par nos très longs confinements où toute activité était figée dans l'attente.

C'est un retour en arrière de nos modes de vie auquel nous allons devoir être confronté, et où le mot "augmentation du pouvoir d'achat" va devenir un gros mot à bannir avant d'envisager quelqu'espérance que ce soit de son redémarrage.

J'entends déjà les cris d'orfraies que suscitera ce genre d'exposé qui paraitra fataliste à certains. Mais faut-il taire la vérité pour autant ?

EST-CE POUR AUTANT ÉVITABLE ?

Je veux espérer que oui. Mais quel prix payer pour le contourner ?

Les moyens ne manquent pas. Mails ils exigent une solidarité entre les nations outrepassant les égoïsmes nationaux qui se sont développés pour nombre de raisons qui n'ont plus du tout place dans cette autre guerre qu'il va falloir mener dans ce combat pour reconquérir ce qui a été perdu pendant ces très longues semaines. Mais cela ne peut se retrouver par un simple redémarrage de nos petites habitudes.

Cette solidarité que j'évoquais entend, bien sur, que des pays plus riches, parfois parce que plus vertueux dans leur conduite économique. Ils vont devoir faire des efforts pour aider ceux en difficulté et jouer sur tous les tableaux.

Les pays les plus éprouvés vont devoir emprunter des sommes considérables pour relancer leurs économies. Mais les règles exigent que ceux-ci devront parallèlement fournir des garanties de leur bon usage. Et que vaudraient ces garanties si elles n'engagent pas une solidarité internationale ?

Sans s'éloigner de notre continent, l'Europe sera bien sur au premier plan des solidarités à faire naître. Mais il faut bien concevoir que celle-ci n'est pas là pour combler nos manques habituels qui empêchent la France d'être, ou de redevenir une grande puissance. L'Europe n'est pas une sorte de "grande France", pas plus qu'elle doit redevenir une "grande Allemagne" plus ou moins dominante. L'Europe n'a pas été créée pour servir exclusivement les intérêts économiques allemands. Même s'il faut bien admettre que les créations d'un "marché unique" et d'une "monnaie commune" ont bien ouvert à l'industrie allemande un eldorado européen.

Mais, pour autant, nous n'avons pas le droit de tourner le dos face à la réussite économique de nos voisins, réussite qu'ils doivent surtout à leurs talents, à leur travail qui ont permis à leur pays d'investir pour que son industrie conserve toutes ses capacités exportatrices. Ils la doivent aussi à une discipline budgétaire de fer. Mais aussi et surtout à cette vertu de ne pas dépenser plus qu'on ne gagne. Or la France, peut-être par ses origines latines, n'a pas, et de loin, cette même vertu : l'état français, depuis plusieurs décennies, dépense plus qu'il ne gagne. C'est un luxe dont il est devenu urgent qu'on s'en prive avec plus de rigueur.

Le coup d’arrêt économique inédit que nous connaissons aujourd'hui nous oblige à agir au-delà de nos différences culturelles. La production et la consommation ne repartiront que si chaque état agit dans le même sens, et non plus au gré des demandes et autres exigences qui ne seraient qu'artifices sans réel avenir.

C'est l'intérêt non seulement de la France, de l'Italie, de l'Espagne qui ont été particulièrement touchés, mais c'est aussi l'intérêt de l'Allemagne elle-même qui souffrait, avant la crise, du ralentissement de la croissance mondiale.

Emprunter donc est une nécessité pour les états plus éprouvés. Mais les états les plus riches devront s'engager pour garantir ces emprunts. Il serait donc suicidaire de s'endetter davantage si nous ne changeons pas d'urgence nos habitudes dépensières à tout va.

Si, dans une situation aussi grave que celle que nous traversons, nos états ne font pas les efforts nécessaires pour se redresser et faire renaître l'espoir de jours meilleurs, si les nations européennes les plus riches ne consentent pas à cette solidarité collective et n'y concourent pas en s'entraidant, c’est que décidément l’Union Européenne ne veut plus rien dire. Mais cette solidarité ne pourra se faire en sens unique : recevoir, c'est s'engager.

Que cela soit bien clair.

mardi, 24 mars 2020

LUMIÈRES ET TRISTESSES

Billet de  François VAN DE VILLE

tristesse.jpg- Dans quel ordre puis-je, aujourd'hui, écrire et faire cohabiter ces deux mots si antinomiques : "lumières" et "tristesses" ?

Ici, le moment présent n'est pas de s'interroger ni de porter une réflexion sur la société elle-même qui nous entoure, société durement éprouvée aujourd'hui dans un confinement totalement méconnu d'elle, mais qui se découvre à elle-même par la contrainte où elle se trouve enfermée.

Hier encore, voici peu de jours seulement, on gardait la mémoire de ces forces de l'ordre, de ces médecins, de ces infirmiers, de ces ambulanciers, de ces pompiers qui n'osaient plus pénétrer dans certaines de nos cités sans courir le risque de s'y faire caillasser, bousculer, châtier. Avant hier, ne voyait-on pas aussi des hommes ou des femmes, revêtus de gilets réputés lumineux, qui hurlaient, face à ceux qui venaient porter secours à ceux qui aspiraient au rétablissement d'un minimum d'ordre et de sécurité : "suicidez-vous !" en faisant accompagner le geste à leur parole ?

Et aujourd'hui, ceux-là mêmes, de leurs fenêtres ou de leurs balcons d'où, hier, ils jetaient des pierres, se plier désormais à un rituel devenu journalier pour applaudir ces sauveteurs qui se dévouent pour leur porter secours au prix du sacrifice de leur propre vie.

Hier était une société de "guerre civile froide" (pour reprendre la phraséologie de Valéry Giscard d'Estaing) où le "face à face" doctrinal l'emportait souvent sur le "côte à côte" social. Aujourd'hui, des solidarités ressurgissent spontanément chez ces mêmes acteurs.

Il y a de quoi s'interroger.

Mais cela traduit bien l'état de santé mental de notre société toute faite de contrastes parfois incohérents : société fracturée, disloquée, rongée par un cancer dont les métastases s'appellent la haine, les envies, la jalousie, société en perte permanente de tout repère au point que tout respect humain disparaissait de la tête de certains. Mais société aussi qui, tel le printemps qui fait tout renaître, est capable de voir, comme en ce temps d'épreuve, encore germer en elle-même ce qu'il y a de plus profond et porteur d'autres fruits généreux et prometteurs.

PEUT-ON FERMER LES YEUX ?

Une fois que l'épreuve virale actuelle sera achevée, que les va-et-vient auront retrouvé tous leurs droits, une autre interrogation s'impose à nous : peut-on fermer les yeux sur ce que l'épreuve actuelle nous aura révélé ?

L'immuable institutionnel serait un crime aussi grave que les effets du virus lui-même. Il nous faut décréter un état d'urgence politique. C'est un autre défi qui s'impose à nous comme à nos dirigeants : il faut le prendre à bras le corps sans plus tarder.

J'ai parlé plus haut d'état de santé mental de notre société. Les décisions à prendre, toutes réunies, doivent en effet et prioritairement concourir à offrir à notre société non plus davantage de bureaucratie, mais une vision claire de notre avenir, du devenir de chacun de ses membres dans leur gigantesque diversité (qui est une richesse insoupçonnable). Il ne suffira pas de se contenter d'entreprendre des réformes, que ce soit sur les impôts, les retraites, la dépendance, la mobilité, les services publics, l'éducation, la sécurité, les institutions ou notre identité nationale. Non, ceci ne suffit plus : il faut toute autre chose.

C'est une autre société qui est à rebâtir en profondeur, à se libérer des démons où elle s'est enfermée d'elle-même depuis trop longtemps. C'est une Nation à faire renaître. Ce sont d'autres portes à ouvrir, d'autres fenêtres à percer dans nos murs. D'autres lumières à accueillir pour nous vivifier mutuellement.

Faut-il, pour autant, changer le numéro de notre République ? Je ne rentrerai pas pour m'enfermer dans ce débat qui me parait d'un autre âge, tant il me semble promis comme toujours à l'ancien.

La France a un autre défi devant elle. Il serait criminel de vouloir l'ignorer encore.

Espérons que les nouvelles générations sauront le relever avec vigueur. Et je veux garder cet espoir ancré en moi.

Pour que les lumières prennent enfin et définitivement le pas sur ces tristesses qui nous névrosent.

vendredi, 13 mars 2020

L'ETAT PROVIDENCE et ses leçons

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,faits de société- « Ce n’est pas la division qui permettra de répondre à ce qui est aujourd’hui une crise mondiale »

Cette phrase, prononcée au milieu de son allocution solennelle par le Président Macron s'adressant à la nation française, visait vraisemblablement et surtout le tumultueux et inconstant Président Donald Trump.

C'est une leçon méritée adressée à son homologue outre-atlantique, lui rappelant à cette occasion que c'est de la façon qu'on aborde une crise mondiale - comme actuellement le colonavirus - qu'on peut révéler la capacité d'un état à s'y confronter. Et non à se limiter à désigner « l'étranger » comme l'unique source de cette pandémie devenue mondiale, et prendre ensuite des mesures brutales et totalement inconsidérées.

Peut-être Emmanuel Macron lui rappellera-t-il de vive voix lors d'un entretien téléphonique qu'il doit avoir ce vendredi avec l'immaculée Maison Blanche.

Le Président Macron n’est pas du tout Donald Trump. Avec lui, ici, pas de brutalité, pas d’emporte-pièce, pas de reniement facile, pas de repli nationaliste. Le Président français s’est montré ce soir grave et responsable, volontairement rassembleur de la nation et de son peuple. Il s'est montré aussi lucide : « Nous ne sommes qu’au début de la crise » quand il dit, lui et contrairement à Trump, qu'il « fait confiance à la science, et écoute ceux qui savent ». Tout l'inverse du Trump vrombissant à tout va sans rien considérer d'autre que sa réélection.

Aujourd’hui, donc, plus personne ne peut ignorer que nous sommes à l’orée d’une crise sanitaire mondiale historique.

C’était le rôle du Président Macron d’en faire part à la nation : il l’a fait. La décision de fermer, à partir de lundi, tous les établissements qui accueillent enfants et étudiants, des crèches aux universités, est une décision grave et difficile certainement pour beaucoup. Mais elle est à la mesure de la situation. Immédiatement, elle a même suscité une mesure identique dans nombre de nos pays voisins. Elle doit maintenant aussi appeler à prendre conscience de ce qui va nous arriver, chez nous, comme partout dans le monde.

Mais répondre à cette crise, ce sera aussi devoir en tirer les conclusions, et surtout les leçons.

C'est encore, dans l'allocution du Président, l’ardente « reconnaissance de la nation aux héros en blouse blanche » qu’a voulu exprimer Emmanuel Macron, voulant sans doute réconforter ces hommes et ces femmes des hôpitaux qui se sentaient lâchés par l’État. La leçon exigera un autre regard sur la situation de nos services de santé, ceux de la recherche médicale, de l'industrie pharmaceutique trop longtemps utilisées comme des « variantes ajustables » par des décennies d'incurie gouvernementale.

Là, comme ailleurs, on se souviendra que le Président, hier soir, a parlé d’« État providence ».

C'est un langage tout nouveau et totalement inhabituel qu'on a entendu. Il a promis de « reprendre le contrôle », il a annoncé « des décisions de rupture ». Il a même dit : « Je les assumerai ».

On en reparlera certainement longuement, une fois la tempête actuelle calmée.

lundi, 09 mars 2020

EUROPE : RÉVEILLES-TOI FACE À TON HISTOIRE !

Billet de  François VAN DE VILLE

exiles.jpg- Dans le monde entier, le "coronavirus" a pris toute la place de l'actualité du moment : il le mérite amplement de par les peurs qu'il suscite.

Pourtant, au même moment, une autre tragédie, dramatique et plus cruelle encore, se joue à une portée de Paris : à la frontière entre la Grèce et la Turquie.
 
Les faits : des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants fuient une guerre sans pitié et la misère dans leur propre pays. Ils se retrouvent coincés entre, d'un côté, des policiers turcs qui les poussent vers la Grèce et, de l'autre côté, des policiers grecs qui les refoulent vers la Turquie, parfois jusqu'en coulant militairement leurs frêles embarcations.

C'est dramatique.

Ces populations quittent donc un enfer qu'elles n'ont pas cherché, et elles ne trouvent ailleurs personne pour les accueillir : elles sont aujourd'hui affamées, dénudées dans leur exode forcé et apeurées. Et voici que, face à ce drame, l’Europe entière les perçoit… comme un danger !

La Turquie, profitant de cette situation pour masquer ses propres problèmes intérieurs, les utilise comme une "monnaie d’échange" face à l'Europe, et la Russie, de son côté, les prend comme un incontournable "dégât collatéral" du conflit syrien auquel elle participe de son côté.

L’histoire – à moins qu’elle ne soit écrite un jour par l’extrême-droite – se souviendra de cet incroyable imbroglio, ce déni humanitaire qui est maintenant une véritable tâche pour l'Europe elle-même et les civilisations qu'elle incarne. Donc pour nous aussi, complices silencieux, ou presque.

Aujourd’hui, nos sociétés européennes, dites "démocratiques", sont comme tétanisées par ces exodes. Ceux-ci sont perçus désormais comme des menaces depuis les vagues d’immigration, certes fort imprudentes, de 2015 : menace pour notre identité culturelle, menace pour notre stabilité économique - du moins pour une partie de nos opinions - menace encore pour nos démocraties que représente la montée des votes en faveur de l’extrême-droite provoquée par les peurs qu'elle cultive savamment dans les esprits.

"L’histoire est tragique", rappelait jadis Raymond Aron à ses contemporains : ceux-ci avaient tendance à penser que la démocratie avait "pacifié" le monde. Dramatique erreur : l’actualité est toujours aussi tragique ! Non, la démocratie et son pacifisme ne sont pas au rendez-vous espéré.

On le voit aujourd'hui à la frontière de la Grèce et de la Turquie, et aussi en Syrie : c’est la vie de millions d’hommes qui est en cause. On le voit encore ailleurs, un peu partout à travers le monde et les égoïsmes aveugles qui se déploient.

Ce sont bien nos régimes démocratiques, enfermés dans leurs contradictions, qui sont eux-mêmes menacés : ne pas aider ces populations, renoncer à nos principes moraux. Ou, autrement, accueillir décemment ces exilés, mais prendre donc le risque de favoriser une possible prise de pouvoir par d'autres dirigeants autoritaires, voire totalitaires.

Nos démocraties en sont là. Elles en sont là parce qu’elles REFUSENT D'ASSUMER LEURS RESPONSABILITÉS : en aval, face aux vagues migratoires, en amont, puisqu’elles sont quasiment inexistantes dans une nécessaire résolution diplomatique entraînant, a fortiori, celle militaire face à des conflits qui produisent ces tragédies qu'elles ne peuvent enrayées.

Peut-on se contenter d'en rester là, immobiles, les bras croisés ?

Europe : Réveilles-toi face à ton Histoire !

03:12 Publié dans SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 10 février 2020

L'EUROPE TANCE LA FRANCE SUR SES PRISONS

Billet de  François VAN DE VILLE

prison.jpg- La Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) a rendu récemment un arrêt très sévère, enjoignant Paris à repenser totalement sa politique d’emprisonnement.

Le scandale des prisons françaises dure en effet depuis trop longtemps : ici une femme se plaint qu’à quatre détenues dans douze mètres carrés, elle est obligée de préparer ses repas à côté des toilettes. Là, des hommes sont contraints de poser leurs matelas en équilibre précaire pour éviter rats, souris ou cafards qui pullulent dans les cellules.

Un certain nombre de personnes avaient donc saisi la Cour Européenne du scandale de la surpopulation et des conditions indignes de détention dans les prisons françaises : ils sont détenus à Nice, à Fresnes, en Martinique, en Polynnésie, mais aussi… à Nîmes. Mais le problème, en tous lieux, est partout le même.

Mais cette fois-ci, la CEDH a rendu un arrêt d'une sévérité inusitée, relevant l’existence d’un « problème structurel » et recommandant aux autorités françaises « d’envisager l’adoption de mesures générales » pour mettre fin à ces « situations honteuses ».

Certes, il ne s’agit pas là d’un arrêt contraignant, mais la « recommandation » est très ferme et suggère « la refonte du mode de calcul de la capacité des établissements pénitentiaires et l’amélioration du respect de cette capacité d’accueil ». L’Observatoire international des prisons, crie victoire : « La France, pays des droits de l’homme, est désormais sous la surveillance du Conseil de l’Europe ».

Le Ministère de la Justice, placé sous cette contrainte « morale », a donc « pris acte » de cette sévère admonestation : il souligne, en s'en prévalant, « une amélioration constante des budgets pour l’entretien » des prisons, la construction de sept mille nouvelles places, le projet de huit mille autres.

Mais, quoiqu'il en dise, le Ministère traîne aussi derrière lui des années de politique de répression qui fait battre sans cesse le triste record du nombre de détenus. Le Syndicat des Avocats de France en profite pour rappeler que lors de la création du groupe d’information sur les prisons, en 1971 : « On nous disait déjà que les prisons n'étaient pas spécialement surpeuplées, mais que c’était la population elle-même qui était suremprisonnée ! ».

À Nîmes, là où les conditions de détention figurent donc parmi ls plus difficiles de France en raison de sa surpopulation pénale, le Député MoDem du Gard - Mr Philippe Berta - a pu annoncer tout récemment qu'enfin les travaux d'agrandissement de l'actuelle prison démarreront au cours du second semestre de cette année 2020, quoique certains problèmes ne soient pas encore entièrement résolus en matière d'occupation des espaces, et ceci en attendant la construction dans le Gard d'un second établissement de détention mais…. dont on ignore encore le lieu et le calendrier de sa construction.

Mais il est certain que le « pays des droits de l'Homme » ne peut plus tolérer la situation actuelle, et c'est très bien qu'il soit mis de fait en observation du Conseil de l'Europe pour veiller à enfin s'attaquer à ce problème des détentions et de la politique pénale en général.

mardi, 04 février 2020

BREXIT : UNE VRAIE CHANCE POUR L'EUROPE !

BILLET de  François VAN DE VILLE

Europe.jpg

- « La nature, la structure qui sont propres à l’Angleterre diffèrent profondément de celle des continentaux » (Charles De Gaulle)

Ainsi s'exprimait déjà le Général De Gaulle en 1963. Il avait déjà bien senti que l'entrée du Royaume Uni au sein du Marché Commun - alors encore composé des seules 6 nations fondatrices - allait chambouler la construction européenne balbutiante : il y voyait alors un atlantisme forcené et, surtout, un intérêt purement commercial pour l'Europe et pas grand-chose d'autre. Une absence totale d'ambition.

Quarante sept ans après, les choses n'ont guère changé : avec le départ du Royaume Uni de l'Union Européenne, celle-ci se retrouve donc à une nouvelle croisée des chemins.

Après le commencement de la mise en œuvre du Brexit - période qui promet d'être longue et, au mieux, conclue pour partie pas avant fin 2020 - notre Union Européenne est-elle capable de redevenir un projet politique ? Le Brexit serait-il une chance nouvelle pour l'Europe ?

Après le départ du Général en 1969, les partenaires européens et britanniques firent donc, cependant, affaire : entrée le 1er Janvier 1973 et confirmation par référendum en 1975.

Mais, tout au long de ces quarante-sept années, les Britanniques n’ont cessé d’être ensuite à la fois et dedans, et dehors, refoulant tout esprit politique, obtenant ici des rabais sur leur participation au budget général, là d'autres rabais sur la Politique Agricole Commune, etc… Ils refusèrent ensuite l’euro, puis encore la zone Schengen de libre-circulation entre citoyens européens. Le Royaume-Uni se contentait donc de n'être d'une simple zone de libre-échange de marchandises, une sorte de « Global Europe ». Aujourd'hui, le Premier Ministre anglais - Boris Johnson - veut bâtir « A Global Britain ».

Depuis Margaret Thatcher, tous les Premiers ministres britanniques n'ont cessé de critiquer le pouvoir de Bruxelles et le centralisme administratif qui s’affirmaient au fur et à mesure que la Communauté économique européenne, devenue ensuite l’Union européenne, s’élargissait et, progressivement devenait la 1ère puissance économique mondiale. Mais, hélas, l'administration prenait progressivement la place du politique, puisque Londres en refusait l'esprit : péché véniel fréquent aussi dans ce genre d'évolution hyperbolique, en l'absence de toute autre politique réellement établie.

Le Royaume-Uni ayant donc choisi de sortir désormais de ce grand ensemble pour retourner sur son étroite île, face à un marché sur le continent de près d'un demi milliard de citoyens, l’Union Européenne se voit offrir aujourd'hui une opportunité en or pour se refonder, pour remettre les choses à leur place comme il se devait afin de se rendre plus lisible et plus populaire. C'est maintenant devenu une urgente nécessité.

L'UE peut - mais surtout DOIT - relancer le projet politique abandonné en chemin sous l'incessante pression britannique qui l'en empêchait jusqu'ici.

« Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité. Un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté » (Winston Churchill).

Nous avions notre De Gaulle, et les anglais avaient leur Churchill : deux grands géants, l'un comme l'autre, visionnaires de l'Histoire. C'est pourquoi je les cite ici volontiers dans ce billet.

Churchill, cet anglais-là, lui c'était un grand, un vrai, quand on observe depuis le pitoyable spectacle que nous a livré l'Outre-Manche pendant tant d'années avec ses innombrables tâtonnements.

Enfin libérés de ces aventures et de ces tenants, OUI nous POUVONS ENFIN - et nous DEVONS -  refonder en la retrouvant, l'Europe que nous tous, ses nations et ses citoyens espérions et attendions tous.

Le Brexit : OUI ! UNE VRAIE CHANCE POUR L'EUROPE !

lundi, 16 décembre 2019

L'ÉPREUVE ANGLAISE DU BREXIT

"L'ÉPREUVE ANGLAISE DU BREXIT"

Billet de  François VAN DE VILLE

- politique,mouvement démocrate,faits de sociétéLes électeurs britanniques se sont prononcés, à l'exception notable et sans équivoque des écossais, des irlandais du Nord et de Gibraltar, pour lâcher les amarres qui les reliaient au vieux continent européen.

Il reste donc, désormais, au gouvernement anglais de définir les nouvelles relations entre ce "Royaume-Uni" (divisé maintenant entre plusieurs de ses nations qui postulent même leur indépendance pour rester proches de l'Europe) et l’Union Européenne. 

L'épreuve qui commence pour le gouvernement anglais est bien plus compliquée que ce qui vient de s’achever : il faut réinventer une autre nation, totalement souveraine et libre de son destin, mais désormais isolée sur son île.

Nous ne pouvons que souhaiter, pour les Britanniques comme pour les Européens, qu'une nouvelle relation s'établisse la plus harmonieuse possible. Mais ce sera difficile : l'Angleterre ne sera pas devenue notre ennemie, mais elle sera, demain, pour chaque nation européenne, un concurrent sérieux qu'elles devront désormais affronter.

Les négociations vont donc commencer entre la grande île et l’Union Européenne. Si elles ne sont pas achevées fin 2020 - ce qui est fort probable puisqu'il faut renégocier un à un les milliers de traités établis pendant nos années d'union (ces traités demeurant valides jusqu'au terme de leurs renégociations) - il n'est pas impossible que ce travail se prolonge pendant de très nombreuses années. Ce sera certes passionnant, parce que les tractations obligeront les Britanniques à faire des choix politiques, économiques, sociaux, environnementaux et décisifs. Avec, en permanence, une question de fond qui se rappellera à tous les Britanniques : "Pourquoi avons-nous, un jour, décidé de rompre avec l’Europe des 27 et son immense marché de plusieurs centaines de millions de consommateurs ?". Question lancinante qui se posera à eux pendant des décennies.

En effet, si les nouveaux accords commerciaux avec l’UE ressemblent trop aux anciens (et le risque n'est pas nul), les anglais se demanderont à quoi bon ce départ, avec ses mélodrames, ses casse-têtes, ces contrôles sans fin aux frontières, les ports ou aéroports, pour en arriver là. Mais si les nouvelles relations doivent tourner le dos aux anciennes, les négociateurs anglais devront alors annoncer au peuple ce à quoi ils renoncent parmi les fameuses règles de Bruxelles, que beaucoup fustigeaient hier, mais qui avaient l’immense avantage de protéger et les travailleurs, et les entrepreneurs, et les consommateurs et leur environnement.

Et la question qui se posera alors, même si c'est trop tard pour revenir en arrière, sera : "Était-ce une bonne idée de quitter l'Union Européenne ?". Personne parmi nous ne recevra la réponse : seules les générations qui nous suivront la recueilleront.

mercredi, 20 novembre 2019

LA SEULE QUERELLE QUI VAILLE....

"LA SEULE QUERELLE QUI VAILLE...."

Billet de  François VAN DE VILLE

sauver.jpg- Nous vivons aujourd'hui dans un monde qui a, apparemment, perdu le sens et la raison.

Quand on voit, hier, une maison de retraite refuser d'admettre dans ses murs une personne âgée, dont la fin de vie approche, parce que cette personne refuse d'abandonner son habit religieux, marque de son engagement jusqu'à sa mort au service d'autrui, et particulièrement de ceux éprouvés dont elle était proche, on a perdu le sens et la raison de ce qu'est et doit être la laïcité.

Quand on voit, aujourd'hui, que des élus locaux veulent interdire dans leur commune la projection d'un film traitant du racisme politique, film réalisé, comme bien d'autres admirables, par l'un des plus grands cinéastes français actuels parce que celui-ci, aujourd'hui âgé de 86 ans, aurait eu, il y a près de 50 ans, alors qu'il sortait tout juste de son adolescence, des approches trop vigoureuses auprès du sexe dit "faible", et ceci au nom de la défense de ce même sexe et de ses légitimes droits, on a perdu aussi le sens et la raison de cette défense : en fait on la dessert désormais plus qu'on ne la sert. On va bientôt entendre résonner des "ras le bol" à ces campagnes outrageuses.

Quand, désormais, des français en grand nombre n'ont plus confiance en rien, qu'ils se sentent devenus inutiles dans une société hyper connectée qui les ballotte de courants en errements, qu'ils s'estiment n'être plus qu'un numéro de sécurité sociale au lieu d'avoir une véritable existence sociale, quand ils sont en proie à la désespérance, à la défiance et au déclassement, la préoccupation de nos dirigeants, plutôt que de se lamenter sur leur propre sort, devrait être de redonner du sens et de la raison à notre société plutôt que de les perdre en circonvolutions qui la désespèrent un peu plus.

Les plus anciens d'entre nous se remémorent peut-être de cette conférence de presse du Général De Gaulle, en Mai 1959, alors que la préoccupation des français était surtout la douloureuse guerre d'Algérie - dont, là aussi, les dirigeants de feue la 4° République y avaient perdu le sens et la raison d'être - on se souvient de la conclusion donnée à sa conférence :

"En notre temps, la seule querelle qui vaille est celle de l'Homme.

C'est l'Homme qu'il s'agit de sauver, de faire vivre et de développer"

Jamais ces mots n'ont été aussi actuels.

Oui, il faut redonner sens et raison à notre société en plein désarroi. C'est d'autant plus vrai à une époque où la culture de mort distille son venin par tous les pores de notre société.

Comment se fait-il qu'aujourd'hui les héritiers de Michelet, Malraux, Schumann, Aron, Rueff, voire aussi de d'Ormesson n'enfourchent-ils pas ce cheval de bataille au nom de la vie, en arborant les valeurs qui ont façonné notre société depuis des siècles et fondé celles éternelles de la France. Pourquoi ne pas mieux considérer l'Homme et ce qu'il ressent ?

C'est devenu une urgence. Celle de redonner à chacun sens et raison de vivre et d'espérer.

Parce que c'est notre seul salut.

mardi, 05 novembre 2019

LE CHOIX DES RÉPUBLICAINS

"LE CHOIX DES RÉPUBLICAINS"

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrate- Mr Christian Jacob a été élu tout récemment Président des "Républicains" en remplacement de Mr Laurent Wauquiez contraint à la démission. Mr Jacob l'a donc emporté dès le premier tour avec plus de 62% des voix exprimées, devant Mr Julien Aubert (21 %) et Mr Guillaume Larrivé (16 %). Première observation : la parité hommes-femmes ne semble pas être de mise dans le choix des candidats offert aux militants de ce parti. Étrange !

Mais chacun a pu constater que cette élection s'est déroulée dans l'indifférence générale des français. Il est vrai que le suspense était d'un niveau très faible, puisque nombreux étaient ceux qui pariaient sur la victoire du candidat Jacob.

Ceci m'amène à faire les observations suivantes.

Fin 2017, la côte des partis politiques en général avait décru depuis un certain temps déjà et la droite venait d’essuyer deux échecs cuisants : - à la présidentielle d'abord - aux législatives ensuite. Échecs particulièrement durs à assumer. Mr Wauquiez a dû les payer par cet autre échec d'une stratégie très tôt contestée.

Mais il demeurait quand même suffisamment d’adhérents aux Républicains en 2017 pour que 100 000 d’entr'eux participent au vote qui consacra Mr Wauquiez. Or, moins de deux ans plus tard, les responsables de ce parti se demandaient combien il en resterait pour la nouvelle élection, craignant un net recul qui plongerait un peu plus le parti dans une crise profondément existentielle. Ils furent finalement un peu plus de 62.000, recul très brutal mais quand même moins sévère qu’en 2017, laissant un peu plus d'électeurs qu’espéré initialement.

Chacun sait pourtant que moins les adhérents sont nombreux à voter à l’intérieur d'un parti, et plus ceux-ci risquent de s’éloigner du vote des Français, isolant encore plus leur formation et leurs leaders. C'est le piège difficile qui est tendu à tout parti politique.

Pour faire face à cette problématique, les trois candidats en lice à l’élection avaient choisi des stratégies différentes face à ce danger : Christian Jacob a choisi de s’appuyer sur la structure des Républicains pour rassembler la droite (et le centre ?) et ensuite rebâtir patiemment un projet politique. Par contre, ses deux jeunes concurrents, Mrs Julien Aubert et Guillaume Larrivé, cherchaient, eux au contraire, à souder une vraie droite autour d’un retour aux fondamentaux.

Les adhérents ont tranché, de façon nette, pour le choix proposé par Mr Jacob : rassembler et lentement reconstruire idéologiquement leur mouvement. Et ils ont repoussé à plus tard l’autre option, celle de la stratégie. C'était un risque à courir. Et c'est toujours aujourd'hui, pour les Républicains, le risque à affronter.

Était-ce pour ce parti déjà très éprouvé et indéterminé le meilleur choix, parti déjà et aussi concurrencé et cerné de toutes parts, tant sur son centre que sur sa droite ?

Les lendemains qui s'approchent répondront à cette question. Mais la réponse est loin d'être évidente, et la partie loin d'être gagnée.

dimanche, 14 juillet 2019

CONTRE NOUS DE LA TYRANNIE....

CONTRE NOUS DE LA TYRANNIE....

Le Billet de  François VAN DE VILLE

politique,faits de sociétéMême minoritaires, les actions violentes de ce 14 Juillet 2019 sur les Champs-Élysées ont constitué une attaque contre la République et la démocratie.

Comment ne pas se rappeler, en de telles circonstances, ces paroles de notre hymne national : "Contre nous de la tyrannie, l'étendard sanglant est levé…." ?

Ces sifflets, au passage du Président de la République sur les Champs-Élysées, furent un affront à la République : ils émanent de nouveaux tyrans qui veulent s'imposer, seuls contre tous, comme hier ces envahisseurs, porteurs d'idéologies hors du temps et sans lendemains, voulaient nous imposer leur loi au nom d'un ordre nouveau qu'ils voulaient établir. Nos nations, celles qui se veulent libres, se sont levées heureusement contr'elles pour les écraser.

Ces violences, déclenchées ensuite sur la même avenue après le défilé du 14 Juillet, ne sont qu'une provocation contre la démocratie. "Qu'un sang impur…."

Le chef de l’État, celui-ci comme ses prédécesseurs, n’incarne jamais mieux la nation, son unité, son histoire, son destin, que le jour de la fête nationale. Le huer ce jour-là, c’est nier sa fonction et nuire à la nécessaire cohésion d’un peuple. Il reste d'autres jours dans l’année pour critiquer sa politique, si éventuellement on le veut.

On se désole d’abord, et on cherche ensuite des responsabilités devant le déclenchement de ces violences un jour comme celui-ci, et dans un lieu aussi symbolique comme celui-là. On ne comprend pas que le ministère de l’Intérieur n’ait pu empêcher ces insupportables scènes. Peut-être des manquements ont-ils eu lieu dans l’anticipation et le maintien de l’ordre ? Y a-t-il eu faute de prévision ?

Mais, de toutes façons dans un régime démocratique, les violents ont toujours forcément, dans un premier temps, l'avantage. Comment se prémunir totalement contre des exactions menées par des voyous déguisés en quidams ? À moins de renoncer au respect des libertés publiques.

C’est justement ce à quoi poussent ces provocateurs, qu’ils soient porte-paroles des vestiges de "gilets jaunes" égarés, présents hier encore sur les Champs, ou qu’ils soient les alliés des black-blocs. Archi minoritaires dans leurs actions, leur seul espoir d’ébranler le pouvoir est de saper, coup après coup, semaine après semaine, ses fondements, que sont la démocratie et la République. Jusqu’à ce que les citoyens finissent par rejeter des institutions qui ne les protégeraient plus, et jusqu’à ce qu’ils ne se reconnaissent plus dans cette République, puisque même la fête nationale ne voudrait plus rien dire.

Face à ces nouveaux barbares de la tyrannie, levons nos étendards baignés des idéaux de notre démocratie.