un compteur gratuit pour votre site web

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 07 novembre 2020

DÉMOCRATIE. Ô DÉMOCRATIE !

BILLET de François VAN DE VILLE

democratie.jpg- Les institutions américaines semblent vouloir résister aux assauts de Mr Trump, son Président sortant. Néanmoins, elles sont de plus en plus fragilisées.
 
Les États-Unis se sont approchés, tout doucement, du premier dénouement, celui de l’attribution de la victoire au démocrate Joe Biden. Mais pourtant les Américains sont loin d’en avoir fini avec le tempétueux Donald Trump, lequel a déjà déposé dix recours en justice, dont six pour la seule Pennsylvanie.

L’avalanche des accusations de fraudes dans le vote par correspondance, les demandes pour arrêter le comptage de bulletins - pourtant parfaitement légaux - sont autant d'insultes à l’intelligence comme à la démocratie.

Les 50 États, responsables de l’organisation des élections, se montrent pourtant exemplairement minutieux : la Géorgie, le Wisconsin et le Nevada, au moins, recompteront les bulletins en raison des marges infirmes entre les deux candidats. Légalement, ils ont jusqu’au 8 décembre pour ce faire.

Les médias, eux, sont d’une prudence extrême dans leurs projections. Les chaînes d’info résistent, en osant même couper le direct des conférences de presse insanes de Mr Trump. Les réseaux sociaux, de leur côté, bloquent ses messages victorieux délirants.

Mais, quels que soient les tumultes provoqués par un personnage qui semble incapable d'affronter sa propre défaite, tout ceci ne semble pas compromettre à terme le résultat final : Mr Trump a bien perdu l'élection et le cours des choses n'en sera pas arrêté pour autant.

Mais ce "crash-test" pour les États-Unis ne peut pourtant pas cacher certaines vérités. La vieille constitution des pères fondateurs des USA (Benjamin Franklin, George Washington, John Adams…) de 1787 est-elle encore opérante dans les USA d’aujourd’hui ? La question se pose aujourd'hui avec plus d'acuité que jamais.

La réponse est "non".

Le suffrage indirect, et le système des grands électeurs, préservent surtout apparemment les intérêts des États ruraux, ceux du Midwest comme ceux du Sud. Mais l'un comme l'autre ne rendent plus compte de la diversité des incessants mouvements démographiques parvenus depuis.

C’est un vieux sujet auquel le parti républicain ne s’attaquera pas de sitôt : son retrait actuel, à peine caché dans le conflit créé par Mr Trump, est significatif. Ce bon vieux parti est en train d'éclater sous nos yeux. Il aura, pour lui, la cohorte des grands présidents qui l'ont bien servi, mais il y aura désormais, face à lui, le "trumpisme" qui demeurera et sera désormais porteur des voix qui ne se reconnaissent plus dans les discours bien formés, ici comme là, depuis des décennies.

Il faut remonter à 2004 pour trouver une victoire républicaine obtenue par le vote populaire avec la réélection de George W. Bush. Mais sept des huit dernières élections avaient consacré une majorité de voix démocrates.

C'est un peu là l'histoire de toutes nos démocraties, ancrées qu'elles sont sur des textes constitutionnels écrits et pensés dans des circonstances précises de notre Histoire, mais qui perdent ensuite leur impact nécessaire dans les méandres et les évolutions des sociétés qui suivent, vont et viennent au gré des courants. Et la qualité de nos démocraties - voire leur survie à terme - reste fondée sur leur faculté de savoir s'adapter et évoluer.

Hélas, ce n'est pas le cas aux USA qui font toujours religion de textes constitutionnels écrits dans des temps multi-séculaires qui n'ont plus cours aujourd'hui et desquels certains veulent aujourd'hui s'éloigner par tous moyens, y compris ceux éclos d'archaïsmes insensés et échappent à tous bons sens.

Oui, la démocratie américaine est en grave danger, et pas seulement le parti républicain.

Espérons que cette grande démocratie saura sortir de ce piège dans lequel elle semble enfermée. Mais espérons aussi que cet exemple nous servira, à nous autres démocraties du monde, de leçon salutaire pour ne pas tomber dans le même immobilisme suicidaire.

The world great again.

mardi, 03 novembre 2020

LE MONDE SERA-T-IL, DEMAIN, UN PEU PLUS BEAU ?

Trump.jpg- Avec le maintien, ou non, de Donald Trump à la Maison-Blanche,  c’est l’image même de la démocratie qui est en jeu aux yeux du monde.

Donald Trump, Président des États-Unis d’Amérique, ce n’est pas l’irruption du tragique dans l’Histoire (ou pas encore) mais d’une pantalonnade. Cet homme est un histrion que 63 millions d’Américains ont choisi pour dirigeant en 2016. En quatre ans de mandat, il aura dégradé la fonction présidentielle dans son pays, il aura dévalorisé l’image planétaire de la première puissance mondiale, il aura ébranlé une démocratie vieille de 240 ans. Par la place éminente qu’il occupe sans jamais avoir été à la hauteur, il aura contribué avec d’autres à enlaidir le monde.

On saura demain, peut-être, si la farce désolante continue. Élu, son adversaire ne ferait pas de miracle mais, au moins, la Maison-Blanche renouerait-elle avec la décence.

Les plus grands dirigeants ne se recrutent généralement pas parmi les ligues de vertu : il faut des êtres hors norme pour un boulot pareil. Mais le cas de Donald Trump est inédit. Jamais une grande démocratie n’aura porté à sa tête un homme aussi brutal, aussi cynique, menteur, vaniteux, raciste et sexiste.

Le monde serait bien un peu plus beau si ce grand pays ne devait plus être présidé par Donald Trump.

La violence de la politique est à la hauteur de ses enjeux, mais elle s’exerce néanmoins à l’intérieur de limites. Si les dirigeants s’exonèrent de toute morale, outragent les lois, offensent les valeurs d’une civilisation, c’est la violence de la société qui se défoule alors. Et c’est une certaine idée de la beauté du monde qui se défait.

Les enjeux de l’élection présidentielle américaine sont là. Que ceux qui pensent que l’auteur de ces lignes exagère lisent "Le monde selon Donald Trump" de Nicole Bacharan (Tallandier).

La réalité est pire encore. Le recensement, en un seul volume, des outrances et mensonges du président américain, appuyé sur de précises références, produit un étrange effet, entre dégoût et incrédulité.

Hors tout parti pris, espérons que l'espoir renaîtra de l'autre côté de l'Atlantique pour le bonheur du monde entier.

Michel BRETONNIER

vendredi, 16 octobre 2020

LE SHÉRIF DONALD TRUMP

Billet de  François VAN DE VILLE

shérif.jpg- Les émeutes et les divisions entre communautés aux États-Unis servent-elles, ou desservent-elles, Donald Trump pour sa réélection ?  

La situation aux USA se complexifie à un degré jamais connu depuis des décennies. Survolons quelques cas parmi tant d'autres.

Pour premier exemple, citons la ville de Kenosha, dans le Wisconsin lointain au bord des grands lacs du nord, laquelle ne cesse plus de tanguer sous les coups et les pillages depuis qu’un policier "blanc" a tiré sept fois dans le dos d’un père de famille "noir", Jacob Blake. Et aussi, par ailleurs, depuis qu’un jeune milicien "blanc" de 17 ans a tué deux manifestants au fusil d’assaut.

Malgré ces faits criminels et sans excuses, Donald Trump les assène pourtant, et sans nullement sourciller sur la pelouse de la Maison-Blanche qu’il compte encore fouler quatre ans de plus, et de déclarer que "personne ne sera en sécurité dans l’Amérique de Biden". Est-ce de l'humour ? On peut se le demander.

Ailleurs à Minneapolis, depuis la mort de George Floyd étouffé sciemment par un policier "blanc" en mai, le mouvement "Black Lives Matter" a pris une ampleur considérable. Les basketteurs des "Milwaukee Bucks" ont même boycotté récemment un match suivi par toute la NBA et les autres ligues professionnelles, pour montrer leur total écœurement.

Ce thème, et celui de la division entre les communautés, seront vraisemblablement majeurs lors des élections américaines du 3 novembre.

Mais, au lendemain de la convention républicaine, on peut se demander si le discours de fermeté de Donald Trump va se retourner contre lui (mobilisation du vote afro-américain) ou transcender sa base électorale. Il se fait le défenseur du "mode de vie" américain, de "la loi et de l’ordre", tout comme un shérif mythologique au colt fumant dont tous se souviennent sur les images d'un passé qu'on croyait révolu.

S’il n’y avait par ailleurs sa gestion erratique de la pandémie (plus de 180.000 morts) et ses effets sur l’économie, on aurait mis un billet de 5 dollars à l’effigie d’Abraham Lincoln sur sa réélection. Mais la façon aussi dont Donald Trump a traité, en les ridiculisant, ses médecins penchés sur sa propre supposée pandémie, et la grotesque mise en scène risible de son retour la Maison Blanche, on peut se demander dans quel monde vit cet individu ?

Le mode de scrutin indirect pour désigner le futur Président laisse pourtant planer tous les doutes sur ce qui nous parait impossible à nous, habitués que nous sommes à des démocraties plus rigoureuses : être largement minoritaire en nombre de voix obtenues mais être cependant élu Président pour quatre ans, comme ce fut le cas dans sa compétition contre Mme Hillary Clinton. C'est le monde à l'envers !

Que décideront "in fine" les"Swinging States", ces États bascules qui font, ou défont les présidents à leur gré ? Le monde entier est suspendu à leur verdict?

L'élection américaine demeure toujours un mystère insondable.

mercredi, 30 septembre 2020

RACISME & INDIGÉNISME

politique,faits de sociétéBillet de François VAN DE VILLE

- Certains "indigénistes", à forte voix, qu'on voit fleurir sur nos écrans ou dans les colonnes de nos journaux tentent actuellement de lutter, eux aussi (du moins le prétendent-ils) contre le "racisme". Et pour cela, ils décrètent une sorte d'antagonisme qu'ils veulent surtout être irréversible entre "Noirs" et "Blancs".

C'est bizarre de contradiction.

Malgré les interdictions, les rassemblements contre le racisme, mais aussi contre quelques possibles violences policières, se multiplient et mobilisent. Et ceci semble servir cette nouvelle idéologie..

L’émotion, partie initialement de Minneapolis, s’est soudainement mondialisée, et ce non sans quelques raisons. Oui, le racisme existe aussi dans notre pays, la France, pays des droits de l'homme qui s'en est fait une sortie de religion inscrite jusque dans notre Constitution. Mais ce racisme joue surtout contre les minorités dont les membres recherchent difficilement, ici, ou un emploi ou, là, un logement. Et il arrive même que des jeunes soient parfois victimes de violences - y compris parfois, hélas, policières - en raison de leur origine, maghrébine ou subsaharienne.

Même s’il est difficile de le démontrer, tout porte cependant à penser que les stéréotypes racistes sont aujourd’hui moins largement partagés qu’ils ne le furent il y a seulement trente ans (les aînés de ma génération peuvent en témoigner) et les propos ouvertement racistes sont devenus beaucoup plus rares : une certaine décence s’est imposée avec le temps du fait d’un progrès moral et, peut-être, d’une exigence de rationalité.

Le racisme d’avant-guerre, très prépondérant dans certains milieux en France, et combattu ensuite odieusement par le régime nazi, a été ensuite réfuté par la pensée scientifique, et récusé par ses abominables conséquences. La société est devenue, légitimement, hypersensible à toute dérive de ce type. Du moins on pourrait le croire.

Mais cela ne suffit pas pour autant : pour vouloir lutter contre le racisme il faut aussi vouloir le surmonter.

Or, il existe aujourd’hui, étrangement, des mouvements qui, pour combattre le racisme, réhabilitent bizarrement les catégories de "Blancs" et de "Noirs" en les considérant comme définitivement antagonistes (jusqu'à vouloir bannir l'usage des mots de notre langue !). Seul, donc, un "Noir" pourrait comprendre, et donc lutter, contre la discrimination qui lui est faite, et quant au "Blanc", qu’il le veuille ou non, il serait complice de la domination qui s’exercerait sur le premier.

Ces "indigénistes" sont donc aujourd'hui à l’œuvre pour conforter cet étrange et tumultueux amalgame. Et ils font tout pour créer une situation comparable à celle dominante aux États-Unis : ils rêvent d’importer chez nous, en France, le communautarisme à la sauce américaine dont le fruit sont ses profondes divisions jusqu'au plus profond de sa société.

Si nous ne prenons pas garde d'urgence à ce piège qui nous est tendu, ce sont ces mêmes divisions qui ruineront demain toutes les bases de notre propre société.

Je me devais de le dénoncer.

mardi, 31 mars 2020

LE COUP D'ARRÊT ÉCONOMIQUE. FATAL ?

Le Billet de  François VAN DE VILLE

arret.jpg- La crise que nous traversons actuellement, crise aujourd'hui partagée par plus de 150 pays issus de tous les continents de notre planète et au même moment, avec ce sentiment d'impuissance de nos scientifiques et de nos chercheurs de partout dans le monde médical, face à un virus inédit et ravageur au-delà de tout ce qu'on pouvait imaginer….

….mais, malgré leur dévouement exemplaire pour tenter d'enrayer sa vague impitoyable, ce virus ne laissera pas seulement des centaines de milliers de morts que nous pleurerons, mais aura, sitôt qu'il se sera éloigné, des conséquences économiques d'une ampleur quasi égale qui affectera pendant de très nombreuses années nos modes de vie, affectés, eux, par les pertes économiques sans précédent de nos productions immobilisées par nos très longs confinements où toute activité était figée dans l'attente.

C'est un retour en arrière de nos modes de vie auquel nous allons devoir être confronté, et où le mot "augmentation du pouvoir d'achat" va devenir un gros mot à bannir avant d'envisager quelqu'espérance que ce soit de son redémarrage.

J'entends déjà les cris d'orfraies que suscitera ce genre d'exposé qui paraitra fataliste à certains. Mais faut-il taire la vérité pour autant ?

EST-CE POUR AUTANT ÉVITABLE ?

Je veux espérer que oui. Mais quel prix payer pour le contourner ?

Les moyens ne manquent pas. Mails ils exigent une solidarité entre les nations outrepassant les égoïsmes nationaux qui se sont développés pour nombre de raisons qui n'ont plus du tout place dans cette autre guerre qu'il va falloir mener dans ce combat pour reconquérir ce qui a été perdu pendant ces très longues semaines. Mais cela ne peut se retrouver par un simple redémarrage de nos petites habitudes.

Cette solidarité que j'évoquais entend, bien sur, que des pays plus riches, parfois parce que plus vertueux dans leur conduite économique. Ils vont devoir faire des efforts pour aider ceux en difficulté et jouer sur tous les tableaux.

Les pays les plus éprouvés vont devoir emprunter des sommes considérables pour relancer leurs économies. Mais les règles exigent que ceux-ci devront parallèlement fournir des garanties de leur bon usage. Et que vaudraient ces garanties si elles n'engagent pas une solidarité internationale ?

Sans s'éloigner de notre continent, l'Europe sera bien sur au premier plan des solidarités à faire naître. Mais il faut bien concevoir que celle-ci n'est pas là pour combler nos manques habituels qui empêchent la France d'être, ou de redevenir une grande puissance. L'Europe n'est pas une sorte de "grande France", pas plus qu'elle doit redevenir une "grande Allemagne" plus ou moins dominante. L'Europe n'a pas été créée pour servir exclusivement les intérêts économiques allemands. Même s'il faut bien admettre que les créations d'un "marché unique" et d'une "monnaie commune" ont bien ouvert à l'industrie allemande un eldorado européen.

Mais, pour autant, nous n'avons pas le droit de tourner le dos face à la réussite économique de nos voisins, réussite qu'ils doivent surtout à leurs talents, à leur travail qui ont permis à leur pays d'investir pour que son industrie conserve toutes ses capacités exportatrices. Ils la doivent aussi à une discipline budgétaire de fer. Mais aussi et surtout à cette vertu de ne pas dépenser plus qu'on ne gagne. Or la France, peut-être par ses origines latines, n'a pas, et de loin, cette même vertu : l'état français, depuis plusieurs décennies, dépense plus qu'il ne gagne. C'est un luxe dont il est devenu urgent qu'on s'en prive avec plus de rigueur.

Le coup d’arrêt économique inédit que nous connaissons aujourd'hui nous oblige à agir au-delà de nos différences culturelles. La production et la consommation ne repartiront que si chaque état agit dans le même sens, et non plus au gré des demandes et autres exigences qui ne seraient qu'artifices sans réel avenir.

C'est l'intérêt non seulement de la France, de l'Italie, de l'Espagne qui ont été particulièrement touchés, mais c'est aussi l'intérêt de l'Allemagne elle-même qui souffrait, avant la crise, du ralentissement de la croissance mondiale.

Emprunter donc est une nécessité pour les états plus éprouvés. Mais les états les plus riches devront s'engager pour garantir ces emprunts. Il serait donc suicidaire de s'endetter davantage si nous ne changeons pas d'urgence nos habitudes dépensières à tout va.

Si, dans une situation aussi grave que celle que nous traversons, nos états ne font pas les efforts nécessaires pour se redresser et faire renaître l'espoir de jours meilleurs, si les nations européennes les plus riches ne consentent pas à cette solidarité collective et n'y concourent pas en s'entraidant, c’est que décidément l’Union Européenne ne veut plus rien dire. Mais cette solidarité ne pourra se faire en sens unique : recevoir, c'est s'engager.

Que cela soit bien clair.

mardi, 24 mars 2020

LUMIÈRES ET TRISTESSES

Billet de  François VAN DE VILLE

tristesse.jpg- Dans quel ordre puis-je, aujourd'hui, écrire et faire cohabiter ces deux mots si antinomiques : "lumières" et "tristesses" ?

Ici, le moment présent n'est pas de s'interroger ni de porter une réflexion sur la société elle-même qui nous entoure, société durement éprouvée aujourd'hui dans un confinement totalement méconnu d'elle, mais qui se découvre à elle-même par la contrainte où elle se trouve enfermée.

Hier encore, voici peu de jours seulement, on gardait la mémoire de ces forces de l'ordre, de ces médecins, de ces infirmiers, de ces ambulanciers, de ces pompiers qui n'osaient plus pénétrer dans certaines de nos cités sans courir le risque de s'y faire caillasser, bousculer, châtier. Avant hier, ne voyait-on pas aussi des hommes ou des femmes, revêtus de gilets réputés lumineux, qui hurlaient, face à ceux qui venaient porter secours à ceux qui aspiraient au rétablissement d'un minimum d'ordre et de sécurité : "suicidez-vous !" en faisant accompagner le geste à leur parole ?

Et aujourd'hui, ceux-là mêmes, de leurs fenêtres ou de leurs balcons d'où, hier, ils jetaient des pierres, se plier désormais à un rituel devenu journalier pour applaudir ces sauveteurs qui se dévouent pour leur porter secours au prix du sacrifice de leur propre vie.

Hier était une société de "guerre civile froide" (pour reprendre la phraséologie de Valéry Giscard d'Estaing) où le "face à face" doctrinal l'emportait souvent sur le "côte à côte" social. Aujourd'hui, des solidarités ressurgissent spontanément chez ces mêmes acteurs.

Il y a de quoi s'interroger.

Mais cela traduit bien l'état de santé mental de notre société toute faite de contrastes parfois incohérents : société fracturée, disloquée, rongée par un cancer dont les métastases s'appellent la haine, les envies, la jalousie, société en perte permanente de tout repère au point que tout respect humain disparaissait de la tête de certains. Mais société aussi qui, tel le printemps qui fait tout renaître, est capable de voir, comme en ce temps d'épreuve, encore germer en elle-même ce qu'il y a de plus profond et porteur d'autres fruits généreux et prometteurs.

PEUT-ON FERMER LES YEUX ?

Une fois que l'épreuve virale actuelle sera achevée, que les va-et-vient auront retrouvé tous leurs droits, une autre interrogation s'impose à nous : peut-on fermer les yeux sur ce que l'épreuve actuelle nous aura révélé ?

L'immuable institutionnel serait un crime aussi grave que les effets du virus lui-même. Il nous faut décréter un état d'urgence politique. C'est un autre défi qui s'impose à nous comme à nos dirigeants : il faut le prendre à bras le corps sans plus tarder.

J'ai parlé plus haut d'état de santé mental de notre société. Les décisions à prendre, toutes réunies, doivent en effet et prioritairement concourir à offrir à notre société non plus davantage de bureaucratie, mais une vision claire de notre avenir, du devenir de chacun de ses membres dans leur gigantesque diversité (qui est une richesse insoupçonnable). Il ne suffira pas de se contenter d'entreprendre des réformes, que ce soit sur les impôts, les retraites, la dépendance, la mobilité, les services publics, l'éducation, la sécurité, les institutions ou notre identité nationale. Non, ceci ne suffit plus : il faut toute autre chose.

C'est une autre société qui est à rebâtir en profondeur, à se libérer des démons où elle s'est enfermée d'elle-même depuis trop longtemps. C'est une Nation à faire renaître. Ce sont d'autres portes à ouvrir, d'autres fenêtres à percer dans nos murs. D'autres lumières à accueillir pour nous vivifier mutuellement.

Faut-il, pour autant, changer le numéro de notre République ? Je ne rentrerai pas pour m'enfermer dans ce débat qui me parait d'un autre âge, tant il me semble promis comme toujours à l'ancien.

La France a un autre défi devant elle. Il serait criminel de vouloir l'ignorer encore.

Espérons que les nouvelles générations sauront le relever avec vigueur. Et je veux garder cet espoir ancré en moi.

Pour que les lumières prennent enfin et définitivement le pas sur ces tristesses qui nous névrosent.

vendredi, 13 mars 2020

L'ETAT PROVIDENCE et ses leçons

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,faits de société- « Ce n’est pas la division qui permettra de répondre à ce qui est aujourd’hui une crise mondiale »

Cette phrase, prononcée au milieu de son allocution solennelle par le Président Macron s'adressant à la nation française, visait vraisemblablement et surtout le tumultueux et inconstant Président Donald Trump.

C'est une leçon méritée adressée à son homologue outre-atlantique, lui rappelant à cette occasion que c'est de la façon qu'on aborde une crise mondiale - comme actuellement le colonavirus - qu'on peut révéler la capacité d'un état à s'y confronter. Et non à se limiter à désigner « l'étranger » comme l'unique source de cette pandémie devenue mondiale, et prendre ensuite des mesures brutales et totalement inconsidérées.

Peut-être Emmanuel Macron lui rappellera-t-il de vive voix lors d'un entretien téléphonique qu'il doit avoir ce vendredi avec l'immaculée Maison Blanche.

Le Président Macron n’est pas du tout Donald Trump. Avec lui, ici, pas de brutalité, pas d’emporte-pièce, pas de reniement facile, pas de repli nationaliste. Le Président français s’est montré ce soir grave et responsable, volontairement rassembleur de la nation et de son peuple. Il s'est montré aussi lucide : « Nous ne sommes qu’au début de la crise » quand il dit, lui et contrairement à Trump, qu'il « fait confiance à la science, et écoute ceux qui savent ». Tout l'inverse du Trump vrombissant à tout va sans rien considérer d'autre que sa réélection.

Aujourd’hui, donc, plus personne ne peut ignorer que nous sommes à l’orée d’une crise sanitaire mondiale historique.

C’était le rôle du Président Macron d’en faire part à la nation : il l’a fait. La décision de fermer, à partir de lundi, tous les établissements qui accueillent enfants et étudiants, des crèches aux universités, est une décision grave et difficile certainement pour beaucoup. Mais elle est à la mesure de la situation. Immédiatement, elle a même suscité une mesure identique dans nombre de nos pays voisins. Elle doit maintenant aussi appeler à prendre conscience de ce qui va nous arriver, chez nous, comme partout dans le monde.

Mais répondre à cette crise, ce sera aussi devoir en tirer les conclusions, et surtout les leçons.

C'est encore, dans l'allocution du Président, l’ardente « reconnaissance de la nation aux héros en blouse blanche » qu’a voulu exprimer Emmanuel Macron, voulant sans doute réconforter ces hommes et ces femmes des hôpitaux qui se sentaient lâchés par l’État. La leçon exigera un autre regard sur la situation de nos services de santé, ceux de la recherche médicale, de l'industrie pharmaceutique trop longtemps utilisées comme des « variantes ajustables » par des décennies d'incurie gouvernementale.

Là, comme ailleurs, on se souviendra que le Président, hier soir, a parlé d’« État providence ».

C'est un langage tout nouveau et totalement inhabituel qu'on a entendu. Il a promis de « reprendre le contrôle », il a annoncé « des décisions de rupture ». Il a même dit : « Je les assumerai ».

On en reparlera certainement longuement, une fois la tempête actuelle calmée.

lundi, 09 mars 2020

EUROPE : RÉVEILLES-TOI FACE À TON HISTOIRE !

Billet de  François VAN DE VILLE

exiles.jpg- Dans le monde entier, le "coronavirus" a pris toute la place de l'actualité du moment : il le mérite amplement de par les peurs qu'il suscite.

Pourtant, au même moment, une autre tragédie, dramatique et plus cruelle encore, se joue à une portée de Paris : à la frontière entre la Grèce et la Turquie.
 
Les faits : des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants fuient une guerre sans pitié et la misère dans leur propre pays. Ils se retrouvent coincés entre, d'un côté, des policiers turcs qui les poussent vers la Grèce et, de l'autre côté, des policiers grecs qui les refoulent vers la Turquie, parfois jusqu'en coulant militairement leurs frêles embarcations.

C'est dramatique.

Ces populations quittent donc un enfer qu'elles n'ont pas cherché, et elles ne trouvent ailleurs personne pour les accueillir : elles sont aujourd'hui affamées, dénudées dans leur exode forcé et apeurées. Et voici que, face à ce drame, l’Europe entière les perçoit… comme un danger !

La Turquie, profitant de cette situation pour masquer ses propres problèmes intérieurs, les utilise comme une "monnaie d’échange" face à l'Europe, et la Russie, de son côté, les prend comme un incontournable "dégât collatéral" du conflit syrien auquel elle participe de son côté.

L’histoire – à moins qu’elle ne soit écrite un jour par l’extrême-droite – se souviendra de cet incroyable imbroglio, ce déni humanitaire qui est maintenant une véritable tâche pour l'Europe elle-même et les civilisations qu'elle incarne. Donc pour nous aussi, complices silencieux, ou presque.

Aujourd’hui, nos sociétés européennes, dites "démocratiques", sont comme tétanisées par ces exodes. Ceux-ci sont perçus désormais comme des menaces depuis les vagues d’immigration, certes fort imprudentes, de 2015 : menace pour notre identité culturelle, menace pour notre stabilité économique - du moins pour une partie de nos opinions - menace encore pour nos démocraties que représente la montée des votes en faveur de l’extrême-droite provoquée par les peurs qu'elle cultive savamment dans les esprits.

"L’histoire est tragique", rappelait jadis Raymond Aron à ses contemporains : ceux-ci avaient tendance à penser que la démocratie avait "pacifié" le monde. Dramatique erreur : l’actualité est toujours aussi tragique ! Non, la démocratie et son pacifisme ne sont pas au rendez-vous espéré.

On le voit aujourd'hui à la frontière de la Grèce et de la Turquie, et aussi en Syrie : c’est la vie de millions d’hommes qui est en cause. On le voit encore ailleurs, un peu partout à travers le monde et les égoïsmes aveugles qui se déploient.

Ce sont bien nos régimes démocratiques, enfermés dans leurs contradictions, qui sont eux-mêmes menacés : ne pas aider ces populations, renoncer à nos principes moraux. Ou, autrement, accueillir décemment ces exilés, mais prendre donc le risque de favoriser une possible prise de pouvoir par d'autres dirigeants autoritaires, voire totalitaires.

Nos démocraties en sont là. Elles en sont là parce qu’elles REFUSENT D'ASSUMER LEURS RESPONSABILITÉS : en aval, face aux vagues migratoires, en amont, puisqu’elles sont quasiment inexistantes dans une nécessaire résolution diplomatique entraînant, a fortiori, celle militaire face à des conflits qui produisent ces tragédies qu'elles ne peuvent enrayées.

Peut-on se contenter d'en rester là, immobiles, les bras croisés ?

Europe : Réveilles-toi face à ton Histoire !

03:12 Publié dans SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 10 février 2020

L'EUROPE TANCE LA FRANCE SUR SES PRISONS

Billet de  François VAN DE VILLE

prison.jpg- La Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) a rendu récemment un arrêt très sévère, enjoignant Paris à repenser totalement sa politique d’emprisonnement.

Le scandale des prisons françaises dure en effet depuis trop longtemps : ici une femme se plaint qu’à quatre détenues dans douze mètres carrés, elle est obligée de préparer ses repas à côté des toilettes. Là, des hommes sont contraints de poser leurs matelas en équilibre précaire pour éviter rats, souris ou cafards qui pullulent dans les cellules.

Un certain nombre de personnes avaient donc saisi la Cour Européenne du scandale de la surpopulation et des conditions indignes de détention dans les prisons françaises : ils sont détenus à Nice, à Fresnes, en Martinique, en Polynnésie, mais aussi… à Nîmes. Mais le problème, en tous lieux, est partout le même.

Mais cette fois-ci, la CEDH a rendu un arrêt d'une sévérité inusitée, relevant l’existence d’un « problème structurel » et recommandant aux autorités françaises « d’envisager l’adoption de mesures générales » pour mettre fin à ces « situations honteuses ».

Certes, il ne s’agit pas là d’un arrêt contraignant, mais la « recommandation » est très ferme et suggère « la refonte du mode de calcul de la capacité des établissements pénitentiaires et l’amélioration du respect de cette capacité d’accueil ». L’Observatoire international des prisons, crie victoire : « La France, pays des droits de l’homme, est désormais sous la surveillance du Conseil de l’Europe ».

Le Ministère de la Justice, placé sous cette contrainte « morale », a donc « pris acte » de cette sévère admonestation : il souligne, en s'en prévalant, « une amélioration constante des budgets pour l’entretien » des prisons, la construction de sept mille nouvelles places, le projet de huit mille autres.

Mais, quoiqu'il en dise, le Ministère traîne aussi derrière lui des années de politique de répression qui fait battre sans cesse le triste record du nombre de détenus. Le Syndicat des Avocats de France en profite pour rappeler que lors de la création du groupe d’information sur les prisons, en 1971 : « On nous disait déjà que les prisons n'étaient pas spécialement surpeuplées, mais que c’était la population elle-même qui était suremprisonnée ! ».

À Nîmes, là où les conditions de détention figurent donc parmi ls plus difficiles de France en raison de sa surpopulation pénale, le Député MoDem du Gard - Mr Philippe Berta - a pu annoncer tout récemment qu'enfin les travaux d'agrandissement de l'actuelle prison démarreront au cours du second semestre de cette année 2020, quoique certains problèmes ne soient pas encore entièrement résolus en matière d'occupation des espaces, et ceci en attendant la construction dans le Gard d'un second établissement de détention mais…. dont on ignore encore le lieu et le calendrier de sa construction.

Mais il est certain que le « pays des droits de l'Homme » ne peut plus tolérer la situation actuelle, et c'est très bien qu'il soit mis de fait en observation du Conseil de l'Europe pour veiller à enfin s'attaquer à ce problème des détentions et de la politique pénale en général.

mardi, 04 février 2020

BREXIT : UNE VRAIE CHANCE POUR L'EUROPE !

BILLET de  François VAN DE VILLE

Europe.jpg

- « La nature, la structure qui sont propres à l’Angleterre diffèrent profondément de celle des continentaux » (Charles De Gaulle)

Ainsi s'exprimait déjà le Général De Gaulle en 1963. Il avait déjà bien senti que l'entrée du Royaume Uni au sein du Marché Commun - alors encore composé des seules 6 nations fondatrices - allait chambouler la construction européenne balbutiante : il y voyait alors un atlantisme forcené et, surtout, un intérêt purement commercial pour l'Europe et pas grand-chose d'autre. Une absence totale d'ambition.

Quarante sept ans après, les choses n'ont guère changé : avec le départ du Royaume Uni de l'Union Européenne, celle-ci se retrouve donc à une nouvelle croisée des chemins.

Après le commencement de la mise en œuvre du Brexit - période qui promet d'être longue et, au mieux, conclue pour partie pas avant fin 2020 - notre Union Européenne est-elle capable de redevenir un projet politique ? Le Brexit serait-il une chance nouvelle pour l'Europe ?

Après le départ du Général en 1969, les partenaires européens et britanniques firent donc, cependant, affaire : entrée le 1er Janvier 1973 et confirmation par référendum en 1975.

Mais, tout au long de ces quarante-sept années, les Britanniques n’ont cessé d’être ensuite à la fois et dedans, et dehors, refoulant tout esprit politique, obtenant ici des rabais sur leur participation au budget général, là d'autres rabais sur la Politique Agricole Commune, etc… Ils refusèrent ensuite l’euro, puis encore la zone Schengen de libre-circulation entre citoyens européens. Le Royaume-Uni se contentait donc de n'être d'une simple zone de libre-échange de marchandises, une sorte de « Global Europe ». Aujourd'hui, le Premier Ministre anglais - Boris Johnson - veut bâtir « A Global Britain ».

Depuis Margaret Thatcher, tous les Premiers ministres britanniques n'ont cessé de critiquer le pouvoir de Bruxelles et le centralisme administratif qui s’affirmaient au fur et à mesure que la Communauté économique européenne, devenue ensuite l’Union européenne, s’élargissait et, progressivement devenait la 1ère puissance économique mondiale. Mais, hélas, l'administration prenait progressivement la place du politique, puisque Londres en refusait l'esprit : péché véniel fréquent aussi dans ce genre d'évolution hyperbolique, en l'absence de toute autre politique réellement établie.

Le Royaume-Uni ayant donc choisi de sortir désormais de ce grand ensemble pour retourner sur son étroite île, face à un marché sur le continent de près d'un demi milliard de citoyens, l’Union Européenne se voit offrir aujourd'hui une opportunité en or pour se refonder, pour remettre les choses à leur place comme il se devait afin de se rendre plus lisible et plus populaire. C'est maintenant devenu une urgente nécessité.

L'UE peut - mais surtout DOIT - relancer le projet politique abandonné en chemin sous l'incessante pression britannique qui l'en empêchait jusqu'ici.

« Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité. Un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté » (Winston Churchill).

Nous avions notre De Gaulle, et les anglais avaient leur Churchill : deux grands géants, l'un comme l'autre, visionnaires de l'Histoire. C'est pourquoi je les cite ici volontiers dans ce billet.

Churchill, cet anglais-là, lui c'était un grand, un vrai, quand on observe depuis le pitoyable spectacle que nous a livré l'Outre-Manche pendant tant d'années avec ses innombrables tâtonnements.

Enfin libérés de ces aventures et de ces tenants, OUI nous POUVONS ENFIN - et nous DEVONS -  refonder en la retrouvant, l'Europe que nous tous, ses nations et ses citoyens espérions et attendions tous.

Le Brexit : OUI ! UNE VRAIE CHANCE POUR L'EUROPE !