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lundi, 16 décembre 2019

L'ÉPREUVE ANGLAISE DU BREXIT

"L'ÉPREUVE ANGLAISE DU BREXIT"

Billet de  François VAN DE VILLE

- politique,mouvement démocrate,faits de sociétéLes électeurs britanniques se sont prononcés, à l'exception notable et sans équivoque des écossais, des irlandais du Nord et de Gibraltar, pour lâcher les amarres qui les reliaient au vieux continent européen.

Il reste donc, désormais, au gouvernement anglais de définir les nouvelles relations entre ce "Royaume-Uni" (divisé maintenant entre plusieurs de ses nations qui postulent même leur indépendance pour rester proches de l'Europe) et l’Union Européenne. 

L'épreuve qui commence pour le gouvernement anglais est bien plus compliquée que ce qui vient de s’achever : il faut réinventer une autre nation, totalement souveraine et libre de son destin, mais désormais isolée sur son île.

Nous ne pouvons que souhaiter, pour les Britanniques comme pour les Européens, qu'une nouvelle relation s'établisse la plus harmonieuse possible. Mais ce sera difficile : l'Angleterre ne sera pas devenue notre ennemie, mais elle sera, demain, pour chaque nation européenne, un concurrent sérieux qu'elles devront désormais affronter.

Les négociations vont donc commencer entre la grande île et l’Union Européenne. Si elles ne sont pas achevées fin 2020 - ce qui est fort probable puisqu'il faut renégocier un à un les milliers de traités établis pendant nos années d'union (ces traités demeurant valides jusqu'au terme de leurs renégociations) - il n'est pas impossible que ce travail se prolonge pendant de très nombreuses années. Ce sera certes passionnant, parce que les tractations obligeront les Britanniques à faire des choix politiques, économiques, sociaux, environnementaux et décisifs. Avec, en permanence, une question de fond qui se rappellera à tous les Britanniques : "Pourquoi avons-nous, un jour, décidé de rompre avec l’Europe des 27 et son immense marché de plusieurs centaines de millions de consommateurs ?". Question lancinante qui se posera à eux pendant des décennies.

En effet, si les nouveaux accords commerciaux avec l’UE ressemblent trop aux anciens (et le risque n'est pas nul), les anglais se demanderont à quoi bon ce départ, avec ses mélodrames, ses casse-têtes, ces contrôles sans fin aux frontières, les ports ou aéroports, pour en arriver là. Mais si les nouvelles relations doivent tourner le dos aux anciennes, les négociateurs anglais devront alors annoncer au peuple ce à quoi ils renoncent parmi les fameuses règles de Bruxelles, que beaucoup fustigeaient hier, mais qui avaient l’immense avantage de protéger et les travailleurs, et les entrepreneurs, et les consommateurs et leur environnement.

Et la question qui se posera alors, même si c'est trop tard pour revenir en arrière, sera : "Était-ce une bonne idée de quitter l'Union Européenne ?". Personne parmi nous ne recevra la réponse : seules les générations qui nous suivront la recueilleront.

mercredi, 20 novembre 2019

LA SEULE QUERELLE QUI VAILLE....

"LA SEULE QUERELLE QUI VAILLE...."

Billet de  François VAN DE VILLE

sauver.jpg- Nous vivons aujourd'hui dans un monde qui a, apparemment, perdu le sens et la raison.

Quand on voit, hier, une maison de retraite refuser d'admettre dans ses murs une personne âgée, dont la fin de vie approche, parce que cette personne refuse d'abandonner son habit religieux, marque de son engagement jusqu'à sa mort au service d'autrui, et particulièrement de ceux éprouvés dont elle était proche, on a perdu le sens et la raison de ce qu'est et doit être la laïcité.

Quand on voit, aujourd'hui, que des élus locaux veulent interdire dans leur commune la projection d'un film traitant du racisme politique, film réalisé, comme bien d'autres admirables, par l'un des plus grands cinéastes français actuels parce que celui-ci, aujourd'hui âgé de 86 ans, aurait eu, il y a près de 50 ans, alors qu'il sortait tout juste de son adolescence, des approches trop vigoureuses auprès du sexe dit "faible", et ceci au nom de la défense de ce même sexe et de ses légitimes droits, on a perdu aussi le sens et la raison de cette défense : en fait on la dessert désormais plus qu'on ne la sert. On va bientôt entendre résonner des "ras le bol" à ces campagnes outrageuses.

Quand, désormais, des français en grand nombre n'ont plus confiance en rien, qu'ils se sentent devenus inutiles dans une société hyper connectée qui les ballotte de courants en errements, qu'ils s'estiment n'être plus qu'un numéro de sécurité sociale au lieu d'avoir une véritable existence sociale, quand ils sont en proie à la désespérance, à la défiance et au déclassement, la préoccupation de nos dirigeants, plutôt que de se lamenter sur leur propre sort, devrait être de redonner du sens et de la raison à notre société plutôt que de les perdre en circonvolutions qui la désespèrent un peu plus.

Les plus anciens d'entre nous se remémorent peut-être de cette conférence de presse du Général De Gaulle, en Mai 1959, alors que la préoccupation des français était surtout la douloureuse guerre d'Algérie - dont, là aussi, les dirigeants de feue la 4° République y avaient perdu le sens et la raison d'être - on se souvient de la conclusion donnée à sa conférence :

"En notre temps, la seule querelle qui vaille est celle de l'Homme.

C'est l'Homme qu'il s'agit de sauver, de faire vivre et de développer"

Jamais ces mots n'ont été aussi actuels.

Oui, il faut redonner sens et raison à notre société en plein désarroi. C'est d'autant plus vrai à une époque où la culture de mort distille son venin par tous les pores de notre société.

Comment se fait-il qu'aujourd'hui les héritiers de Michelet, Malraux, Schumann, Aron, Rueff, voire aussi de d'Ormesson n'enfourchent-ils pas ce cheval de bataille au nom de la vie, en arborant les valeurs qui ont façonné notre société depuis des siècles et fondé celles éternelles de la France. Pourquoi ne pas mieux considérer l'Homme et ce qu'il ressent ?

C'est devenu une urgence. Celle de redonner à chacun sens et raison de vivre et d'espérer.

Parce que c'est notre seul salut.

mardi, 05 novembre 2019

LE CHOIX DES RÉPUBLICAINS

"LE CHOIX DES RÉPUBLICAINS"

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrate- Mr Christian Jacob a été élu tout récemment Président des "Républicains" en remplacement de Mr Laurent Wauquiez contraint à la démission. Mr Jacob l'a donc emporté dès le premier tour avec plus de 62% des voix exprimées, devant Mr Julien Aubert (21 %) et Mr Guillaume Larrivé (16 %). Première observation : la parité hommes-femmes ne semble pas être de mise dans le choix des candidats offert aux militants de ce parti. Étrange !

Mais chacun a pu constater que cette élection s'est déroulée dans l'indifférence générale des français. Il est vrai que le suspense était d'un niveau très faible, puisque nombreux étaient ceux qui pariaient sur la victoire du candidat Jacob.

Ceci m'amène à faire les observations suivantes.

Fin 2017, la côte des partis politiques en général avait décru depuis un certain temps déjà et la droite venait d’essuyer deux échecs cuisants : - à la présidentielle d'abord - aux législatives ensuite. Échecs particulièrement durs à assumer. Mr Wauquiez a dû les payer par cet autre échec d'une stratégie très tôt contestée.

Mais il demeurait quand même suffisamment d’adhérents aux Républicains en 2017 pour que 100 000 d’entr'eux participent au vote qui consacra Mr Wauquiez. Or, moins de deux ans plus tard, les responsables de ce parti se demandaient combien il en resterait pour la nouvelle élection, craignant un net recul qui plongerait un peu plus le parti dans une crise profondément existentielle. Ils furent finalement un peu plus de 62.000, recul très brutal mais quand même moins sévère qu’en 2017, laissant un peu plus d'électeurs qu’espéré initialement.

Chacun sait pourtant que moins les adhérents sont nombreux à voter à l’intérieur d'un parti, et plus ceux-ci risquent de s’éloigner du vote des Français, isolant encore plus leur formation et leurs leaders. C'est le piège difficile qui est tendu à tout parti politique.

Pour faire face à cette problématique, les trois candidats en lice à l’élection avaient choisi des stratégies différentes face à ce danger : Christian Jacob a choisi de s’appuyer sur la structure des Républicains pour rassembler la droite (et le centre ?) et ensuite rebâtir patiemment un projet politique. Par contre, ses deux jeunes concurrents, Mrs Julien Aubert et Guillaume Larrivé, cherchaient, eux au contraire, à souder une vraie droite autour d’un retour aux fondamentaux.

Les adhérents ont tranché, de façon nette, pour le choix proposé par Mr Jacob : rassembler et lentement reconstruire idéologiquement leur mouvement. Et ils ont repoussé à plus tard l’autre option, celle de la stratégie. C'était un risque à courir. Et c'est toujours aujourd'hui, pour les Républicains, le risque à affronter.

Était-ce pour ce parti déjà très éprouvé et indéterminé le meilleur choix, parti déjà et aussi concurrencé et cerné de toutes parts, tant sur son centre que sur sa droite ?

Les lendemains qui s'approchent répondront à cette question. Mais la réponse est loin d'être évidente, et la partie loin d'être gagnée.

dimanche, 14 juillet 2019

CONTRE NOUS DE LA TYRANNIE....

CONTRE NOUS DE LA TYRANNIE....

Le Billet de  François VAN DE VILLE

politique,faits de sociétéMême minoritaires, les actions violentes de ce 14 Juillet 2019 sur les Champs-Élysées ont constitué une attaque contre la République et la démocratie.

Comment ne pas se rappeler, en de telles circonstances, ces paroles de notre hymne national : "Contre nous de la tyrannie, l'étendard sanglant est levé…." ?

Ces sifflets, au passage du Président de la République sur les Champs-Élysées, furent un affront à la République : ils émanent de nouveaux tyrans qui veulent s'imposer, seuls contre tous, comme hier ces envahisseurs, porteurs d'idéologies hors du temps et sans lendemains, voulaient nous imposer leur loi au nom d'un ordre nouveau qu'ils voulaient établir. Nos nations, celles qui se veulent libres, se sont levées heureusement contr'elles pour les écraser.

Ces violences, déclenchées ensuite sur la même avenue après le défilé du 14 Juillet, ne sont qu'une provocation contre la démocratie. "Qu'un sang impur…."

Le chef de l’État, celui-ci comme ses prédécesseurs, n’incarne jamais mieux la nation, son unité, son histoire, son destin, que le jour de la fête nationale. Le huer ce jour-là, c’est nier sa fonction et nuire à la nécessaire cohésion d’un peuple. Il reste d'autres jours dans l’année pour critiquer sa politique, si éventuellement on le veut.

On se désole d’abord, et on cherche ensuite des responsabilités devant le déclenchement de ces violences un jour comme celui-ci, et dans un lieu aussi symbolique comme celui-là. On ne comprend pas que le ministère de l’Intérieur n’ait pu empêcher ces insupportables scènes. Peut-être des manquements ont-ils eu lieu dans l’anticipation et le maintien de l’ordre ? Y a-t-il eu faute de prévision ?

Mais, de toutes façons dans un régime démocratique, les violents ont toujours forcément, dans un premier temps, l'avantage. Comment se prémunir totalement contre des exactions menées par des voyous déguisés en quidams ? À moins de renoncer au respect des libertés publiques.

C’est justement ce à quoi poussent ces provocateurs, qu’ils soient porte-paroles des vestiges de "gilets jaunes" égarés, présents hier encore sur les Champs, ou qu’ils soient les alliés des black-blocs. Archi minoritaires dans leurs actions, leur seul espoir d’ébranler le pouvoir est de saper, coup après coup, semaine après semaine, ses fondements, que sont la démocratie et la République. Jusqu’à ce que les citoyens finissent par rejeter des institutions qui ne les protégeraient plus, et jusqu’à ce qu’ils ne se reconnaissent plus dans cette République, puisque même la fête nationale ne voudrait plus rien dire.

Face à ces nouveaux barbares de la tyrannie, levons nos étendards baignés des idéaux de notre démocratie.

vendredi, 17 mai 2019

L'EUROPE ET SES DOUTES

"L'EUROPE ET SES DOUTES"

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrate,débats de société- Un vaste sondage, organisé récemment dans toute l'Europe, montre l’attachement des citoyens européens à leur Union (UE) et témoigne de leur inquiétude sur son avenir.

Les populistes et les nationalistes braillent actuellement tellement fort sur tous les toits, qu’on n’entend plus qu’eux. Le discours ambiant actuel est si anti-européen que chaque europhile se demande s’il n’est pas l'un des derniers spécimens de l’espèce.

Le journal "Le Monde" cite les résultats d’une vaste enquête menée récemment par l’institut britannique "YouGov" dans 14 états de l'UE auprès de 50.000 de ses citoyens. En réalité, cette enquête révèle que le sentiment européen est bien ancré dans le cœur des habitants du Vieux continent. Mais ce sondage indique aussi l’ampleur, et la profondeur, du pessimisme qui plombe l'époque que nous traversons.

Si les deux tiers des personnes interrogées croient possible la fin de l’UE dans un délai d’une à deux décennies, seulement 8 % considèrent que ce ne serait pas une réelle perte. C'est très peu, mais c'est un signe. Les autres regretteraient par contre, entre sujets les plus divers, la liberté de circulation dans tout ce continent, celle de son commerce, le recul des droits de l’homme, et, surtout, une perte d’influence et de poids vis-à-vis des États-Unis et de la Chine. Cette dernière crainte est une réalité qui devient vive dans le conscient des citoyens.

L’attachement d’une grande majorité des Européens à l’UE ne les empêche pourtant pas d’être sceptiques ou pessimistes sur son avenir, tout comme ils le sont aussi sur leurs institutions nationales. Il n'y a pas que l'Europe qui soit concernée par ce mal-vivre généralisé, mais chacun à l'intérieur de ses frontières nationales. C'est une autre réponse aux nationalistes qui veulent persiffler sur la fermeture des frontières comme solution à tous nos problèmes.

D’où l’étrange campagne électorale que nous vivons actuellement. En réalité, dans cette "étrange campagne", il est question de tout et de n'importe quoi..., sauf d’Europe.

La plupart des citoyens ne veulent donc pas la fin de l’Union européenne : ils veulent de nouveau croire en un avenir économique et social meilleur, pour eux et pour leurs enfants. Ils imaginent immédiatement ce qu’ils perdraient avec la fin de l’UE, tout en étant profondément insatisfaits de leur situation actuelle. La seule ou principale coupable n’étant pas, pour eux, l’Europe, mais l’ensemble des politiques publiques menées tant nationalement qu'au niveau communautaire. Le problème est donc beaucoup plus large que certains le vocifèrent. Voilà qui peut donner quelque raison au surgissement soudain, notamment en France, des "gilets jaunes" qui ont fleuri ces derniers mois sur nos rond-points ou dans nos cités, même si l'objet de leurs manifestations s'est largement émoussé depuis.

L’Occident tout entier est donc en plein doute sur la période de révolution économique, comme technique mondiale, que nous traversons. Et il se trouve aussi, non par hasard, que l’Europe est le cœur même de cet Occident qui doute.

Ceci explique donc cela.

samedi, 27 avril 2019

LA DUPERIE DES GILETS JAUNES

"LA DUPERIE DES GILETS JAUNES"

Billet de  François VAN DE VILLE

Po,Débats de Société- Les rares - et peut-être derniers - "Gilets Jaunes" (GJ) encore présents dans la rue s’en prennent à nouveau aux chaînes d'information qui ont entretenu la longévité d'un mouvement devenu, depuis plusieurs mois, sans aucune signification.
 
La séquence vue sur BFMTV, ce samedi 27 Avril en début d’après-midi, résume à elle seule le caractère surréaliste de ce 24° acte des GJ à Paris.

Le journaliste en plateau sur cette chaîne de télé parle d’un "samedi en creux" sur des images de la place d’Italie (Paris) clairsemée, à l’arrivée d’un cortège censé marquer la convergence entre GJ, gilets rouges (CGT), des partisans de "La France Insoumise" et du NPA, le tout sous la bannière "Riposte Générale". Mais, malgrè cette convergence, tout cela ne faisait pas grand'monde sur la place.

Et dans le même temps, un autre cortège, encore moins fourni que les précédents, faisait la tournée des chaînes de télévision avant d’aller devant le CSA voisin pour protester contre un "traitement inéquitable" : en effet, elles avaient osé mentionner la faible participation de manifestants présents !

On se pince devant tant d’ingratitude.

Car, malgré cette mobilisation de plus en berne depuis des semaines, que ce soit à Paris comme ailleurs, ces mêmes chaînes d'info - BFM, CNEWS et LCI - ont encore suivi en direct toute l’après-midi la déambulation de ces quelques manifestants parsemés, à l’affût de la première charge de police, de la moindre poubelle en feu et, bien sûr, guettant l’irruption des "black blocs" pour mettre un peu d’animation sur l’écran.

Or, rien ne s'est passé, faute de participants.

Quelques 23.600 manifestants sur la France entière (selon le Ministère) - plus de 60 000 (selon les GJ) - ce qui reste plus que très modeste, quelque soit le chiffre choisi, et toujours une couverture non-stop avec des plateaux de commentateurs qui ne savaient plus quoi dire pour meubler, eux aussi, ces heures d’antenne… où il ne se passait plus rien.

Si le mouvement des GJ est sans précédent dans l’histoire de la V° République, il doit largement sa visibilité et sa longévité à cette sorte de miroir déformant télévisuel qui donne, depuis le 17 novembre, l’impression que le pays entier est dans la rue et montre à l’étranger la vision d’une France à feu et à sang.

Quelle duperie !

La question qui se pose aujourd'hui est de savoir à combien de manifestants les chaînes d’information en continu diront "Stop !" et renverront leurs cars de reportages au garage et les journalistes dans leurs foyers : pour exemple, samedi soir, sur la place de la République à Paris, le journaliste de BFMTV dénombrait "une cinquantaine" de manifestants.

Mais pourtant aucune chaîne de télé n'est passé à autre chose. Peut-être faudrait-il qu'elles soient un peu mieux informées ?

vendredi, 19 avril 2019

SYMBOLES & HISTOIRE

"SYMBOLES & HISTOIRE"

Billet de  François VAN DE VILLE

ND.jpg- Une étrange polémique s'élève et enfle autour des dons personnels de "grandes fortunes", mais aussi autour de l’élan populaire spontané de générosité pour sauver Notre Dame de Paris, un monument porteur de tant d'histoire et de symboles. 

Cette polémique pose une question : peut-on opposer les besoins de financement en faveur d'innombrables urgences sociales, même si elles sont réalités, au produit de la quête commencée depuis mardi pour la restauration de la cathédrale Notre-Dame ?

Ses parois sinistrées par le feu n’étaient pas encore refroidies que le débat était déjà lancé, avec ce goût de la polémique qui, en France, ne peut s’empêcher de s’inviter, même dans les moments de grande émotion nationale, comme celui que nous vivons depuis lundi soir.

Il a suffi que des grosses fortunes françaises, dès le soir même du sinistre, annoncent des contributions de 100, voire 200 millions d’euros pour contribuer au futur chantier de restauration, pour lancer aussitôt un procès d’intention : selon certains, derrière cette générosité affichée, il ne faudrait voir que l’opportunité de soustraire au fisc 60 % de la somme versée grâce à la déduction inscrite dans une loi de 2003 !

Devant ce "procès d'intention", François-Henri Pinault a répliqué aussitôt pour annoncer qu’il ne ferait pas jouer cet avantage fiscal. D'autres aussi....

Mais cela, pourtant, ne fait pas taire une autre polémique : celle qui compare la somme des promesses de dons réunies en moins de 48 heures (près de 1 milliard d'€) pour Notre-Dame, à la fonte continue des contributions attribuées aux œuvres sociales ou humanitaires observée ces dernières années, restrictions budgétaires obligent d'une France surendettée. Les porte-paroles des Gilets Jaunes (GJ) - encore eux ! - ne sont pas les derniers à mettre en face de leurs revendications, poussés en cela par les courants politiques extrémistes dont ils sont devenus les jouets, le "pognon de dingue" trouvé en si peu de temps pour sauver une cathédrale, face à certains cas sociaux présentant une certaine urgence.

Quel rapport y a-t-il ? Peut-on mettre en effet sur la même balance les besoins d’un chantier de restauration - fût-il celui de la cathédrale la plus connue dans le monde - et les réponses attendues de l’État pour l’amélioration du pouvoir d’achat des Français pour lequel, pourtant déjà, plus de 10 milliards d’euros ont été engagés ? Auraient-ils brûlés, eux aussi, dans le brasier de Notre Dame ?

En la circonstance, comparaison n’est pas raison : ceux qui trouvent qu’on en fait décidément beaucoup trop pour sauver de "vieilles pierres" devraient rouvrir leurs livres d’histoire et de littérature pour comprendre pourquoi leur sauvetage réunit aujourd’hui tant de monde, riches ou pauvres réunis !

Mais n'est-ce pas trop en demander aux GJ de tenter de comprendre ce réflexe si spontané issu du plus profond du peuple français, amoureux comme il l'est de symboles et tant attaché à ses valeurs historiques ?

mardi, 16 avril 2019

OÙ VA L'ARGENT ?

"OÙ VA L'ARGENT ?"

Billet de  François VAN DE VILLE

milliardaie.jpg- En 2017, les entreprises du CAC 40 ont enregistré un bénéfice cumulé de 93,4 milliards d'€.

C'est un record absolu.

Si l'on en croit ce que ne cesse d'ânonner Mr Mélenchon, tout cet argent serait tombé dans la poche de quelques dizaines de milliardaires.

Or, les chiffes sont têtus.

Si l'on regroupe la répartition de ce coquet pactole des 93 milliards d'€, l'on s'aperçoit que plus de la moitié (un peu moins de 50 M€) a été consacrée aussitôt à de nouveaux investissements, au développement, à la recherche et à l'innovation, créant parallèlement plusieurs dizaines de milliers d'emplois.

Ensuite, 16 M€ ont été reversés aux collaborateurs de ces grands groupes sous la forme de primes participatives, ou d'intéressement conventionnel.

Enfin, le reste du pactole - soit ±30 M€ - ont été versés aux actionnaires, soit à plusieurs millions de "petits" porteurs de parts qui avaient placé leurs économies dans l'achat d'actions de ces entreprises du CAC 40, et… aux quelques peu nombreux "milliardaires" qui en possédaient "un peu plus" que la moyenne des autres actionnaires..

Certes, ces derniers ne sont probablement pas à plaindre. Mais, sur les 93 M€ de bénéfices cumulés à distribuer, leur part disponible au titre de leurs propres dividendes s'est réduite à seulement moins d'une dizaine de milliards.

Mr Mélenchon, lui, laisse entendre que ces milliardaires auraient empoché la quasi totalité des 93 M€ de bénéfices pour l'année 2017. C'est faux !

C'est comme cela, au prix de mensonges soigneusement habillés, que l'on fabrique les fantasmes qui suscitent ensuite une révolte bien compréhensible de ceux qui ont peu, ou nettement moins.

La vérité sur la question posée : "Où va tout cet argent ?" est toute autre, n'en déplaise à Mr Mélenchon.

P.S. : au moment de mettre en ligne ce "billet",  nous apprenons à la fois le désastre de Notre-Dame de Paris, ravagée par un cruel incendie, mais aussi que "quelques" milliardaires se sont engagés aussitôt d'apporter de généreux subsides pour sa reconstruction. C'est une autre réponse à la question posée : "Où va l'argent ?". Et, ici, il sera placé pour plusieurs siècles dans le ciel de Paris, au-dessus des voûtes de sa cathédrale millénaire.

samedi, 13 avril 2019

ON RÊVE !

débats de société,politique

ON RÊVE !

En 1980, la Chine a exporté pour ±22 milliards $ de produits.

En 2017, elle en a exporté pour ±2.300 milliards $ : 100 fois plus !

Avec la "route de la soie" qui atteint désormais notre continent, cette concurrence n'est qu'un commencement.

Et nous, en France, on voudrait que cela n'ait aucune répercussion sur notre capacité de créer du pouvoir d'achat ?

On rêve !

mercredi, 10 avril 2019

PRIVATISATIONS : LE GRAND RAGOÛT

"PRIVATISATIONS :

LE GRAND RAGOÛT GAUCHE-DROITE"

Billet de  François VAN DE VILLE

adp.jpgLa proposition de loi pour un référendum sur la vente d’Aéroports de Paris (ADP) a réussi de rassembler ET la droite la plus libérale, ET la gauche la plus étatiste. Un vieux ragoût inattendu.

Et de faire publier une estrade où figurent côte à côte, dans un rassemblement exhumé d'un autre âge, le député LR Gilles Carrez, l’Insoumis Éric Coquerel, le sénateur socialiste Patrick Kanner, la communiste Marie-George Buffet, le centriste Philippe Vigier, etc.... : c’est une image qui donnerait presque raison au "et de gauche et de droite" théorisé en 2017 par un certain.... Emmanuel Macron.

Mais attention ! Prière de ne pas confondre : lorsque le Président continue de vouloir abolir le vieux clivage droite-gauche, ses opposants, eux, affirment au contraire que cette frontière est toujours là, même si, précise le premier secrétaire du PS Olivier Faure, "il peut y avoir des moments où nous nous retrouvons".

Soit ! Mais qui aurait pu prédire qu’un jour l’hostilité à une privatisation - en l’occurrence celle d’ADP - aurait pu réunir, comme je le dis plus haut, et la droite (par nature libérale et favorable à la concurrence), et la gauche (par culture, elle, étatiste) ?

Une fois passée la période des nationalisations en série du premier mandat de François Mitterrand, si quelque chose a, depuis, rapproché la droite et la gauche de gouvernement des années 1990-2000, c’est plutôt l’ouverture du capital, voire la privatisation de fleurons du secteur public. Et puisqu’on parle, aujourd'hui, d’aéroports, c’est bien François Hollande (himself !) qui a ouvert la piste aux chinois pour leur offrir alors la haute main sur l'aéroport de Toulouse !

Après, donc; la photo de groupe publiée ce mardi 9 pour le lancement de la procédure de "référendum d’initiative partagée" sur la vente d’ADP, le ministre de l’Économie - Bruno Le Maire - a donc quelques raisons de renvoyer ses anciens amis de droite vers leurs contradictions sur le mode "vous ne savez plus où vous habitez !"

Mais l’ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin (qu'il est) oublie, de son côté, que c’est la décision de son mentor de l’époque de vendre au privé le réseau autoroutier, il y a quinze ans - tant décrié alors par Freançois Bayrou - ce qui a rendu aussi impopulaire toute privatisation depuis le désengagement de l’État des grands équipements publics.

Et voilà donc ressorti la recette des vieux ragoûts des contradictions d'autrefois….