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mardi, 28 mai 2019

L'ÉCHEC DES NATIONALISTES EUROPÉENS

"L'ÉCHEC DES NATIONALISTES EUROPÉENS"

Billet de  François VAN DE VILLE

LePen.jpg- Souvenez-vous : la veille encore du scrutin des européennes, Mr Bardella, le leader du RN de Mme Le Pen, claironnait : "La poussée souverainiste arrive partout en Europe".

Hélas pour lui (et Mme Le Pen), le scrutin dans les 28 pays a parlé : les "populistes" ne sont arrivés en tête que dans 6 pays sur 28. Et encore : parmi ces 6 pays, l'on compte le Royaume Uni - qui quittera l'Europe et son parlement le 31 Octobre prochain - et, depuis lundi (le lendemain même de l'élection), l'Autriche a renversé son jeune chancelier "populiste" - Mr Kurz - entraîné à son tour par le scandale sans nom qui avait frappé quelques jours plus tôt son ministre de l'Intérieur allié, Mr Kicki. Faites le décompte, il ne reste plus que 4 pays aux mains des "populistes" : la vague "nationaliste" n'a pas déferlé, de très loin s'en faut !

C'est la défaite des projets de Mme Le Pen, qui envisageait déjà, d'un œil gourmand, le "grand soir" où ses amis "populistes" prendraient le contrôle du nouveau parlement européen à ses côtés. Son amertume se devinait déjà entre les mots dès ses prises de parole du dimanche soir : la vague annoncée, y compris par les responsables "pro-européens" - comme Emmanuel Macron lui-même - pour remobiliser les troupes, n’avait pas du tout déferlé sur le continent.

Déjà la déroule de Geert Wilders aux Pays-Bas, connue l'avant-veille du scrutin en France, annonçait déjà que le boulevard promis à l’extrême droite européenne ne serait pas aussi large qu’annoncé : seuls six pays - France, Italie, Royaume-Uni, Hongrie, Pologne et Belgique - ont porté en tête des listes "souverainistes", voire nationalistes, avec, dans ce contingent de 172 sièges, la trentaine d’élus du parti pro-Brexit anglais de Nigel Farage, appelés, eux tous, à repartir très vite chez eux, au plus tard le 31 octobre prochain.

Cette "contre Europe des six" rêvée par Mme Le Pen et ses alliés ne pourra pas faire la loi à Strasbourg, comme Matteo Salvini, le principal allié de Marine le Pen, peut le faire (non sans difficultés d'ailleurs à l'horizon romain).

Cette "internationale des nationalistes" ne sera - et ne restera - qu'à plus de 200 voix de la majorité de 376 sièges requise au Parlement européen. Et surtout, rien ne dit que les élus de ces partis "euro-sceptiques", profondément divisés entre "pro-russes" et "anti-russes", divisés aussi sur le modèle de société qu'ils voudront imposer au sein de leurs propres pays, réussiront à former un seul groupe au lieu des trois qu'ils sont au sein du Parlement européen.

Comment aussi avoir un agenda européen commun lorsqu’on défend une vision purement nationale et que les intérêts du pays représenté passeront toujours devant, surtout lorsqu’il s’agira de voter le budget de la PAC, ou encore d’aller plus loin dans la réforme du travail détaché par exemple ?

Entre partis "nationalistes", il n’y a qu’un point vraiment commun : leur rejet de l’immigration présentée comme une sorte de "submersion" du Vieux Continent, malgré les chiffres qui démontrent unanimement leur large surestimation.

Tout cela ne fait pas un projet commun, surtout lorsque la préoccupation de chacun est de fermer ses propres frontières en fermant les yeux sur les drames qui se déroulent en Méditerranée !

Mme Le Pen ne pourra qu'observer désormais le contingent de sa vingtaine de députés européens - à part quasi égale avec celui nouveau de son partenaire Emmanuel Macron - sur les bancs de Strasbourg ou de Bruxelles, confrontés les uns contre les autres avec leurs visions différentes de l'Europe.

Le "grand soir" espéré par Mme Le Pen n'est plus d'actualité.

vendredi, 17 mai 2019

L'EUROPE ET SES DOUTES

"L'EUROPE ET SES DOUTES"

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrate,débats de société- Un vaste sondage, organisé récemment dans toute l'Europe, montre l’attachement des citoyens européens à leur Union (UE) et témoigne de leur inquiétude sur son avenir.

Les populistes et les nationalistes braillent actuellement tellement fort sur tous les toits, qu’on n’entend plus qu’eux. Le discours ambiant actuel est si anti-européen que chaque europhile se demande s’il n’est pas l'un des derniers spécimens de l’espèce.

Le journal "Le Monde" cite les résultats d’une vaste enquête menée récemment par l’institut britannique "YouGov" dans 14 états de l'UE auprès de 50.000 de ses citoyens. En réalité, cette enquête révèle que le sentiment européen est bien ancré dans le cœur des habitants du Vieux continent. Mais ce sondage indique aussi l’ampleur, et la profondeur, du pessimisme qui plombe l'époque que nous traversons.

Si les deux tiers des personnes interrogées croient possible la fin de l’UE dans un délai d’une à deux décennies, seulement 8 % considèrent que ce ne serait pas une réelle perte. C'est très peu, mais c'est un signe. Les autres regretteraient par contre, entre sujets les plus divers, la liberté de circulation dans tout ce continent, celle de son commerce, le recul des droits de l’homme, et, surtout, une perte d’influence et de poids vis-à-vis des États-Unis et de la Chine. Cette dernière crainte est une réalité qui devient vive dans le conscient des citoyens.

L’attachement d’une grande majorité des Européens à l’UE ne les empêche pourtant pas d’être sceptiques ou pessimistes sur son avenir, tout comme ils le sont aussi sur leurs institutions nationales. Il n'y a pas que l'Europe qui soit concernée par ce mal-vivre généralisé, mais chacun à l'intérieur de ses frontières nationales. C'est une autre réponse aux nationalistes qui veulent persiffler sur la fermeture des frontières comme solution à tous nos problèmes.

D’où l’étrange campagne électorale que nous vivons actuellement. En réalité, dans cette "étrange campagne", il est question de tout et de n'importe quoi..., sauf d’Europe.

La plupart des citoyens ne veulent donc pas la fin de l’Union européenne : ils veulent de nouveau croire en un avenir économique et social meilleur, pour eux et pour leurs enfants. Ils imaginent immédiatement ce qu’ils perdraient avec la fin de l’UE, tout en étant profondément insatisfaits de leur situation actuelle. La seule ou principale coupable n’étant pas, pour eux, l’Europe, mais l’ensemble des politiques publiques menées tant nationalement qu'au niveau communautaire. Le problème est donc beaucoup plus large que certains le vocifèrent. Voilà qui peut donner quelque raison au surgissement soudain, notamment en France, des "gilets jaunes" qui ont fleuri ces derniers mois sur nos rond-points ou dans nos cités, même si l'objet de leurs manifestations s'est largement émoussé depuis.

L’Occident tout entier est donc en plein doute sur la période de révolution économique, comme technique mondiale, que nous traversons. Et il se trouve aussi, non par hasard, que l’Europe est le cœur même de cet Occident qui doute.

Ceci explique donc cela.

samedi, 04 mai 2019

LE MINISTRE QUI PARLE TROP VITE

"LE MINISTRE QUI PARLE TROP VITE"

Billet de  François VAN DE VILLE

castaner.jpg- En s’y invitant, sans être rejetés par les "Gilets Jaunes" (GJ), les "black blocks" ont changé la nature de leurs manifestations, obligeant la police à modifier sa propre doctrine du maintien de l'ordre.

Un bon Ministre de l’Intérieur doit donc allier, désormais, finesse et autorité.

Mr Christophe Castaner ne déborde ni de l’une ni de l’autre. Il se juge, en outre, "doué" pour la communication, en sorte qu’il parle beaucoup, et même trop, et aussi…. un peu trop vite. C'est pourtant là qu'est tout l'art de la communication, et çà, c'est un tout autre métier que celui de Ministre.

Lui, comme beaucoup d’autres, y compris ceux qui le critiquent aujourd'hui jusqu'au harcèlement, ont fini par croire qu’il suffisait de saturer l’espace médiatique pour empêcher les autres expressions et imposer la leur. Mr Castaner a fini, en peu de temps, par laisser voir les grosses ficelles de sa communication. Et, en voulant "coller" aux événements sans recul et ni réflexion, il s’est pris les pieds dans le tapis le 1er Mai

Le lendemain même, Mr Castaner a tenu à corriger son propos : "Je n’aurais pas dû employer le mot attaque" a-t-il reconnu à propos de cette intrusion forcée, en brisant chaînes et cadenas de portail, ouvrant aux manifestants les locaux d’un hôpital parisien.

Mais le mal était fait : les oppositions, qui voient le Ministre de l’Intérieur comme le "maillon faible" du gouvernement, s’en sont donnés à cœur joie à quelques semaines des européennes. Les sénateurs, s’étant pris soudain de passion pour les commissions d’enquête pour rehausser leur prestige un brin menacé, veulent même faire comparaître le Ministre, tout comme hier Mr Benalla. Communistes et Insoumis, d'une part, ne supportant pas en France le centième de ce qu’ils tolèrent et soutiennent avec becs et ongles aujourd'hui au Venezuela, et, d'autre part, une partie de la droite ayant oublié certaines de ses pratiques passées, tous réunis sont devenus impitoyables avec ce trublion de Ministre.

Ce faisant, on néglige pourtant l’essentiel.

Le maintien de l’ordre dans ces rassemblements, légitimes et autorisés, ne serait pas à ce point délicat et risqué si les "black blocks" ne s’y invitaient pas, protégés, qui plus est, par d’autres manifestants complaisants : les "innocents" GJ eux-mêmes ! Ces activistes cherchent, par la violence, à provoquer un drame qui ferait basculer le ventre mou de la protestation vers l’insurrection. Pour les empêcher d’agir, de lapider les policiers, de brûler les voitures et les kiosques, de détruire les vitrines et piller les magasins, les forces de l’ordre ont désormais la consigne d’aller "au contact". C'est la nouvelle doctrine qu'a initié notamment....le Ministre Castaner.

Cela déplait, à outrance, à certains de nos manifestants hebdomadaires et défait bien de leurs plans établis pour y semer le désordre qu'ils recherchent pour exister et attirer encore les médias, faute d'autres propositions réfléchies.

C’est cela, aussi, ce que certains veulent faire payer, désormais, au Ministre de l’Intérieur : un autre métier, celui-là, que celui de simple communiquant.

samedi, 27 avril 2019

LA DUPERIE DES GILETS JAUNES

"LA DUPERIE DES GILETS JAUNES"

Billet de  François VAN DE VILLE

Po,Débats de Société- Les rares - et peut-être derniers - "Gilets Jaunes" (GJ) encore présents dans la rue s’en prennent à nouveau aux chaînes d'information qui ont entretenu la longévité d'un mouvement devenu, depuis plusieurs mois, sans aucune signification.
 
La séquence vue sur BFMTV, ce samedi 27 Avril en début d’après-midi, résume à elle seule le caractère surréaliste de ce 24° acte des GJ à Paris.

Le journaliste en plateau sur cette chaîne de télé parle d’un "samedi en creux" sur des images de la place d’Italie (Paris) clairsemée, à l’arrivée d’un cortège censé marquer la convergence entre GJ, gilets rouges (CGT), des partisans de "La France Insoumise" et du NPA, le tout sous la bannière "Riposte Générale". Mais, malgrè cette convergence, tout cela ne faisait pas grand'monde sur la place.

Et dans le même temps, un autre cortège, encore moins fourni que les précédents, faisait la tournée des chaînes de télévision avant d’aller devant le CSA voisin pour protester contre un "traitement inéquitable" : en effet, elles avaient osé mentionner la faible participation de manifestants présents !

On se pince devant tant d’ingratitude.

Car, malgré cette mobilisation de plus en berne depuis des semaines, que ce soit à Paris comme ailleurs, ces mêmes chaînes d'info - BFM, CNEWS et LCI - ont encore suivi en direct toute l’après-midi la déambulation de ces quelques manifestants parsemés, à l’affût de la première charge de police, de la moindre poubelle en feu et, bien sûr, guettant l’irruption des "black blocs" pour mettre un peu d’animation sur l’écran.

Or, rien ne s'est passé, faute de participants.

Quelques 23.600 manifestants sur la France entière (selon le Ministère) - plus de 60 000 (selon les GJ) - ce qui reste plus que très modeste, quelque soit le chiffre choisi, et toujours une couverture non-stop avec des plateaux de commentateurs qui ne savaient plus quoi dire pour meubler, eux aussi, ces heures d’antenne… où il ne se passait plus rien.

Si le mouvement des GJ est sans précédent dans l’histoire de la V° République, il doit largement sa visibilité et sa longévité à cette sorte de miroir déformant télévisuel qui donne, depuis le 17 novembre, l’impression que le pays entier est dans la rue et montre à l’étranger la vision d’une France à feu et à sang.

Quelle duperie !

La question qui se pose aujourd'hui est de savoir à combien de manifestants les chaînes d’information en continu diront "Stop !" et renverront leurs cars de reportages au garage et les journalistes dans leurs foyers : pour exemple, samedi soir, sur la place de la République à Paris, le journaliste de BFMTV dénombrait "une cinquantaine" de manifestants.

Mais pourtant aucune chaîne de télé n'est passé à autre chose. Peut-être faudrait-il qu'elles soient un peu mieux informées ?

mercredi, 24 avril 2019

JE M'INTERROGE....

"JE M'INTERROGE...."

Billet de  François VAN DE VILLE

institutions.jpg- Dans l'esprit "gaullien" de nos institutions, il appartient au Président, conformément à ses engagements initiaux qui l'ont conduit à devoir assumer cette charge qui lui a été confiée, de fixer les grandes orientations que doit suivre le gouvernement qu'il a nommé, et il appartient ensuite à ce gouvernement d'arrêter et d'annoncer les mesures précises qu'il prendra dans ce cadre.

Sans préjuger de la communication présidentielle annoncée pour ce jeudi 25 Avril, ni de son contenu, il y a, à mes yeux, un grand absent dans cet exposé : le gouvernement lui-même.

Que l'on entende prioritairement, de la part du Président, les grandes orientations fixées à la lumière nouvelle des évènements de ces derniers mois et du "grand débat" qui s'en est suivi, cela me parait normal et essentiel. Mais force est d'admettre que la population attend prioritairement les décisions qui vont être prises pour répondre aux attentes exprimées un peu partout et sous toutes formes.

Qui, en fait, va annoncer demain, dans le détail, les mesures prises, les arbitrages rendus, les décisions attendues ? Normalement ce devrait être le gouvernement lui-même, par la bouche du Premier Ministre qui va les mettre en œuvre.

Or, selon toute apparence, c'est le Président lui-même qui va descendre dans le "menu fretin" des chiffrages, des modalités d'application, et des mesures pratiques que prendra son gouvernement.

Oui, je m'interroge.

Est-ce là, dans l'esprit de nos institutions, le rôle du Président ? Est-ce son rôle de se justifier, de justifier chaque chiffre ou chaque future mesure qui sera prise ? J'en doute.

Le Président doit rester dans son rôle de "guide" ou "d'arbitre suprême" dont le rôle et la mission sont de donner les orientations, les impulsions, au besoin les corriger quand nécessaire, mais le Président n'a pas à s'exposer directement lui-même et en personne dans le détail des diverses observations, ou contestations qui ne manqueront pas de s'élever autour des chiffres pris en considération ou des mesures prises en conséquence.

Je regrette cette confusion des genres et ce non respect de nos institutions : ce n'est pas sans risque pour lui, ni sans risque pour nos institutions elles-mêmes.

Dommage !

vendredi, 19 avril 2019

SYMBOLES & HISTOIRE

"SYMBOLES & HISTOIRE"

Billet de  François VAN DE VILLE

ND.jpg- Une étrange polémique s'élève et enfle autour des dons personnels de "grandes fortunes", mais aussi autour de l’élan populaire spontané de générosité pour sauver Notre Dame de Paris, un monument porteur de tant d'histoire et de symboles. 

Cette polémique pose une question : peut-on opposer les besoins de financement en faveur d'innombrables urgences sociales, même si elles sont réalités, au produit de la quête commencée depuis mardi pour la restauration de la cathédrale Notre-Dame ?

Ses parois sinistrées par le feu n’étaient pas encore refroidies que le débat était déjà lancé, avec ce goût de la polémique qui, en France, ne peut s’empêcher de s’inviter, même dans les moments de grande émotion nationale, comme celui que nous vivons depuis lundi soir.

Il a suffi que des grosses fortunes françaises, dès le soir même du sinistre, annoncent des contributions de 100, voire 200 millions d’euros pour contribuer au futur chantier de restauration, pour lancer aussitôt un procès d’intention : selon certains, derrière cette générosité affichée, il ne faudrait voir que l’opportunité de soustraire au fisc 60 % de la somme versée grâce à la déduction inscrite dans une loi de 2003 !

Devant ce "procès d'intention", François-Henri Pinault a répliqué aussitôt pour annoncer qu’il ne ferait pas jouer cet avantage fiscal. D'autres aussi....

Mais cela, pourtant, ne fait pas taire une autre polémique : celle qui compare la somme des promesses de dons réunies en moins de 48 heures (près de 1 milliard d'€) pour Notre-Dame, à la fonte continue des contributions attribuées aux œuvres sociales ou humanitaires observée ces dernières années, restrictions budgétaires obligent d'une France surendettée. Les porte-paroles des Gilets Jaunes (GJ) - encore eux ! - ne sont pas les derniers à mettre en face de leurs revendications, poussés en cela par les courants politiques extrémistes dont ils sont devenus les jouets, le "pognon de dingue" trouvé en si peu de temps pour sauver une cathédrale, face à certains cas sociaux présentant une certaine urgence.

Quel rapport y a-t-il ? Peut-on mettre en effet sur la même balance les besoins d’un chantier de restauration - fût-il celui de la cathédrale la plus connue dans le monde - et les réponses attendues de l’État pour l’amélioration du pouvoir d’achat des Français pour lequel, pourtant déjà, plus de 10 milliards d’euros ont été engagés ? Auraient-ils brûlés, eux aussi, dans le brasier de Notre Dame ?

En la circonstance, comparaison n’est pas raison : ceux qui trouvent qu’on en fait décidément beaucoup trop pour sauver de "vieilles pierres" devraient rouvrir leurs livres d’histoire et de littérature pour comprendre pourquoi leur sauvetage réunit aujourd’hui tant de monde, riches ou pauvres réunis !

Mais n'est-ce pas trop en demander aux GJ de tenter de comprendre ce réflexe si spontané issu du plus profond du peuple français, amoureux comme il l'est de symboles et tant attaché à ses valeurs historiques ?

mardi, 16 avril 2019

OÙ VA L'ARGENT ?

"OÙ VA L'ARGENT ?"

Billet de  François VAN DE VILLE

milliardaie.jpg- En 2017, les entreprises du CAC 40 ont enregistré un bénéfice cumulé de 93,4 milliards d'€.

C'est un record absolu.

Si l'on en croit ce que ne cesse d'ânonner Mr Mélenchon, tout cet argent serait tombé dans la poche de quelques dizaines de milliardaires.

Or, les chiffes sont têtus.

Si l'on regroupe la répartition de ce coquet pactole des 93 milliards d'€, l'on s'aperçoit que plus de la moitié (un peu moins de 50 M€) a été consacrée aussitôt à de nouveaux investissements, au développement, à la recherche et à l'innovation, créant parallèlement plusieurs dizaines de milliers d'emplois.

Ensuite, 16 M€ ont été reversés aux collaborateurs de ces grands groupes sous la forme de primes participatives, ou d'intéressement conventionnel.

Enfin, le reste du pactole - soit ±30 M€ - ont été versés aux actionnaires, soit à plusieurs millions de "petits" porteurs de parts qui avaient placé leurs économies dans l'achat d'actions de ces entreprises du CAC 40, et… aux quelques peu nombreux "milliardaires" qui en possédaient "un peu plus" que la moyenne des autres actionnaires..

Certes, ces derniers ne sont probablement pas à plaindre. Mais, sur les 93 M€ de bénéfices cumulés à distribuer, leur part disponible au titre de leurs propres dividendes s'est réduite à seulement moins d'une dizaine de milliards.

Mr Mélenchon, lui, laisse entendre que ces milliardaires auraient empoché la quasi totalité des 93 M€ de bénéfices pour l'année 2017. C'est faux !

C'est comme cela, au prix de mensonges soigneusement habillés, que l'on fabrique les fantasmes qui suscitent ensuite une révolte bien compréhensible de ceux qui ont peu, ou nettement moins.

La vérité sur la question posée : "Où va tout cet argent ?" est toute autre, n'en déplaise à Mr Mélenchon.

P.S. : au moment de mettre en ligne ce "billet",  nous apprenons à la fois le désastre de Notre-Dame de Paris, ravagée par un cruel incendie, mais aussi que "quelques" milliardaires se sont engagés aussitôt d'apporter de généreux subsides pour sa reconstruction. C'est une autre réponse à la question posée : "Où va l'argent ?". Et, ici, il sera placé pour plusieurs siècles dans le ciel de Paris, au-dessus des voûtes de sa cathédrale millénaire.

samedi, 13 avril 2019

ON RÊVE !

débats de société,politique

ON RÊVE !

En 1980, la Chine a exporté pour ±22 milliards $ de produits.

En 2017, elle en a exporté pour ±2.300 milliards $ : 100 fois plus !

Avec la "route de la soie" qui atteint désormais notre continent, cette concurrence n'est qu'un commencement.

Et nous, en France, on voudrait que cela n'ait aucune répercussion sur notre capacité de créer du pouvoir d'achat ?

On rêve !

mercredi, 10 avril 2019

PRIVATISATIONS : LE GRAND RAGOÛT

"PRIVATISATIONS :

LE GRAND RAGOÛT GAUCHE-DROITE"

Billet de  François VAN DE VILLE

adp.jpgLa proposition de loi pour un référendum sur la vente d’Aéroports de Paris (ADP) a réussi de rassembler ET la droite la plus libérale, ET la gauche la plus étatiste. Un vieux ragoût inattendu.

Et de faire publier une estrade où figurent côte à côte, dans un rassemblement exhumé d'un autre âge, le député LR Gilles Carrez, l’Insoumis Éric Coquerel, le sénateur socialiste Patrick Kanner, la communiste Marie-George Buffet, le centriste Philippe Vigier, etc.... : c’est une image qui donnerait presque raison au "et de gauche et de droite" théorisé en 2017 par un certain.... Emmanuel Macron.

Mais attention ! Prière de ne pas confondre : lorsque le Président continue de vouloir abolir le vieux clivage droite-gauche, ses opposants, eux, affirment au contraire que cette frontière est toujours là, même si, précise le premier secrétaire du PS Olivier Faure, "il peut y avoir des moments où nous nous retrouvons".

Soit ! Mais qui aurait pu prédire qu’un jour l’hostilité à une privatisation - en l’occurrence celle d’ADP - aurait pu réunir, comme je le dis plus haut, et la droite (par nature libérale et favorable à la concurrence), et la gauche (par culture, elle, étatiste) ?

Une fois passée la période des nationalisations en série du premier mandat de François Mitterrand, si quelque chose a, depuis, rapproché la droite et la gauche de gouvernement des années 1990-2000, c’est plutôt l’ouverture du capital, voire la privatisation de fleurons du secteur public. Et puisqu’on parle, aujourd'hui, d’aéroports, c’est bien François Hollande (himself !) qui a ouvert la piste aux chinois pour leur offrir alors la haute main sur l'aéroport de Toulouse !

Après, donc; la photo de groupe publiée ce mardi 9 pour le lancement de la procédure de "référendum d’initiative partagée" sur la vente d’ADP, le ministre de l’Économie - Bruno Le Maire - a donc quelques raisons de renvoyer ses anciens amis de droite vers leurs contradictions sur le mode "vous ne savez plus où vous habitez !"

Mais l’ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin (qu'il est) oublie, de son côté, que c’est la décision de son mentor de l’époque de vendre au privé le réseau autoroutier, il y a quinze ans - tant décrié alors par Freançois Bayrou - ce qui a rendu aussi impopulaire toute privatisation depuis le désengagement de l’État des grands équipements publics.

Et voilà donc ressorti la recette des vieux ragoûts des contradictions d'autrefois….

samedi, 06 avril 2019

LES GILETS JAUNES EXISTENT-ILS ENCORE ?

"LES GILETS JAUNES EXISTENT-ILS ENCORE ?"

Billet de  François VAN DE VILLE

Politique,Débats de SociétéLe mouvement des "Gilets Jaunes" (GJ) sait témoigner, à qui veut les écouter encore, des troubles et des colères d’une partie de notre société, mais il se refuse portant de les "politiser".

À quoi riment donc encore ces rassemblements hebdomadaires du samedi ? À quoi riment donc encore ces longs reportages, dépourvus désormais de tout intérêt, qui occupent sans interruption les écrans de nos téléviseurs chaque samedi entier depuis plus de 20 semaines ?

Ceci est devenu, comme l'écrivait récemment un rédacteur de presse, une sorte de rituel, mais dépourvu d'église comme de dogme qui aurait pu les guidre. Les "GJ" n’ont désormais plus d’autre objet que de se répéter à eux-mêmes "qu’ils ne lâcheront rien". Mais ils sont dans l'incapacité de formuler clairement ce à quoi ils tiennent. Leurs manifestations sont donc destinées à s’éterniser, puisque jamais leurs revendications multi-formes ne pourront, d'aucune manière, toutes aboutir : il est inutile d'imaginer le contraire. Leurs révendications s’effacent aussitôt qu’écrites (quand il arrive exceptionnellement qu'elles le soient) parce que sans cesse elles sont remplacées aussitôt par d’autres. Rien 'est jamais inscrit dans une quelconque cohérence et selon des priorités bien établies.

Ce mouvement, qui au début n’était pas né de rien, a causé ensuite beaucoup des troubles: il est maintenant condamné à bégayer perpétuellement pour ne pas savoir choisir entre les mots qu'ils veulent articuler.

Plus la crise se perpétue, moins elle est devient compréhensible. Dans leurs rangs, qui s’éclaircissent semaines après semaines, quels sont encore les "GJ" qui restent dans quelques filets échevelés de cortèges ? Si l’on en retire les militants trotskistes (qui ne peuvent manquer d’accompagner le mouvement sous peine de commettre une faute professionnelle), si l’on en soustrait les adhérents de La France insoumise (qui rêvent encore d’une convergence des luttes), combien restent-ils de "GJ" authentiques encore en mouvement en France ?

Ils sont désormais trop peu nombreux pour qu'on puisse encore imaginer qu'on leur donner une quelconque légitimité démocratique, beaucoup trop peu nombreux aussi pour modifier, si peu que ce soit, l’équilibre entre les forces politiques du pays.

Les instituts de sondages ont mesuré, un bref moment il y a quelques semaines de cela, un effet "GJ" situé, pour les européennes, au-delà de 10 % : ce résultat a aussitôt fait long feu. On observe même maintenant, après leur chute, une étonnante stabilité des formations politiques en lice pour le scrutin de mai prochain.

Cinq mois de crise, cinq mois de défilés, d’occupations de ronds-points, d'émeutes ou de violences n’ont pas, pour l’instant, modifié les intentions des électeurs. Comme si ceux-ci, dans leur grande majorité, avaient pris au mot (de je ne sais plus qui l'a prononcé) : "Puisque vous ne voulez ni déléguer, ni vous organiser, puisque n'avez plus rien à proposer, alors vous n’existez pas politiquement".

Là est la vraie question qui se pose aujourd'hui : les "GJ" existent-ils encore ?