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jeudi, 09 juillet 2020

RASSEMBLEMENT, OU AMATEURISME ?

nîmes-métro.pngLe nouveau Président de l'Agglo de Nîmes, en connaisseur pourtant aguerri de la dureté d'une campagne électorale hors normes habituelles, ne se montre pas à mes yeux très "rassembleur" pour donner toutes ses chances à cette agglo qui va devoir traverser une période particulièrement difficile de par la situation économique internationale. C'est regrettable.

D'abord l'élection elle-même du Président montre des failles importantes : seules 79 voix sur 105 ont voté en faveur du nouveau Président. C'est une élection parfaitement légitime et incontestable. Mais quand on sait que dans ces 79 voix se trouvent toutes celles issues du groupe RN (ex-FN), à côté de celles des seuls LR, ceci pose une question d'ordre moral. Se souvient-on, lors de l'élection en 1998, d'un Président (ex-RI) de la région Languedoc-Roussillon, élection obtenue grâce aux voix non sollicitées du FN qui avait fait pousser des cris indignés d'orfraies à ceux qui contestaient même avec force la validité de cette élection ? Quand on sait qu'une large partie des électeurs de l'agglo a refusé de nouveau, en 2020, de s'allier avec le RN, et qu'on constate que cet apport de voix RN n'a soulevé aucune mention étonnée de la part de l'orateur nouvellement élu, on peut se poser des questions quant au "rassemblement" souhaité. Comment sera perçu ce rapprochement bienveillant, voire complice, entre le candidat LR et le groupe RN. Il semble que certaines géométries ont varié avec le temps. Je doute fort que les esprits aient tous suivi le même chemin.

Ensuite, quand on se veut "rassembleur", et même si une campagne électorale a dénoncé avec vigueur certains comportements ou choix au sein de l'exécutif municipal sortant, une maturité politique veut qu'une fois la campagne achevée et les urnes ayant rendu leur verdict, on oublie tout cela et on n'use pas d'une tribune pour régler des comptes, même pour satisfaire des tiers amis protecteurs. Quand je lis : "La méchanceté est la caractéristique des personnes souffrant d'infériorité", de qui parle-t-il ? D'un adversaire qui aurait profité d'une campagne électorale pour dresser des accusations mensongères qui pourraient faire l'objet (éventuel ?) de poursuites judiciaires, ou de l'orateur lui-même qui n'ignore pas les épées de Damoclès sous lesquelles il est lui-même placé dans l'attente des poursuites judiciaires dans lesquelles il est mis en accusation ? Oui, la maturité politique exige qu'on use de tout autre langage quand on se veut "rassembleur". Et surtout quand le contexte national actuel est aussi changeant et laisse paraître qu'avant peu des alliances - autres que celles avec le RN - s'imposeront à beaucoup pour exister ou convaincre les électeurs de demain.

Enfin, faire procéder à l'élection de 15 vice-présidents de l'Agglo qui ne sont, très majoritairement, que des proches amis du nouveau Président élu, n'est pas non plus un bon signe de "rassemblement". Cela fait un peu "amateurisme".

samedi, 18 avril 2020

ÉTAT D'URGENCE

Billet de  François VAN DE VILLE

état.jpg- Les parlementaires ont autorisé, voici quelques semaines, le gouvernement à légiférer par ordonnances pour adapter l'économie à la crise sanitaire prévisible, mais dont on ne soupçonnait pas encore l'ampleur qu'elle allait prendre..

Ces mesures sont donc "provisoires", comme le précise le texte de loi. Mais cette notion de provisoire est vague dans son libellé, il faut l'admettre.

En effet, un premier amendement proposait la date du 31 Décembre 2020 : le Sénat a proposé de le réduire à "deux mois". Mais il est vraisemblable que ce délai soit devenu trop court vue l'évolution de cette pandémie et la nécessité de ne déconfiner les populations que très progressivement seulement au-delà du 11 Mai 2020. Il est donc fort probable que ce délai sera prolongé à la demande du gouvernement.

Mais, si l'on se réfère à un autre état d'urgence, celui restreignant les libertés individuelles adopté dans un consensus quasi général au lendemain des attentats du 13 Novembre 2015, on se rappelle que certains s'étaient alors inquiétés des conséquences de ces mesures et du danger de leur pérennité. Le gouvernement de Mr Hollande d'alors avait juré tous ses grands dieux que.... Mais force est de constater, qu'ensuite, une autre loi de Novembre 2017 a inscrit dans notre droit des mesures qui vont dans le même sens que celles de l'état d'urgence initial et ont fait assez mal au pacte social qui passe désormais par dessus le pouvoir judiciaire.

Il est donc normal que l'on se soucie de la forme et du délai d'application de cet "état d'urgence".

Celui-ci vise actuellement et essentiellement les aides aux entreprises menacées par la paralysie actuelle, et l'économie en général, mais aussi de faire reculer certains droits de salariés, ce que l'on peut comprendre aussi : les congés payés peuvent être imposés par l'employeur, la durée du travail modifiée, les repos hebdomadaires désanctuarisés, etc….

Mais, qu'on le veuille ou non, c'est bien un recul de certains droits que l'on croyait jusqu'ici "acquits" et donc devenus "intouchables". C'est une nouvelle réalité temporaire à laquelle on se doit de plier.

Mais la question est aujourd'hui de savoir jusque quand.

jeudi, 09 avril 2020

L'ESSENTIEL ET LE DÉRISOIRE

Billet de  François VAN DE VILLE

combat.jpg- L'absence de confiance est devenue une sorte de sport national, et pas seulement en France.

Absence de confiance non seulement envers nos dirigeants, quels qu'ils soient, mais aussi envers leurs propres oppositions. Et quand cette défiance se généralise comme aujourd'hui, quand elle atteint même une sorte de complotisme obsessionnel, la tendance naturelle porte les populations à ne miser désormais que sur elles-mêmes.

Cette absence de confiance dégénère ensuite spontanément en réflexes surprenants : on peut alors observer la naissance d'une sorte de processus de défiance généralisée, quel que soit le pays concerné.

Dans un premier temps, comme quand parait un danger pressant comme celui brutal du Covit-19, ce sont les dirigeants de ces pays qui enregistrent spontanément un regain de popularité, surtout si celle-ci, pour de multiples raisons, était plutôt en perte sensible quelques jours auparavant. D'où un certain étonnement des populations qui se surprennent d'elles-mêmes.

Dans un second temps, très proche du premier, ces mêmes populations commencent alors à commenter les décisions prises par leurs gouvernants : comme par exemple si l'on prend l'exemple français, dans la lutte entreprise contre ce virus dérangeant toutes habitudes, en deux semaines d'écart seulement, le degré de confiance a chuté de 18 points de l'estrade gravie quelques jours auparavant. Puis, un peu plus tard, en phase trois du même processus, pour couronner cette défiance, les français trouvent finalement à 73% que leurs dirigeants "n'étaient pas à la hauteur de la situation".

Cette versatilité des opinions n'a rien d'exceptionnel en soi. Mais le phénomène virus l'a accéléré à une vitesse inouïe.

La phase quatre du même processus est plus surprenante encore : la population s'est découverrte soudainement experte en matière de savoir médical. Que n'a-t-on pas lu ici ou là au-dessus de signatures plus ou mois connues et qui se hasardaient à déclarer tout et son contraire ? Et voilà que paraissait notamment sur les plateaux des médias un personnage nouveau en blouse blanche, un peu atypique par ses abords non conventionnels, fort respecté cependant de beaucoup - je veux parler du Professeur Raoult, praticien marseillais - qui affirmait, non sans aplomb et arguments divers solidement exposés, qu'il existait un produit depuis longtemps banalisé - la "chloroquine" - qui était susceptible d'arrêter selon lui l'évolution du "coronavirus" que d'autres prétendaient ne pouvoir freiner faute de vaccin ou autres remèdes spécifiques appropriés.

Et cette apparition a fait soudain exploser un autre combat : celui d'une médecine de teinte méditerranéenne, face à celle plus continentale (j'allais dire plus "parisienne") qui prédominait dans les avis dits "autorisés" de ceux qui les écoutaient soigneusement.

Cet autre combat - qui n'était plus seulement celui contre le Covit-19 - succédait à un autre qui rappelait quelque peu celui antique des Horaces et des Curiaces. Et tous de s'y engouffrer : non seulement les médecines de tous bords et de toutes origines, mais leurs soutiens ou scientifiques, ou politiques, ou de circonstance, ou encore des opinions plus diversifiées issues de personnes.... n'ayant aucune compétence en médecine !

Et l'on a alors vu les français, quand on les interrogeait, même ceux n'ayant jamais ouvert le moindre livre de médecine, répondre à 59% que la "chloroquine" du Dr Raoult était un traitement plus efficace pour combattre notre virus envahisseur.

Plus encore, n'a-t-on pas vu ou entendu ensuite des oracles issus de nos politiques entrer dans ce combat et y prendre partie ou pour l'un, ou pour l'autre camp ! Que d'âneries n'a-t-on pas lues ou entendues, même issues de personnalités fort honorables ! Un journal national a même paginé : "La chloroquine, les français y croient !". Le débat devenait doctrine populaire, et voilà que la presse s'en faisait le relais à son tour.

Nous n'étions alors plus dans le domaine de la science ou des chercheurs, mais dans celui de la croyance. Une étoile nouvelle était née du côté de Marseille, comme hier à Bethléem : voilà un nouveau sauveur qu'il fallait célébrer, pour les uns, ou combattre, pour les autres. Nous étions passés du registre de la raison à celui de l'émotion.

Que penser de ces réflexes incontrôlés, et incontrôlables, des opinions qui vont et viennent au gré des courants et autres réseaux sociaux ?

N'attendez pas de moi que je prenne ici position dans ce débat digne d'autres époques, et non de la rationalité scientifique : je n'ai aucune compétence en la matière, comme l'immense majorité des français. Et cependant, chaque soir, ceux-ci applaudissent leurs soignants issus de différentes écoles scientifiques et qui en appliquent les consignes transmises par nos gouvernants.

Mais je suis cependant tenté d'affirmer que, quelque soit le résultat en cours d'élaboration des effets possibles de cette "chloroquinine", je préfère que ce combat se situe exclusivement entre scientifiques eux-mêmes et ne sorte pas de ce cadre-là : l'opinion publique n'a rien à y faire. Et que nuls autres ne s'en mêlent, et encore moins les "politiques" dont ce n'est pas, pour l'immense majorité d'entr'eux, le métier de médecin ou de chercheurs scientifiques : leurs interventions ne seront jamais que source de confusions et de cacophonies dont nos opinions n'ont nul besoin en cette période.

La France a, aujourd'hui, un redoutable combat à gagner : celui contre le Covit-19. Il ne convient pas de s'en distraire et d'en mener d'autres parallèles.

Mais il convient aussi de nous préparer à cet autre combat, économique celui-là, bien plus redoutable encore que notre actuel virus, et dont nul ne connait la profondeur des abîmes où celui-ci risque de nous y entraîner comme jamais dans nos mémoires cela ne fut connu dans notre Histoire : le pire risque d'être devant nous. Et là, ce sera plus sérieux encore.

Ne quittons donc pas l'essentiel pour le dérisoire.

mardi, 24 mars 2020

LUMIÈRES ET TRISTESSES

Billet de  François VAN DE VILLE

tristesse.jpg- Dans quel ordre puis-je, aujourd'hui, écrire et faire cohabiter ces deux mots si antinomiques : "lumières" et "tristesses" ?

Ici, le moment présent n'est pas de s'interroger ni de porter une réflexion sur la société elle-même qui nous entoure, société durement éprouvée aujourd'hui dans un confinement totalement méconnu d'elle, mais qui se découvre à elle-même par la contrainte où elle se trouve enfermée.

Hier encore, voici peu de jours seulement, on gardait la mémoire de ces forces de l'ordre, de ces médecins, de ces infirmiers, de ces ambulanciers, de ces pompiers qui n'osaient plus pénétrer dans certaines de nos cités sans courir le risque de s'y faire caillasser, bousculer, châtier. Avant hier, ne voyait-on pas aussi des hommes ou des femmes, revêtus de gilets réputés lumineux, qui hurlaient, face à ceux qui venaient porter secours à ceux qui aspiraient au rétablissement d'un minimum d'ordre et de sécurité : "suicidez-vous !" en faisant accompagner le geste à leur parole ?

Et aujourd'hui, ceux-là mêmes, de leurs fenêtres ou de leurs balcons d'où, hier, ils jetaient des pierres, se plier désormais à un rituel devenu journalier pour applaudir ces sauveteurs qui se dévouent pour leur porter secours au prix du sacrifice de leur propre vie.

Hier était une société de "guerre civile froide" (pour reprendre la phraséologie de Valéry Giscard d'Estaing) où le "face à face" doctrinal l'emportait souvent sur le "côte à côte" social. Aujourd'hui, des solidarités ressurgissent spontanément chez ces mêmes acteurs.

Il y a de quoi s'interroger.

Mais cela traduit bien l'état de santé mental de notre société toute faite de contrastes parfois incohérents : société fracturée, disloquée, rongée par un cancer dont les métastases s'appellent la haine, les envies, la jalousie, société en perte permanente de tout repère au point que tout respect humain disparaissait de la tête de certains. Mais société aussi qui, tel le printemps qui fait tout renaître, est capable de voir, comme en ce temps d'épreuve, encore germer en elle-même ce qu'il y a de plus profond et porteur d'autres fruits généreux et prometteurs.

PEUT-ON FERMER LES YEUX ?

Une fois que l'épreuve virale actuelle sera achevée, que les va-et-vient auront retrouvé tous leurs droits, une autre interrogation s'impose à nous : peut-on fermer les yeux sur ce que l'épreuve actuelle nous aura révélé ?

L'immuable institutionnel serait un crime aussi grave que les effets du virus lui-même. Il nous faut décréter un état d'urgence politique. C'est un autre défi qui s'impose à nous comme à nos dirigeants : il faut le prendre à bras le corps sans plus tarder.

J'ai parlé plus haut d'état de santé mental de notre société. Les décisions à prendre, toutes réunies, doivent en effet et prioritairement concourir à offrir à notre société non plus davantage de bureaucratie, mais une vision claire de notre avenir, du devenir de chacun de ses membres dans leur gigantesque diversité (qui est une richesse insoupçonnable). Il ne suffira pas de se contenter d'entreprendre des réformes, que ce soit sur les impôts, les retraites, la dépendance, la mobilité, les services publics, l'éducation, la sécurité, les institutions ou notre identité nationale. Non, ceci ne suffit plus : il faut toute autre chose.

C'est une autre société qui est à rebâtir en profondeur, à se libérer des démons où elle s'est enfermée d'elle-même depuis trop longtemps. C'est une Nation à faire renaître. Ce sont d'autres portes à ouvrir, d'autres fenêtres à percer dans nos murs. D'autres lumières à accueillir pour nous vivifier mutuellement.

Faut-il, pour autant, changer le numéro de notre République ? Je ne rentrerai pas pour m'enfermer dans ce débat qui me parait d'un autre âge, tant il me semble promis comme toujours à l'ancien.

La France a un autre défi devant elle. Il serait criminel de vouloir l'ignorer encore.

Espérons que les nouvelles générations sauront le relever avec vigueur. Et je veux garder cet espoir ancré en moi.

Pour que les lumières prennent enfin et définitivement le pas sur ces tristesses qui nous névrosent.

lundi, 17 février 2020

IL LUI RESTE 27 JOURS....

Billet de  François VAN DE VILLE

élections.jpg- Pour succéder au candidat investi par "LREM" à Paris - Mr Benjamin Griveaux - empêtré par une vidéo de "caractère intime" saisie au début de 2018 et publiée contre son gré 2 ans plus tard (Dans quelle intention réelle ? Qui sait ?), Mme Agnès Buzyn, Ministre de la Santé et des Solidarités a été exfiltrée du gouvernement pour lui succéder, à 27 jours seulement du scrutin des municipales du 15 Mars prochain.

C'est un pari un peu fou, dans un délai aussi court, alors que Mme Buzin avait en charge, comme Ministre de tout premier plan du gouvernement, le dossier brûlant de la crise hospitalière, mais surtout aussi le brûlot des retraites dont l'examen à l'Assemblée Nationale débute aujourd'hui, ce lundi 17 Février. C'est une véritable décapitation au sommet du gouvernement.

C'est aussi un choix politique d'envergure exceptionnelle, sans précédant dont je me souvienne, avec quels risques certains à la clef ! Cela traduit le manque de solutions qui s'offraient tant au chef de l'état lui-même, qu'aux instances dirigeantes de "LREM".

Ce choix trahit aussi l'importance qu'on attache dans les hautes sphères à un scrutin où le tout jeune parti présidentiel, pratiquement absent jusqu'ici dans les municipalités, et dont une déroute dans la capitale serait porteuse d'un symbole fort du rejet dans l'opinion publique des choix du gouvernement dans les réformes, certes fort audacieuses, mais entreprises parfois avec une habileté assez défaillante. Et il faut observer aussi que Mr Griveaux, avant sa brutale démission, traînait déjà dans les sondages derrière Mme Hidalgo (la maire sortante de Paris), Mme Dati (la candidate resurgie des "Républicains"), et talonné de près par notre "Nobel" des mathématiciens, l'inclassable Mr Villani. Le parcours de Mr Griveaux prenait de plus en plus l'allure d'une marche au bûcher.

Paradoxalement, la bataille de Paris est donc relancée. Sera-t-elle inversée pour autant ? La candidature de Mme Buzin prendra-t-elle auprès des parisiens, malgré des talents qu'on ne peut lui nier ? Un confrère posait il y a quelques instants, la question - que je partage avec lui - de savoir si Mme Buzin saura résister à l'étau dans lequel voudront l'insérer tant Mme Hidalgo que Mme Dati dans cette revanche - comme ici à Nîmes - entre le "vieux monde" des anciens tenants, et le "nouveau monde" que d'autres veulent voir naître avec beaucoup de jeunes espérances.

La réponse à cette question nous est promise…. dans 27 jours seulement ! C'est déjà demain.

mercredi, 12 février 2020

POLITIQUE : LE TOURNANT VERT

Billet de  François VAN DE VILLE

ecologie.jpg- Tandis que le monde a des idées noires, la politique, elle, se peint tout de vert : du vert partout ! À la mesure de la vague écologiste des européennes.... qui pourrait pourtant faire illusion. 

Il n’aura échappé à personne que l’écologie a pourtant actuellement le vent en poupe et que l’électorat attend des réponses à ses angoisses enfiévrées par le réchauffement climatique. Le sujet est même devenu, si l’on en croit un récent baromètre, la première préoccupation des Français, avant même le chômage ou la sécurité.

Les Verts, à l’orée des municipales, se frotteraient-ils donc les mains ? Ou seraient-ils dans leur tort ?

Si, comme l’indique un sondage paru mardi, 45% des sondés se disent susceptibles de voter «écolo», leurs électeurs, par contre, sont aussi les plus volatiles et inattendus de tous. Un sur deux seulement se dit sûr de son bulletin : c'est peu, trop peu, et cela traduit bien cette volatilité à laquelle ils nous ont habitué de longue date.

Le potentiel de vote est pourtant important pour cette formation politique…. si celle-ci sait bien le capter. À Paris, les équipes de campagne l’ont bien perçu : elles rivalisent d’idées florissantes, 100.000 arbres, promet l'un, 170.000, réplique aussitôt Mme Anne Hidalgo, la Maire sortante de Paris.

À Nîmes, dans sa campagne pour les municipales, le candidat vert promet lui aussi, de son côté, 100.000 arbres : et pourtant nous n'avons pas la dimension urbaine de Paris ! Où les planter en si grand nombre ? Est-ce bien sérieux ?

Emmanuel Macron a, pourtant, bien placé l’écologie parmi les «grandes priorités majeures» de la fin de son quinquennat, et il n’est pas en reste : il prenait hier le chemin du Mont Blanc pour sa mise au vert. Mais le chef de l’État saura-t-il bien faire grandir cette fibre en l’arrosant d’un engrais enrichi d'un certain libéralisme ? C'est un vrai pari, un de plus après la réforme des retraites.

Aux yeux des oppositions, les polémiques sur le «Mercosur», ou sur le traité avec le Vietnam hier encore, ont montré l’impasse que constitue la conjugaison d’une économie mondialisée avec les préoccupations climatiques.

Trop frileux, ou trop bouillant, le Président risque-t-il, dans cet autre «en même temps», de perdre la bataille de l’opinion ? D’où sa nouvelle mise sur la «convention citoyenne», outil de démocratie directe inédit, dont le succès pourrait, à lui seul, lui valoir un certain bénéfice.

Mais encore faut-il que cette «convention citoyenne» aboutisse. Voilà un autre pain sur la planche.

Il y a du boulot !

lundi, 10 février 2020

L'EUROPE TANCE LA FRANCE SUR SES PRISONS

Billet de  François VAN DE VILLE

prison.jpg- La Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) a rendu récemment un arrêt très sévère, enjoignant Paris à repenser totalement sa politique d’emprisonnement.

Le scandale des prisons françaises dure en effet depuis trop longtemps : ici une femme se plaint qu’à quatre détenues dans douze mètres carrés, elle est obligée de préparer ses repas à côté des toilettes. Là, des hommes sont contraints de poser leurs matelas en équilibre précaire pour éviter rats, souris ou cafards qui pullulent dans les cellules.

Un certain nombre de personnes avaient donc saisi la Cour Européenne du scandale de la surpopulation et des conditions indignes de détention dans les prisons françaises : ils sont détenus à Nice, à Fresnes, en Martinique, en Polynnésie, mais aussi… à Nîmes. Mais le problème, en tous lieux, est partout le même.

Mais cette fois-ci, la CEDH a rendu un arrêt d'une sévérité inusitée, relevant l’existence d’un « problème structurel » et recommandant aux autorités françaises « d’envisager l’adoption de mesures générales » pour mettre fin à ces « situations honteuses ».

Certes, il ne s’agit pas là d’un arrêt contraignant, mais la « recommandation » est très ferme et suggère « la refonte du mode de calcul de la capacité des établissements pénitentiaires et l’amélioration du respect de cette capacité d’accueil ». L’Observatoire international des prisons, crie victoire : « La France, pays des droits de l’homme, est désormais sous la surveillance du Conseil de l’Europe ».

Le Ministère de la Justice, placé sous cette contrainte « morale », a donc « pris acte » de cette sévère admonestation : il souligne, en s'en prévalant, « une amélioration constante des budgets pour l’entretien » des prisons, la construction de sept mille nouvelles places, le projet de huit mille autres.

Mais, quoiqu'il en dise, le Ministère traîne aussi derrière lui des années de politique de répression qui fait battre sans cesse le triste record du nombre de détenus. Le Syndicat des Avocats de France en profite pour rappeler que lors de la création du groupe d’information sur les prisons, en 1971 : « On nous disait déjà que les prisons n'étaient pas spécialement surpeuplées, mais que c’était la population elle-même qui était suremprisonnée ! ».

À Nîmes, là où les conditions de détention figurent donc parmi ls plus difficiles de France en raison de sa surpopulation pénale, le Député MoDem du Gard - Mr Philippe Berta - a pu annoncer tout récemment qu'enfin les travaux d'agrandissement de l'actuelle prison démarreront au cours du second semestre de cette année 2020, quoique certains problèmes ne soient pas encore entièrement résolus en matière d'occupation des espaces, et ceci en attendant la construction dans le Gard d'un second établissement de détention mais…. dont on ignore encore le lieu et le calendrier de sa construction.

Mais il est certain que le « pays des droits de l'Homme » ne peut plus tolérer la situation actuelle, et c'est très bien qu'il soit mis de fait en observation du Conseil de l'Europe pour veiller à enfin s'attaquer à ce problème des détentions et de la politique pénale en général.

mardi, 28 mai 2019

L'ÉCHEC DES NATIONALISTES EUROPÉENS

"L'ÉCHEC DES NATIONALISTES EUROPÉENS"

Billet de  François VAN DE VILLE

LePen.jpg- Souvenez-vous : la veille encore du scrutin des européennes, Mr Bardella, le leader du RN de Mme Le Pen, claironnait : "La poussée souverainiste arrive partout en Europe".

Hélas pour lui (et Mme Le Pen), le scrutin dans les 28 pays a parlé : les "populistes" ne sont arrivés en tête que dans 6 pays sur 28. Et encore : parmi ces 6 pays, l'on compte le Royaume Uni - qui quittera l'Europe et son parlement le 31 Octobre prochain - et, depuis lundi (le lendemain même de l'élection), l'Autriche a renversé son jeune chancelier "populiste" - Mr Kurz - entraîné à son tour par le scandale sans nom qui avait frappé quelques jours plus tôt son ministre de l'Intérieur allié, Mr Kicki. Faites le décompte, il ne reste plus que 4 pays aux mains des "populistes" : la vague "nationaliste" n'a pas déferlé, de très loin s'en faut !

C'est la défaite des projets de Mme Le Pen, qui envisageait déjà, d'un œil gourmand, le "grand soir" où ses amis "populistes" prendraient le contrôle du nouveau parlement européen à ses côtés. Son amertume se devinait déjà entre les mots dès ses prises de parole du dimanche soir : la vague annoncée, y compris par les responsables "pro-européens" - comme Emmanuel Macron lui-même - pour remobiliser les troupes, n’avait pas du tout déferlé sur le continent.

Déjà la déroule de Geert Wilders aux Pays-Bas, connue l'avant-veille du scrutin en France, annonçait déjà que le boulevard promis à l’extrême droite européenne ne serait pas aussi large qu’annoncé : seuls six pays - France, Italie, Royaume-Uni, Hongrie, Pologne et Belgique - ont porté en tête des listes "souverainistes", voire nationalistes, avec, dans ce contingent de 172 sièges, la trentaine d’élus du parti pro-Brexit anglais de Nigel Farage, appelés, eux tous, à repartir très vite chez eux, au plus tard le 31 octobre prochain.

Cette "contre Europe des six" rêvée par Mme Le Pen et ses alliés ne pourra pas faire la loi à Strasbourg, comme Matteo Salvini, le principal allié de Marine le Pen, peut le faire (non sans difficultés d'ailleurs à l'horizon romain).

Cette "internationale des nationalistes" ne sera - et ne restera - qu'à plus de 200 voix de la majorité de 376 sièges requise au Parlement européen. Et surtout, rien ne dit que les élus de ces partis "euro-sceptiques", profondément divisés entre "pro-russes" et "anti-russes", divisés aussi sur le modèle de société qu'ils voudront imposer au sein de leurs propres pays, réussiront à former un seul groupe au lieu des trois qu'ils sont au sein du Parlement européen.

Comment aussi avoir un agenda européen commun lorsqu’on défend une vision purement nationale et que les intérêts du pays représenté passeront toujours devant, surtout lorsqu’il s’agira de voter le budget de la PAC, ou encore d’aller plus loin dans la réforme du travail détaché par exemple ?

Entre partis "nationalistes", il n’y a qu’un point vraiment commun : leur rejet de l’immigration présentée comme une sorte de "submersion" du Vieux Continent, malgré les chiffres qui démontrent unanimement leur large surestimation.

Tout cela ne fait pas un projet commun, surtout lorsque la préoccupation de chacun est de fermer ses propres frontières en fermant les yeux sur les drames qui se déroulent en Méditerranée !

Mme Le Pen ne pourra qu'observer désormais le contingent de sa vingtaine de députés européens - à part quasi égale avec celui nouveau de son partenaire Emmanuel Macron - sur les bancs de Strasbourg ou de Bruxelles, confrontés les uns contre les autres avec leurs visions différentes de l'Europe.

Le "grand soir" espéré par Mme Le Pen n'est plus d'actualité.

vendredi, 17 mai 2019

L'EUROPE ET SES DOUTES

"L'EUROPE ET SES DOUTES"

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrate,débats de société- Un vaste sondage, organisé récemment dans toute l'Europe, montre l’attachement des citoyens européens à leur Union (UE) et témoigne de leur inquiétude sur son avenir.

Les populistes et les nationalistes braillent actuellement tellement fort sur tous les toits, qu’on n’entend plus qu’eux. Le discours ambiant actuel est si anti-européen que chaque europhile se demande s’il n’est pas l'un des derniers spécimens de l’espèce.

Le journal "Le Monde" cite les résultats d’une vaste enquête menée récemment par l’institut britannique "YouGov" dans 14 états de l'UE auprès de 50.000 de ses citoyens. En réalité, cette enquête révèle que le sentiment européen est bien ancré dans le cœur des habitants du Vieux continent. Mais ce sondage indique aussi l’ampleur, et la profondeur, du pessimisme qui plombe l'époque que nous traversons.

Si les deux tiers des personnes interrogées croient possible la fin de l’UE dans un délai d’une à deux décennies, seulement 8 % considèrent que ce ne serait pas une réelle perte. C'est très peu, mais c'est un signe. Les autres regretteraient par contre, entre sujets les plus divers, la liberté de circulation dans tout ce continent, celle de son commerce, le recul des droits de l’homme, et, surtout, une perte d’influence et de poids vis-à-vis des États-Unis et de la Chine. Cette dernière crainte est une réalité qui devient vive dans le conscient des citoyens.

L’attachement d’une grande majorité des Européens à l’UE ne les empêche pourtant pas d’être sceptiques ou pessimistes sur son avenir, tout comme ils le sont aussi sur leurs institutions nationales. Il n'y a pas que l'Europe qui soit concernée par ce mal-vivre généralisé, mais chacun à l'intérieur de ses frontières nationales. C'est une autre réponse aux nationalistes qui veulent persiffler sur la fermeture des frontières comme solution à tous nos problèmes.

D’où l’étrange campagne électorale que nous vivons actuellement. En réalité, dans cette "étrange campagne", il est question de tout et de n'importe quoi..., sauf d’Europe.

La plupart des citoyens ne veulent donc pas la fin de l’Union européenne : ils veulent de nouveau croire en un avenir économique et social meilleur, pour eux et pour leurs enfants. Ils imaginent immédiatement ce qu’ils perdraient avec la fin de l’UE, tout en étant profondément insatisfaits de leur situation actuelle. La seule ou principale coupable n’étant pas, pour eux, l’Europe, mais l’ensemble des politiques publiques menées tant nationalement qu'au niveau communautaire. Le problème est donc beaucoup plus large que certains le vocifèrent. Voilà qui peut donner quelque raison au surgissement soudain, notamment en France, des "gilets jaunes" qui ont fleuri ces derniers mois sur nos rond-points ou dans nos cités, même si l'objet de leurs manifestations s'est largement émoussé depuis.

L’Occident tout entier est donc en plein doute sur la période de révolution économique, comme technique mondiale, que nous traversons. Et il se trouve aussi, non par hasard, que l’Europe est le cœur même de cet Occident qui doute.

Ceci explique donc cela.

samedi, 04 mai 2019

LE MINISTRE QUI PARLE TROP VITE

"LE MINISTRE QUI PARLE TROP VITE"

Billet de  François VAN DE VILLE

castaner.jpg- En s’y invitant, sans être rejetés par les "Gilets Jaunes" (GJ), les "black blocks" ont changé la nature de leurs manifestations, obligeant la police à modifier sa propre doctrine du maintien de l'ordre.

Un bon Ministre de l’Intérieur doit donc allier, désormais, finesse et autorité.

Mr Christophe Castaner ne déborde ni de l’une ni de l’autre. Il se juge, en outre, "doué" pour la communication, en sorte qu’il parle beaucoup, et même trop, et aussi…. un peu trop vite. C'est pourtant là qu'est tout l'art de la communication, et çà, c'est un tout autre métier que celui de Ministre.

Lui, comme beaucoup d’autres, y compris ceux qui le critiquent aujourd'hui jusqu'au harcèlement, ont fini par croire qu’il suffisait de saturer l’espace médiatique pour empêcher les autres expressions et imposer la leur. Mr Castaner a fini, en peu de temps, par laisser voir les grosses ficelles de sa communication. Et, en voulant "coller" aux événements sans recul et ni réflexion, il s’est pris les pieds dans le tapis le 1er Mai

Le lendemain même, Mr Castaner a tenu à corriger son propos : "Je n’aurais pas dû employer le mot attaque" a-t-il reconnu à propos de cette intrusion forcée, en brisant chaînes et cadenas de portail, ouvrant aux manifestants les locaux d’un hôpital parisien.

Mais le mal était fait : les oppositions, qui voient le Ministre de l’Intérieur comme le "maillon faible" du gouvernement, s’en sont donnés à cœur joie à quelques semaines des européennes. Les sénateurs, s’étant pris soudain de passion pour les commissions d’enquête pour rehausser leur prestige un brin menacé, veulent même faire comparaître le Ministre, tout comme hier Mr Benalla. Communistes et Insoumis, d'une part, ne supportant pas en France le centième de ce qu’ils tolèrent et soutiennent avec becs et ongles aujourd'hui au Venezuela, et, d'autre part, une partie de la droite ayant oublié certaines de ses pratiques passées, tous réunis sont devenus impitoyables avec ce trublion de Ministre.

Ce faisant, on néglige pourtant l’essentiel.

Le maintien de l’ordre dans ces rassemblements, légitimes et autorisés, ne serait pas à ce point délicat et risqué si les "black blocks" ne s’y invitaient pas, protégés, qui plus est, par d’autres manifestants complaisants : les "innocents" GJ eux-mêmes ! Ces activistes cherchent, par la violence, à provoquer un drame qui ferait basculer le ventre mou de la protestation vers l’insurrection. Pour les empêcher d’agir, de lapider les policiers, de brûler les voitures et les kiosques, de détruire les vitrines et piller les magasins, les forces de l’ordre ont désormais la consigne d’aller "au contact". C'est la nouvelle doctrine qu'a initié notamment....le Ministre Castaner.

Cela déplait, à outrance, à certains de nos manifestants hebdomadaires et défait bien de leurs plans établis pour y semer le désordre qu'ils recherchent pour exister et attirer encore les médias, faute d'autres propositions réfléchies.

C’est cela, aussi, ce que certains veulent faire payer, désormais, au Ministre de l’Intérieur : un autre métier, celui-là, que celui de simple communiquant.