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lundi, 10 mai 2021

L'APRÈS COVID 19

BILLET de  François VAN DE VILLE

mondial.jpg- Comme chacun sait, l'histoire est toujours un domaine très ouvert, ce qui rend l'histoire très imprévisible.

Pourtant, en certaines circonstances, il est plus facile de prévoir le moyen et le long terme que le court terme. Et si l'on en doutait quelque peu, le Covid 19 pourrait en être la preuve.

Il y a peu encore en effet, en matière de court terme, qui pouvait imaginer le pire sur l'évolution de cette soudaine pandémie ? Et on a vu apparaître très vite  des systèmes de santé saturés, des personnels épuisés, des morts par centaines de milliers pour les plus proches de notre continent (ou les millions par ailleurs), des contraintes sans précédent en matière de liberté d'entreprendre, de se déplacer, d'entretenir nos modes de vie, et aussi des ruptures d'approvisionnements, même en matériels de santé ou sanitaires, et aussi encore des interrogations sans réponses satisfaisantes de la part de ceux qu'on considérait souvent comme les responsables de ces manquements, et tout ce qui s'en suit pour ensuite douter de leurs explications si peu simples à formuler.

En fait, nous étions tous, sans exception aucune, emportés dans une vague déferlante et imprévisible dont personne ne voyait comment s'en échapper.

Puis, de façon toute aussi imprévisible, une timide fenêtre s'est ouverte avec l'apparition de vaccins dont nul ne pressentait la naissance en si peu de délai, fenêtre dont beaucoup n'osait même s'approcher par crainte qu'il ne s'agisse que d'un mirage trompeur. C'était toujours du court terme, mais à puissance inédite.

Mais si, s'éloignant de ce court terme, l'on regarde un peu plus loin, quelques évidences apparaissent.

Cette crise sanitaire a sonné le glas de la mondialisation et de l'idéologie progressiste dominante qui, jusque là, faisaient loi.

Certes, les grandes épidémies de l'Antiquité ou du Moyen Âge (ou encore celles plus récentes), ces épidémies n'ont eu nul besoin de connaître la mondialisation pour faire aussi des millions de morts. Cependant, aujourd'hui, il tombe sous le sens que la généralisation des transports, comme des échanges ou des communications n'a pu qu'aggraver les choses. Le Covid 19 a fait "comme tout le monde" : il a circulé au rythme de cette généralisation d'échanges.

Eh bien aujourd'hui, on ne circule plus !

Je lisais tout récemment que même le tunnel sous la Manche a vu sa circulation de trains réduite de 90%, mettant en péril l'Eurostar qui n'assure plus chaque jour qu'un seul aller-retour depuis Londres jusque Paris ou Bruxelles. Qui l'eut cru il y a quelques mois encore, comme la réduction drastique de fréquentation de nos TGV nationaux ? Autrement dit, on a rompu avec le principe de la libre circulation des hommes, des marchandises ou encore des capitaux.

Ce n'est pas la fin "du monde", mais la fin "d'un monde".

Rappelons-nous que la mondialisation reposait surtout sur l'impératif de produire, de vendre ou d'acheter, de bouger, de circuler, d'avancer et de se mélanger dans un vaste "vivre ensemble". Elle reposait aussi sur l'idéologie du progrès et l'idée que l'économie devait définitivement supplanter le "politique". Mais voilà que - Patatras ! - alors qu'on nous vantait le mouvement, le "bougisme" et le déracinement, tout est à l'arrêt et bon nombre de respirations sont désormais placées sous oxygène passager.

Qu'en sera-t-il quand celui-ce se tarira et les robinets fermeront sous le poids d'une dette in-maîtrisable ? 

Et maintenant, qu'est-ce qui s'annonce ?

Cette crise économique et sociale pourrait bien déboucher sur une nouvelle crise financière qui pourrait nous faire oublier celle de 2008 de par son ampleur. Le Covid 19 n'en sera pas le déclencheur mais il en aura été simplement le catalyseur.

Par ailleurs, il n'est pas exclu qu'on doive aussi traiter simultanément une crise sanitaire, comme celle économique évoquée plus haut, mais encore celle sociale, celle écologique ou celle autre migratoire. Une véritable conjonction de catastrophes, un autre "tsunami" à venir.

"Nous sommes en guerre" a déclaré, il y a un an déjà, Mr Macron dans une allocation très discutée. Mais une guerre exige non seulement des moyens, mais aussi des chefs, et des chefs dotés d'autres armes que les promesses de tribunes plus ou moins incompétentes ou irresponsables. Les pistolets à bouchon n'ont plus place dans cette compétition.

Et quand tout cela sera passé, car il y aura bien une fin….

Peut-être reviendrons-nous alors au désordre établi de si longue date ? Ou aurons-nous peut-être enfin trouvé le moyen de repartir sur de meilleures bases, éloignées de la marchandisation du monde, du productivisme ou encore du consumérisme à tout prix ?

Je m'efforce d'y croire.

Encore !

dimanche, 11 avril 2021

DÉRIVES IDENTITAIRES

BILLET de François VAN DE VILLE

racisme.jpg- La justification de réunions interdites aux citoyens de "peau blanche" s’affiche de plus en plus ici ou là, comme si la notion de race avait été tranquillement réhabilitée.

Si le phénomène des réunions interdites aux "blancs" est limité aujourd’hui dans son ampleur, il n’en est pas moins révélateur de dérives identitaires. 

Porté par des militants résolus, il provoque naturellement des réactions indignées à droite, à l’extrême droite, ou encore aussi à gauche. Mais il coupe ce dernier camp en deux parties : d’un côté, des "républicains universalistes" opposés à ce principe ; de l’autre, des "antiracistes" défendant la pureté raciale de ces réunions comme condition sine qua non de leur légitimité politique.

Au-delà d’un premier cercle très convaincu, on constate, à gauche, un certain embarras, voire des ambiguïtés volontairement entretenues à des fins électoralistes. Et une idée indéfendable s’impose progressivement : en justifiant les réunions interdites aux "blancs" pour traiter des discriminations raciales (dont l’existence est certes indéniable), on considère que les "non racisés" (les "blancs") ne peuvent pas comprendre le phénomène du racisme.

Selon ce point de vue, seule l’expérience vécue permet d’accéder à la connaissance et à la compréhension. Et donc, aucune conviction commune ne peut plus relier les membres d’une société : ils sont divisés en autant de groupes, déterminés notamment par la "race" et le "genre", entre lesquels s’établissent des rapports qui ne sont que de domination. 

Certains justifient la non-mixité en soulevant que personne ne comprendrait que des femmes battues acceptent dans leurs réunions des hommes violents. C’est l’aveu que, pour ces partisans des réunions non mixtes, si le "blanc" en est banni, c’est parce qu’il est, par essence, l’oppresseur de façon générale.

Ainsi, chacun est renvoyé, dès sa naissance, en raison d’une notion - la race - dont on se croyait débarrassé depuis les délires racialistes nazis et honnis cependant de tous. 

NON ! Les réunions non mixtes ne sont pas d’innocents "groupes de paroles", mais des coups de boutoir contre toute la communauté nationale dans ses différentes composantes et/ou origines.

C'est donc un mouvement à bannir sans aucun esprit de retour.

jeudi, 11 mars 2021

Le PAPE & L'USAGE POLITIQUE des RELIGIONS

BILLET de François VAN DE VILLE

pape.jpg- En se rendant tout récemment en Irak, entre ruines et cratères de bombes, le pape François a fait preuve à la fois tant d’à propos que de courage.

Ses prédécesseurs, Jean-Paul II, fut un "prophétique", Benoît XVI était, lui, un "cérébral". Le pape François, lui, est plus un "social". Mais, au-delà de leurs différences, les trois souverains pontifes ont tous eu en commun la conscience claire de la force spirituelle qu’ils incarnent à la tête d’une très forte et très ancienne communauté.

C’est cette conviction qui donne aux chefs successifs de l’Église catholique toute leur puissance politique.

Quand le pape François se rend donc en Irak, il s’agit bien d’un événement politique de premier ordre. Seule une visite de ce poids symbolique - la première dans l’histoire de l’Église - pouvait s’imposer malgré les risques environnants d’attentats et la situation épidémique.

Les ruines de ce pays, l'Irak, témoignent à la fois d’un délire idéologique américain qui avait voulu détruire des armes massives.... qui n’existaient pas ! Délire qui avait aussi cru pouvoir imposer la démocratie par la force des armes. Mais aussi délire politico-religieux de sunnites fanatiques voulant établir un califat, là où la loi de Dieu régnerait sur les hommes. Sans oublier, en réaction, les nombreuses exactions des milices chiites. Mais aussi sur la terre où, selon la tradition, serait né le prophète reconnu Abraham, reconnu à la fois et par le judaïsme, et par le christianisme, et aussi par l’islam dans toutes ses composantes. Même si, ensuite, des intégristes ont fait la pire des politiques au nom de leur propre religion.

L’importance de la visite du pape en Irak tient donc aussi au soutien qu’il peut apporter à une communauté chrétienne qui a vu les deux tiers de sa communauté quitter le pays en moins de vingt ans.

Mais, au-delà, il s’agit surtout pour le pape François de lutter tout en recherchant l’accord des autorités religieuses sunnites et chiites, contre "l’usage politique des religions".

Cette distinction entre les ordres religieux et le temporel, que trop d’intégristes refusent d’entendre quand elle est promue par des dirigeants politiques, devient plus audible quand elle est défendue par le chef d’une Église qui compte, elle, plus de 2 milliards de fidèles.

Espérons que le message passé au cours de cette visite historique sera entendu par le plus grand nombre des femmes et des hommes de raison.

samedi, 06 mars 2021

BOIRE DE L'EAU ?

eau.jpg- J'ai brièvement rapporté hier sur un réseau social les conditions dans lesquelles j'ai reçu ma 1ère injection contre le Covid 19. Tout va bien et n'est suivi d'aucune fièvre ou autres douleurs dont on m'avait avisé préalablement de la possibilité.

Mais, en marge de cet épisode très personnel, je ne résiste pas au plaisir de vous confier le sourire que j'ai du réfréner lorsque le médecin vers qui on m'avait adressé avant l'injection lorsque celui-ci m'a recommandé de me "déshydrater" abondamment pendant cette possible difficulté passagère.

Fort heureusement pour lui, il ne m'a pas indiqué comment m'y prendre et quelle boisson je devais absorber pour éviter toute déshydratation. Peut-être ceux qui lisent ici ces lignes ont-ils déduit instinctivement qu'il me fallait boire abondamment de l'eau ?

Eh bien, au risque de vous surprendre, si je lis bien la réglementation européenne toujours en vigueur, cette boisson - l'eau - n'est nullement recommandée pour se déshydrater.

De quoi effacer tous les dogmes pratiqués jusqu'ici. Voyons les faits.

Au tout début des années 2010, 2 professeurs en médecine allemands ont proclamé que "la consommation régulière de quantités significatives d'eau ne pouvait réduire le risque de survenue d'une déshydratation" et s'insurgeaient que certains producteurs d'eau l'affirmaient sur leurs emballages.

Ceci a vite entraîné la réunion, sur initiative des autorités européennes, d'une commission d'études qui a travaillé sur ce sujet pendant 3 ans : il fallait au moins cela pour Bruxelles ! Puis 21 experts se sont ensuite réunis à Parme pour conclure le terme de ces travaux et ont affirmé le bien-fondé de cette affirmation : non, l'eau ne déshydrate pas plus que toute autre boisson consommée.

Sitôt que cela fut affirmé, un règlement européen, signé par le Président lui-même de la Commission Européenne de l'époque (2004-2014) - José Manuel Barroso - a été publié en Novembre 2011. Les producteurs d'eau ont du retirer aussitôt de leurs emballages toutes les indications reconnues comme désormais mensongères.

Nous reviennent alors ces belles images filmées, notamment dans les EHPAD, où l'on voit des soignants, pendant surtout les périodes caniculaires, avançant avec insistance vers leurs pensionnaires des gobelets remplis d'eau pour éviter qu'ils ne se déshydratent.

En toute logique (et parfaite application européenne), on devrait proposer à ces aînés dans la difficulté de leur âge le choix entre boire un Beaujolais, un petit Bordeaux (rouge ou blanc), un Rosé provençal ou d'un pays de Loire, une nordique pinte de bière, ou encore un Costières de Nîmes, à côté d'une simple et fade eau minérale, puisque l'effet hydratant est quasi identique entre ces différentes boissons hormis une faible dose d'alcool sans en abuser.

Ne croyez surtout pas que j'incite ici nos aînés à verser dans une heureuse ivresse pour égayer leurs difficiles moments, mais vous comprendrez mieux pourquoi j'ai souri au médecin qui me recommandait hier de me "déshydrater" : "vivre d'amour et d'eau fraîche".

Je ne vous dirai pas ici comment j'ai fidèlement obéi à sa recommandation.

Verra-t-on un jour Bruxelles obliger les fournisseurs d'eau d'inscrire sur leurs emballages : "À ne consommer qu'avec modération" ? Ce ne sera même plus une forme d'humour belge.

mardi, 29 décembre 2020

CROIRE ET ESPÉRER

ciel.jpgLe soleil, chaque jour, se cache pour, le lendemain, reparaître à nouveau à nos yeux.

Souvent, le ciel, même un moment le plus obscurci par les nuages, forme ensuite celui le plus beau et le plus serein.

Espérons que nos maux du moment seront bientôt suspendus, mais, bien sur, si nous ne cessons jamais de croire, ni d'espérer en cet instant.

Tels sont, pour chacun de vous et de vos proches, mes vœux pour 2021.

19:18 Publié dans DÉBATS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : faits de société

samedi, 28 novembre 2020

DÉSORDRES & CONFUSIONS

BILLET de  François VAN DE VILLE

Faits de société, Politique- Un grand rassemblement s'organise aujourd'hui, à Paris et quelques autres villes, à propos d'un projet de loi dit de "sécurité globale", et précisément sur l'un de ses articles : le 24.

Curieux rassemblement autour de ce qui n'est encore qu'un simple projet de loi toujours en gestation entre sénat et assemblée nationale tendant essentiellement à préserver nos forces de maintien de l'ordre de tout acte de répression individuelle pouvant les mettre en danger, eux et leurs propres familles.

Porterait-on atteinte à la liberté de la presse garantie par notre Constitution ?

On comprendrait mieux une telle manifestation si elle concernait une loi parfaitement élaborée, adoptée et votée et auquel on s'opposerait démocratiquement et de façon motivée quant à ses effets. Or il n'en est rien. Et ce d'autant que le fameux article 24 semble faire l'unanimité de tous, à tous échelons de l'état, pour son actuelle rédaction très controversée à l'issue de son premier examen par les députés.

Malaise qui finit par susciter désordres et confusions.

Face à ce malaise, le gouvernement a d'abord tenté de former une commission qui aurait été chargée de rédiger autrement la partie controversée de ce projet de loi. Mais aussitôt beau tollé des élus qui, à juste raison, protestent aussitôt à ce qui leur parait être une sorte de dessaisissement de leurs prérogatives parlementaires. Out aussitôt pour cette commission avant qu'elle ne soit formée.

Parallèlement, alors que ce projet de loi vise à protéger nos forces de l'ordre, voici que celles-ci s'illustrent par des excès qu'elles semblent parfois assez mal maîtriser :
• d'abord une évacuation brutale de migrants ayant installé leurs tentes Place de la République, alors qu'on peut s'interroger pour savoir qui a incité ces désespérés étrangers à s'y installer, en sachant fort bien qu'ils en seraient chassés immédiatement par tous moyens. Provocation probable pour ébranler un Ministre de l'Intérieur mal supporté par certains opposants.

Malaise.

• peu après, autre grave incident saisi par une caméra de surveillance où l'on surprend encore des forces de l'ordre brutalisant un jeune quidam de couleur se rendant sur son lieu de travail et portant ensuite sur lui les traces d'une violence dont on comprend mal la raison, hormis une sorte de défoulement assorti d'injures racistes qu'une enquête diligentée tentera peut-être d'éclaircir.

Autre malaise.

Ensuite le Préfet de Police de Paris prend la décision d'interdire cette manifestation, ne serait-ce que pour les raisons sanitaires Covid-19 et ne pas surcharger les forces de l'ordre d'un travail qui les concernait directement quant à ses raisons d'être. Mais, hier, le Tribunal Administratif de Paris a suspendu l'arrêté d'interdiction signé par le Préfet. Beau pataquès en vue face à cette manifestation désormais autorisée.

Malaise.

Comment le Préfet, en charge des forces de l'ordre à Paris, va-t-il contrôler une manifestation qu'il avait interdite mais qu'aujourd'hui la Justice lui impose quelques heures seulement avant son déroulement et dans le contexte tant de sécurité que sanitaire auquel il est confronté bien malgré lui ?

Tout ceci ressemble plus à de la provocation qu'un simple concours de circonstances, provocation d'autant inflammable dans les circonstances de confinement qui met gravement mal à l'aise des pans entiers de la population qui conteste ce confinement sur bien des points.

Espérons qu'un peu de sagesse évitera d'ajouter trop de désordres à ces confusions.

samedi, 07 novembre 2020

DÉMOCRATIE. Ô DÉMOCRATIE !

BILLET de François VAN DE VILLE

democratie.jpg- Les institutions américaines semblent vouloir résister aux assauts de Mr Trump, son Président sortant. Néanmoins, elles sont de plus en plus fragilisées.
 
Les États-Unis se sont approchés, tout doucement, du premier dénouement, celui de l’attribution de la victoire au démocrate Joe Biden. Mais pourtant les Américains sont loin d’en avoir fini avec le tempétueux Donald Trump, lequel a déjà déposé dix recours en justice, dont six pour la seule Pennsylvanie.

L’avalanche des accusations de fraudes dans le vote par correspondance, les demandes pour arrêter le comptage de bulletins - pourtant parfaitement légaux - sont autant d'insultes à l’intelligence comme à la démocratie.

Les 50 États, responsables de l’organisation des élections, se montrent pourtant exemplairement minutieux : la Géorgie, le Wisconsin et le Nevada, au moins, recompteront les bulletins en raison des marges infirmes entre les deux candidats. Légalement, ils ont jusqu’au 8 décembre pour ce faire.

Les médias, eux, sont d’une prudence extrême dans leurs projections. Les chaînes d’info résistent, en osant même couper le direct des conférences de presse insanes de Mr Trump. Les réseaux sociaux, de leur côté, bloquent ses messages victorieux délirants.

Mais, quels que soient les tumultes provoqués par un personnage qui semble incapable d'affronter sa propre défaite, tout ceci ne semble pas compromettre à terme le résultat final : Mr Trump a bien perdu l'élection et le cours des choses n'en sera pas arrêté pour autant.

Mais ce "crash-test" pour les États-Unis ne peut pourtant pas cacher certaines vérités. La vieille constitution des pères fondateurs des USA (Benjamin Franklin, George Washington, John Adams…) de 1787 est-elle encore opérante dans les USA d’aujourd’hui ? La question se pose aujourd'hui avec plus d'acuité que jamais.

La réponse est "non".

Le suffrage indirect, et le système des grands électeurs, préservent surtout apparemment les intérêts des États ruraux, ceux du Midwest comme ceux du Sud. Mais l'un comme l'autre ne rendent plus compte de la diversité des incessants mouvements démographiques parvenus depuis.

C’est un vieux sujet auquel le parti républicain ne s’attaquera pas de sitôt : son retrait actuel, à peine caché dans le conflit créé par Mr Trump, est significatif. Ce bon vieux parti est en train d'éclater sous nos yeux. Il aura, pour lui, la cohorte des grands présidents qui l'ont bien servi, mais il y aura désormais, face à lui, le "trumpisme" qui demeurera et sera désormais porteur des voix qui ne se reconnaissent plus dans les discours bien formés, ici comme là, depuis des décennies.

Il faut remonter à 2004 pour trouver une victoire républicaine obtenue par le vote populaire avec la réélection de George W. Bush. Mais sept des huit dernières élections avaient consacré une majorité de voix démocrates.

C'est un peu là l'histoire de toutes nos démocraties, ancrées qu'elles sont sur des textes constitutionnels écrits et pensés dans des circonstances précises de notre Histoire, mais qui perdent ensuite leur impact nécessaire dans les méandres et les évolutions des sociétés qui suivent, vont et viennent au gré des courants. Et la qualité de nos démocraties - voire leur survie à terme - reste fondée sur leur faculté de savoir s'adapter et évoluer.

Hélas, ce n'est pas le cas aux USA qui font toujours religion de textes constitutionnels écrits dans des temps multi-séculaires qui n'ont plus cours aujourd'hui et desquels certains veulent aujourd'hui s'éloigner par tous moyens, y compris ceux éclos d'archaïsmes insensés et échappent à tous bons sens.

Oui, la démocratie américaine est en grave danger, et pas seulement le parti républicain.

Espérons que cette grande démocratie saura sortir de ce piège dans lequel elle semble enfermée. Mais espérons aussi que cet exemple nous servira, à nous autres démocraties du monde, de leçon salutaire pour ne pas tomber dans le même immobilisme suicidaire.

The world great again.

vendredi, 16 octobre 2020

LE SHÉRIF DONALD TRUMP

Billet de  François VAN DE VILLE

shérif.jpg- Les émeutes et les divisions entre communautés aux États-Unis servent-elles, ou desservent-elles, Donald Trump pour sa réélection ?  

La situation aux USA se complexifie à un degré jamais connu depuis des décennies. Survolons quelques cas parmi tant d'autres.

Pour premier exemple, citons la ville de Kenosha, dans le Wisconsin lointain au bord des grands lacs du nord, laquelle ne cesse plus de tanguer sous les coups et les pillages depuis qu’un policier "blanc" a tiré sept fois dans le dos d’un père de famille "noir", Jacob Blake. Et aussi, par ailleurs, depuis qu’un jeune milicien "blanc" de 17 ans a tué deux manifestants au fusil d’assaut.

Malgré ces faits criminels et sans excuses, Donald Trump les assène pourtant, et sans nullement sourciller sur la pelouse de la Maison-Blanche qu’il compte encore fouler quatre ans de plus, et de déclarer que "personne ne sera en sécurité dans l’Amérique de Biden". Est-ce de l'humour ? On peut se le demander.

Ailleurs à Minneapolis, depuis la mort de George Floyd étouffé sciemment par un policier "blanc" en mai, le mouvement "Black Lives Matter" a pris une ampleur considérable. Les basketteurs des "Milwaukee Bucks" ont même boycotté récemment un match suivi par toute la NBA et les autres ligues professionnelles, pour montrer leur total écœurement.

Ce thème, et celui de la division entre les communautés, seront vraisemblablement majeurs lors des élections américaines du 3 novembre.

Mais, au lendemain de la convention républicaine, on peut se demander si le discours de fermeté de Donald Trump va se retourner contre lui (mobilisation du vote afro-américain) ou transcender sa base électorale. Il se fait le défenseur du "mode de vie" américain, de "la loi et de l’ordre", tout comme un shérif mythologique au colt fumant dont tous se souviennent sur les images d'un passé qu'on croyait révolu.

S’il n’y avait par ailleurs sa gestion erratique de la pandémie (plus de 180.000 morts) et ses effets sur l’économie, on aurait mis un billet de 5 dollars à l’effigie d’Abraham Lincoln sur sa réélection. Mais la façon aussi dont Donald Trump a traité, en les ridiculisant, ses médecins penchés sur sa propre supposée pandémie, et la grotesque mise en scène risible de son retour la Maison Blanche, on peut se demander dans quel monde vit cet individu ?

Le mode de scrutin indirect pour désigner le futur Président laisse pourtant planer tous les doutes sur ce qui nous parait impossible à nous, habitués que nous sommes à des démocraties plus rigoureuses : être largement minoritaire en nombre de voix obtenues mais être cependant élu Président pour quatre ans, comme ce fut le cas dans sa compétition contre Mme Hillary Clinton. C'est le monde à l'envers !

Que décideront "in fine" les"Swinging States", ces États bascules qui font, ou défont les présidents à leur gré ? Le monde entier est suspendu à leur verdict?

L'élection américaine demeure toujours un mystère insondable.

mercredi, 30 septembre 2020

RACISME & INDIGÉNISME

politique,faits de sociétéBillet de François VAN DE VILLE

- Certains "indigénistes", à forte voix, qu'on voit fleurir sur nos écrans ou dans les colonnes de nos journaux tentent actuellement de lutter, eux aussi (du moins le prétendent-ils) contre le "racisme". Et pour cela, ils décrètent une sorte d'antagonisme qu'ils veulent surtout être irréversible entre "Noirs" et "Blancs".

C'est bizarre de contradiction.

Malgré les interdictions, les rassemblements contre le racisme, mais aussi contre quelques possibles violences policières, se multiplient et mobilisent. Et ceci semble servir cette nouvelle idéologie..

L’émotion, partie initialement de Minneapolis, s’est soudainement mondialisée, et ce non sans quelques raisons. Oui, le racisme existe aussi dans notre pays, la France, pays des droits de l'homme qui s'en est fait une sortie de religion inscrite jusque dans notre Constitution. Mais ce racisme joue surtout contre les minorités dont les membres recherchent difficilement, ici, ou un emploi ou, là, un logement. Et il arrive même que des jeunes soient parfois victimes de violences - y compris parfois, hélas, policières - en raison de leur origine, maghrébine ou subsaharienne.

Même s’il est difficile de le démontrer, tout porte cependant à penser que les stéréotypes racistes sont aujourd’hui moins largement partagés qu’ils ne le furent il y a seulement trente ans (les aînés de ma génération peuvent en témoigner) et les propos ouvertement racistes sont devenus beaucoup plus rares : une certaine décence s’est imposée avec le temps du fait d’un progrès moral et, peut-être, d’une exigence de rationalité.

Le racisme d’avant-guerre, très prépondérant dans certains milieux en France, et combattu ensuite odieusement par le régime nazi, a été ensuite réfuté par la pensée scientifique, et récusé par ses abominables conséquences. La société est devenue, légitimement, hypersensible à toute dérive de ce type. Du moins on pourrait le croire.

Mais cela ne suffit pas pour autant : pour vouloir lutter contre le racisme il faut aussi vouloir le surmonter.

Or, il existe aujourd’hui, étrangement, des mouvements qui, pour combattre le racisme, réhabilitent bizarrement les catégories de "Blancs" et de "Noirs" en les considérant comme définitivement antagonistes (jusqu'à vouloir bannir l'usage des mots de notre langue !). Seul, donc, un "Noir" pourrait comprendre, et donc lutter, contre la discrimination qui lui est faite, et quant au "Blanc", qu’il le veuille ou non, il serait complice de la domination qui s’exercerait sur le premier.

Ces "indigénistes" sont donc aujourd'hui à l’œuvre pour conforter cet étrange et tumultueux amalgame. Et ils font tout pour créer une situation comparable à celle dominante aux États-Unis : ils rêvent d’importer chez nous, en France, le communautarisme à la sauce américaine dont le fruit sont ses profondes divisions jusqu'au plus profond de sa société.

Si nous ne prenons pas garde d'urgence à ce piège qui nous est tendu, ce sont ces mêmes divisions qui ruineront demain toutes les bases de notre propre société.

Je me devais de le dénoncer.

lundi, 27 juillet 2020

LES NOUVEAUX TYRANS

Billet de  François VAN DE VILLE

hygienisme.moral.jpg- Hier, dimanche 26 Juillet, était organisé l'hommage au Père Hamel, ce prêtre assassiné lâchement il y a 4 ans alors qu'il célébrait un office religieux dans sa paroisse de la paisible campagne normande.

L'émotion était forte : une marche silencieuse précédait cette cérémonie, en présence de la sœur et de la famille du martyr, et d'autres témoins de cet assassinat qui ont pu échapper à ce massacre qui se voulait collectif. Était présent aussi, auprès des autorités civiles, militaires et religieuses, le Ministre de l'Intérieur (en charge des cultes) qui avait fait le déplacement à l'occasion de ce douloureux anniversaire.

Tout se serait déroulé dans la dignité et le recueillement si des profanateurs ne se seraient pas infiltrés pour perturber cette cérémonie. Une honte !

Oh, quoique ces braillards ne soient pas très nombreux, ils n'hésitent cependant pas à brandir des pancartes aux slogans ineptes propres à nourrir les colonnes ou les écrans des réseaux sociaux filmant à profusion cette profanation.

On peut observer que moins ces braillards sont nombreux, plus ils se croient légitimes et constituer une sorte d'avant-garde. Ils s'acharnent sur leurs victimes désignées comme sur des "monstres" qu'ils ont délibérément choisis pour cibles au nom de "grands principes" qu'ils entendent défendre par tous moyens. Hier, leur "grande cause", choisie au hasard, était le droit des femmes victimes - comme depuis des siècles de partout dans le monde, hélas - de viols de mâles momentanément surexcités. Et d'estimer que ces viols ne sont pas assez poursuivis par la Justice, ou avec trop de lenteur, comme pour bien d'autres méfaits tout autant condamnables et qui tardent souvent - peut-on le nier ? - à être examinés. Mais, aux yeux de ces braillards, c'est la société toute entière qui serait complice de ces lenteurs judiciaires.

Il est vrai que notre société est depuis longtemps chloroformée au spectacle permanent de tous ces actes délictueux de tout genre et d'autre importance qui abreuvent les colonnes de nos gazettes ou de nos écrans. Mais nos braillards entendent, eux, au nom des "grands principes", réveiller notre société, quitte à la bousculer par tous moyens qu'ils imaginent fondés : ils veulent même instituer des tribunaux de la rue plus expéditifs.

Hier, le Ministre de l'Intérieur s'est vu invectiver de "sale violeur" au nom d'une morale qui voudrait condamner, par la seule voix de la rue, tout individu suspecté par n'importe quel quidam (sans même connaître la crédibilité de ses accusations), d'avoir enfreint la morale et avant même que la Justice en soit saisie, enquête, examine, fonde sa propre conviction pour envoyer éventuellement le présumé coupable devant le Tribunal de la République.

Pour ces braillards peu scrupuleux, peu importe l'hommage au Père Hamel. Peu importe non plus le devoir de mémoire à son martyr et le recueillement qu'il impose : il fallait à tout prix faire du "buzz". Il leur fallait vomir leur haine : la défense de leur cause n'avait aucune limite, ni par le droit, ni par la solennité des moments qu'ils profanaient. Ils brandissaient déjà, au nom de leur morale, leurs piques virtuelles au bout desquelles ne manquaient que les têtes de leurs victimes.

On parle beaucoup actuellement "d'ensauvagement" de notre société. Je crains fort qu'il ne s'agisse surtout de la tyrannie naissante de certaines minorités pour qui la seule morale est celle de leur propre loi qui passe par dessus toutes les autres.

Si l'on n'y prend garde, notre société entière est donc en danger face à ces tyrannies émergentes au nom d'une purification morale qui ne sera rien d'autre qu'une purge aveugle et sans loi.