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mercredi, 27 mai 2020

L'AUTRE DÉFI DU PARI EUROPÉEN

Billet de François VAN DE VILLE

Merkel-macron.jpg- Voici quelques jours, fort nombreux sont ceux qui ont salué avec enthousiasme l'accord conclu entre la chancelière allemande - Mme Merkel - et le Président Macron. Ils ont eu raison car cet accord a peut-être sauvé notre Europe commune, du moins celle imaginée par les textes fondateurs, alors que les réticences précédentes et sans faille de Mme Merkel ne cessaient d'en retarder l'ambition.

En fait, cette initiative, un peu tardive hélas, des 2 principaux dirigeants européens prévoit un transfert de richesses - 500 milliards d'€ - et davantage de compétences pour sauver l'UE d'une mort possible, même si encore fort improbable.

Ces 500 M€ seraient donc destinés aux régions et aux secteurs de l'UE les plus touchés par le Covid-19, et ils seraient supportés par l'ensemble des pays membres : ce serait la naissance ET d'une Europe de la Santé, ET d'une Europe des transitions écologiques et numériques, ET encore d'une Europe ouverte sur le monde, mais moins naïve et plus pragmatique face aux hégémonies naissantes d'un peu partout.

"Un sacré programme" ont écrit des observateurs.

Oui, l'Europe était donc devenue vulnérable : elle subissait des pressions considérables, pressions venues d'états-continents qui ne voulaient surtout pas d'une Union Européenne puissante. Et il n'y avait pas que Mr Trump pour s'y opposer avec la virulence de ses sautes d'humeur.

Les propositions avancées communément par la France et l'Allemagne sont donc des réponses directes aux menaces de ceux-là. Et, issues de l'intérieur même de l'Europe elle-même, elles font aussi face à certains gouvernements européens qui cèdent facilement aux sirènes nationalistes. On les connait tous : ce sont toujours les quelques mêmes. Peu importe !

Il fallait aussi veiller à ce que les pays du Nord ne laissent pas ceux du Sud sombrer sous peine de voir ceux-ci tomber ensuite - et eux aussi - entre les mains d'autres démagogues qui ne cherchent, eux, qu'à fermer les portes.

Notre continent européen ne peut pas non plus davantage dépendre des chinois, ou encore des indiens, pour équiper, par exemple, ses propres populations de masques quand il en a besoin, ou nous fournir constamment en médicaments, même ceux de base les plus courants de nos armoires à pharmacie. Notre continent ne peut non plus demeurer ce "nain" numérique dominé par les États-Unis aux humeurs devenues aussi fantasques de par le fait de ses présidents de passage. Enfin, l'Europe doit aussi se protéger des distorsions de marché créées par des nations récemment émergées et prenant soudainement place dans les relations économiques.

Tout cela est donc fort bien pensé et bien répondu par nos deux dirigeants, enfin réunis dans un même projet ambitieux et homogène.

MAIS…. Oui il y a aussi des "mais"….

Il reste maintenant à persuader les autres états de l'UE de la pertinence des propositions franco-allemandes. Et là, la partie n'est pas la plus facile : même certaines réticences naissent aujourd'hui au sein de l'État Fédéral allemand lui-même, pas seulement pour des raisons constitutionnelles (où les règles du fédéralisme peuvent être ressenties comme bousculées par la prédominance des lois européennes sur celles fédérales), mais aussi face à une certaine éthique économique des populations allemandes pour lesquelles celle-ci prime toujours sur toute autre facilité financière. Et surtout quand cette facilité est accordée au bénéfice d'états régulièrement trop dépensiers. Et là, le regard se tourne aussitôt vers notre hexagone français, perpétuellement déficitaire depuis le septennat du vertueux Giscard d'Estaing ! Voici bientôt 40 ans de cela.

Dure équation à laquelle la France va devoir faire face alors que, d'ici peu, des centaines de milliers d'emplois vont disparaître dans notre hexagone, entraînant de possibles autres désordres ou exigences en surplus de celles déjà accordées.

Un autre pari à gagner : il n'est pas le plus simple. Mais il faudra bien l'affronter si nous voulons continuer à exister face à un monde qui change dans ses profondeurs et comme dans ses exigences.

mardi, 31 mars 2020

LE COUP D'ARRÊT ÉCONOMIQUE. FATAL ?

Le Billet de  François VAN DE VILLE

arret.jpg- La crise que nous traversons actuellement, crise aujourd'hui partagée par plus de 150 pays issus de tous les continents de notre planète et au même moment, avec ce sentiment d'impuissance de nos scientifiques et de nos chercheurs de partout dans le monde médical, face à un virus inédit et ravageur au-delà de tout ce qu'on pouvait imaginer….

….mais, malgré leur dévouement exemplaire pour tenter d'enrayer sa vague impitoyable, ce virus ne laissera pas seulement des centaines de milliers de morts que nous pleurerons, mais aura, sitôt qu'il se sera éloigné, des conséquences économiques d'une ampleur quasi égale qui affectera pendant de très nombreuses années nos modes de vie, affectés, eux, par les pertes économiques sans précédent de nos productions immobilisées par nos très longs confinements où toute activité était figée dans l'attente.

C'est un retour en arrière de nos modes de vie auquel nous allons devoir être confronté, et où le mot "augmentation du pouvoir d'achat" va devenir un gros mot à bannir avant d'envisager quelqu'espérance que ce soit de son redémarrage.

J'entends déjà les cris d'orfraies que suscitera ce genre d'exposé qui paraitra fataliste à certains. Mais faut-il taire la vérité pour autant ?

EST-CE POUR AUTANT ÉVITABLE ?

Je veux espérer que oui. Mais quel prix payer pour le contourner ?

Les moyens ne manquent pas. Mails ils exigent une solidarité entre les nations outrepassant les égoïsmes nationaux qui se sont développés pour nombre de raisons qui n'ont plus du tout place dans cette autre guerre qu'il va falloir mener dans ce combat pour reconquérir ce qui a été perdu pendant ces très longues semaines. Mais cela ne peut se retrouver par un simple redémarrage de nos petites habitudes.

Cette solidarité que j'évoquais entend, bien sur, que des pays plus riches, parfois parce que plus vertueux dans leur conduite économique. Ils vont devoir faire des efforts pour aider ceux en difficulté et jouer sur tous les tableaux.

Les pays les plus éprouvés vont devoir emprunter des sommes considérables pour relancer leurs économies. Mais les règles exigent que ceux-ci devront parallèlement fournir des garanties de leur bon usage. Et que vaudraient ces garanties si elles n'engagent pas une solidarité internationale ?

Sans s'éloigner de notre continent, l'Europe sera bien sur au premier plan des solidarités à faire naître. Mais il faut bien concevoir que celle-ci n'est pas là pour combler nos manques habituels qui empêchent la France d'être, ou de redevenir une grande puissance. L'Europe n'est pas une sorte de "grande France", pas plus qu'elle doit redevenir une "grande Allemagne" plus ou moins dominante. L'Europe n'a pas été créée pour servir exclusivement les intérêts économiques allemands. Même s'il faut bien admettre que les créations d'un "marché unique" et d'une "monnaie commune" ont bien ouvert à l'industrie allemande un eldorado européen.

Mais, pour autant, nous n'avons pas le droit de tourner le dos face à la réussite économique de nos voisins, réussite qu'ils doivent surtout à leurs talents, à leur travail qui ont permis à leur pays d'investir pour que son industrie conserve toutes ses capacités exportatrices. Ils la doivent aussi à une discipline budgétaire de fer. Mais aussi et surtout à cette vertu de ne pas dépenser plus qu'on ne gagne. Or la France, peut-être par ses origines latines, n'a pas, et de loin, cette même vertu : l'état français, depuis plusieurs décennies, dépense plus qu'il ne gagne. C'est un luxe dont il est devenu urgent qu'on s'en prive avec plus de rigueur.

Le coup d’arrêt économique inédit que nous connaissons aujourd'hui nous oblige à agir au-delà de nos différences culturelles. La production et la consommation ne repartiront que si chaque état agit dans le même sens, et non plus au gré des demandes et autres exigences qui ne seraient qu'artifices sans réel avenir.

C'est l'intérêt non seulement de la France, de l'Italie, de l'Espagne qui ont été particulièrement touchés, mais c'est aussi l'intérêt de l'Allemagne elle-même qui souffrait, avant la crise, du ralentissement de la croissance mondiale.

Emprunter donc est une nécessité pour les états plus éprouvés. Mais les états les plus riches devront s'engager pour garantir ces emprunts. Il serait donc suicidaire de s'endetter davantage si nous ne changeons pas d'urgence nos habitudes dépensières à tout va.

Si, dans une situation aussi grave que celle que nous traversons, nos états ne font pas les efforts nécessaires pour se redresser et faire renaître l'espoir de jours meilleurs, si les nations européennes les plus riches ne consentent pas à cette solidarité collective et n'y concourent pas en s'entraidant, c’est que décidément l’Union Européenne ne veut plus rien dire. Mais cette solidarité ne pourra se faire en sens unique : recevoir, c'est s'engager.

Que cela soit bien clair.

vendredi, 13 mars 2020

L'ETAT PROVIDENCE et ses leçons

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,faits de société- « Ce n’est pas la division qui permettra de répondre à ce qui est aujourd’hui une crise mondiale »

Cette phrase, prononcée au milieu de son allocution solennelle par le Président Macron s'adressant à la nation française, visait vraisemblablement et surtout le tumultueux et inconstant Président Donald Trump.

C'est une leçon méritée adressée à son homologue outre-atlantique, lui rappelant à cette occasion que c'est de la façon qu'on aborde une crise mondiale - comme actuellement le colonavirus - qu'on peut révéler la capacité d'un état à s'y confronter. Et non à se limiter à désigner « l'étranger » comme l'unique source de cette pandémie devenue mondiale, et prendre ensuite des mesures brutales et totalement inconsidérées.

Peut-être Emmanuel Macron lui rappellera-t-il de vive voix lors d'un entretien téléphonique qu'il doit avoir ce vendredi avec l'immaculée Maison Blanche.

Le Président Macron n’est pas du tout Donald Trump. Avec lui, ici, pas de brutalité, pas d’emporte-pièce, pas de reniement facile, pas de repli nationaliste. Le Président français s’est montré ce soir grave et responsable, volontairement rassembleur de la nation et de son peuple. Il s'est montré aussi lucide : « Nous ne sommes qu’au début de la crise » quand il dit, lui et contrairement à Trump, qu'il « fait confiance à la science, et écoute ceux qui savent ». Tout l'inverse du Trump vrombissant à tout va sans rien considérer d'autre que sa réélection.

Aujourd’hui, donc, plus personne ne peut ignorer que nous sommes à l’orée d’une crise sanitaire mondiale historique.

C’était le rôle du Président Macron d’en faire part à la nation : il l’a fait. La décision de fermer, à partir de lundi, tous les établissements qui accueillent enfants et étudiants, des crèches aux universités, est une décision grave et difficile certainement pour beaucoup. Mais elle est à la mesure de la situation. Immédiatement, elle a même suscité une mesure identique dans nombre de nos pays voisins. Elle doit maintenant aussi appeler à prendre conscience de ce qui va nous arriver, chez nous, comme partout dans le monde.

Mais répondre à cette crise, ce sera aussi devoir en tirer les conclusions, et surtout les leçons.

C'est encore, dans l'allocution du Président, l’ardente « reconnaissance de la nation aux héros en blouse blanche » qu’a voulu exprimer Emmanuel Macron, voulant sans doute réconforter ces hommes et ces femmes des hôpitaux qui se sentaient lâchés par l’État. La leçon exigera un autre regard sur la situation de nos services de santé, ceux de la recherche médicale, de l'industrie pharmaceutique trop longtemps utilisées comme des « variantes ajustables » par des décennies d'incurie gouvernementale.

Là, comme ailleurs, on se souviendra que le Président, hier soir, a parlé d’« État providence ».

C'est un langage tout nouveau et totalement inhabituel qu'on a entendu. Il a promis de « reprendre le contrôle », il a annoncé « des décisions de rupture ». Il a même dit : « Je les assumerai ».

On en reparlera certainement longuement, une fois la tempête actuelle calmée.

jeudi, 27 février 2020

CACOPHONIES & IMPUISSANCES

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,faits de société- Le spectacle de l'Assemblée Nationale, bloquée actuellement par plus de 40.000 amendements - majoritairement jumeaux les uns des autres - rédigés par moins d'une vingtaine de députés ("insoumis" et quelques "communistes") est non seulement consternant, mais il est une véritable menace pour notre démocratie et nos institutions.

Pour les "insoumis", il ne s’agit pas moins d’importer au sein de l’Assemblée Nationale les pratiques de la lutte sociale, telle qu'on la voit vulgairement dans la rue, au détriment même de tout débat, même préalable à l'écriture de la Loi.
  
Cette bataille rangée autour de la réforme des retraites a tout pour dégrader encore la déjà triste image que les Français ont de la classe politique.

Du côté du gouvernement, celui-ci présente un projet aux intentions certes louables ("équité", "efficacité", etc...), mais on ne peut plus mal fagoté, mal conduit, mal expliqué et si mal négocié, illisible et incompréhensible pour tous, et désordonné dans une présentation incomplète puisqu'il lui manque le volet "financement".... remis à plus tard.

Du côté des oppositions, l’occasion lui semble rêvée de faire chuter le Président sur cette réforme, de le faire trébucher, lui qui s’était invité en 2017 au cœur de l’exécutif en "s’essuyant les pieds" sur le monde politique en place. De quoi lui faire payer aujourd'hui ses réformes,  cependant réussies pour l'immense majorité d'entr'elles en quelques mois, et que même l’épisode "Gilets Jaunes" n'a pu entraver.

La droite républicaine, elle, relève la tête et elle instruit le procès en amateurisme du "macronisme", en attendant son heure électorale. La gauche de gouvernement, elle, n’en est pas encore là : elle se bat pour surtout ne pas disparaître totalement. Et quant à la gauche radicale (celle des "insoumis" surtout, que rejoint parfois le PC comme je le disais plus haut), elle se déchaîne contre le pouvoir en place dans une obstruction jamais vue à l’Assemblée Nationale qui peut mener jusqu'à certains désordres oratoires regrettables tant les nerfs des députés deviennent à vif.

La tactique des "insoumis" est donc d’importer dans l’Hémicycle le style et la virulence des manifestations de rue. Il ne s’agit pas, serait-ce même avec véhémence, de combattre un texte par l’argumentation : non ! (Ce serait trop beau !). Il s’agit d’empêcher toute discussion, et de rendre le vote de la réforme impossible, hors de l’emploi du 49-3, ce moyen pour le gouvernement de faire passer un texte sans vote, arme redoutable mais à double tranchant.

Le feuilleton de cette réforme bloquée donc par une poignée seulement des 577 députés ne sert pas ses metteurs en scène (les "insoumis"), ni les acteurs (majorité et oppositions surexcitées) : il sert surtout ceux qui parlent peu, mais ressassent toujours les mêmes discours.

Le spectacle de l’impuissance et de la cacophonie finit toujours par provoquer un irrépressible besoin d’ordre. Marine Le Pen le sait : mais elle reste discrète et attend patiemment son heure.

Mais cette partie de la classe politique, celle la plus éructante, réalise-t-elle qu'elle travaille aujourd'hui, surtout, pour Mme Le Pen, et elle seule ?

lundi, 16 décembre 2019

L'ÉPREUVE ANGLAISE DU BREXIT

"L'ÉPREUVE ANGLAISE DU BREXIT"

Billet de  François VAN DE VILLE

- politique,mouvement démocrate,faits de sociétéLes électeurs britanniques se sont prononcés, à l'exception notable et sans équivoque des écossais, des irlandais du Nord et de Gibraltar, pour lâcher les amarres qui les reliaient au vieux continent européen.

Il reste donc, désormais, au gouvernement anglais de définir les nouvelles relations entre ce "Royaume-Uni" (divisé maintenant entre plusieurs de ses nations qui postulent même leur indépendance pour rester proches de l'Europe) et l’Union Européenne. 

L'épreuve qui commence pour le gouvernement anglais est bien plus compliquée que ce qui vient de s’achever : il faut réinventer une autre nation, totalement souveraine et libre de son destin, mais désormais isolée sur son île.

Nous ne pouvons que souhaiter, pour les Britanniques comme pour les Européens, qu'une nouvelle relation s'établisse la plus harmonieuse possible. Mais ce sera difficile : l'Angleterre ne sera pas devenue notre ennemie, mais elle sera, demain, pour chaque nation européenne, un concurrent sérieux qu'elles devront désormais affronter.

Les négociations vont donc commencer entre la grande île et l’Union Européenne. Si elles ne sont pas achevées fin 2020 - ce qui est fort probable puisqu'il faut renégocier un à un les milliers de traités établis pendant nos années d'union (ces traités demeurant valides jusqu'au terme de leurs renégociations) - il n'est pas impossible que ce travail se prolonge pendant de très nombreuses années. Ce sera certes passionnant, parce que les tractations obligeront les Britanniques à faire des choix politiques, économiques, sociaux, environnementaux et décisifs. Avec, en permanence, une question de fond qui se rappellera à tous les Britanniques : "Pourquoi avons-nous, un jour, décidé de rompre avec l’Europe des 27 et son immense marché de plusieurs centaines de millions de consommateurs ?". Question lancinante qui se posera à eux pendant des décennies.

En effet, si les nouveaux accords commerciaux avec l’UE ressemblent trop aux anciens (et le risque n'est pas nul), les anglais se demanderont à quoi bon ce départ, avec ses mélodrames, ses casse-têtes, ces contrôles sans fin aux frontières, les ports ou aéroports, pour en arriver là. Mais si les nouvelles relations doivent tourner le dos aux anciennes, les négociateurs anglais devront alors annoncer au peuple ce à quoi ils renoncent parmi les fameuses règles de Bruxelles, que beaucoup fustigeaient hier, mais qui avaient l’immense avantage de protéger et les travailleurs, et les entrepreneurs, et les consommateurs et leur environnement.

Et la question qui se posera alors, même si c'est trop tard pour revenir en arrière, sera : "Était-ce une bonne idée de quitter l'Union Européenne ?". Personne parmi nous ne recevra la réponse : seules les générations qui nous suivront la recueilleront.

mercredi, 20 novembre 2019

LA SEULE QUERELLE QUI VAILLE....

"LA SEULE QUERELLE QUI VAILLE...."

Billet de  François VAN DE VILLE

sauver.jpg- Nous vivons aujourd'hui dans un monde qui a, apparemment, perdu le sens et la raison.

Quand on voit, hier, une maison de retraite refuser d'admettre dans ses murs une personne âgée, dont la fin de vie approche, parce que cette personne refuse d'abandonner son habit religieux, marque de son engagement jusqu'à sa mort au service d'autrui, et particulièrement de ceux éprouvés dont elle était proche, on a perdu le sens et la raison de ce qu'est et doit être la laïcité.

Quand on voit, aujourd'hui, que des élus locaux veulent interdire dans leur commune la projection d'un film traitant du racisme politique, film réalisé, comme bien d'autres admirables, par l'un des plus grands cinéastes français actuels parce que celui-ci, aujourd'hui âgé de 86 ans, aurait eu, il y a près de 50 ans, alors qu'il sortait tout juste de son adolescence, des approches trop vigoureuses auprès du sexe dit "faible", et ceci au nom de la défense de ce même sexe et de ses légitimes droits, on a perdu aussi le sens et la raison de cette défense : en fait on la dessert désormais plus qu'on ne la sert. On va bientôt entendre résonner des "ras le bol" à ces campagnes outrageuses.

Quand, désormais, des français en grand nombre n'ont plus confiance en rien, qu'ils se sentent devenus inutiles dans une société hyper connectée qui les ballotte de courants en errements, qu'ils s'estiment n'être plus qu'un numéro de sécurité sociale au lieu d'avoir une véritable existence sociale, quand ils sont en proie à la désespérance, à la défiance et au déclassement, la préoccupation de nos dirigeants, plutôt que de se lamenter sur leur propre sort, devrait être de redonner du sens et de la raison à notre société plutôt que de les perdre en circonvolutions qui la désespèrent un peu plus.

Les plus anciens d'entre nous se remémorent peut-être de cette conférence de presse du Général De Gaulle, en Mai 1959, alors que la préoccupation des français était surtout la douloureuse guerre d'Algérie - dont, là aussi, les dirigeants de feue la 4° République y avaient perdu le sens et la raison d'être - on se souvient de la conclusion donnée à sa conférence :

"En notre temps, la seule querelle qui vaille est celle de l'Homme.

C'est l'Homme qu'il s'agit de sauver, de faire vivre et de développer"

Jamais ces mots n'ont été aussi actuels.

Oui, il faut redonner sens et raison à notre société en plein désarroi. C'est d'autant plus vrai à une époque où la culture de mort distille son venin par tous les pores de notre société.

Comment se fait-il qu'aujourd'hui les héritiers de Michelet, Malraux, Schumann, Aron, Rueff, voire aussi de d'Ormesson n'enfourchent-ils pas ce cheval de bataille au nom de la vie, en arborant les valeurs qui ont façonné notre société depuis des siècles et fondé celles éternelles de la France. Pourquoi ne pas mieux considérer l'Homme et ce qu'il ressent ?

C'est devenu une urgence. Celle de redonner à chacun sens et raison de vivre et d'espérer.

Parce que c'est notre seul salut.

dimanche, 14 juillet 2019

CONTRE NOUS DE LA TYRANNIE....

CONTRE NOUS DE LA TYRANNIE....

Le Billet de  François VAN DE VILLE

politique,faits de sociétéMême minoritaires, les actions violentes de ce 14 Juillet 2019 sur les Champs-Élysées ont constitué une attaque contre la République et la démocratie.

Comment ne pas se rappeler, en de telles circonstances, ces paroles de notre hymne national : "Contre nous de la tyrannie, l'étendard sanglant est levé…." ?

Ces sifflets, au passage du Président de la République sur les Champs-Élysées, furent un affront à la République : ils émanent de nouveaux tyrans qui veulent s'imposer, seuls contre tous, comme hier ces envahisseurs, porteurs d'idéologies hors du temps et sans lendemains, voulaient nous imposer leur loi au nom d'un ordre nouveau qu'ils voulaient établir. Nos nations, celles qui se veulent libres, se sont levées heureusement contr'elles pour les écraser.

Ces violences, déclenchées ensuite sur la même avenue après le défilé du 14 Juillet, ne sont qu'une provocation contre la démocratie. "Qu'un sang impur…."

Le chef de l’État, celui-ci comme ses prédécesseurs, n’incarne jamais mieux la nation, son unité, son histoire, son destin, que le jour de la fête nationale. Le huer ce jour-là, c’est nier sa fonction et nuire à la nécessaire cohésion d’un peuple. Il reste d'autres jours dans l’année pour critiquer sa politique, si éventuellement on le veut.

On se désole d’abord, et on cherche ensuite des responsabilités devant le déclenchement de ces violences un jour comme celui-ci, et dans un lieu aussi symbolique comme celui-là. On ne comprend pas que le ministère de l’Intérieur n’ait pu empêcher ces insupportables scènes. Peut-être des manquements ont-ils eu lieu dans l’anticipation et le maintien de l’ordre ? Y a-t-il eu faute de prévision ?

Mais, de toutes façons dans un régime démocratique, les violents ont toujours forcément, dans un premier temps, l'avantage. Comment se prémunir totalement contre des exactions menées par des voyous déguisés en quidams ? À moins de renoncer au respect des libertés publiques.

C’est justement ce à quoi poussent ces provocateurs, qu’ils soient porte-paroles des vestiges de "gilets jaunes" égarés, présents hier encore sur les Champs, ou qu’ils soient les alliés des black-blocs. Archi minoritaires dans leurs actions, leur seul espoir d’ébranler le pouvoir est de saper, coup après coup, semaine après semaine, ses fondements, que sont la démocratie et la République. Jusqu’à ce que les citoyens finissent par rejeter des institutions qui ne les protégeraient plus, et jusqu’à ce qu’ils ne se reconnaissent plus dans cette République, puisque même la fête nationale ne voudrait plus rien dire.

Face à ces nouveaux barbares de la tyrannie, levons nos étendards baignés des idéaux de notre démocratie.

dimanche, 17 février 2019

LES DÉCHAÎNEMENTS LIBÉRÉS....

"LES DÉCHAÎNEMENTS LIBÉRÉS...."

BILLET de  François VAN DE VILLE

antisémitisme.jpgDepuis trois mois, la France offre, tant au monde qu'à elle-même, un spectacle à la fois désolant et grotesque. Il devient maintenant urgent de baisser le rideau.

Initialement, la crise des GJ (gilets jaunes) avait des causes sociales, politiques et objectives qu’il fallait entendre, écouter et analyser pour les comprendre et les réduire. C'était un moment bienvenu pour gommer nombre d'injustices que des décennies d'incuries avaient soigneusement cachées sous le boisseau pour les ignorer.

Mais force est de constater que les GJ sont aussi devenus, progressivement, un mouvement social qu’il convient aujourd'hui de juger sur les actes qu'il engendre. Et ces actes sont trop graves pour ne pas les dénoncer.

Sur ce point, le bilan devient terrible : outre certaines graves victimes sur les barrages, l'on en vient maintenant aux insultes, aux menaces, aux corps à corps violents, à des commerces fermés, à près de 100.000 travailleurs réduits au chômage technique ou menacés de licenciement par le dépôt de bilan en masse d'entreprises ruinées par leurs actions économiques répétées et destructrices, souvent avec violence. Place maintenant aux intimidations envers les élus, aux attaques contre les policiers, les pompiers ou autres services de sécurité, aux institutions républicaines ; place aussi aux théories du complot et autres fantasmes soigneusement habillés ; enfin, désormais, place aux actes antisémites, racistes ou homophobes.

Jusqu’à l’écœurement.

Pire : le gros des troupes des GJ semble aussi maintenant s’accommoder de cette politique de la terre brûlée. Loin de dénoncer cette orgie de violence, leurs porte-paroles plastronnent sur les réseaux sociaux. Les plus excités, les Maxime Nicolle, Éric Drouet, Christophe Chalençon ou autres charlatans, rêvent de renverser le pouvoir pour s'en emparer. Et la moins radicale d'entr'eux, Madame Ingrid Levavasseur, parle maintenant, avec le plus grand sérieux devant les écrans ou autres micros, "d’aller à la rencontre du peuple". Rien que ça!

Si les menaces des premiers ne scandalisent pas grand monde, la grandiloquence de la dernière n’étonne pas davantage. On remarquera simplement qu'il a fallu des années à certains de nos actuels hommes (ou femmes) politiques pour se laisser griser par le pouvoir : chez les GJ, il ne leur aura fallu que quelques semaines pour "prendre le melon". Cela serait risible si ce n'était pas, aussi, dramatique dans les faits ensuite engendrés.

Personne aujourd'hui ne sait comment sortir de cette panade. Les "grands débats", organisés depuis en grand nombre, font surgir de nombreuses propositions, souvent de très grand intérêt (y compris celles contradictoires opposées aux précédentes). Mais comment répondre à chacune d'elles afin que tous s'y retrouvent réellement ? La page à écrire après le 15 Mars sera nécessairement une page blanche dont nul ne peut présumer de son futur contenu. Ce sera un vaste compromis entre toutes ces propositions selon qu'elles seront jugées "possibles" ou "inconciliables" avec les réalités de tous ordres qui s'imposent à tous. Le même verre rempli sera jugé ou "à moitié plein", ou "à moitié vide".

Pourtant il arrive au-delà qu'une étincelle met le feu à la plaine. Parfois, aussi, un incident semble ramener le calme en ouvrant les yeux de chacun sur les réelles proportions du drame qui se joue : comme hier, l'académicien et philosophe, Alain Finkielkraut, pourtant dès le début soutien plutôt compréhensible des GJ, a dû faire face à une horde vociférante, abrutie d'odieux préjugés antisémites. Inqualifiable ! Et qu'on vienne pas nous dire que la grande masse des GJ présents lors de cet incident est intervenue pour mettre fin sur le champ et faire taire les salopards vomissant leur bave.

Ce "spectacle" - puisque c'en fut un des plus révoltants mais qu'il faut cependant appeler comme tel -  est le symbole d’une République désormais menacée par ses pires démons, ressurgis d'un passé qu'on croyait pourtant révolu à jamais.

Et, qu'on l'admette ou pas, c'est bien le mouvement des GJ qui les a tous libérés..., malgré lui. 

samedi, 02 février 2019

J.L. MÉLANCHON & M.LE PEN

"J.L. MÉLANCHON & M. LE PEN"

par  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrate,faits de sociétéEn préférant rassembler le peuple, plutôt que la gauche, Jean-Luc Mélenchon a pris le risque de perdre à la fois ET la gauche ET le peuple.

Conséquence : Mr Mélenchon s’enfonce.

Il était perçu comme le meilleur opposant au Président de la République : Marine Le Pen vient de lui piquer le rôle. Il était abonné au groupe de tête des personnalités politiques les plus populaires : il vient de plonger à la 18° place, selon la récente enquête "Elabe". Il paie ses éructations pendant l’épisode des perquisitions, tout comme aussi ses répliques emphatiques où il confondait la République et sa propre personne. Il paie, enfin, sa soumission à un porte-parole égaré issu des Gilets Jaunes, tout comme son indulgence envers les violences engendrée par ce mouvement.

Le leader de La France Insoumise a tout joué : pour l’instant, il perd.

Il a cru bon aussi de parier sur une stratégie du peuple contre les élites et sur l’abandon de la classique union de la gauche : cela n'a pas marché. Il lui fallut donc, comme le lui reprochent aujourd'hui Benoît Hamon et nombre de ses ex-amis de l'ex-gauche, "quitter les rives de la gauche" pour espérer rassembler plus vite et plus large. Plus vite ? Mais en renonçant aux longs combats pour une "union de la gauche" que celle-ci connaît bien, mais en s’appuyant de façon fort opportuniste sur des éruptions sociales de tous ordres. Il a perdu ! Plus large ? Mais en ne faisant plus fuir le peuple avec un classique discours de gauche. Perdu encore !

Et, soudain, les GJ lui sont apparus comme un signe de l’histoire à lui seul adressé : l’insurrection populaire était là, la révolution citoyenne engagée. Il fallait donc, d’une main délicate et par une habile tactique, exacerber ce mouvement sans pourtant paraître le récupérer trop ostensiblement. Seulement voilà : en fait de délicatesse et d’habileté, les Français ont vu un vétéran politique, chaussé de ses gros sabots. Il a perdu encore.

À gauche, on lui reproche aujourd'hui de n’être plus assez de gauche. À droite, de n’avoir jamais été de droite. Et les partisans d’un populisme nationaliste ne le trouvent pas encore assez "national" : ils ont déjà, pour combler leur recherche de leader, ce qu’il fallait. Perdu encore pour lui !

Inconsciemment, Mr Mélenchon est donc, actuellement, en train de tenter de tirer les marrons du feu : mais cela se fait au seul profit de Marine Le Pen. Celle-ci lui dira-t-elle "merci" pour autant ?

Les "lendemains qui chantent" répondront à la question.

vendredi, 01 février 2019

LA CAMPAGNE DE DONALD TRUMP

"LA CAMPAGNE DE DONALD TRUMP"

par  François VAN DE VILLE

trump.jpgLa politique de Mr Donald Trump déconcerte la plupart de ses soutiens : elle inquiète tous ses alliés et elle menace les équilibres du monde entier.

Oui, mais voilà : elle consolide surtout la base électorale de Mr Trump : c'est là le seul objectif recherché.

Celui-ci a pris en effet une de ces innombrables décisions de plus qui n’ont d’autre but évident que de combler sa base électorale : en annonçant sa décision de faire rentrer au pays les 2.000 soldats américains présents en Syrie, Mr Trump a non seulement provoqué aussitôt la démission de son secrétaire à la Défense, le général James, mais elle a aussi alarmé les Israéliens (ses plus fidèles alliés au Moyen Orient), elle a trahi les combattants kurdes et elle a aussi affaibli les positions des Français, comme celles des Britanniques engagés dans la lutte contre l’État islamique : Mr Trump dessert donc tous les principaux alliés historiques des USA.

Et, suivant cette singulière logique, Mr Trump renforce indirectement son concurrent, la Russie, tout comme son ennemi juré, l’Iran, et même la Turquie, au grand dam de son partenaire saoudien.

Mais peu importe pour Mr Trump que les principaux membres de son administration le quittent les uns après les autres, que des sénateurs républicains, jusqu’ici fidèles, pointent publiquement ses décisions chaotiques, peu importe que ses alliés dans le monde se sentent méprisés, que les doctrines en cours ces dernières décennies dans la diplomatie américaine soient aussi abandonnées les unes après les autres : ce qui compte, pour Mr Trump, c’est que son instinct réponde aux attentes du noyau dur de son électorat, celui qui pourrait lui assurer sa réélection en 2020. Il n’est certes pas le premier dirigeant dans le monde à travailler à ce but, mais lui n’agit que pour ça, même si c'est au détriment de la nation qu'il dirige pour l'instant.

Ce que Mr Trump croit être son instinct, n’est que la résurgence de principes désuets, abandonnés depuis longtemps pour leur nocivité, et qu’il ressuscite en les caricaturant. Son isolationnisme ne fait que le lit de ses ennemis politiques, et son protectionnisme ne fait qu'affaiblir ses partenaires commerciaux.

Mr Trump construit, mois après mois, un monde qui finira par ressembler à ses plus noirs fantasmes. Et pour parachever ce grand œuvre paranoïaque, il rêve toujours de ce mur avec le Mexique, à 23 milliards de dollars. Il a même engagé un bras de fer avec le Sénat sur ce sujet qui a coûteusement paralysé l'administration américaine pendant de très longues semaines. Et, encore aujourd'hui, dans son bras de fer avec le dictateur vénézuélien - Mr Maduro - même si la cause parait être juste, il en soutient maladroitement son rival en le compromettant avec une maladresse qui trahit une certaine incompétence stratégique en matière de psychologie diplomatique.

Et tout ceci se fait toujours, et encore, avec le soutien total et exalté de son électorat bien particulier.

Ceci est fort dommageable, non seulement pour les USA, leur image et leur crédibilité dans le monde. Mais, aussi, les répercussions deviennent partout imprévisibles de conséquences : aucune nation n'y échappera. Et l'Europe toute entière en pâtira aussi, comme tous les continents.