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lundi, 10 février 2020

L'EUROPE TANCE LA FRANCE SUR SES PRISONS

Billet de  François VAN DE VILLE

prison.jpg- La Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) a rendu récemment un arrêt très sévère, enjoignant Paris à repenser totalement sa politique d’emprisonnement.

Le scandale des prisons françaises dure en effet depuis trop longtemps : ici une femme se plaint qu’à quatre détenues dans douze mètres carrés, elle est obligée de préparer ses repas à côté des toilettes. Là, des hommes sont contraints de poser leurs matelas en équilibre précaire pour éviter rats, souris ou cafards qui pullulent dans les cellules.

Un certain nombre de personnes avaient donc saisi la Cour Européenne du scandale de la surpopulation et des conditions indignes de détention dans les prisons françaises : ils sont détenus à Nice, à Fresnes, en Martinique, en Polynnésie, mais aussi… à Nîmes. Mais le problème, en tous lieux, est partout le même.

Mais cette fois-ci, la CEDH a rendu un arrêt d'une sévérité inusitée, relevant l’existence d’un « problème structurel » et recommandant aux autorités françaises « d’envisager l’adoption de mesures générales » pour mettre fin à ces « situations honteuses ».

Certes, il ne s’agit pas là d’un arrêt contraignant, mais la « recommandation » est très ferme et suggère « la refonte du mode de calcul de la capacité des établissements pénitentiaires et l’amélioration du respect de cette capacité d’accueil ». L’Observatoire international des prisons, crie victoire : « La France, pays des droits de l’homme, est désormais sous la surveillance du Conseil de l’Europe ».

Le Ministère de la Justice, placé sous cette contrainte « morale », a donc « pris acte » de cette sévère admonestation : il souligne, en s'en prévalant, « une amélioration constante des budgets pour l’entretien » des prisons, la construction de sept mille nouvelles places, le projet de huit mille autres.

Mais, quoiqu'il en dise, le Ministère traîne aussi derrière lui des années de politique de répression qui fait battre sans cesse le triste record du nombre de détenus. Le Syndicat des Avocats de France en profite pour rappeler que lors de la création du groupe d’information sur les prisons, en 1971 : « On nous disait déjà que les prisons n'étaient pas spécialement surpeuplées, mais que c’était la population elle-même qui était suremprisonnée ! ».

À Nîmes, là où les conditions de détention figurent donc parmi ls plus difficiles de France en raison de sa surpopulation pénale, le Député MoDem du Gard - Mr Philippe Berta - a pu annoncer tout récemment qu'enfin les travaux d'agrandissement de l'actuelle prison démarreront au cours du second semestre de cette année 2020, quoique certains problèmes ne soient pas encore entièrement résolus en matière d'occupation des espaces, et ceci en attendant la construction dans le Gard d'un second établissement de détention mais…. dont on ignore encore le lieu et le calendrier de sa construction.

Mais il est certain que le « pays des droits de l'Homme » ne peut plus tolérer la situation actuelle, et c'est très bien qu'il soit mis de fait en observation du Conseil de l'Europe pour veiller à enfin s'attaquer à ce problème des détentions et de la politique pénale en général.

mardi, 04 février 2020

BREXIT : UNE VRAIE CHANCE POUR L'EUROPE !

BILLET de  François VAN DE VILLE

Europe.jpg

- « La nature, la structure qui sont propres à l’Angleterre diffèrent profondément de celle des continentaux » (Charles De Gaulle)

Ainsi s'exprimait déjà le Général De Gaulle en 1963. Il avait déjà bien senti que l'entrée du Royaume Uni au sein du Marché Commun - alors encore composé des seules 6 nations fondatrices - allait chambouler la construction européenne balbutiante : il y voyait alors un atlantisme forcené et, surtout, un intérêt purement commercial pour l'Europe et pas grand-chose d'autre. Une absence totale d'ambition.

Quarante sept ans après, les choses n'ont guère changé : avec le départ du Royaume Uni de l'Union Européenne, celle-ci se retrouve donc à une nouvelle croisée des chemins.

Après le commencement de la mise en œuvre du Brexit - période qui promet d'être longue et, au mieux, conclue pour partie pas avant fin 2020 - notre Union Européenne est-elle capable de redevenir un projet politique ? Le Brexit serait-il une chance nouvelle pour l'Europe ?

Après le départ du Général en 1969, les partenaires européens et britanniques firent donc, cependant, affaire : entrée le 1er Janvier 1973 et confirmation par référendum en 1975.

Mais, tout au long de ces quarante-sept années, les Britanniques n’ont cessé d’être ensuite à la fois et dedans, et dehors, refoulant tout esprit politique, obtenant ici des rabais sur leur participation au budget général, là d'autres rabais sur la Politique Agricole Commune, etc… Ils refusèrent ensuite l’euro, puis encore la zone Schengen de libre-circulation entre citoyens européens. Le Royaume-Uni se contentait donc de n'être d'une simple zone de libre-échange de marchandises, une sorte de « Global Europe ». Aujourd'hui, le Premier Ministre anglais - Boris Johnson - veut bâtir « A Global Britain ».

Depuis Margaret Thatcher, tous les Premiers ministres britanniques n'ont cessé de critiquer le pouvoir de Bruxelles et le centralisme administratif qui s’affirmaient au fur et à mesure que la Communauté économique européenne, devenue ensuite l’Union européenne, s’élargissait et, progressivement devenait la 1ère puissance économique mondiale. Mais, hélas, l'administration prenait progressivement la place du politique, puisque Londres en refusait l'esprit : péché véniel fréquent aussi dans ce genre d'évolution hyperbolique, en l'absence de toute autre politique réellement établie.

Le Royaume-Uni ayant donc choisi de sortir désormais de ce grand ensemble pour retourner sur son étroite île, face à un marché sur le continent de près d'un demi milliard de citoyens, l’Union Européenne se voit offrir aujourd'hui une opportunité en or pour se refonder, pour remettre les choses à leur place comme il se devait afin de se rendre plus lisible et plus populaire. C'est maintenant devenu une urgente nécessité.

L'UE peut - mais surtout DOIT - relancer le projet politique abandonné en chemin sous l'incessante pression britannique qui l'en empêchait jusqu'ici.

« Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité. Un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté » (Winston Churchill).

Nous avions notre De Gaulle, et les anglais avaient leur Churchill : deux grands géants, l'un comme l'autre, visionnaires de l'Histoire. C'est pourquoi je les cite ici volontiers dans ce billet.

Churchill, cet anglais-là, lui c'était un grand, un vrai, quand on observe depuis le pitoyable spectacle que nous a livré l'Outre-Manche pendant tant d'années avec ses innombrables tâtonnements.

Enfin libérés de ces aventures et de ces tenants, OUI nous POUVONS ENFIN - et nous DEVONS -  refonder en la retrouvant, l'Europe que nous tous, ses nations et ses citoyens espérions et attendions tous.

Le Brexit : OUI ! UNE VRAIE CHANCE POUR L'EUROPE !

jeudi, 30 janvier 2020

WASHINGTON & TÉHÉRAN

WASHINGTON & TÉHÉRAN

Billet de  François VAN DE VILLE

iran.usa.jpg- L’animosité entre les États-Unis et l’Iran n'est pas nouvelle : elle existe depuis quarante ans. Mais l’assassinat récent du général iranien Soleimani par un drone US a créé une tension grave…, une de plus.

Certes, l’incertitude stratégique qui s’ouvre avec la mort de ce général emblématique apparaît dangereuse. Mais, au risque d'en décevoir certains, la probabilité d’une guerre ouverte, qui planait déjà dans les esprits, reste heureusement très faible, voire nulle.

Qui pouvait en effet imaginer des centaines de milliers de soldats américains réexpédiés au Moyen-Orient, après les fractures irakiennes et afghanes ? Qui pouvait concevoir le retour quotidien aux États-Unis de cercueils, recouverts du drapeau étoilé ? À moins de dix mois de l’élection américaine, Donald Trump pense d’abord à lui et sa campagne de réélection.

Qui peut aussi prévoir la réaction en chaîne, engageant la Russie et la Chine, qui viennent de partager avec l’Iran des manœuvres navales dans le détroit d’Ormouz ? Ceux-ci seraient les premiers à inonder les braises.

Américains et Iraniens jouent pourtant avec ce feu depuis de longs mois et surtout depuis l’avènement de Donald Trump : celui-ci a ravivé l’animosité datant de la révolution islamique de 1979 en retirant les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien et en relançant les sanctions économiques. Un non-sens.

En éliminant par drone ce général iranien, chef de la force Al-Qods - corps d’élite des Gardiens de la révolution - les États-Unis poursuivent leur bras de fer sur un pari très risqué : affaiblir l’influence iranienne au Moyen-Orient, établie de l’Irak au Liban, en passant par la Syrie de Bachar al-Assad.

Mais Mr Trump, qui ne brille pas spécialement en matière de culture diplomatique, semble ignorer que les Iraniens ont un défaut : ils sont perses, et non pas arabes. Çà change tout.

Leur présence encombrante, que ce soit au Liban comme en Irak ou en Syrie, est déjà dénoncée dans la rue de ces pays devenus "occupés" par les iraniens. Mais cette bataille du rejet pourrait tout aussi bien se retourner contre les Américains eux-mêmes, hypothèse possible qui semble n'avoir jamais traversé l'esprit de Mr Trump.

Les deux "belligérants" - États-Unis et Iran - ont donc tout intérêt à la désescalade. "L’Iran n’a jamais gagné une guerre, mais n’a jamais perdu une négociation" relevait Mr Trump lui-même dans un de ses twitts à l'emporte-pièce. Une lueur de lucidité du côté US ?

Alors, à quand le dialogue entre Washington et Téhéran ?

lundi, 16 décembre 2019

L'ÉPREUVE ANGLAISE DU BREXIT

"L'ÉPREUVE ANGLAISE DU BREXIT"

Billet de  François VAN DE VILLE

- politique,mouvement démocrate,faits de sociétéLes électeurs britanniques se sont prononcés, à l'exception notable et sans équivoque des écossais, des irlandais du Nord et de Gibraltar, pour lâcher les amarres qui les reliaient au vieux continent européen.

Il reste donc, désormais, au gouvernement anglais de définir les nouvelles relations entre ce "Royaume-Uni" (divisé maintenant entre plusieurs de ses nations qui postulent même leur indépendance pour rester proches de l'Europe) et l’Union Européenne. 

L'épreuve qui commence pour le gouvernement anglais est bien plus compliquée que ce qui vient de s’achever : il faut réinventer une autre nation, totalement souveraine et libre de son destin, mais désormais isolée sur son île.

Nous ne pouvons que souhaiter, pour les Britanniques comme pour les Européens, qu'une nouvelle relation s'établisse la plus harmonieuse possible. Mais ce sera difficile : l'Angleterre ne sera pas devenue notre ennemie, mais elle sera, demain, pour chaque nation européenne, un concurrent sérieux qu'elles devront désormais affronter.

Les négociations vont donc commencer entre la grande île et l’Union Européenne. Si elles ne sont pas achevées fin 2020 - ce qui est fort probable puisqu'il faut renégocier un à un les milliers de traités établis pendant nos années d'union (ces traités demeurant valides jusqu'au terme de leurs renégociations) - il n'est pas impossible que ce travail se prolonge pendant de très nombreuses années. Ce sera certes passionnant, parce que les tractations obligeront les Britanniques à faire des choix politiques, économiques, sociaux, environnementaux et décisifs. Avec, en permanence, une question de fond qui se rappellera à tous les Britanniques : "Pourquoi avons-nous, un jour, décidé de rompre avec l’Europe des 27 et son immense marché de plusieurs centaines de millions de consommateurs ?". Question lancinante qui se posera à eux pendant des décennies.

En effet, si les nouveaux accords commerciaux avec l’UE ressemblent trop aux anciens (et le risque n'est pas nul), les anglais se demanderont à quoi bon ce départ, avec ses mélodrames, ses casse-têtes, ces contrôles sans fin aux frontières, les ports ou aéroports, pour en arriver là. Mais si les nouvelles relations doivent tourner le dos aux anciennes, les négociateurs anglais devront alors annoncer au peuple ce à quoi ils renoncent parmi les fameuses règles de Bruxelles, que beaucoup fustigeaient hier, mais qui avaient l’immense avantage de protéger et les travailleurs, et les entrepreneurs, et les consommateurs et leur environnement.

Et la question qui se posera alors, même si c'est trop tard pour revenir en arrière, sera : "Était-ce une bonne idée de quitter l'Union Européenne ?". Personne parmi nous ne recevra la réponse : seules les générations qui nous suivront la recueilleront.

mercredi, 20 novembre 2019

LA SEULE QUERELLE QUI VAILLE....

"LA SEULE QUERELLE QUI VAILLE...."

Billet de  François VAN DE VILLE

sauver.jpg- Nous vivons aujourd'hui dans un monde qui a, apparemment, perdu le sens et la raison.

Quand on voit, hier, une maison de retraite refuser d'admettre dans ses murs une personne âgée, dont la fin de vie approche, parce que cette personne refuse d'abandonner son habit religieux, marque de son engagement jusqu'à sa mort au service d'autrui, et particulièrement de ceux éprouvés dont elle était proche, on a perdu le sens et la raison de ce qu'est et doit être la laïcité.

Quand on voit, aujourd'hui, que des élus locaux veulent interdire dans leur commune la projection d'un film traitant du racisme politique, film réalisé, comme bien d'autres admirables, par l'un des plus grands cinéastes français actuels parce que celui-ci, aujourd'hui âgé de 86 ans, aurait eu, il y a près de 50 ans, alors qu'il sortait tout juste de son adolescence, des approches trop vigoureuses auprès du sexe dit "faible", et ceci au nom de la défense de ce même sexe et de ses légitimes droits, on a perdu aussi le sens et la raison de cette défense : en fait on la dessert désormais plus qu'on ne la sert. On va bientôt entendre résonner des "ras le bol" à ces campagnes outrageuses.

Quand, désormais, des français en grand nombre n'ont plus confiance en rien, qu'ils se sentent devenus inutiles dans une société hyper connectée qui les ballotte de courants en errements, qu'ils s'estiment n'être plus qu'un numéro de sécurité sociale au lieu d'avoir une véritable existence sociale, quand ils sont en proie à la désespérance, à la défiance et au déclassement, la préoccupation de nos dirigeants, plutôt que de se lamenter sur leur propre sort, devrait être de redonner du sens et de la raison à notre société plutôt que de les perdre en circonvolutions qui la désespèrent un peu plus.

Les plus anciens d'entre nous se remémorent peut-être de cette conférence de presse du Général De Gaulle, en Mai 1959, alors que la préoccupation des français était surtout la douloureuse guerre d'Algérie - dont, là aussi, les dirigeants de feue la 4° République y avaient perdu le sens et la raison d'être - on se souvient de la conclusion donnée à sa conférence :

"En notre temps, la seule querelle qui vaille est celle de l'Homme.

C'est l'Homme qu'il s'agit de sauver, de faire vivre et de développer"

Jamais ces mots n'ont été aussi actuels.

Oui, il faut redonner sens et raison à notre société en plein désarroi. C'est d'autant plus vrai à une époque où la culture de mort distille son venin par tous les pores de notre société.

Comment se fait-il qu'aujourd'hui les héritiers de Michelet, Malraux, Schumann, Aron, Rueff, voire aussi de d'Ormesson n'enfourchent-ils pas ce cheval de bataille au nom de la vie, en arborant les valeurs qui ont façonné notre société depuis des siècles et fondé celles éternelles de la France. Pourquoi ne pas mieux considérer l'Homme et ce qu'il ressent ?

C'est devenu une urgence. Celle de redonner à chacun sens et raison de vivre et d'espérer.

Parce que c'est notre seul salut.

dimanche, 10 novembre 2019

LES INCOHÉRENCES DE LA GAUCHE

"LES INCOHÉRENCES DE LA GAUCHE"

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrate- Aujourd'hui en France sont organisés de-ci de-là des défilés contre "l'islamophobie".

C'est un mot apparemment tout nouveau de la langue française qui donne à penser qu'on pourrait désormais en France, terre pourtant pétrie de laïcité élevée au rang de dogme national, critiquer l'islam en tant que religion. Curieux.

Mais il est vrai qu'on connaissait déjà dans notre hémisphère la sémitophobie (autre nom de l'antisémitisme), et que la christianophobie y est devenue une sorte de sport national qu'on oppose facilement à la laïcité, que l'on dévoye, qui devait pourtant défendre les religions contre leurs propres excès. Alors pourquoi ne pas défiler aujourd'hui contre l'islamophobie ? Je ne rentrerai pas pour autant dans le piège de cette disruption de notre dictionnaire du "bien parlé français".

Fallait-il donc manifester contre l’islamophobie ? La question semble s'être posée prioritairement à la gauche.

Il est vrai que celle-ci n'a jamais éclairci franchement ses rapports avec la laïcité. On peut comprendre son embarras : la gauche ne sait plus exactement où elle habite. 

On a connu d'autres temps où, quand il fallait défiler pour diverses autres causes plus ou moins bien définies, la gauche était experte pour les organiser. On observe aujourd'hui que la gauche se contente désormais de suivre cortèges et défilés organisés par d'autres groupes les plus divers. Pourtant, aujourd'hui, il s'agissait de combattre ET le racisme, ET le rejet des musulmans par une partie de notre société judéo-chrétienne laïcisée. La gauche serait-elle devenue indifférente à ces causes ?

Il est vrai que la gauche s'est empêtrée dans le débat contre le voile islamique sans trop chercher en connaître la cause et l'origine. Certains courants musulmans prétendent que ce voile répondrait à un précepte issu du coran, et d'autres affirment qu'il n'existe dans ce livre sacré aucune sourate ni verset imposant aux femmes de se voiler le couvre-chef. Mais ce qu'il y a de plus curieux, c'est que ce débat sémantique intra-religieux a rejailli jusque dans le champ politique et suscité les passions les plus vives : des mères voilées peuvent-elles accompagner des enfants en sortie scolaire ? Le voile est-il admissible dans l'espace public ou les lieux administratifs ? Ou encore dans les piscines ou sur les plages ? Et quand le législateur, certes avec maladresse et imprécision, s'est permis d'édicter quelques timides règles ayant cependant force de loi, on a aussitôt avancé le terme de lois "liberticides", alors qu'elles ne sont que laïques et qu'il s'agissait de fait de justifier une règle coranique - dont on ignore si elle existe ou non - et empêcher d'imposer aux femmes musulmanes des modes vestimentaires qui, pour certains, font débat, sinon tache, dans nos sociétés occidentalisées.

On ne peut ici nier que la gauche ressent une sorte de malaise qui a donné cette semaine le spectacle de ses hésitations : certains signaient l’appel à défiler sans vouloir manifester, d’autres avaient l’intention de manifester mais sans signer l’appel, etc….. Seul, le parti socialiste fut uni dans le refus de défiler. D'autres ont aussi ânonné de pâteuses justifications et pataugé dans de piteuses contradictions.

Et, chez les "insoumis" de Mr Mélanchon, leur souci fut apparemment de tenter de récupérer des voix pour les prochaines élections, ou encore quelques forces vives qui leur manquent pour préparer la prochaine "révolution" tant espérée. Mais il est vrai que chez les "insoumis", un tout récent sondage révèle qu'en 2022, 63% de leurs électeurs, déjà aujourd'hui très émiettés, voteraient pour la "Marine" et non plus pour eux. De quoi semer la panique : comment rassembler en effet dans un défilé, de surcroit non organisé par des forces de gauche, des électeurs "insoumis" autour de thèses très "islamistes", et d’autres, à leurs côtés, prêts à voter pour l’extrême droite et la "Marine" ?

Bref, là réside toute l'ambiguïté de la gauche et de ses contradictions. Curieux spectacle que nous offrent ces défilés sans vraie cohérence.

mardi, 05 novembre 2019

LE CHOIX DES RÉPUBLICAINS

"LE CHOIX DES RÉPUBLICAINS"

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrate- Mr Christian Jacob a été élu tout récemment Président des "Républicains" en remplacement de Mr Laurent Wauquiez contraint à la démission. Mr Jacob l'a donc emporté dès le premier tour avec plus de 62% des voix exprimées, devant Mr Julien Aubert (21 %) et Mr Guillaume Larrivé (16 %). Première observation : la parité hommes-femmes ne semble pas être de mise dans le choix des candidats offert aux militants de ce parti. Étrange !

Mais chacun a pu constater que cette élection s'est déroulée dans l'indifférence générale des français. Il est vrai que le suspense était d'un niveau très faible, puisque nombreux étaient ceux qui pariaient sur la victoire du candidat Jacob.

Ceci m'amène à faire les observations suivantes.

Fin 2017, la côte des partis politiques en général avait décru depuis un certain temps déjà et la droite venait d’essuyer deux échecs cuisants : - à la présidentielle d'abord - aux législatives ensuite. Échecs particulièrement durs à assumer. Mr Wauquiez a dû les payer par cet autre échec d'une stratégie très tôt contestée.

Mais il demeurait quand même suffisamment d’adhérents aux Républicains en 2017 pour que 100 000 d’entr'eux participent au vote qui consacra Mr Wauquiez. Or, moins de deux ans plus tard, les responsables de ce parti se demandaient combien il en resterait pour la nouvelle élection, craignant un net recul qui plongerait un peu plus le parti dans une crise profondément existentielle. Ils furent finalement un peu plus de 62.000, recul très brutal mais quand même moins sévère qu’en 2017, laissant un peu plus d'électeurs qu’espéré initialement.

Chacun sait pourtant que moins les adhérents sont nombreux à voter à l’intérieur d'un parti, et plus ceux-ci risquent de s’éloigner du vote des Français, isolant encore plus leur formation et leurs leaders. C'est le piège difficile qui est tendu à tout parti politique.

Pour faire face à cette problématique, les trois candidats en lice à l’élection avaient choisi des stratégies différentes face à ce danger : Christian Jacob a choisi de s’appuyer sur la structure des Républicains pour rassembler la droite (et le centre ?) et ensuite rebâtir patiemment un projet politique. Par contre, ses deux jeunes concurrents, Mrs Julien Aubert et Guillaume Larrivé, cherchaient, eux au contraire, à souder une vraie droite autour d’un retour aux fondamentaux.

Les adhérents ont tranché, de façon nette, pour le choix proposé par Mr Jacob : rassembler et lentement reconstruire idéologiquement leur mouvement. Et ils ont repoussé à plus tard l’autre option, celle de la stratégie. C'était un risque à courir. Et c'est toujours aujourd'hui, pour les Républicains, le risque à affronter.

Était-ce pour ce parti déjà très éprouvé et indéterminé le meilleur choix, parti déjà et aussi concurrencé et cerné de toutes parts, tant sur son centre que sur sa droite ?

Les lendemains qui s'approchent répondront à cette question. Mais la réponse est loin d'être évidente, et la partie loin d'être gagnée.

mercredi, 09 octobre 2019

LA GUERRE TURCO-KURDE

"LA GUERRE TURCO-KURDE"

Billet de  François VAN DE VILLE

Turco-kurde.jpgAprès la soudaine décision totalement dingue de Mr Trump - une de plus auxquelles il faut désormais s'habituer - d'abandonner les forces kurdes face à la menace armée turque qui a décidé de les décimer malgré leurs contributions décisives dans la lutte contre Daech, la France doit faire face aujourd'hui à cette offensive militaire turque qui menace de déstabiliser un peu plus encore le nord-est déjà très ravagé de la Syrie. 

Hier, déjà, l’État islamique (EI) profitant de cet abandon soudain des kurdes par les USA, a revendiqué un premier attentat suicide contre le conseil militaire de Raqqa - ancienne "capitale" syrienne de son califat - sans faire de victimes assurent les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), coalition de combattants kurdes et arabes.

La nouvelle serait passée inaperçue il y a quelques jours encore si elle ne survenait pas dans un contexte particulier : celui de l’offensive lancée par la Turquie dans le nord-est syrien contre les positions armées du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PTK) considéré par Ankara, et son Président dictateur Erdogan, comme "terroriste".

Il nous faut hélas constater que la chute de Raqqa, comme celle de Mossoul en Irak, n’a pas coupé totalement la racine du mal : "l’hydre islamiste" - pour reprendre l’expression du Président Macron - respire encore au Moyen-Orient et, quoique diminuée, elle continue de frapper.

Il faut avoir à l’esprit ce combat car, aussi loin qu’il puisse paraître, il nous touche directement. Les FDS tiennent à bout de bras une région proche du chaos. Plus encore, elles gardent sous clé, au grand soulagement coupable des capitales européennes, des milliers de prisonniers jihadistes - dont de très nombreux français - et qui ne rêvent, pour beaucoup, que de rejoindre les rangs de l’EI.

Tous ces efforts sont aujourd’hui mis au rebut par la décision de Mr Trump. L’opération turque aussitôt entreprise balaie toutes les cartes. Le président turc Erdogan, récemment affaibli par sa défaite électorale et qui cherche à se refaire une "santé politique", demeuré pourtant apparemment tout aussi cynique en diable, va jusqu’à affirmer que son coup de force va "ramener la stabilité" dans le nord-est syrien, et permettre le retour de deux millions de réfugiés.

De qui se moque-t-il ?

Une catastrophe humanitaire est en marche. Couverte par les atermoiements de Mr Trump - de jour en jour de plus en plus fantasque et incontrôlable - gouverné désormais par une folle obsession limbique dévastatrice.

Emmanuel Macron a annoncé hier, de son côté, saisir le Conseil de sécurité de l’ONU : il en a fait part aux représentants kurdes, qu'il a immédiatement reçus, de sa profonde préoccupation. Mais chacun sait qu'aucune préoccupation n’a jamais empêché les guerres : elle a même servi bien plus souvent à s’en laver les mains.

La France se devrait d'intervenir en force, au sein de l'ONU où elle siège en permanence, en faisant adopter une résolution créant sur place une zone de non-droit à tout survol aérien et à laquelle elle pourrait apporter son concours pour empêcher le pouvoir turc de bombarder les populations kurdes situées en Syrie, principales alliées, ô combien fidèles et efficaces, dans notre lutte commune contre l'état islamique et Daech.

C'est un devoir de sauvegarde impérieux.

Oui, nous sommes bien sous la menace d'une guerre dont les récents événements en France, jusqu'au cœur même de nos institutions, démontrent qu'elle nous concerne tous. Oui, peut-être sommes-nous déjà bien en guerre.

 

mardi, 10 septembre 2019

LES 2 ALLEMAGNE

LES 2 ALLEMAGNE

Billet de  François VAN DE VILLE

2Allem.jpgDans quelques semaines, le monde célébrera l’un des événements les plus importants de l’histoire du XX° siècle : la chute du mur de Berlin, le 9 Novembre 1989, voilà 30 ans.

Ce fut un acte symbolique et déterminant qui conduisit aussitôt à l’instauration d’un nouvel ordre mondial : la mise en cause puis la dislocation du bloc soviétique, mettant un terme à la guerre froide qui avait rythmé les relations internationales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le 9 novembre 1989, c’était donc aussi la liberté qui s’offrait aux Allemands de l’Est.

Quarante ans après sa création, la République démocratique d’Allemagne (RDA), dont le régime subissait les contrecoups de la "perestroïka" initiée par Mikhaïl Gorbatchev, vivait ses derniers jours. Puis, le 3 octobre 1990, les deux Allemagne, au terme d’une période que l’histoire a appelée "die Wende" (le tournant), étaient réunifiées, du moins juridiquement..

Donc, depuis le début de l’année, l’Allemagne, et notamment sa capitale Berlin, fêtent ce trentenaire.

Mais, dimanche dernier, la réalité de cette réunification célébrée en grandes pompes, est venue ternir ces célébrations : les élections régionales, dans deux Länders de l’ex-RDA, ont plébiscité l’AFD, "Alternative pour l’Allemagne".

Ce parti d’extrême droite a atteint 27,5 % des voix en Saxe, suivant de peu la CDU d’Angela Merkel, et a obtenu 22,5 % dans le Brandebourg, devancé par les sociaux-démocrates du SPD.

Ces résultats signent avec force la frustration des déçus d’une réunification dans laquelle l’Est se trouve à la traîne de l’Ouest, et ce malgré les 20.000 milliards d'€ - (vingt mille milliards d'€ !!!) - déversés par l'Ouest depuis 30 ans, pour relever le niveau de vie des allemands de l'Est.

Malgré ce déversement sans précédent de capitaux, les situations socio-économiques sont cependant restées déséquilibrées entre les 2 ex-états, car, à l’Est, la population est restée plus âgée, donc davantage touchée par le chômage et, par voie de conséquence, moins bien payée faute de politique sociale déterminée pour éviter ce vieillissement.

Cette différence, dont se plaignaient jusqu’à présent les ex-Allemands de l’Est dans les seuls sondages, s’est donc maintenant exprimée dans les urnes.

Ceci prouve, pour ceux qui en doutait encore, que l'argent déversé, même si généreusement, ne fait pas le bonheur des populations, et celles-ci finissent toujours par se manifester sous des formes les plus diverses qui peuvent même friser jusqu'à l'insurrection. La raison ? Les problèmes de fond n'ont pas été abordés suffisamment avec courage et détermination, n'en déplaise à certains poncifs.

En France, on ferait bien bien de réfléchir à cette même réalité avant d'ouvrir les porte-monnaies à l'aveugle. Des exemples récents le prouvent. Distribuer de l'argent n'est pas une solution pérenne si l'on n'attaque pas nos problèmes sur le fond, avec constance et détermination.

samedi, 29 juin 2019

ALARME SUR LA DETTE FRANÇAISE

ALARME SUR LA DETTE FRANÇAISE

Billet de  François VAN DE VILLE

dette.jpgLe dernier rapport de la Cour des comptes sonne à nouveau le tocsin sur le niveau d’endettement de l’État : il est alarmant.

La Cour des Comptes, on le sait, est un organisme indépendant du pouvoir qui peut se permettre ce genre de sentence : elle énonce, dans sa note annuelle, l'aggravation de l'évolution des caisses de la "maison France", une situation qui ne cesse de se dégrader (la "parenthèse Gilets Jaunes" n'ayant rien arrangé, tout au contraire !). Elle alerte sur les "risques significatifs", les "évolutions préoccupantes" que seuls ne parviennent à masquer - très temporairement - des taux d'intérêt exceptionnellement bas dont nous fait temporairement bénéficier la situation internationale.

Et de ne pas cacher non plus que si un événement venait à bousculer le calme apparent de cette situation très fragile, elle entrainerait aussitôt une hausse de ces taux d'intérêt : la France serait rapidement déclarée en état de faillite, car dans l'incapacité non seulement de payer ses dettes, mais surtout d'honorer des coûts "normaux" de fonctionnement habituels que seule sa capacité actuelle d'emprunt lui permet d'y faire face. Comment payer alors et désormais ses fonctionnaires, ses retraités, ses aides sociales, ses appareils de santé comme de sécurité, etc… ? La crise serait totale, immédiate et sans aucun préavis.

Dans ce rapport que nul ne se permet de contester, la France y est présentée comme le "cancre" de la classe européenne, restant toujours à la traîne pour réduire ses déficits et son endettement : la dette du pays frôlera les 99% du PIB cette année (soit 2.356 milliards d'€, soit plus de 35.212€ de dette par français, depuis celui qui vient à peine de naître jusqu'au vieillard proche de la mort !), et cette dette abyssale ne se dégonflera que de 1,6 point à la fin du quinquennat en cours, fort loin des promesses de début.

Mr Darmanin, notre Ministre du Budget, est donc prié de concilier l’inconciliable : tenir "en même temps" des engagements de maîtrise des déficits annuels qui alimentent la dette et, parallèlement, ceux des annonces de baisses d’impôts qui se sont succédées depuis les premières manifestations de Novembre 2018. Inconciliable, ai-je dit !

Si un programme de baisses d’impôt a bien été précisé et programmé, ce 12 Juin, dans le discours de politique générale du Premier Ministre - Mr Édouard Philippe, celui des économies placées en face l’est beaucoup moins : en matière d'économies programmées, c'est beaucoup plus flou. Ce que les magistrats de la Cour des Comptes ne manquent pas de souligner, notamment à propos du financement des 5 milliards de baisses d’impôt sur le revenu promis par le Président Emmanuel Macron dans sa conférence de presse du 25 avril.

Les entreprises mises à contribution volontaire ne savent toujours pas quelles "niches fiscales" Mr Darmanin va leur fermer pour compenser sa perte de recettes du côté des ménages. On ne sait pas non plus quels ministères et autres administrations vont devoir se serrer encore plus la ceinture dans le prochain budget 2020.

On ne sait pas non plus quels lendemains nous réserve la situation internationale qui nous autorise temporairement ce fragile répit des taux d'intérêt, quand l'on voit le caractère fantasque et imprévisible de certains chefs d'état en capacité de bouleverser du jour au lendemain le calme relatif actuel et de presser quelque bouton qui nous mettront aussitôt devant notre triste réalité de.... pays super endetté.

Sans être inutilement pessimiste, reconnaissons que la situation est grave et renvoie au second rang bien des préoccupations qui alimentent actuellement nos gazettes.