un compteur gratuit pour votre site web

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 18 avril 2020

ÉTAT D'URGENCE

Billet de  François VAN DE VILLE

état.jpg- Les parlementaires ont autorisé, voici quelques semaines, le gouvernement à légiférer par ordonnances pour adapter l'économie à la crise sanitaire prévisible, mais dont on ne soupçonnait pas encore l'ampleur qu'elle allait prendre..

Ces mesures sont donc "provisoires", comme le précise le texte de loi. Mais cette notion de provisoire est vague dans son libellé, il faut l'admettre.

En effet, un premier amendement proposait la date du 31 Décembre 2020 : le Sénat a proposé de le réduire à "deux mois". Mais il est vraisemblable que ce délai soit devenu trop court vue l'évolution de cette pandémie et la nécessité de ne déconfiner les populations que très progressivement seulement au-delà du 11 Mai 2020. Il est donc fort probable que ce délai sera prolongé à la demande du gouvernement.

Mais, si l'on se réfère à un autre état d'urgence, celui restreignant les libertés individuelles adopté dans un consensus quasi général au lendemain des attentats du 13 Novembre 2015, on se rappelle que certains s'étaient alors inquiétés des conséquences de ces mesures et du danger de leur pérennité. Le gouvernement de Mr Hollande d'alors avait juré tous ses grands dieux que.... Mais force est de constater, qu'ensuite, une autre loi de Novembre 2017 a inscrit dans notre droit des mesures qui vont dans le même sens que celles de l'état d'urgence initial et ont fait assez mal au pacte social qui passe désormais par dessus le pouvoir judiciaire.

Il est donc normal que l'on se soucie de la forme et du délai d'application de cet "état d'urgence".

Celui-ci vise actuellement et essentiellement les aides aux entreprises menacées par la paralysie actuelle, et l'économie en général, mais aussi de faire reculer certains droits de salariés, ce que l'on peut comprendre aussi : les congés payés peuvent être imposés par l'employeur, la durée du travail modifiée, les repos hebdomadaires désanctuarisés, etc….

Mais, qu'on le veuille ou non, c'est bien un recul de certains droits que l'on croyait jusqu'ici "acquits" et donc devenus "intouchables". C'est une nouvelle réalité temporaire à laquelle on se doit de plier.

Mais la question est aujourd'hui de savoir jusque quand.

jeudi, 16 avril 2020

L'EUROPE : PEUT MIEUX FAIRE ?

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,mouvement démocrate- L'Europe, confrontée soudain à un choc que nul ne pouvait imaginer il y a encore quelques semaines seulement, a bien failli se montrer sous le jour le plus désespérant, montrant à nouveau son impuissance face aux égoïsmes chroniques venus de tous horizons.

Cette fois-ci, ce sont les Pays-Bas qui se sont montrés particulièrement inflexibles face aux grandes attentes de l'Italie, ce pays étant celui, en Europe, le plus touché par cette pandémie qui n'a pourtant épargné personne. Un vaste débat s'est alors ouvert pendant plusieurs jours, avec ses tergiversations habituelles sur les "grands équilibres" budgétaires que certains défendaient comme un paravent contre tout errement sacrificiel. Face à cette difficulté à s'entendre, l'idée a pourtant germé dans les esprits d'une "mutualisation" de la dette. Une porte s'ouvrait, mais ce n'était pas la dernière à franchir.

Les choses, en effet, n'étaient pas aussi simples qu'il n'y paraissait : en temps de guerre - car chacun admettait que la lutte contre le virus était bien une guerre dont on n'avait pas d'autre choix que de la gagner, ou de périr - les individualismes des uns et des autres - j'allais dire des uns contre les autres - n'ont que faire de l'urgence solidaire. Ce n'est pas nouveau dans l'histoire des nations, même réputées amies.

Mais il faut reconnaître que, dans ce débat qui s'est montré particulièrement âpre, la France et l'Allemagne, enfin sur la même longueur d'onde, ont pesé de tout leur poids dans la balance pour une décision finale : après plusieurs jours d'échanges tendus, un accord a été conclu "au forceps", vendredi dernier, accord qui est une (première ?) réponse au coronavirus…. à 500 milliards d'€.

Je reviens sur ce chiffre qui est important : ces 500 milliards sont donc devenus disponibles immédiatement, dont 240 milliards pour les dépenses de santé, 100 milliards pour les mesures de chômage partiel, et 200 milliards pour un fonds de garantie ouvert pour des prêts aux entreprises en difficulté.

Mais, malgré l'importance de cette somme, on ne peut que la comparer aux 750 milliards accordés séparément au plan de soutien allemand, aux autres 300 milliards de prêts garantis à la France, montant auquel il faut rajouter 100 milliards pour le plan d'urgence français. Mais il faut aussi compter les 2.000 milliards accordés au plan de soutien des USA, partenaire incontournable de l'Europe et actuellement en périlleuse difficulté (quoi qu'en dise Mr Trump dans ses tweets).

Cette valse étourdissante de gigantisme de ces chiffres laisse cependant à penser que, même s'ils étaient justifiables face au chaos semé par le virus, l'Europe aurait pu cependant faire mieux encore.

Je m'explique : l'Union Européenne, première puissance commerciale du monde, a un produit intérieur brut disponible de ±15.000 milliards d'€. Que pèsent donc, en regard, les ±500 milliards accordés ici, les autres ±1.100 milliards à divers plans européens, et enfin les ±2.000 milliards accordés aux USA ? L'Europe est loin de s'être ruinée !

Quand on parle donc de "mutualisation" de la dette (autre nom de la "solidarité" entre nations), quand on s'appelle aussi "Union Européenne" et qu'on occupe cette 1ère place mondiale, peut-être faudrait-il donner un sens plus large au mot "Union" ? Un petit effort s'il vous plait !

Saluons cependant cette première démarche qui a permis de faire sauter de nombreux verrous jusqu'ici très contraignants, le déficit économique de la France, par exemple, explosant soudain de ±3% à ±9%, et sa dette globale augmentant de 15 points de notre PIB. Ce n'est pas réjouissant, mais que de meubles à sauver !

Mais quels autres lendemains cela nous réserve-t-il ? La question reste posée.

jeudi, 09 avril 2020

L'ESSENTIEL ET LE DÉRISOIRE

Billet de  François VAN DE VILLE

combat.jpg- L'absence de confiance est devenue une sorte de sport national, et pas seulement en France.

Absence de confiance non seulement envers nos dirigeants, quels qu'ils soient, mais aussi envers leurs propres oppositions. Et quand cette défiance se généralise comme aujourd'hui, quand elle atteint même une sorte de complotisme obsessionnel, la tendance naturelle porte les populations à ne miser désormais que sur elles-mêmes.

Cette absence de confiance dégénère ensuite spontanément en réflexes surprenants : on peut alors observer la naissance d'une sorte de processus de défiance généralisée, quel que soit le pays concerné.

Dans un premier temps, comme quand parait un danger pressant comme celui brutal du Covit-19, ce sont les dirigeants de ces pays qui enregistrent spontanément un regain de popularité, surtout si celle-ci, pour de multiples raisons, était plutôt en perte sensible quelques jours auparavant. D'où un certain étonnement des populations qui se surprennent d'elles-mêmes.

Dans un second temps, très proche du premier, ces mêmes populations commencent alors à commenter les décisions prises par leurs gouvernants : comme par exemple si l'on prend l'exemple français, dans la lutte entreprise contre ce virus dérangeant toutes habitudes, en deux semaines d'écart seulement, le degré de confiance a chuté de 18 points de l'estrade gravie quelques jours auparavant. Puis, un peu plus tard, en phase trois du même processus, pour couronner cette défiance, les français trouvent finalement à 73% que leurs dirigeants "n'étaient pas à la hauteur de la situation".

Cette versatilité des opinions n'a rien d'exceptionnel en soi. Mais le phénomène virus l'a accéléré à une vitesse inouïe.

La phase quatre du même processus est plus surprenante encore : la population s'est découverrte soudainement experte en matière de savoir médical. Que n'a-t-on pas lu ici ou là au-dessus de signatures plus ou mois connues et qui se hasardaient à déclarer tout et son contraire ? Et voilà que paraissait notamment sur les plateaux des médias un personnage nouveau en blouse blanche, un peu atypique par ses abords non conventionnels, fort respecté cependant de beaucoup - je veux parler du Professeur Raoult, praticien marseillais - qui affirmait, non sans aplomb et arguments divers solidement exposés, qu'il existait un produit depuis longtemps banalisé - la "chloroquine" - qui était susceptible d'arrêter selon lui l'évolution du "coronavirus" que d'autres prétendaient ne pouvoir freiner faute de vaccin ou autres remèdes spécifiques appropriés.

Et cette apparition a fait soudain exploser un autre combat : celui d'une médecine de teinte méditerranéenne, face à celle plus continentale (j'allais dire plus "parisienne") qui prédominait dans les avis dits "autorisés" de ceux qui les écoutaient soigneusement.

Cet autre combat - qui n'était plus seulement celui contre le Covit-19 - succédait à un autre qui rappelait quelque peu celui antique des Horaces et des Curiaces. Et tous de s'y engouffrer : non seulement les médecines de tous bords et de toutes origines, mais leurs soutiens ou scientifiques, ou politiques, ou de circonstance, ou encore des opinions plus diversifiées issues de personnes.... n'ayant aucune compétence en médecine !

Et l'on a alors vu les français, quand on les interrogeait, même ceux n'ayant jamais ouvert le moindre livre de médecine, répondre à 59% que la "chloroquine" du Dr Raoult était un traitement plus efficace pour combattre notre virus envahisseur.

Plus encore, n'a-t-on pas vu ou entendu ensuite des oracles issus de nos politiques entrer dans ce combat et y prendre partie ou pour l'un, ou pour l'autre camp ! Que d'âneries n'a-t-on pas lues ou entendues, même issues de personnalités fort honorables ! Un journal national a même paginé : "La chloroquine, les français y croient !". Le débat devenait doctrine populaire, et voilà que la presse s'en faisait le relais à son tour.

Nous n'étions alors plus dans le domaine de la science ou des chercheurs, mais dans celui de la croyance. Une étoile nouvelle était née du côté de Marseille, comme hier à Bethléem : voilà un nouveau sauveur qu'il fallait célébrer, pour les uns, ou combattre, pour les autres. Nous étions passés du registre de la raison à celui de l'émotion.

Que penser de ces réflexes incontrôlés, et incontrôlables, des opinions qui vont et viennent au gré des courants et autres réseaux sociaux ?

N'attendez pas de moi que je prenne ici position dans ce débat digne d'autres époques, et non de la rationalité scientifique : je n'ai aucune compétence en la matière, comme l'immense majorité des français. Et cependant, chaque soir, ceux-ci applaudissent leurs soignants issus de différentes écoles scientifiques et qui en appliquent les consignes transmises par nos gouvernants.

Mais je suis cependant tenté d'affirmer que, quelque soit le résultat en cours d'élaboration des effets possibles de cette "chloroquinine", je préfère que ce combat se situe exclusivement entre scientifiques eux-mêmes et ne sorte pas de ce cadre-là : l'opinion publique n'a rien à y faire. Et que nuls autres ne s'en mêlent, et encore moins les "politiques" dont ce n'est pas, pour l'immense majorité d'entr'eux, le métier de médecin ou de chercheurs scientifiques : leurs interventions ne seront jamais que source de confusions et de cacophonies dont nos opinions n'ont nul besoin en cette période.

La France a, aujourd'hui, un redoutable combat à gagner : celui contre le Covit-19. Il ne convient pas de s'en distraire et d'en mener d'autres parallèles.

Mais il convient aussi de nous préparer à cet autre combat, économique celui-là, bien plus redoutable encore que notre actuel virus, et dont nul ne connait la profondeur des abîmes où celui-ci risque de nous y entraîner comme jamais dans nos mémoires cela ne fut connu dans notre Histoire : le pire risque d'être devant nous. Et là, ce sera plus sérieux encore.

Ne quittons donc pas l'essentiel pour le dérisoire.

mardi, 31 mars 2020

LE COUP D'ARRÊT ÉCONOMIQUE. FATAL ?

Le Billet de  François VAN DE VILLE

arret.jpg- La crise que nous traversons actuellement, crise aujourd'hui partagée par plus de 150 pays issus de tous les continents de notre planète et au même moment, avec ce sentiment d'impuissance de nos scientifiques et de nos chercheurs de partout dans le monde médical, face à un virus inédit et ravageur au-delà de tout ce qu'on pouvait imaginer….

….mais, malgré leur dévouement exemplaire pour tenter d'enrayer sa vague impitoyable, ce virus ne laissera pas seulement des centaines de milliers de morts que nous pleurerons, mais aura, sitôt qu'il se sera éloigné, des conséquences économiques d'une ampleur quasi égale qui affectera pendant de très nombreuses années nos modes de vie, affectés, eux, par les pertes économiques sans précédent de nos productions immobilisées par nos très longs confinements où toute activité était figée dans l'attente.

C'est un retour en arrière de nos modes de vie auquel nous allons devoir être confronté, et où le mot "augmentation du pouvoir d'achat" va devenir un gros mot à bannir avant d'envisager quelqu'espérance que ce soit de son redémarrage.

J'entends déjà les cris d'orfraies que suscitera ce genre d'exposé qui paraitra fataliste à certains. Mais faut-il taire la vérité pour autant ?

EST-CE POUR AUTANT ÉVITABLE ?

Je veux espérer que oui. Mais quel prix payer pour le contourner ?

Les moyens ne manquent pas. Mails ils exigent une solidarité entre les nations outrepassant les égoïsmes nationaux qui se sont développés pour nombre de raisons qui n'ont plus du tout place dans cette autre guerre qu'il va falloir mener dans ce combat pour reconquérir ce qui a été perdu pendant ces très longues semaines. Mais cela ne peut se retrouver par un simple redémarrage de nos petites habitudes.

Cette solidarité que j'évoquais entend, bien sur, que des pays plus riches, parfois parce que plus vertueux dans leur conduite économique. Ils vont devoir faire des efforts pour aider ceux en difficulté et jouer sur tous les tableaux.

Les pays les plus éprouvés vont devoir emprunter des sommes considérables pour relancer leurs économies. Mais les règles exigent que ceux-ci devront parallèlement fournir des garanties de leur bon usage. Et que vaudraient ces garanties si elles n'engagent pas une solidarité internationale ?

Sans s'éloigner de notre continent, l'Europe sera bien sur au premier plan des solidarités à faire naître. Mais il faut bien concevoir que celle-ci n'est pas là pour combler nos manques habituels qui empêchent la France d'être, ou de redevenir une grande puissance. L'Europe n'est pas une sorte de "grande France", pas plus qu'elle doit redevenir une "grande Allemagne" plus ou moins dominante. L'Europe n'a pas été créée pour servir exclusivement les intérêts économiques allemands. Même s'il faut bien admettre que les créations d'un "marché unique" et d'une "monnaie commune" ont bien ouvert à l'industrie allemande un eldorado européen.

Mais, pour autant, nous n'avons pas le droit de tourner le dos face à la réussite économique de nos voisins, réussite qu'ils doivent surtout à leurs talents, à leur travail qui ont permis à leur pays d'investir pour que son industrie conserve toutes ses capacités exportatrices. Ils la doivent aussi à une discipline budgétaire de fer. Mais aussi et surtout à cette vertu de ne pas dépenser plus qu'on ne gagne. Or la France, peut-être par ses origines latines, n'a pas, et de loin, cette même vertu : l'état français, depuis plusieurs décennies, dépense plus qu'il ne gagne. C'est un luxe dont il est devenu urgent qu'on s'en prive avec plus de rigueur.

Le coup d’arrêt économique inédit que nous connaissons aujourd'hui nous oblige à agir au-delà de nos différences culturelles. La production et la consommation ne repartiront que si chaque état agit dans le même sens, et non plus au gré des demandes et autres exigences qui ne seraient qu'artifices sans réel avenir.

C'est l'intérêt non seulement de la France, de l'Italie, de l'Espagne qui ont été particulièrement touchés, mais c'est aussi l'intérêt de l'Allemagne elle-même qui souffrait, avant la crise, du ralentissement de la croissance mondiale.

Emprunter donc est une nécessité pour les états plus éprouvés. Mais les états les plus riches devront s'engager pour garantir ces emprunts. Il serait donc suicidaire de s'endetter davantage si nous ne changeons pas d'urgence nos habitudes dépensières à tout va.

Si, dans une situation aussi grave que celle que nous traversons, nos états ne font pas les efforts nécessaires pour se redresser et faire renaître l'espoir de jours meilleurs, si les nations européennes les plus riches ne consentent pas à cette solidarité collective et n'y concourent pas en s'entraidant, c’est que décidément l’Union Européenne ne veut plus rien dire. Mais cette solidarité ne pourra se faire en sens unique : recevoir, c'est s'engager.

Que cela soit bien clair.

vendredi, 13 mars 2020

L'ETAT PROVIDENCE et ses leçons

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,faits de société- « Ce n’est pas la division qui permettra de répondre à ce qui est aujourd’hui une crise mondiale »

Cette phrase, prononcée au milieu de son allocution solennelle par le Président Macron s'adressant à la nation française, visait vraisemblablement et surtout le tumultueux et inconstant Président Donald Trump.

C'est une leçon méritée adressée à son homologue outre-atlantique, lui rappelant à cette occasion que c'est de la façon qu'on aborde une crise mondiale - comme actuellement le colonavirus - qu'on peut révéler la capacité d'un état à s'y confronter. Et non à se limiter à désigner « l'étranger » comme l'unique source de cette pandémie devenue mondiale, et prendre ensuite des mesures brutales et totalement inconsidérées.

Peut-être Emmanuel Macron lui rappellera-t-il de vive voix lors d'un entretien téléphonique qu'il doit avoir ce vendredi avec l'immaculée Maison Blanche.

Le Président Macron n’est pas du tout Donald Trump. Avec lui, ici, pas de brutalité, pas d’emporte-pièce, pas de reniement facile, pas de repli nationaliste. Le Président français s’est montré ce soir grave et responsable, volontairement rassembleur de la nation et de son peuple. Il s'est montré aussi lucide : « Nous ne sommes qu’au début de la crise » quand il dit, lui et contrairement à Trump, qu'il « fait confiance à la science, et écoute ceux qui savent ». Tout l'inverse du Trump vrombissant à tout va sans rien considérer d'autre que sa réélection.

Aujourd’hui, donc, plus personne ne peut ignorer que nous sommes à l’orée d’une crise sanitaire mondiale historique.

C’était le rôle du Président Macron d’en faire part à la nation : il l’a fait. La décision de fermer, à partir de lundi, tous les établissements qui accueillent enfants et étudiants, des crèches aux universités, est une décision grave et difficile certainement pour beaucoup. Mais elle est à la mesure de la situation. Immédiatement, elle a même suscité une mesure identique dans nombre de nos pays voisins. Elle doit maintenant aussi appeler à prendre conscience de ce qui va nous arriver, chez nous, comme partout dans le monde.

Mais répondre à cette crise, ce sera aussi devoir en tirer les conclusions, et surtout les leçons.

C'est encore, dans l'allocution du Président, l’ardente « reconnaissance de la nation aux héros en blouse blanche » qu’a voulu exprimer Emmanuel Macron, voulant sans doute réconforter ces hommes et ces femmes des hôpitaux qui se sentaient lâchés par l’État. La leçon exigera un autre regard sur la situation de nos services de santé, ceux de la recherche médicale, de l'industrie pharmaceutique trop longtemps utilisées comme des « variantes ajustables » par des décennies d'incurie gouvernementale.

Là, comme ailleurs, on se souviendra que le Président, hier soir, a parlé d’« État providence ».

C'est un langage tout nouveau et totalement inhabituel qu'on a entendu. Il a promis de « reprendre le contrôle », il a annoncé « des décisions de rupture ». Il a même dit : « Je les assumerai ».

On en reparlera certainement longuement, une fois la tempête actuelle calmée.

jeudi, 27 février 2020

CACOPHONIES & IMPUISSANCES

Billet de  François VAN DE VILLE

politique,faits de société- Le spectacle de l'Assemblée Nationale, bloquée actuellement par plus de 40.000 amendements - majoritairement jumeaux les uns des autres - rédigés par moins d'une vingtaine de députés ("insoumis" et quelques "communistes") est non seulement consternant, mais il est une véritable menace pour notre démocratie et nos institutions.

Pour les "insoumis", il ne s’agit pas moins d’importer au sein de l’Assemblée Nationale les pratiques de la lutte sociale, telle qu'on la voit vulgairement dans la rue, au détriment même de tout débat, même préalable à l'écriture de la Loi.
  
Cette bataille rangée autour de la réforme des retraites a tout pour dégrader encore la déjà triste image que les Français ont de la classe politique.

Du côté du gouvernement, celui-ci présente un projet aux intentions certes louables ("équité", "efficacité", etc...), mais on ne peut plus mal fagoté, mal conduit, mal expliqué et si mal négocié, illisible et incompréhensible pour tous, et désordonné dans une présentation incomplète puisqu'il lui manque le volet "financement".... remis à plus tard.

Du côté des oppositions, l’occasion lui semble rêvée de faire chuter le Président sur cette réforme, de le faire trébucher, lui qui s’était invité en 2017 au cœur de l’exécutif en "s’essuyant les pieds" sur le monde politique en place. De quoi lui faire payer aujourd'hui ses réformes,  cependant réussies pour l'immense majorité d'entr'elles en quelques mois, et que même l’épisode "Gilets Jaunes" n'a pu entraver.

La droite républicaine, elle, relève la tête et elle instruit le procès en amateurisme du "macronisme", en attendant son heure électorale. La gauche de gouvernement, elle, n’en est pas encore là : elle se bat pour surtout ne pas disparaître totalement. Et quant à la gauche radicale (celle des "insoumis" surtout, que rejoint parfois le PC comme je le disais plus haut), elle se déchaîne contre le pouvoir en place dans une obstruction jamais vue à l’Assemblée Nationale qui peut mener jusqu'à certains désordres oratoires regrettables tant les nerfs des députés deviennent à vif.

La tactique des "insoumis" est donc d’importer dans l’Hémicycle le style et la virulence des manifestations de rue. Il ne s’agit pas, serait-ce même avec véhémence, de combattre un texte par l’argumentation : non ! (Ce serait trop beau !). Il s’agit d’empêcher toute discussion, et de rendre le vote de la réforme impossible, hors de l’emploi du 49-3, ce moyen pour le gouvernement de faire passer un texte sans vote, arme redoutable mais à double tranchant.

Le feuilleton de cette réforme bloquée donc par une poignée seulement des 577 députés ne sert pas ses metteurs en scène (les "insoumis"), ni les acteurs (majorité et oppositions surexcitées) : il sert surtout ceux qui parlent peu, mais ressassent toujours les mêmes discours.

Le spectacle de l’impuissance et de la cacophonie finit toujours par provoquer un irrépressible besoin d’ordre. Marine Le Pen le sait : mais elle reste discrète et attend patiemment son heure.

Mais cette partie de la classe politique, celle la plus éructante, réalise-t-elle qu'elle travaille aujourd'hui, surtout, pour Mme Le Pen, et elle seule ?

lundi, 17 février 2020

IL LUI RESTE 27 JOURS....

Billet de  François VAN DE VILLE

élections.jpg- Pour succéder au candidat investi par "LREM" à Paris - Mr Benjamin Griveaux - empêtré par une vidéo de "caractère intime" saisie au début de 2018 et publiée contre son gré 2 ans plus tard (Dans quelle intention réelle ? Qui sait ?), Mme Agnès Buzyn, Ministre de la Santé et des Solidarités a été exfiltrée du gouvernement pour lui succéder, à 27 jours seulement du scrutin des municipales du 15 Mars prochain.

C'est un pari un peu fou, dans un délai aussi court, alors que Mme Buzin avait en charge, comme Ministre de tout premier plan du gouvernement, le dossier brûlant de la crise hospitalière, mais surtout aussi le brûlot des retraites dont l'examen à l'Assemblée Nationale débute aujourd'hui, ce lundi 17 Février. C'est une véritable décapitation au sommet du gouvernement.

C'est aussi un choix politique d'envergure exceptionnelle, sans précédant dont je me souvienne, avec quels risques certains à la clef ! Cela traduit le manque de solutions qui s'offraient tant au chef de l'état lui-même, qu'aux instances dirigeantes de "LREM".

Ce choix trahit aussi l'importance qu'on attache dans les hautes sphères à un scrutin où le tout jeune parti présidentiel, pratiquement absent jusqu'ici dans les municipalités, et dont une déroute dans la capitale serait porteuse d'un symbole fort du rejet dans l'opinion publique des choix du gouvernement dans les réformes, certes fort audacieuses, mais entreprises parfois avec une habileté assez défaillante. Et il faut observer aussi que Mr Griveaux, avant sa brutale démission, traînait déjà dans les sondages derrière Mme Hidalgo (la maire sortante de Paris), Mme Dati (la candidate resurgie des "Républicains"), et talonné de près par notre "Nobel" des mathématiciens, l'inclassable Mr Villani. Le parcours de Mr Griveaux prenait de plus en plus l'allure d'une marche au bûcher.

Paradoxalement, la bataille de Paris est donc relancée. Sera-t-elle inversée pour autant ? La candidature de Mme Buzin prendra-t-elle auprès des parisiens, malgré des talents qu'on ne peut lui nier ? Un confrère posait il y a quelques instants, la question - que je partage avec lui - de savoir si Mme Buzin saura résister à l'étau dans lequel voudront l'insérer tant Mme Hidalgo que Mme Dati dans cette revanche - comme ici à Nîmes - entre le "vieux monde" des anciens tenants, et le "nouveau monde" que d'autres veulent voir naître avec beaucoup de jeunes espérances.

La réponse à cette question nous est promise…. dans 27 jours seulement ! C'est déjà demain.

mercredi, 12 février 2020

POLITIQUE : LE TOURNANT VERT

Billet de  François VAN DE VILLE

ecologie.jpg- Tandis que le monde a des idées noires, la politique, elle, se peint tout de vert : du vert partout ! À la mesure de la vague écologiste des européennes.... qui pourrait pourtant faire illusion. 

Il n’aura échappé à personne que l’écologie a pourtant actuellement le vent en poupe et que l’électorat attend des réponses à ses angoisses enfiévrées par le réchauffement climatique. Le sujet est même devenu, si l’on en croit un récent baromètre, la première préoccupation des Français, avant même le chômage ou la sécurité.

Les Verts, à l’orée des municipales, se frotteraient-ils donc les mains ? Ou seraient-ils dans leur tort ?

Si, comme l’indique un sondage paru mardi, 45% des sondés se disent susceptibles de voter «écolo», leurs électeurs, par contre, sont aussi les plus volatiles et inattendus de tous. Un sur deux seulement se dit sûr de son bulletin : c'est peu, trop peu, et cela traduit bien cette volatilité à laquelle ils nous ont habitué de longue date.

Le potentiel de vote est pourtant important pour cette formation politique…. si celle-ci sait bien le capter. À Paris, les équipes de campagne l’ont bien perçu : elles rivalisent d’idées florissantes, 100.000 arbres, promet l'un, 170.000, réplique aussitôt Mme Anne Hidalgo, la Maire sortante de Paris.

À Nîmes, dans sa campagne pour les municipales, le candidat vert promet lui aussi, de son côté, 100.000 arbres : et pourtant nous n'avons pas la dimension urbaine de Paris ! Où les planter en si grand nombre ? Est-ce bien sérieux ?

Emmanuel Macron a, pourtant, bien placé l’écologie parmi les «grandes priorités majeures» de la fin de son quinquennat, et il n’est pas en reste : il prenait hier le chemin du Mont Blanc pour sa mise au vert. Mais le chef de l’État saura-t-il bien faire grandir cette fibre en l’arrosant d’un engrais enrichi d'un certain libéralisme ? C'est un vrai pari, un de plus après la réforme des retraites.

Aux yeux des oppositions, les polémiques sur le «Mercosur», ou sur le traité avec le Vietnam hier encore, ont montré l’impasse que constitue la conjugaison d’une économie mondialisée avec les préoccupations climatiques.

Trop frileux, ou trop bouillant, le Président risque-t-il, dans cet autre «en même temps», de perdre la bataille de l’opinion ? D’où sa nouvelle mise sur la «convention citoyenne», outil de démocratie directe inédit, dont le succès pourrait, à lui seul, lui valoir un certain bénéfice.

Mais encore faut-il que cette «convention citoyenne» aboutisse. Voilà un autre pain sur la planche.

Il y a du boulot !

lundi, 10 février 2020

L'EUROPE TANCE LA FRANCE SUR SES PRISONS

Billet de  François VAN DE VILLE

prison.jpg- La Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) a rendu récemment un arrêt très sévère, enjoignant Paris à repenser totalement sa politique d’emprisonnement.

Le scandale des prisons françaises dure en effet depuis trop longtemps : ici une femme se plaint qu’à quatre détenues dans douze mètres carrés, elle est obligée de préparer ses repas à côté des toilettes. Là, des hommes sont contraints de poser leurs matelas en équilibre précaire pour éviter rats, souris ou cafards qui pullulent dans les cellules.

Un certain nombre de personnes avaient donc saisi la Cour Européenne du scandale de la surpopulation et des conditions indignes de détention dans les prisons françaises : ils sont détenus à Nice, à Fresnes, en Martinique, en Polynnésie, mais aussi… à Nîmes. Mais le problème, en tous lieux, est partout le même.

Mais cette fois-ci, la CEDH a rendu un arrêt d'une sévérité inusitée, relevant l’existence d’un « problème structurel » et recommandant aux autorités françaises « d’envisager l’adoption de mesures générales » pour mettre fin à ces « situations honteuses ».

Certes, il ne s’agit pas là d’un arrêt contraignant, mais la « recommandation » est très ferme et suggère « la refonte du mode de calcul de la capacité des établissements pénitentiaires et l’amélioration du respect de cette capacité d’accueil ». L’Observatoire international des prisons, crie victoire : « La France, pays des droits de l’homme, est désormais sous la surveillance du Conseil de l’Europe ».

Le Ministère de la Justice, placé sous cette contrainte « morale », a donc « pris acte » de cette sévère admonestation : il souligne, en s'en prévalant, « une amélioration constante des budgets pour l’entretien » des prisons, la construction de sept mille nouvelles places, le projet de huit mille autres.

Mais, quoiqu'il en dise, le Ministère traîne aussi derrière lui des années de politique de répression qui fait battre sans cesse le triste record du nombre de détenus. Le Syndicat des Avocats de France en profite pour rappeler que lors de la création du groupe d’information sur les prisons, en 1971 : « On nous disait déjà que les prisons n'étaient pas spécialement surpeuplées, mais que c’était la population elle-même qui était suremprisonnée ! ».

À Nîmes, là où les conditions de détention figurent donc parmi ls plus difficiles de France en raison de sa surpopulation pénale, le Député MoDem du Gard - Mr Philippe Berta - a pu annoncer tout récemment qu'enfin les travaux d'agrandissement de l'actuelle prison démarreront au cours du second semestre de cette année 2020, quoique certains problèmes ne soient pas encore entièrement résolus en matière d'occupation des espaces, et ceci en attendant la construction dans le Gard d'un second établissement de détention mais…. dont on ignore encore le lieu et le calendrier de sa construction.

Mais il est certain que le « pays des droits de l'Homme » ne peut plus tolérer la situation actuelle, et c'est très bien qu'il soit mis de fait en observation du Conseil de l'Europe pour veiller à enfin s'attaquer à ce problème des détentions et de la politique pénale en général.

mardi, 04 février 2020

BREXIT : UNE VRAIE CHANCE POUR L'EUROPE !

BILLET de  François VAN DE VILLE

Europe.jpg

- « La nature, la structure qui sont propres à l’Angleterre diffèrent profondément de celle des continentaux » (Charles De Gaulle)

Ainsi s'exprimait déjà le Général De Gaulle en 1963. Il avait déjà bien senti que l'entrée du Royaume Uni au sein du Marché Commun - alors encore composé des seules 6 nations fondatrices - allait chambouler la construction européenne balbutiante : il y voyait alors un atlantisme forcené et, surtout, un intérêt purement commercial pour l'Europe et pas grand-chose d'autre. Une absence totale d'ambition.

Quarante sept ans après, les choses n'ont guère changé : avec le départ du Royaume Uni de l'Union Européenne, celle-ci se retrouve donc à une nouvelle croisée des chemins.

Après le commencement de la mise en œuvre du Brexit - période qui promet d'être longue et, au mieux, conclue pour partie pas avant fin 2020 - notre Union Européenne est-elle capable de redevenir un projet politique ? Le Brexit serait-il une chance nouvelle pour l'Europe ?

Après le départ du Général en 1969, les partenaires européens et britanniques firent donc, cependant, affaire : entrée le 1er Janvier 1973 et confirmation par référendum en 1975.

Mais, tout au long de ces quarante-sept années, les Britanniques n’ont cessé d’être ensuite à la fois et dedans, et dehors, refoulant tout esprit politique, obtenant ici des rabais sur leur participation au budget général, là d'autres rabais sur la Politique Agricole Commune, etc… Ils refusèrent ensuite l’euro, puis encore la zone Schengen de libre-circulation entre citoyens européens. Le Royaume-Uni se contentait donc de n'être d'une simple zone de libre-échange de marchandises, une sorte de « Global Europe ». Aujourd'hui, le Premier Ministre anglais - Boris Johnson - veut bâtir « A Global Britain ».

Depuis Margaret Thatcher, tous les Premiers ministres britanniques n'ont cessé de critiquer le pouvoir de Bruxelles et le centralisme administratif qui s’affirmaient au fur et à mesure que la Communauté économique européenne, devenue ensuite l’Union européenne, s’élargissait et, progressivement devenait la 1ère puissance économique mondiale. Mais, hélas, l'administration prenait progressivement la place du politique, puisque Londres en refusait l'esprit : péché véniel fréquent aussi dans ce genre d'évolution hyperbolique, en l'absence de toute autre politique réellement établie.

Le Royaume-Uni ayant donc choisi de sortir désormais de ce grand ensemble pour retourner sur son étroite île, face à un marché sur le continent de près d'un demi milliard de citoyens, l’Union Européenne se voit offrir aujourd'hui une opportunité en or pour se refonder, pour remettre les choses à leur place comme il se devait afin de se rendre plus lisible et plus populaire. C'est maintenant devenu une urgente nécessité.

L'UE peut - mais surtout DOIT - relancer le projet politique abandonné en chemin sous l'incessante pression britannique qui l'en empêchait jusqu'ici.

« Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité. Un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté » (Winston Churchill).

Nous avions notre De Gaulle, et les anglais avaient leur Churchill : deux grands géants, l'un comme l'autre, visionnaires de l'Histoire. C'est pourquoi je les cite ici volontiers dans ce billet.

Churchill, cet anglais-là, lui c'était un grand, un vrai, quand on observe depuis le pitoyable spectacle que nous a livré l'Outre-Manche pendant tant d'années avec ses innombrables tâtonnements.

Enfin libérés de ces aventures et de ces tenants, OUI nous POUVONS ENFIN - et nous DEVONS -  refonder en la retrouvant, l'Europe que nous tous, ses nations et ses citoyens espérions et attendions tous.

Le Brexit : OUI ! UNE VRAIE CHANCE POUR L'EUROPE !