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mercredi, 22 septembre 2021

USA/EUROPE : LE MÉPRIS

droit USA.jpgQue les États-Unis, puisqu'ils sont au centre du complot qui vient de se tramer, défendent d’abord leurs intérêts, c'est dans l’ordre des choses. Mais qu’ils le fassent en ignorant totalement l’Europe, y compris la France - leur plus fidèle allié - c'est profondément inadmissible. Un tel mépris appelle réplique. Mais laquelle ? La réponse n'est pas facile.

Pour les USA, durant la guerre froide, l’ennemi principal des États-Unis était l’Union Soviétique, et le monde développé économiquement était constitué, d'une part, de l’Amérique du Nord et, d'autre part, de l’Europe occidentale. L’alliance atlantique était donc fondée sur un double intérêt commun : économique et militaire. Mais, depuis la chute du mur de Berlin et le réveil de l’Asie, les Américains regardent désormais non plus vers l'Europe mais vers l’Orient. Là sont, pour eux, les nouveaux marchés. Là aussi est le nouveau concurrent et le nouvel adversaire principal des USA : la Chine. Donc le nouveau centre du monde n’est plus pour eux l’Atlantique, mais désormais le Pacifique.

C'est un bouleversement considérable qui  change la face du monde. Et notre avenir commun.

Le partenariat stratégique, conclu en catimini entre les États-Unis, l’Australie et la Grande-Bretagne, est un avatar de ce glissement géographique des priorités, notamment depuis l’époque Obama. La France, par la vente de douze sous-marins à l’Australie, et par sa volonté aussi de peser diplomatiquement et militairement dans cette partie du monde, devenait perçue, par les Américains, comme un obstacle à ce repositionnement stratégique.

On a vu, avec l’annulation quasi imposée du contrat franco-australien, de quel poids pesait cet obstacle aux yeux de Joe Biden. L’attitude vis-à-vis de Paris démontre une farouche volonté politique américaine, s’opposer à l’expansion chinoise dans l’espace indo-pacifique, mais aussi un souverain mépris pour la France, et pour l’Europe. Alors même que la France occupe, de par ses possessions  indo-pacifiques (Nouvelle Calédonie, Wallis & Futuna, Polynésie, Réunion, Mayotte, soit près de 2,millions de français qui y vivent) et près de 9.000 km2 d'espaces économiques maritimes qui sont siens, une superficie comparable à celle de l'Australie elle-même ! Mais aux yeux de Mr Biden, peu cela lui importe pour établir désormais sa domination sur ce vaste espace économique devenu sratégiqure.
 
La décision fut donc soudaine, savamment préparée en catimini, puis brutalement annoncée. Aucune précaution diplomatique n’aura été prise par Washington, ni par Canberra (ni aussi étrangement par Londres !). La France n’a pu que rappeler ses ambassadeurs aux États-Unis et en Australie pour répondre partiellement à la violence du camouflet. Pour tenter de montrer, aussi, à ses partenaires européens, qu’il lui est encore possible de se rebiffer, ultime recours.

Cet humiliant épisode est une preuve supplémentaire de l’absolue nécessité que l’Europe politique et diplomatique se renforce, qu’une Europe de la défense se constitue, même très progressivement si elle veut encore voir sa place dans ce monde. Sinon, sans cette union qu'il est urgent de mettre en œuvre, nous ne sommes chacun que des nains condamnés à n'être que spectateurs de notre avenir.

François VAN DE VILLE

lundi, 13 septembre 2021

Les 3 JUGES et Agnès BUZYN

politique,faits de sociétéIl faut confier de toute urgence la gestion du Covid aux 3 juges qui ont mis Mme Buzin en examen : eux seuls savaient, dès le tout début de 2020, quels moyens il fallait mettre en œuvre pour tous nous protéger de l'épidémie naissante.
 
François VAN DE VILLE
Secrétaire Général du MoDem du GARD

vendredi, 10 septembre 2021

DÉCÈS de Roland GRONCHI

gronchi.jpgJ'apprends avec peine lé décès, dans sa 90°année toute proche, de Mr Roland GRONCHI, Maire de St Gilles de 1992 à 2008.

C'était simplement une très belle figure de la politique gardoise, fidèle et attachée à notre famille centriste qu'il n'a jamais quittée et que j'aimais et appréciais toujours de rencontrer. Il fut aussi l'un des cofondateurs de Nîmes-Métropole où j'ai eu l'honneur de le cotoyer dans cet ambitieux projet que nous partagions.

J'adresse tous mes vœux de sympathie à son épouse, sa famille et tous ses proches.

François VAN DE VILLE

Secrétaire Général du MoDem du GARD

03:45 Publié dans VIE LOCALE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique

mardi, 31 août 2021

EFFICACITÉS POLITIQUES

Billet de François VAN DE VILLE

Money.jpeg- Dans un billet que j'écrivais ici même le 5 Juin dernier, j'annonçais la fin prévisible - et prochaine - du "Quoiqu'il en coûte" mis en œuvre alors par le gouvernement, dès le début de la crise du Covid 19 en 2020, pour faire face à la crise mondiale que créait cette épidémie et sauver une grande partie de notre économie qui risquait de devenir exsangue avec sa cohorte d'entreprises menacées de devoir jeter l'éponge, et d'innombrables emplois perdus sans renouvellement proche.

Cette perspective faisait frémir certains : eh oui, face à cette catastrophe sans précédent connu, voici que, soudain, ce "Quoiqu'il en coûte" a amené dans les caisses de nos entreprises et de leurs salariés un montant de plus 300 milliards d'€ (320 milliards aux dernières nouvelles). Une manne inespérée.

La fin annoncée de cette manne que j'annonçais a aujourd'hui un calendrier fixé : ce sera le 30 Septembre prochain pour la majorité des cas, à l'exception de ceux où une certaine menace persistera encore un moment et qui resteront maintenus pour quelques semaines jusqu'à la reprise normale de leurs activités.

Je lisais aujourd'hui même un excellent papier de notre ami Bretonnier qui soulignait le rôle de "puissance publique" qu'avait en cette circonstance joué l'état, terme un peu banni de nos vocabulaires tant le fait est devenu inhabituel.

Cette crise du Covid aura eu, au moins, le mérite de prouver que nos gouvernements démocratiques ne sont pas du tout condamnés à l'impuissance, eux-mêmes comme les organismes ultra-nationaux comme notre Europe - si souvent décriée - qui aura puissamment contribué à la distribution de cette manne généreuse. Les décisions drastiques prises dans l'urgence par nos gouvernants pour y faire face ont sauvé l'économie comme l'emploi d'une grande partie de la planète. Sauf pour quelques états restés inertes….

Mieux : on constate aussi que ces entreprises non seulement ont pu sauver d'innombrables emplois, mais même recueillir quelques profits bienvenus pour boucher quelques trous dans leurs activités. Les entreprises, oui, mais aussi les ménages qui ont vu leur pouvoir d'achat progresser de 0,5%. Qui aurait pu croire cela possible il y a seulement un an ? Mais les chiffres sont là pour en attester !

(On trouvera certainement quelques contestataires pour nier ces faits et ces chiffres : mais c'est leur nourriture habituelle. Laissons-les à leurs appétits gourmands qui les comblent)

La France, elle, tire plus que bien son épingle du jeu : nos voisins sont unanimes pour constater qu'elle n'a pas lésiné sur la "dépense" pour maintenir au mieux entreprises et emplois la tête hors de l'eau.

Mais ceci a un prix : je reviendrai prochainement sur son état particulier qui a alourdi sérieusement son endettement dans ces circonstances sans précédent -  endettement qui élève notre déficit à 9% de notre PIB, du jamais vu ! - et ce au moment de cet autre chamboulement international actuel qui nous arrive : je veux parler du changement tout proche de l'actuelle chancelière allemande et les incertitudes sur la future politique de ce partenaire de poids qui a souvent été très décisif dans les orientations européennes, donc les nôtres aussi ; je veux aussi parler de la crise afghane et de ses conséquence ; et encore de l'affaiblissement brutal, voire l'éloignement, des USA dans le maintien des grands équilibres internationaux. Rien de tout cela ne restera sans effets sur notre place dans les grandes compétitions qui s'annoncent et auxquelles nous alors être confrontés.

Aux générosités d'hier vont donc devoir se succéder d'autres choix, ceux issus des nécessaires réductions auxquelles nous serons contraints, sans toucher cependant les domaines de la sécurité, de l'enseignement, de la recherche, de la santé, de la transition écologique, etc….

Alors que la route conduite ces derniers mois pouvait laisser espérer, par ses résultats salvateurs, une possible réconciliation de la classe politique avec les français, il est fort à craindre que celle-ci va devoir oser une certaine confrontation face à une autre impopularité, celle de ses renoncements ou ses choix imposés, ne serait-ce que pour ne pas retomber dans l'impuissance publique qu'on lui reprochait hier encore.

Dures épreuves en perspective.

samedi, 05 juin 2021

LA FIN DU "QUOIQU'IL EN COÛTE"

BILLET de François VAN DE VILLE

quoiqu'il en coute.jpg- Depuis plusieurs mois, chacun le sait, nous vivons sous un régime économique exceptionnel, voire historiquement unique : celui des taux négatifs;

De quoi s'agit-il ?

Quand un état emprunte habituellement sur les marchés internationaux, alors qu'il est préalablement convenu, avant de convenir de ce prêt, de s'accorder sur le taux d'intérêt qui lui sera appliqué et qu'il devra payer pendant la durée de l'emprunt, depuis plusieurs mois c'est l'inverse qui se produit : loin de payer des intérêts, on propose à l'emprunteur de rembourser moins que ce qui lui a été prêté ! Du jamais vu !

Inutile de s'étonner que les états habituellement "grands emprunteurs chroniques" (au nombre desquels se trouvent la France depuis le vertueux Giscard d'Estaing) se sont précipités dans cette aubaine qui arrangeait bien leurs comptes. Et la crise des "gilets jaunes" d'abord, puis celle du "Covid 19" qui lui a succédé ont été l'excuse toute trouvée pour ouvrir en grand nos caisses devenues plus gourmandes et accueillir ces emprunts qui ne coûtaient plus rien, donc pouvoir nourrir le "quoiqu'il en coûte" des nouveaux besoins issus de ces crises.

La raison initiale était d'éviter à certains états une déroute financière due à des évènements difficilement contrôlables face à des circonstances exceptionnelles. Ce leur fut fort utile et les grands financiers internationaux en ont pris bonne conscience. D'où leur apparente "générosité". Mais "générosité" toute passagère à l'évidence.

Cela pouvait-il durer ? Eh bien : NON !

Depuis peu, avec l'atténuation apparente des dangers issus de la crise sanitaire, les choses ont changé : les états qui continuent d'emprunter - telle la France ou pour rembourser ses multiples emprunts qui atteignent désormais des niveaux jamais atteints, ou maintenir un niveau de vie qui dépasse largement ses capacités de produire à compétition comparable - ces états empruntent donc désormais, depuis peu, dans les règles traditionnelles, c'est-à-dire avec la contrainte de payer désormais des intérêts. Et ceci change tout : c'est la fin inexorable du "quoiqu'il en coûte" où l'on se permettait de déverser à tout va et à tout propos.

Certes, la prudence commande que ce renversement de conditions se fasse sans créer de nouvelles crises et très progressivement. Certains estiment que notre nouvel endettement nécessitera plus de 60 années pour rembourser ce que nous avons emprunté pour faire face à ces crises, ce dont nul ne sait encore aujourd'hui l'issue. 3 générations de français, loin encore d'être même conçus, seront chargés de rembourser nos propres largesses actuelles !

Y a-t-il de quoi être rassurés pour autant ? Est-ce une mauvaise nouvelle ?

La nouveauté réside surtout dans ce que le rapport des gouvernements à l'emprunt et à la dépense publique va changer profondément. Rien ne sera plus jamais comme avant : il va falloir changer habitudes et réflexes. Que chacun en prenne bien conscience.

L'état ne pourra plus financer gratuitement ses investissements, ni même toujours payer sa dépense publique, ni même ses fonctionnaires au niveau où il se trouve actuellement. Comment payera-t-on ? Cependant les besoins sont réels : la transition écologique coûtera cher, très cher même si on la garde en l'état. Comment faire face à ce dilemme ? La révolution technique ne fait que commencer et suppose des investissements publics massifs. Où trouver les moyens ? Nos sociétés, devenues très vulnérables, sont en demande de protection de la puissance publique. Comment y faire face ? Etc, etc….

Comment donc échapper à de nouveaux emprunts dont le montant des intérêts à payer annuellement dépassera le budget de bien des volets - ou des ministères entiers - de nos administrations, y compris en matière sociale ?

Certes, les perspectives économiques repartent à la hausse. Mais face à une compétition internationale sans pitié pour ceux qui ne parviendront pas à rétablir cette compétitivité par des mesures de redressement peu communes.

Cette disparition du "quoiqu'il en coûte" va entrainer une prise de conscience de ce qui est déjà plus qu'un danger, voire une réalité : celle de ces états s'habituant à l'endettement, un peu comme on s'habitue à une drogue avant de sombrer à la première tempête venue.

Il y a donc danger si l'on n'en prend pas conscience. Et vite !

lundi, 10 mai 2021

L'APRÈS COVID 19

BILLET de  François VAN DE VILLE

mondial.jpg- Comme chacun sait, l'histoire est toujours un domaine très ouvert, ce qui rend l'histoire très imprévisible.

Pourtant, en certaines circonstances, il est plus facile de prévoir le moyen et le long terme que le court terme. Et si l'on en doutait quelque peu, le Covid 19 pourrait en être la preuve.

Il y a peu encore en effet, en matière de court terme, qui pouvait imaginer le pire sur l'évolution de cette soudaine pandémie ? Et on a vu apparaître très vite  des systèmes de santé saturés, des personnels épuisés, des morts par centaines de milliers pour les plus proches de notre continent (ou les millions par ailleurs), des contraintes sans précédent en matière de liberté d'entreprendre, de se déplacer, d'entretenir nos modes de vie, et aussi des ruptures d'approvisionnements, même en matériels de santé ou sanitaires, et aussi encore des interrogations sans réponses satisfaisantes de la part de ceux qu'on considérait souvent comme les responsables de ces manquements, et tout ce qui s'en suit pour ensuite douter de leurs explications si peu simples à formuler.

En fait, nous étions tous, sans exception aucune, emportés dans une vague déferlante et imprévisible dont personne ne voyait comment s'en échapper.

Puis, de façon toute aussi imprévisible, une timide fenêtre s'est ouverte avec l'apparition de vaccins dont nul ne pressentait la naissance en si peu de délai, fenêtre dont beaucoup n'osait même s'approcher par crainte qu'il ne s'agisse que d'un mirage trompeur. C'était toujours du court terme, mais à puissance inédite.

Mais si, s'éloignant de ce court terme, l'on regarde un peu plus loin, quelques évidences apparaissent.

Cette crise sanitaire a sonné le glas de la mondialisation et de l'idéologie progressiste dominante qui, jusque là, faisaient loi.

Certes, les grandes épidémies de l'Antiquité ou du Moyen Âge (ou encore celles plus récentes), ces épidémies n'ont eu nul besoin de connaître la mondialisation pour faire aussi des millions de morts. Cependant, aujourd'hui, il tombe sous le sens que la généralisation des transports, comme des échanges ou des communications n'a pu qu'aggraver les choses. Le Covid 19 a fait "comme tout le monde" : il a circulé au rythme de cette généralisation d'échanges.

Eh bien aujourd'hui, on ne circule plus !

Je lisais tout récemment que même le tunnel sous la Manche a vu sa circulation de trains réduite de 90%, mettant en péril l'Eurostar qui n'assure plus chaque jour qu'un seul aller-retour depuis Londres jusque Paris ou Bruxelles. Qui l'eut cru il y a quelques mois encore, comme la réduction drastique de fréquentation de nos TGV nationaux ? Autrement dit, on a rompu avec le principe de la libre circulation des hommes, des marchandises ou encore des capitaux.

Ce n'est pas la fin "du monde", mais la fin "d'un monde".

Rappelons-nous que la mondialisation reposait surtout sur l'impératif de produire, de vendre ou d'acheter, de bouger, de circuler, d'avancer et de se mélanger dans un vaste "vivre ensemble". Elle reposait aussi sur l'idéologie du progrès et l'idée que l'économie devait définitivement supplanter le "politique". Mais voilà que - Patatras ! - alors qu'on nous vantait le mouvement, le "bougisme" et le déracinement, tout est à l'arrêt et bon nombre de respirations sont désormais placées sous oxygène passager.

Qu'en sera-t-il quand celui-ce se tarira et les robinets fermeront sous le poids d'une dette in-maîtrisable ? 

Et maintenant, qu'est-ce qui s'annonce ?

Cette crise économique et sociale pourrait bien déboucher sur une nouvelle crise financière qui pourrait nous faire oublier celle de 2008 de par son ampleur. Le Covid 19 n'en sera pas le déclencheur mais il en aura été simplement le catalyseur.

Par ailleurs, il n'est pas exclu qu'on doive aussi traiter simultanément une crise sanitaire, comme celle économique évoquée plus haut, mais encore celle sociale, celle écologique ou celle autre migratoire. Une véritable conjonction de catastrophes, un autre "tsunami" à venir.

"Nous sommes en guerre" a déclaré, il y a un an déjà, Mr Macron dans une allocation très discutée. Mais une guerre exige non seulement des moyens, mais aussi des chefs, et des chefs dotés d'autres armes que les promesses de tribunes plus ou moins incompétentes ou irresponsables. Les pistolets à bouchon n'ont plus place dans cette compétition.

Et quand tout cela sera passé, car il y aura bien une fin….

Peut-être reviendrons-nous alors au désordre établi de si longue date ? Ou aurons-nous peut-être enfin trouvé le moyen de repartir sur de meilleures bases, éloignées de la marchandisation du monde, du productivisme ou encore du consumérisme à tout prix ?

Je m'efforce d'y croire.

Encore !

dimanche, 11 avril 2021

DÉRIVES IDENTITAIRES

BILLET de François VAN DE VILLE

racisme.jpg- La justification de réunions interdites aux citoyens de "peau blanche" s’affiche de plus en plus ici ou là, comme si la notion de race avait été tranquillement réhabilitée.

Si le phénomène des réunions interdites aux "blancs" est limité aujourd’hui dans son ampleur, il n’en est pas moins révélateur de dérives identitaires. 

Porté par des militants résolus, il provoque naturellement des réactions indignées à droite, à l’extrême droite, ou encore aussi à gauche. Mais il coupe ce dernier camp en deux parties : d’un côté, des "républicains universalistes" opposés à ce principe ; de l’autre, des "antiracistes" défendant la pureté raciale de ces réunions comme condition sine qua non de leur légitimité politique.

Au-delà d’un premier cercle très convaincu, on constate, à gauche, un certain embarras, voire des ambiguïtés volontairement entretenues à des fins électoralistes. Et une idée indéfendable s’impose progressivement : en justifiant les réunions interdites aux "blancs" pour traiter des discriminations raciales (dont l’existence est certes indéniable), on considère que les "non racisés" (les "blancs") ne peuvent pas comprendre le phénomène du racisme.

Selon ce point de vue, seule l’expérience vécue permet d’accéder à la connaissance et à la compréhension. Et donc, aucune conviction commune ne peut plus relier les membres d’une société : ils sont divisés en autant de groupes, déterminés notamment par la "race" et le "genre", entre lesquels s’établissent des rapports qui ne sont que de domination. 

Certains justifient la non-mixité en soulevant que personne ne comprendrait que des femmes battues acceptent dans leurs réunions des hommes violents. C’est l’aveu que, pour ces partisans des réunions non mixtes, si le "blanc" en est banni, c’est parce qu’il est, par essence, l’oppresseur de façon générale.

Ainsi, chacun est renvoyé, dès sa naissance, en raison d’une notion - la race - dont on se croyait débarrassé depuis les délires racialistes nazis et honnis cependant de tous. 

NON ! Les réunions non mixtes ne sont pas d’innocents "groupes de paroles", mais des coups de boutoir contre toute la communauté nationale dans ses différentes composantes et/ou origines.

C'est donc un mouvement à bannir sans aucun esprit de retour.

jeudi, 11 mars 2021

Le PAPE & L'USAGE POLITIQUE des RELIGIONS

BILLET de François VAN DE VILLE

pape.jpg- En se rendant tout récemment en Irak, entre ruines et cratères de bombes, le pape François a fait preuve à la fois tant d’à propos que de courage.

Ses prédécesseurs, Jean-Paul II, fut un "prophétique", Benoît XVI était, lui, un "cérébral". Le pape François, lui, est plus un "social". Mais, au-delà de leurs différences, les trois souverains pontifes ont tous eu en commun la conscience claire de la force spirituelle qu’ils incarnent à la tête d’une très forte et très ancienne communauté.

C’est cette conviction qui donne aux chefs successifs de l’Église catholique toute leur puissance politique.

Quand le pape François se rend donc en Irak, il s’agit bien d’un événement politique de premier ordre. Seule une visite de ce poids symbolique - la première dans l’histoire de l’Église - pouvait s’imposer malgré les risques environnants d’attentats et la situation épidémique.

Les ruines de ce pays, l'Irak, témoignent à la fois d’un délire idéologique américain qui avait voulu détruire des armes massives.... qui n’existaient pas ! Délire qui avait aussi cru pouvoir imposer la démocratie par la force des armes. Mais aussi délire politico-religieux de sunnites fanatiques voulant établir un califat, là où la loi de Dieu régnerait sur les hommes. Sans oublier, en réaction, les nombreuses exactions des milices chiites. Mais aussi sur la terre où, selon la tradition, serait né le prophète reconnu Abraham, reconnu à la fois et par le judaïsme, et par le christianisme, et aussi par l’islam dans toutes ses composantes. Même si, ensuite, des intégristes ont fait la pire des politiques au nom de leur propre religion.

L’importance de la visite du pape en Irak tient donc aussi au soutien qu’il peut apporter à une communauté chrétienne qui a vu les deux tiers de sa communauté quitter le pays en moins de vingt ans.

Mais, au-delà, il s’agit surtout pour le pape François de lutter tout en recherchant l’accord des autorités religieuses sunnites et chiites, contre "l’usage politique des religions".

Cette distinction entre les ordres religieux et le temporel, que trop d’intégristes refusent d’entendre quand elle est promue par des dirigeants politiques, devient plus audible quand elle est défendue par le chef d’une Église qui compte, elle, plus de 2 milliards de fidèles.

Espérons que le message passé au cours de cette visite historique sera entendu par le plus grand nombre des femmes et des hommes de raison.

samedi, 28 novembre 2020

DÉSORDRES & CONFUSIONS

BILLET de  François VAN DE VILLE

Faits de société, Politique- Un grand rassemblement s'organise aujourd'hui, à Paris et quelques autres villes, à propos d'un projet de loi dit de "sécurité globale", et précisément sur l'un de ses articles : le 24.

Curieux rassemblement autour de ce qui n'est encore qu'un simple projet de loi toujours en gestation entre sénat et assemblée nationale tendant essentiellement à préserver nos forces de maintien de l'ordre de tout acte de répression individuelle pouvant les mettre en danger, eux et leurs propres familles.

Porterait-on atteinte à la liberté de la presse garantie par notre Constitution ?

On comprendrait mieux une telle manifestation si elle concernait une loi parfaitement élaborée, adoptée et votée et auquel on s'opposerait démocratiquement et de façon motivée quant à ses effets. Or il n'en est rien. Et ce d'autant que le fameux article 24 semble faire l'unanimité de tous, à tous échelons de l'état, pour son actuelle rédaction très controversée à l'issue de son premier examen par les députés.

Malaise qui finit par susciter désordres et confusions.

Face à ce malaise, le gouvernement a d'abord tenté de former une commission qui aurait été chargée de rédiger autrement la partie controversée de ce projet de loi. Mais aussitôt beau tollé des élus qui, à juste raison, protestent aussitôt à ce qui leur parait être une sorte de dessaisissement de leurs prérogatives parlementaires. Out aussitôt pour cette commission avant qu'elle ne soit formée.

Parallèlement, alors que ce projet de loi vise à protéger nos forces de l'ordre, voici que celles-ci s'illustrent par des excès qu'elles semblent parfois assez mal maîtriser :
• d'abord une évacuation brutale de migrants ayant installé leurs tentes Place de la République, alors qu'on peut s'interroger pour savoir qui a incité ces désespérés étrangers à s'y installer, en sachant fort bien qu'ils en seraient chassés immédiatement par tous moyens. Provocation probable pour ébranler un Ministre de l'Intérieur mal supporté par certains opposants.

Malaise.

• peu après, autre grave incident saisi par une caméra de surveillance où l'on surprend encore des forces de l'ordre brutalisant un jeune quidam de couleur se rendant sur son lieu de travail et portant ensuite sur lui les traces d'une violence dont on comprend mal la raison, hormis une sorte de défoulement assorti d'injures racistes qu'une enquête diligentée tentera peut-être d'éclaircir.

Autre malaise.

Ensuite le Préfet de Police de Paris prend la décision d'interdire cette manifestation, ne serait-ce que pour les raisons sanitaires Covid-19 et ne pas surcharger les forces de l'ordre d'un travail qui les concernait directement quant à ses raisons d'être. Mais, hier, le Tribunal Administratif de Paris a suspendu l'arrêté d'interdiction signé par le Préfet. Beau pataquès en vue face à cette manifestation désormais autorisée.

Malaise.

Comment le Préfet, en charge des forces de l'ordre à Paris, va-t-il contrôler une manifestation qu'il avait interdite mais qu'aujourd'hui la Justice lui impose quelques heures seulement avant son déroulement et dans le contexte tant de sécurité que sanitaire auquel il est confronté bien malgré lui ?

Tout ceci ressemble plus à de la provocation qu'un simple concours de circonstances, provocation d'autant inflammable dans les circonstances de confinement qui met gravement mal à l'aise des pans entiers de la population qui conteste ce confinement sur bien des points.

Espérons qu'un peu de sagesse évitera d'ajouter trop de désordres à ces confusions.

samedi, 07 novembre 2020

DÉMOCRATIE. Ô DÉMOCRATIE !

BILLET de François VAN DE VILLE

democratie.jpg- Les institutions américaines semblent vouloir résister aux assauts de Mr Trump, son Président sortant. Néanmoins, elles sont de plus en plus fragilisées.
 
Les États-Unis se sont approchés, tout doucement, du premier dénouement, celui de l’attribution de la victoire au démocrate Joe Biden. Mais pourtant les Américains sont loin d’en avoir fini avec le tempétueux Donald Trump, lequel a déjà déposé dix recours en justice, dont six pour la seule Pennsylvanie.

L’avalanche des accusations de fraudes dans le vote par correspondance, les demandes pour arrêter le comptage de bulletins - pourtant parfaitement légaux - sont autant d'insultes à l’intelligence comme à la démocratie.

Les 50 États, responsables de l’organisation des élections, se montrent pourtant exemplairement minutieux : la Géorgie, le Wisconsin et le Nevada, au moins, recompteront les bulletins en raison des marges infirmes entre les deux candidats. Légalement, ils ont jusqu’au 8 décembre pour ce faire.

Les médias, eux, sont d’une prudence extrême dans leurs projections. Les chaînes d’info résistent, en osant même couper le direct des conférences de presse insanes de Mr Trump. Les réseaux sociaux, de leur côté, bloquent ses messages victorieux délirants.

Mais, quels que soient les tumultes provoqués par un personnage qui semble incapable d'affronter sa propre défaite, tout ceci ne semble pas compromettre à terme le résultat final : Mr Trump a bien perdu l'élection et le cours des choses n'en sera pas arrêté pour autant.

Mais ce "crash-test" pour les États-Unis ne peut pourtant pas cacher certaines vérités. La vieille constitution des pères fondateurs des USA (Benjamin Franklin, George Washington, John Adams…) de 1787 est-elle encore opérante dans les USA d’aujourd’hui ? La question se pose aujourd'hui avec plus d'acuité que jamais.

La réponse est "non".

Le suffrage indirect, et le système des grands électeurs, préservent surtout apparemment les intérêts des États ruraux, ceux du Midwest comme ceux du Sud. Mais l'un comme l'autre ne rendent plus compte de la diversité des incessants mouvements démographiques parvenus depuis.

C’est un vieux sujet auquel le parti républicain ne s’attaquera pas de sitôt : son retrait actuel, à peine caché dans le conflit créé par Mr Trump, est significatif. Ce bon vieux parti est en train d'éclater sous nos yeux. Il aura, pour lui, la cohorte des grands présidents qui l'ont bien servi, mais il y aura désormais, face à lui, le "trumpisme" qui demeurera et sera désormais porteur des voix qui ne se reconnaissent plus dans les discours bien formés, ici comme là, depuis des décennies.

Il faut remonter à 2004 pour trouver une victoire républicaine obtenue par le vote populaire avec la réélection de George W. Bush. Mais sept des huit dernières élections avaient consacré une majorité de voix démocrates.

C'est un peu là l'histoire de toutes nos démocraties, ancrées qu'elles sont sur des textes constitutionnels écrits et pensés dans des circonstances précises de notre Histoire, mais qui perdent ensuite leur impact nécessaire dans les méandres et les évolutions des sociétés qui suivent, vont et viennent au gré des courants. Et la qualité de nos démocraties - voire leur survie à terme - reste fondée sur leur faculté de savoir s'adapter et évoluer.

Hélas, ce n'est pas le cas aux USA qui font toujours religion de textes constitutionnels écrits dans des temps multi-séculaires qui n'ont plus cours aujourd'hui et desquels certains veulent aujourd'hui s'éloigner par tous moyens, y compris ceux éclos d'archaïsmes insensés et échappent à tous bons sens.

Oui, la démocratie américaine est en grave danger, et pas seulement le parti républicain.

Espérons que cette grande démocratie saura sortir de ce piège dans lequel elle semble enfermée. Mais espérons aussi que cet exemple nous servira, à nous autres démocraties du monde, de leçon salutaire pour ne pas tomber dans le même immobilisme suicidaire.

The world great again.